François Dubet

  • Nous vivons un temps de passions tristes. Ce moment s'explique par le creusement des inégalités, mais surtout par la transformation de leur nature. La souffrance sociale n'est plus vécue comme une épreuve appelant des luttes collectives, mais comme une série d'injustices personnelles, discriminations, expériences du mépris, mises en cause de la valeur de soi. Ne pouvant désigner les adversaires à combattre, les individus sont emportés par un ressentiment dont se nourrissent les populismes de tous bords. Le régime des inégalités multiples engendre une société de la colère. Nous y sommes. Il faut la comprendre, pour être capables de résister aux vertiges de l'indignation.
    François Dubet est professeur de sociologie émérite à l'université de Bordeaux II, directeur d'études à l'EHESS. Il a notamment publié, au Seuil, Les Places et les Chances (2010) et La Préférence pour l'inégalité (2014). Traduit dans le monde entier, il est considéré comme l'un des plus grands sociologues français.

  • L'éclatement actuel du champ des théories sociologiques ne renvoie pas seulement à l'histoire des idées ; il s'inscrit dans une mutation sociale profonde qui conduit à abandonner la représentation classique d'une société conçue comme un ordre, où l'on peut identifier l'action sociale aux « lois » du système. En fait, ce qu'on appelle « la société » n'est plus réductible à un système intégré, un mode de production et un Etat national. Dès lors, l'objet même de la sociologie change : elle doit décrire des expériences sociales, c'est-à-dire les conduites individuelles de chacun d'entre nous. Celles-ci combinent plusieurs rationalités et plusieurs logiques, elles se présentent comme la juxtaposition d'appartenances communautaires, des calculs du marché et des exigences d'une authenticité individuelle ; et le seul principe d'unité de l'expérience sociale est le travail sur lui-même que poursuit chacun de nous afin de se percevoir comme l'auteur de sa propre vie.

  • Depuis les années 1980, les inégalités se creusent partout en Amérique du Nord et en Europe. Au même moment, on observe un reflux des États-providence. Même si chacun le déplore, nous désirons de moins en moins l'égalité concrète. Mais ce ne sont pas seulement les crises et les inégalités qui affectent les liens de solidarité, c'est aussi la faiblesse de ces liens qui explique que les inégalités se creusent. Pour beaucoup, il serait temps de se débarrasser du politiquement correct qui empêcherait d'appeler les choses par leur nom : les « races », les « racailles », les « assistés », etc. En dépit de leurs principes affichés, les sociétés « choisissent » l'inégalité.Ce livre montre que l'aggravation des inégalités procède d'une crise des solidarités entendues comme l'attachement à des liens sociaux qui nous font désirer l'égalité de tous, y compris de ceux que nous ne connaissons pas. Il est urgent d'inverser l'ordre du triptyque républicain : « Fraternité, Égalité, Liberté ».François Dubet est professeur de sociologie à l'université de Bordeaux et directeur d'études à l'EHESS. Il a récemment publié, au Seuil, Les Places et les Chances (2010) et Pourquoi moi ? L'expérience des discriminations (2013).

  • Il y a deux manières de concevoir la justice sociale. La première, l'égalité des places, vise à réduire les inégalités entre les différentes positions sociales. La seconde, l'égalité des chances, cherche à permettre aux individus d'atteindre les meilleures positions au terme d'une compétition équitable. Aujourd'hui, en France comme ailleurs, cette dernière conception tend à devenir hégémonique. Mais, si elle répond au désir d'autonomie des individus, l'égalité des chances s'accommode de l'existence et même du développement des inégalités. Contre l'air du temps, François Dubet plaide en faveur du modèle des places : celui-ci combat résolument les inégalités et accroît la cohésion de la société. En montrant comment on peut promouvoir la justice sociale sans tout sacrifier à la compétition méritocratique, ce brillant essai oeuvre à la reconstruction intellectuelle de la gauche.François Dubet est professeur de sociologie à l'université de Bordeaux II et directeur d'études à l'EHESS. Il a récemment publié au Seuil L'École des chances (2004), Injustices (2006) et Le Travail des sociétés (2009).

