Casterman (réédition numérique FeniXX)

  • L'industrie "promeut" ceux qui la servent : elle élève leur revenu, leurs connaissances, leur niveau social, même leur influence politique. Cette montée sociale ne bénéficie pas aux ouvriers en bloc, à l'ensemble des travailleurs salariés comme tels, ou à un prolétariat homogène. Elle diversifie et favorise inégalement des espèces d'ouvriers et de travailleurs. Elle laisse stagner ou fait régresser des masses et une masse qui ne sont pas animées par son mouvement ascensionnel. Chaque phase d'industrialisation, chaque régime aussi "fait ses exclus et ses pauvres". Le tragique est, en ce sens, plus cruel encore que celui que Karl Marx a dénoncé. Les sociétés des XXe et XXIe siècles se borneront-elles à "changer de baudet" ? Non. À condition que l'analyse marxienne soit assumée pour atteindre le conflit "minorité-masse" et qu'une politique neuve en résulte. La masse, l'état de la multitude où pas un n'est omis, n'est autre que la Ressource humaine : son plein développement est la condition de tout calcul d'optimisation économique : il ne devient "scientifique" qu'en "refusant le mensonge social".

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