Éditions des femmes-Antoinette Fouque

  • Le destin tragique de la femme de 30 ans est aussi affreusement banal : Julie d'Aiglemont est mariée à un homme qu'elle n'aime pas. Malheureuse et délaissée, la seule façon pour elle de ne pas subir son mariage, est de tomber amoureuse d'un autre. Mais de morts malencontreuses en amours contrariées, ses amants et enfants illégitimes ne lui permettront pas d'échapper réellement au contrat auquel elle n'a eu d'autre choix que de se soumettre. Cette sombre histoire, résolument moderne, est sans doute le roman le plus engagé de Balzac, qui dénonce avec force et justesse l'oppression qui pèse sur les femmes.

    « Le mariage, institution sur laquelle s'appuie aujourd'hui la société, nous en fait sentir à nous seules tout le poids : pour l'homme la liberté, pour la femme des devoirs. Nous vous devons toute notre vie, vous ne nous devez de la vôtre que de rares instants. Enfin l'homme fait un choix là où nous nous soumettons aveuglément. Oh ! Monsieur, à vous je puis tout dire. Hé bien, le mariage, tel qu'il se pratique aujourd'hui, me semble être une prostitution légale. De là sont nées mes souffrances. » H. de B.

  • Roman de l'absolu dans l'art et dans l'amour, Gambara est une réflexion sur l'écart entre la théorie et la pratique, le savoir et l'inspiration, la femme idéale et la femme réelle. Balzac a écrit en 1839 l'histoire du Signore Paolo Gambara, musicien pauvre qui rêve de composer un opéra, « Mahomet », et ne parvient pas à l'écrire. Pas plus qu'il ne parvient à reconnaître chez sa propre femme les sentiments qu'il prête à l'épouse de son héros. L'oeuvre et son exécution s'effacent devant l'excès du principe créateur : « Ma musique est belle, dit Paolo Gambara, mais quand la musique passe de la sensation à l'idée, elle ne peut avoir que des gens de génie pour auditeurs, car eux seuls ont la puissance de la développer. Mon malheur vient d'avoir écouté les concerts des anges et d'avoir cru que les hommes pouvaient les comprendre. Il en arrive autant aux femmes quand chez elles l'amour prend des formes divines, les hommes ne les comprennent plus. » H.d.B.

  • « Le Français devina que, dans ce désert, sur ce rocher entouré par la mer, la religieuse s'était emparée de la musique pour y jeter le surplus de passion qui la dévorait. Était-ce un hommage fait à Dieu de son amour, était-ce le triomphe de l'amour sur Dieu ? Questions difficiles à décider. Mais, certes, le général ne put douter qu'il ne retrouvât en ce coeur mort au monde une passion tout aussi brûlante que l'était la sienne. » H.d.B. En 1833 Honoré de Balzac écrit La Duchesse de Langeais, avec le désir de se venger d'une femme dont il était amoureux et qui l'avait joué. Dans cette transmutation de la réalité en fiction, l'idée de vengeance se perd, et s'élève un chant qui porte l'amour au-delà des règles communes. Texte de passion sur la passion, où aimer et être aimé-e se joue à contretemps dans la cruauté du monde, La Duchesse de Langeais donne à l'amour la grandeur du sublime

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