  • François Dubet et son équipe de chercheurs se sont posé la question centrale qui traverse à la fois notre vie quotidienne et nos débats publics : quelles inégalités nos concitoyens perçoivent-ils comme des injustices dans le monde du travail ?

    A chaque page, à chaque ligne, les témoignages affluent, se recoupent, nous touchent et nous dérangent. Pourquoi se sent-on méprisé ? Pourquoi se juge-t-on en situation précaire ? Pourquoi s'estime-t-on exploité tandis que d'autres jouissent de privilèges ? Pourquoi, enfin, se considère-t-on aliéné, empêché de se réaliser dans la vie professionnelle ?

    Cet inventaire de la souffrance au travail est complexe. Protester contre l'injustice, c'est dévoiler ce que justice veut dire, ou devrait vouloir dire. François Dubet et ses collègues analysent l'envers des plaintes qu'ils ont minutieusement recueillies : foi en l'égalité, reconnaissance du mérite, aspiration à l'autonomie. Par-delà le « livre noir » du travail, ils dessinent le contour des valeurs que nous partageons. Et ils rapportent le sentiment d'injustice aux réalités de la vie sociale.

    Ensuite, ils nous laissent juges, ils se gardent de nous dicter la politique à suivre. Un livre de référence, dont nul ne sortira intact.

  • La galère, c'est d'abord l'expérience de ces jeunes dominés par l'incertitude, le flottement des projets, les longues périodes d'oisiveté entrecoupées de petits boulots, la délinquance présente et peu spectaculaire, le risque de destruction du sujet lui-même. Cependant la galère n'est pas uniquement le produit de la crise économique et du chômage; elle apparaît au crépuscule de la société industrielle, lorsque tout un monde se défait morceau par morceau dans ses formes d'intégration, ses rapports sociaux et ses modes d'action collective.

    De Seraing, ville industrielle wallonne dominée par la culture ouvrière, aux Minguettes à Venissieux avec ses jeunes immigrés, en passant par Orly, Sartrouville, Champigny et Clichy, François Dubet restitue l'expérience de la galère, la manière dont elle se construit chez les jeunes et dont elle est perçue par les adultes. Hors des catégories de la sociologie classique de la délinquance, la galère est une action de classe dangereuse faite de désintégration, d'exclusion et de rage. Les régulations traditionnelles se sont épuisées, les mécanismes d'intégration scolaire et professionnelle se sont durcis et surtout, la conscience de classe ouvrière ne parvient plus à donner sens à l'ensemble d'une expérience de domination.

    Mais la galère n'est pas une pure destruction. D'elle surgissent parfois de nouvelles formes de protestation et de mobilisation. C'est là que naît le mouvement des jeunes immigrés et que sont esquissés les traits d'un nouveau visage d'une action contestataire au sein même de la mise hors jeu de cette jeunesse.

    François Dubet, maître de conférence à l'Université de Bordeaux II et chercheur au CADIS (Centre d'analyse et d'intervention sociologique) à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, est notamment l'auteur de Le Mouvement ouvrier (Fayard, 1984) et L'Etat et les jeunes (Editions ouvrières, 1985).

  • « On ne cesse de parler de crise des institutions, de l'école, de l'hôpital, du travail social... et, à terme, de la République. Il faut aller au-delà de cette plainte et de cette nostalgie.Longtemps, le travail sur autrui, le travail consistant à éduquer, à former, à soigner, s'est inscrit dans ce que j'appelle un programme institutionnel : le professionnel, armé d'une vocation, appuyé sur des valeurs légitimes et universelles, mettait en oeuvre une discipline dont il pensait qu'elle socialisait et libérait les individus. Les contradictions de la modernité épuisent aujourd'hui ce modèle et les professionnels du travail sur autrui ont le sentiment d'être emportés par une crise continue et par une sorte de décadence irréversible.Dans Le Déclin de l'institution, j'ai voulu montrer que cette mutation procédait de la modernité elle-même et qu'elle n'avait pas que des aspects négatifs, qu'elle n'était pas la fin de la vie sociale. Plutôt que de se laisser emporter par un sentiment de chute parce qu'il n'imagine pas d'autre avenir qu'un passé idéalisé, il nous fait essayer de maîtriser les effets de cette mutation en inventant des figures institutionnelles plus démocratiques, plus diversifiées et plus humaines. »F. D.

