12-21

  • Tous les chemins de la Comédie humaine partent du Père Goriot et de la sinistre pension Vauquer. La grande saga de l'Occident dont rêve Balzac commence par le martyre d'un père éperdu d'amour pour ses deux filles qui le bafouent, le torturent et le ruinent. Témoins de cette tragédie, le jeune Rastignac, qui va défier Paris, et le fabuleux Vautrin, ancien forçat, que l'on recroisera ultérieurement dans d'autres oeuvres.
    Un galérien des Lettres criblé de dettes imagine et crée sous nos yeux une fresque éternelle avec une puissance de visionnaire. Mystère du génie car personne, depuis, n'a réussi à démoder Balzac.

  • Paris, février 1818, peu de temps avant la chute de l'Empire. L´avoué Derville reçoit la visite d'un vieillard misérablement vêtu. Il assure être le colonel Chabert, passé pour mort à la bataille d´Eylau en 1807. Il avait alors contribuéà la victoire. Le vieil homme raconte comment, se réveillant dans un fossé entre des cadavres, il a survécu miraculeusement à ses blessures. Il revient dix ans après et souhaite réclamer son titre, recouvrir son identité et revivre avec sa femme. Or celle-ci, durant son absence, s´est remariée avec le comte Ferraud et refuse de reconnaître son ancien mari. L´avocat accepte d´aider le colonel en proposant une transaction à son ancienne épouse. Par dignité, Chabert refuse cet arrangement, dégoûté par la comédie que lui joue sa femme et disparaît. Condamné pour vagabondage, le colonel Chabert finira misérablement sa vie à l´asile.

    Le Colonel Chabert est une scène de la vie parisienne et de la société factice que l'on trouvait sous la Restauration dont un peut extraire une problématique philosophique. Publié sous le titre La Transaction en 1832 dans la revue artiste, il intégra La Comédie humaine en 1844.

empty