Georges Belmont

  • " Depuis que traîne en moi l'idée d'écrire ma mémoire, il m'est arrivé par intervalles oppressants, la nuit, d'avoir la sensation de dormir ma vie passée... Il m'a été ainsi donné de rêver une grande part, souvent obscurcie jusqu'alors, de mon enfance ; ou de me revoir marchant en compagnie de James Joyce, à Paris, par un clair et chaud après-midi d'avril, vers le pont de la Concorde ; ou bien, tard une nuit de vent sans lune, avec Samuel Beckett, le long de la rivière Liffey, vers la masse madréporique et plus noire du Phoenix Park de Dublin. Parfois, il n'y manque pas même la parole... " Évoquant ses amitiés, ainsi que les passions et les égarements des années vingt et trente, Georges Belmont brosse un tableau magistral d'une époque légendaire et de quelques hommes qui l'ont illustrée : Joyce et Beckett, mais aussi André Gide, Jean Paulhan, Roger Vailland, Robert Desnos...

  • Le narrateur est à 32 ans le principal responsable d'un mouvement politique, d'essence marxiste, décidé à prendre le pouvoir par la ruse. Il appartient à la race des hommes d'action et de gouvernement, à la fois, solide et subtil, ouvert et cynique. Une grande partie de son passionnant récit se développe dans l'atmosphère clandestine et dangereuse de la préparation d'un coup d'État. Toutefois, les événements qu'il rapporte et dont il démonte le mécanisme se trouvent liés à ses problèmes personnels, d'autant plus qu'il garde la secrète nostalgie d'un idéal maintenu dans sa pureté. Cette nostalgie, deux de ses meilleurs agents l'incarnent : Anne-Marie, dont il est sourdement amoureux, et Chris, son ami d'enfance, une sorte d'archange calme de la Révolution. La prise du pouvoir aura lieu, mais non sans que le narrateur ait irréparablement perdu l'estime, l'amitié et même la présence des deux seuls êtres qui comptent pour lui. Y survivra-t-il ? Avec l'intelligence et la sensibilité d'un écrivain remarquablement maître de ses moyens, Georges Belmont a réussi un grand roman d'analyse et de psychologie politique.

  • Dans les années 1970, une nuit, à Paris, les centrales sautent, les banques et les prisons sont forcées, de longues files de camions quittent la ville... C'est la guerre civile. Dans les deux camps, pendant trois ans des hommes jeunes se heurtent et tuent. Quand revient le silence, l'horreur apparaît. Dans le chaos du monde nouveau qui naît, Jacques Legrand qui a vécu tout ce combat est arrêté et jeté dans une cave de Paris détruit. Il y découvre un autre enfer. Cependant, dehors, Annie, la femme qu'il aime, met tout en oeuvre pour le sauver... Ce livre de l'horreur n'est pas le livre de l'amertume ou de la colère. Ce roman d'anticipation est un roman depuis longtemps actuel. Tout y est chair et sang ; l'amour de Legrand et d'Annie le baigne de lumière. Le Grand Pressoir apparaît ainsi comme l'une des oeuvres les plus fortes et les plus représentatives de notre époque troublée.

  • Dans les années 1970, une nuit, à Paris, les centrales sautent, les banques et les prisons sont forcées, de longues files de camions quittent la ville... C'est la guerre civile. Dans les deux camps, pendant trois ans des hommes jeunes se heurtent et tuent. Quand revient le silence, l'horreur apparaît. Dans le chaos du monde nouveau qui naît, Jacques Legrand qui a vécu tout ce combat est arrêté et jeté dans une cave de Paris détruit. Il y découvre un autre enfer. Cependant, dehors, Annie, la femme qu'il aime, met tout en oeuvre pour le sauver... Ce livre de l'horreur n'est pas le livre de l'amertume ou de la colère. Ce roman d'anticipation est un roman depuis longtemps actuel. Tout y est chair et sang ; l'amour de Legrand et d'Annie le baigne de lumière. Le Grand Pressoir apparaît ainsi comme l'une des oeuvres les plus fortes et les plus représentatives de notre époque troublée.

  • Le narrateur est à 32 ans le principal responsable d'un mouvement politique, d'essence marxiste, décidé à prendre le pouvoir par la ruse. Il appartient à la race des hommes d'action et de gouvernement, à la fois, solide et subtil, ouvert et cynique. Une grande partie de son passionnant récit se développe dans l'atmosphère clandestine et dangereuse de la préparation d'un coup d'État. Toutefois, les événements qu'il rapporte et dont il démonte le mécanisme se trouvent liés à ses problèmes personnels, d'autant plus qu'il garde la secrète nostalgie d'un idéal maintenu dans sa pureté. Cette nostalgie, deux de ses meilleurs agents l'incarnent : Anne-Marie, dont il est sourdement amoureux, et Chris, son ami d'enfance, une sorte d'archange calme de la Révolution. La prise du pouvoir aura lieu, mais non sans que le narrateur ait irréparablement perdu l'estime, l'amitié et même la présence des deux seuls êtres qui comptent pour lui. Y survivra-t-il ? Avec l'intelligence et la sensibilité d'un écrivain remarquablement maître de ses moyens, Georges Belmont a réussi un grand roman d'analyse et de psychologie politique.

  • Un jour, la pestilence souffle sur la ville. Tournant le dos et marchant sur les cadavres dont regorge le sol, un homme fuit. Lui-même, est-il vivant ? Il est chargé d'un étrange fardeau : un poids mort. (Pour le désigner, il ne trouve pas d'autres mots que : « la chose »). Il marche vers l'Ouest, où se dressent des monts violets, pareils au versant d'un cratère baigné d'une dernière lumière. S'il parvient jusque là, s'il peut passer « dans la lumière », il sait que, mort ou vif, il sera sauvé. Sa marche interminable devient d'emblée un long délire à travers des paysages hostiles et hantés par des survivants, mais aussi à travers lui-même. Et toujours « la chose » est là, retrouvant parfois une forme de vie par le délire. Le temps, l'espace n'existent plus. Autour d'un trou qu'il s'est creusé, dans une cabane souvenir de son enfance, des ombres se penchent parfois sur lui, un docteur, un frère qu'il croyait pourtant avoir tué (y compris l'oiseau posté sur un arbre et qui le suit partout) sont-elles un seul et même personnage ? Et la cabane et le trou sont-ils si différents de la chambre qu'il avait quittée ? Il faut fuir et tuer toutes ces apparences. Alors seulement, débarrassé de ses poids morts et de « la chose », il pourra terminer le voyage. Il repart, il se presse, il court, tombe, se relève... là-haut la lumière... atteindra-t-il le sommet ? Ex n'est ni un récit, ni un roman, ni un conte, ni un poème, ce sont d'abord des voix. Le je qui parle ici est plusieurs. L'unité se fait par les thèmes du personnage plus que par l'identité. De même que le temps et l'espace retrouvent une unité dans l'annihilation, et la vie dans les morts successives. S'il y a un message dans ce livre, il n'est pas plus caché que celui des runes gravées par l'homme dans la pierre, depuis des siècles et partout dans le monde. Et c'est qu'il faut mourir pour naître, et non, comme on dit, pour renaître. A ce prix, il n'y a plus de désespoir à vivre. On cesse de ramper ; on prend les coups debout.

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