  • Toutes les inégalités ne se " valent " pas : certaines sont visibles, d'autres moins, certaines sont perçues comme injustes, d'autres ne le sont pas. Il ne suffit donc pas de décrire et de mesurer les inégalités sociales, il faut aussi savoir ce que nous en faisons et comment elles affectent plus ou moins profondément la vie et l'action des individus. Tel est l'objet de ce livre collectif original, qui réunit les plus grands noms de la sociologie contemporaine. La seule dénonciation globale des inégalités sociales ne suffit pas, car toutes les inégalités ne se " valent " pas : certaines sont visibles, d'autres moins, certaines sont perçues comme injustes, d'autres non. Il faut donc pouvoir décrire et mesurer les inégalités sociales, mais aussi savoir ce que nous en faisons et comment elles affectent plus ou moins profondément la vie et l'action des individus. En effet, si la conscience des inégalités semble s'accentuer, elle ne débouche pas pour autant sur des formes d'action collective véritablement intégrées et organisées. Pour comprendre ce paradoxe, il faut savoir comment ceux qui les subissent vivent avec les inégalités sociales, comment ils s'en accommodent plus ou moins, comment l'expérience des injustices est construite... Il faut aussi connaître les principes de justice mobilisés par les individus pour comprendre quelles peuvent être leurs réactions face aux injustices. Les sciences sociales, leurs analyses et les critiques qu'elles développent sont susceptibles de nous aider à y voir plus clair et à peser sur la vie politique et sociale. C'est là tout l'objectif de ce livre original, qui contient les contributions des meilleurs spécialistes de la question.

  • « L'école est un champ de batailles et de conflits plus ou moins feutrés. Quoi qu'il en pense et quoi qu'il en dise, le sociologue est dans cette bataille et y participe, même quand il veut s'extraire de la mêlée. » Par-delà les conflits d'intérêts et les querelles d'appareil, François Dubet pose son regard de sociologue sur les « faits d'école ».

  • À quoi sert vraiment la sociologie ? dans notre société, dans la production de savoirs, dans nos vies quotidiennes ? est-elle vraiment scientifique ? contestataire ? idéologique ? Poursuit-elle un but, une action, un sens ? est-elle utile ? Que nous apporte-elle ? François Dubet, sociologue de l´école, des mouvements sociaux, de la banlieue, de l´éducation, de la justice sociale, répond à la question. De sa formation avec Touraine et de ses premiers travaux sur les mouvements sociaux, il a hérité la conviction que tout n´était pas joué et qu´on pouvait intervenir sur le social. Des nombreuses enquêtes qu´il a menées, il a retenu que le sociologue se coltinait la prose du monde et que la connaissance de celle-ci, dans sa complexité, pouvait le rendre utile aux autres. Et il l´est quand il conseille, quand il critique mais aussi quand il produit de la connaissance pure. Quand il présente à la société une représentation d´elle-même. Ni apologiste, ni pessimiste, François Dubet, modeste, commence par lever le voile sur la suspicion qui frappe la sociologie. En mêlant avec habileté son parcours personnel à la somme de ses recherches, François Dubet nous livre sur la sociologie un témoignage sans précédent, sincère, au-delà des sentiers battus.

