François-Régis Bastide

  • Une Suédoise et un prince russe émigré, ancien général, conspirateur, escroc, mythomane, se rencontrent à Paris, unissent leur solitude, échangent leur amitié, se font souffrir. Ensemble, ils traversent les événements qui ont bouleversé la France : la guerre de 1939-1940, l'occupation, la libération. Et c'est, en définitive, leurs tentatives répétées pour se faire admettre dans la communauté française, leurs luttes à l'intérieur du catholicisme, de la bourgeoisie française, du malheur politique français qui nous sont narrées. Réfugiés l'un contre l'autre, enfouis dans ce 'creux de Paris' que rencontre un jour Choralita Brichs, l'héroïne, au cours de ses pérégrinations, ces étrangers montrent par leur déchirement que la vraie vie est faite d'un mouvement volontaire d'abandon, de renoncement, d'adieu... "Les adieux, c'est ce qui fait le moins mal, lorsque personne ne vous regarde vous en aller." Prix Femina 1956

  • "Le thème dominant de cet ouvrage est la Sarre aux premiers jours de la récente occupation française de 1945. Une Sarre allemande dont on prévoyait alors le Rattachement à la France, à une plus ou moins longue échéance. Les Sarrois sont des gens par eux-mêmes assez ternes, résignés. Mais depuis 1920, ils sont passés de la IIIe République au IIIe Reich et de celui-ci à la IVe République. Voilà ces mineurs promus plaque tournante européenne, champ magnétique humain, car en eux des forces s'affrontent plus intensément qu'ailleurs. Comme ce « pot à charbon » devient intéressant pour le romancier !" François-Régis Bastide

  • Depuis son enfance basque, sur les collines de Guéthary, Francis Carennac était obsédé par le souci de discerner les apparences des êtres et leur vérité, le masque et le visage. Toute son adolescence est commandée par les questions qu'il se pose au sujet de sa famille et de la jeune fille qu'il aime. Jeune compositeur, "apprenti sorcier", il traverse Paris, les milieux de la musique, les revues littéraires ; entraîné en Suède, à la poursuite d'une femme, d'une mère, mêlé à des complots politiques, secrétaire d'un ambassadeur, il effrite sa jeunesse, et son "éducation" est plus celle d'un détective sentimental que d'un compositeur. Du moins ne ruse-t-il pas avec la musique, qui donne à cette vaste fresque sa gravité. Voici le célèbre quatuor de Schubert, écouté par un romancier musicien.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Le texte est tout, c'est entendu. Il n'est presque rien, soudain, quand je ferme les yeux pour tenter d'apercevoir la lumière et les gestes, l'odeur d'un spectacle, ses voix. Les articles des uns, des autres, écrits très vite, parfois en sortant du théâtre, ou dès le lendemain (c'est le cas des miens), ont la seule vertu des humeurs. Comme les rires ou les larmes, ils peuvent paraître trop brusques mais on peut difficilement les croire menteurs : il faut plus de temps, pour dissimuler. Tous réunis, et mis bout à bout, et opposés les uns aux autres, ils dessinent le paysage. Manquera toujours l'essentiel : la représentation. Il y a des musées pour la peinture, et des cinémathèques pour les films. Bientôt des cassettothèques pour n'importe quoi. Toujours le théâtre échappera à tous les modes de résurrection, ou même de simple conservation. Tour à tour le disque, le film, la TV ont tenté de nous donner le théâtre comme si nous y avions été ; et de Sarah Bernhardt à Gérard Philipe nous n'avons reçu que l'ombre d'un geste, le creux d'une voix. On peut toujours visiter pieusement les cimetières, mais le théâtre, c'était hier soir, j'y étais, vous aussi, parlons en. Ou alors : rien. Et entre le vous n'y étiez pas et ce rien, voici la chronique. Un peu mieux que rien. F.-R. B.

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