François Ewald

  • L'etat providence

    François Ewald

    • Grasset
    • 12 Février 1986

    Au début du XIXe siècle, à l'époque de la promulgation du Code civil, la philosophie de la responsabilité régnait sans partage : chacun est responsable de son sort. La liberté est sans excuse. Incapables d'offrir des solutions satisfaisantes aux grands défis posés par l'industrialisation, nos sociétés trouvèrent, dans la philosophie du risque et l'institution de l'assurance, des instruments plus adéquats à leur gouvernement. Ainsi est né ce qu'on appelle, improprement, l'État providence.

    François Ewald, à partir de la généalogie de celui-ci, en brosse le portrait.
    Sans se limiter aux aspects juridiques et sociaux de son histoire, il en dégage aussi les dimensions philosophique et morale. Il montre qu'elle est liée à une expérience particulière du mal - donc au besoin de sécurité - sous la forme de l'accident.

    L'Etat providence constitue une fresque panoramique composée comme un drame de la raison politique : si les assurances privées ou sociales ont eu pour effet de multiplier les cas de responsabilité, s'il est faux de parler d'un déclin de responsabilité, il est, en revanche, patent que l'existence de l'Etat providence est la preuve que nos sociétés ont définitivement renoncé à se gouverner selon le principe de liberté.

  • Pratiquement inconnu jusqu´au milieu des années 90, le « principe de précaution » est devenu, avec l´affaire de la vache folle, une expression populaire. On le brandit désormais comme le talisman dont la seule invocation devrait protéger les citoyens contre tous les risques qui les menacent, et l´on invoque son application dans les domaines les plus hétérogènes (climat, couche d´ozone, OGM, santé, jusqu´aux conditions d´utilisation des armes sur les champs de bataille), au point que ce principe, apparu dans les années 70, devient synonyme de  politique de sécurité. Il n´y aura bientôt plus personne qui ne se croira obligé d´agir par précaution.
    Cet ouvrage se propose de clarifier ce principe en réunissant trois expertises, économique, juridique et philosophique.  
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  • Longtemps nous avons vécu à l'ombre de Germinal, de ses mythes, de ses légendes et de son idéale classe ouvrière. Les intellectuels rêvaient les mineurs purs et durs, héroïques et damnés, dans une sèche dialectique de l'exploiteur et de l'exploité. Les mineurs se racontaient dans l'univers radieux d'un manichéisme absolu, tous angéliquement dressés contre le Patronat et son Système. D'où l'importance de ce texte, qui prend d'emblée le contre-pied des vieilles images d'Epinal.

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