  • « Longtemps, j´ai cru vivre dans une société », dit François Dubet, mais la représentation traditionnelle de la société s´épuise sous les coups de la mondialisation et de la modernité elle-même.
    Ainsi, la société n´est plus conçue comme le progrès de l´intégration d´une structure sociale, d´une culture nationale homogène et d´une souveraineté politique toute puissante. Désormais, les individus, de plus en plus mobilisés, sont chargés de faire ce que la société ne fait plus pour eux.
    Les sociétés ne disparaissent pas pour autant. Elles imposent des formes de domination. Elles continuent à déterminer les épreuves que les individus affrontent. Elles sont le cadre fondamental de la critique sociale et des mouvements sociaux.
    C´est ce « travail des sociétés » qu´il nous faut comprendre afin de construire les représentations et les forces politiques qui nous permettent de vivre ensemble.

    À travers une démonstration précise, claire et très pédagogique, cet essai magistral de François Dubet poursuit, après Le Déclin de l´institution, son travail sur la sociologie des sociétés. Une réflexion qui bouscule fortement les théories actuelles, en décrit les limites et les dépasse en proposant un nouveau modèle, un outil pour repenser l´avenir.

  • On a tout écrit - et son contraire - sur l'école, sur la pédagogie, sur les doutes et les difficultés des enseignants. On s'est penché, gravement et en bloc, sur les soubresauts qui agitent de temps à autre la jeunesse. On s'est étonné de ses clameurs ou de ses silences, de ses rassemblements et de ses dispersions... La démarche de François Dubet et de son équipe est complètement autre, et nouvelle. Progressivement, patiemment, il a cherché à saisir de l'intérieur ce qu'est « l'expérience lycéenne ». Dans huit établissements, du plus noble au plus décrié, il a recueilli la parole des adolescents, l'a confrontée avec celle des adultes qui les encadrent. Et voici le récit, le produit de ce voyage. Le lecteur se découvrira fort dépaysé sur cette planète lycéenne qui est tout sauf homogène - l'école, conclut Dubet, n'est pas ou plus un lieu de socialisation, et les poncifs nostalgiques sont inopérants. De même, le lecteur sera étonné par la violence du mépris dont se jugent victimes les lycéens, un mépris qui n'est pas l'apanage des « classes poubelles ». Il est difficile d'être jeune, difficile de se construire et de se protéger dans un monde où tout engendre l'échec relatif : le moins bon des meilleurs s'estime plus méprisé que le meilleur des moins bons... Un livre rigoureux et sensible. Le bouleversant portrait de groupe d'une jeunesse, la jeunesse de cette fin de siècle.

  • On a tout écrit - et son contraire - sur l'école, sur la pédagogie, sur les doutes et les difficultés des enseignants. On s'est penché, gravement et en bloc, sur les soubresauts qui agitent de temps à autre la jeunesse. On s'est étonné de ses clameurs ou de ses silences, de ses rassemblements et de ses dispersions... La démarche de François Dubet et de son équipe est complètement autre, et nouvelle. Progressivement, patiemment, il a cherché à saisir de l'intérieur ce qu'est « l'expérience lycéenne ». Dans huit établissements, du plus noble au plus décrié, il a recueilli la parole des adolescents, l'a confrontée avec celle des adultes qui les encadrent. Et voici le récit, le produit de ce voyage. Le lecteur se découvrira fort dépaysé sur cette planète lycéenne qui est tout sauf homogène - l'école, conclut Dubet, n'est pas ou plus un lieu de socialisation, et les poncifs nostalgiques sont inopérants. De même, le lecteur sera étonné par la violence du mépris dont se jugent victimes les lycéens, un mépris qui n'est pas l'apanage des « classes poubelles ». Il est difficile d'être jeune, difficile de se construire et de se protéger dans un monde où tout engendre l'échec relatif : le moins bon des meilleurs s'estime plus méprisé que le meilleur des moins bons... Un livre rigoureux et sensible. Le bouleversant portrait de groupe d'une jeunesse, la jeunesse de cette fin de siècle.

  • Un accord paraît être brisé. Les querelles entre les parents et l'école ne cessent d'alimenter les remises en cause de l'institution scolaire. C'est au jeu de leurs relations qu'est consacré cet ouvrage, tordant le cou au mythe d'une regrettée école républicaine égalitaire.

  • On a beaucoup parlé des perdants de la mondialisation ; il est temps de se pencher sur les vaincus de la compétition scolaire. C'est ce que font les deux sociologues François Dubet et Marie-Duru Bellat dans cet essai qui défend l'idée d'une trahison du système scolaire.
    Car si le populisme sonne à nos portes, si les passions tristes comme la haine et le ressentiment fleurissent, c'est aussi parce que l'école n'a pas tenu ses promesses. La massification scolaire qui s'ouvre au début des années 1960 a longtemps été associée à l'espoir d'égalité des chances et de progrès de l'esprit démocratique.
    Or les auteurs démontrent qu'aucun de ces engagements n'a été tenu : l'école a généré de nouvelles formes d'inégalités, plus subtiles. La hausse du niveau de diplômes n'a pas assuré à tous une meilleure insertion professionnelle, et l'ascenseur social donne au contraire le sentiment d'être en panne. Enfin, loin de faire progresser la confiance envers les institutions démocratiques, l'école nourrit chez les perdants de la compétition scolaire le ressentiment : ceux qui pensent que l'école les a méprisés et exclus finissent par rejeter les valeurs démocratiques qu'elle promeut. Le succès de l'autoritarisme, de la démagogie et de l'indifférence politique en témoignent.
    Bref, le long processus de massification scolaire n'a pas eu que des conséquences heureuses. L'identification des progrès de la scolarisation à ceux de la démocratie ne va plus de soi. Il faut donc changer profondément de point de vue sur l'école pour défendre la cohésion sociale et la démocratie.

  • "Une vision commune voudrait que l´éducation scolaire contribue à créer des sociétés meilleures. Mais comment l´école aurait-elle la capacité quasi miraculeuse de transformer la société ? Plutôt que de croire ou non à ses vertus, les sociologues François Dubet, Marie Duru-Bellat et Antoine Vérétout ont cherché à comprendre, en comparant les sociétés et les systèmes éducatifs d´une trentaine de pays, par quels mécanismes et sous quelles conditions l´école affecte positivement la société. Ni le déterminisme fataliste de la simple reproduction sociale, ni le volontarisme héroïque d´une école capable de changer le monde ne résistent aux faits.
    Comment les sociétés utilisent-elles les qualifications scolaires ? Quelle est l´ emprise du diplôme sur l´emploi et sur la position sociale ? C´est de ce choix politique que dépend le rôle de l´école dans la société. Quand un pays considère que le diplôme doit déterminer strictement la position sociale, la lutte pour son obtention pèse lourdement sur le système scolaire, au détriment de sa dimension éducative et culturelle. Trop d´école tue l´école. À l´opposé, quand un pays croit moins à l´école, il développe d´autres systèmes d´accès à l´emploi, le jeu scolaire y est plus détendu, mais la société crée d´autres inégalités. C´est dans le jeu de ces deux mécanismes que se tiennent les différences entre les sociétés et c´est en agissant sur cette charnière que les politiques peuvent corriger les inégalités."

  • Malgré des niveaux d'études élevés, les jeunes éprouvent des difficultés grandissantes à trouver leur place sur le marché du travail. Fruit d'une enquête sociologique auprès des diplômés de l'enseignement supérieur à la recherche de leur premier emploi, ce livre explore l'expérience de l'insertion professionnelle. Une fois le diplôme obtenu, les étudiants, souvent protégés des questionnements sur leur avenir professionnel pendant leurs études, sont plongés dans l'univers de la recherche d'emploi. Pour certains, la transition études/emploi est évidente (insertion prévisible) ; pour d'autres, un véritable travail de conformation aux attendus de l'emploi s'engage (insertion entravée) ; pour d'autres encore, l'insertion professionnelle est un impératif trop pressant qu'il s'agit, un temps au moins, de mettre à distance (insertion refusée). Par-delà la diversité des parcours, ce livre conclut à l'existence d'un modèle de relation formation-emploi français très particulier, qui fait de l'insertion professionnelle l'objectif ultime, l'horizon indépassable de la jeunesse française.

  • L'école est-elle responsable des maux de notre société : chômage, notamment celui des jeunes, violences, fractures entre classes et entre générations ... ? Peu à peu le sentiment que l'école française ne parvient plus à jouer son rôle de formation et d'intégration sociale s'est imposé à tous.Persistance d'un noyau dur d'élèves en échec, évolution des savoirs et des références culturelles, révolution de l'accès à l'information, métamorphoses de la jeunesse... La situation appelle désormais des remises en questions fondamentales plus que des ajustements à la marge. De la formation des enseignants à la définition des contenus et des apprentissages fondamentaux, en passant par les politiques de l'égalité, de la laïcité et de la citoyenneté, François Dubet et Marie Duru-Bellat ont identifié dix points cruciaux sur lesquels il est possible d'agir efficacement pour changer au plus vite d'école.Un livre court, qui ne mâche pas ses mots, s'attaque au coeur du sujet et n'oublie aucun des acteurs concernés : maîtres, élèves, parents, élus et simples citoyens. Deux de nos meilleurs experts lancent le débat.François Dubet, professeur de sociologie à l'université de Bordeaux II et directeur d'études à l'EHESS, a publié Les Sociétés et leur école (Seuil, 2010) et La Préférence pour l'inégalité. Comprendre la crise des solidarités (Seuil/La République des idées, 2014).Marie Duru-Bellat, sociologue, professeur émérite à Sciences Po, et chercheur à l'Observatoire sociologique du changement et à l'IREDU a publié au Seuil L'Inflation scolaire. Les désillusions de la méritocratie (2006) et Les Sociétés et leur école (2010).

  • Qu'il s'agisse d'inégalités de traitement en fonction du sexe, de la race, de la sexualité, de la religion, de l'origine, des handicaps, de la santé... les discriminations sont aujourd'hui perçues et combattues comme la figure centrale des injustices. S'il est indispensable de les décrire et de les mesurer, il faut aussi que l'on sache mieux comment elles sont vécues par celles et ceux qui les subissent. L'écart est grand, en effet, entre les inégalités objectives et la manière dont les personnes les ressentent et, surtout, dont elles les tiennent pour justes ou injustes.Pourquoi moi ? s'efforce de rendre compte de ce vécu plus divers qu'il n'y paraît. De l'« expérience totale » qui fait de la discrimination le coeur de l'identité et du rapport au monde des individus à la distanciation que d'autres parviennent à installer grâce à un ensemble de stratégies et de tactiques, se déploie un espace de discriminations vécues de façon plus ou moins intense.Ces expériences sont déterminées par le jeu complexe des conditions sociales. Ainsi les plus discriminés ne sont pas nécessairement ceux qui éprouvent les sentiments d'inégalité les plus aigus. La comparaison entre l'école et l'hôpital montre que les discriminations sont perçues de façon très différente dans ces institutions pour lesquelles la diversité des cultures et des personnes ne constitue pas le même enjeu.Les discriminations et les luttes qu'elles entraînent révèlent de profondes transformations de notre vie sociale et de nos subjectivités ; non seulement elles dévoilent des injustices intolérables, mais elles montrent comment les individus essaient de se construire comme les sujets de leur liberté et de leur identité quand l'ordre social perd de son unité et de son ancienne légitimité.FrançoisDubet,OlivierCousin,EricMacé et SandrineRui sont enseignants à l'Université de Bordeaux Segalen, chercheurs au Centre Émile Durkheim et associés au CADIS à l'EHESS.

  • L'idée de société a longtemps fondé la cohérence et l'unité de la vie sociale des Etats-nations industriels et modernes. Cette représentation affirmait aussi l'unité de l'acteur et du système, de la subjectivité et de l'objectivité. Aujourd'hui, cette idée s'éloigne de nous quand la société cesse d'être dominée par l'industrie, quand la modernité déçoit, quand la subjectivité, égoïste ou morale, s'impose, quand les Etats-nations ne sont plus identifiables à «la société».Pour autant, l'idée de société ne peut pas être abandonnée. Non pour céder aux nostalgies républicaines ou communautaires, mais parce que la vie sociale est désormais ce que nous en faisons à travers la représentation que nous en construisons dans les conflits sociaux, sur les scènes médiatiques et dans la vie politique. Les promesses de la modernité se sont réalisées au prix de la mort de quelques illusions. La vie sociale est une production continue, une «volonté», quand l'objectivité du monde ne peut plus fonder l'unité de nos expériences.

  • L'école, en France, n'a pas seulement changé de forme. Elle a changé de nature. Les valeurs républicaines, les contrats pédagogiques, les règles et les objectifs clairement identifiés sont en crise. De nouveaux publics scolaires brouillent les cartes, l'utilité des diplômes est incertaine, la culture juvénile puise au-dehors autant qu'au-dedans, l'universalité des principes cache mal la concurrence entre filières et entre établissements.François Dubet, Danilo Martuccelli et leur équipe d'enquêteurs ne se sont pas limités à ce constat qui aurait pu alimenter un essai en chambre, un de plus. Sur plusieurs années, ils ont observé et questionné les écoliers, les collégiens, les lycéens afin de décrire et comprendre quelle est leur expérience de l'école, quelles relations ils nouent avec les adultes, professeurs ou parents. Cette école n'est pas seulement «inégalitaire» : elle produit des itinéraires différents et des individus différents. Elle n'est plus une institution qui fabrique des sujets conformes mais un espace où naissent des projets multiples. La nostalgie de l'âge d'or républicain n'est plus de mise. Ce livre, qui revisite l'école de l'intérieur, nous oblige à penser son actualité, donc sa transformation.

  • Pourquoi les luttes ouvrières ont-elles été au centre de notre vie sociale pendant plus d'un siècle; pour quelles raisons et dans quelles conditions ont-elles produit le mouvement social de la société industrielle? Et, ce rôle central, le syndicalisme l'occupe-t-il encore; ou bien, s'il faut parler de déclin du mouvement ouvrier, quelles sont les nouvelles fonctions de l'action syndicale?

    Ce livre, fondé sur une intervention sociologique menée pendant deux ans avec des groupes de militants syndicalistes, apporte des réponses précises à ces deux interrogations. A ceux qui refusent l'idée d'un conflit central et évitent de parler de classes et de lutte de classes, il répond par une analyse précise de la conscience et de l'action de classe ouvrières. A la vieille tentation française de subordonner les mouvements sociaux aux partis et aux idéologies politiques, il oppose la réalité d'un mouvement proprement ouvrier, qui n'est ni la base ni l'instrument d'une force politique. A ceux qui remplacent des réalités historiques par l'image intemporelle d'une classe ouvrière sacralisée, il oppose l'étude des formes de passage du mouvement ouvrier aux politiques syndicales.

    La simplicité de son titre l'indique: ce livre, plus qu'aucun autre, présente l'ensemble des pratiques syndicales du point de vue de leur signification la plus élevée: la formation, le développement, puis la crise du mouvement ouvrier.

    Il ne parle pas seulement du passé et du présent, mais impose cette question décisive: dans la société post-industrielle qui se forme sous nos yeux, existe-t-il, peut-il exister un mouvement social capable d'occuper la place centrale que tenait le mouvement ouvrier dans la société industrielle?

  • Le collège n'est pas le 'maillon faible' du système scolaire, comme le montrent les résultats des élèves, mais là où le métier d'enseignant est le plus difficile face à l'hétérogénéité des effectifs. C'est là aussi que les problèmes sociaux sont les plus

empty