Flammarion

  • " Un brave homme - pension bourgeoise, 600 francs de rente - s'étant dépouillé pour ses filles qui toutes deux ont 50 000 livres de rente, mourant comme un chien " : telle est l'indication que l'on peut lire dans l'album de Balzac qui contient le germe du Père Goriot.
    Mais ce roman est bien autre chose que le récit d'une agonie. C'est l'" éducation sentimentale " de Rastignac, jeune provincial monté à Paris, son apprentissage de la vie, de la société et des hommes. C'est aussi le portrait d'une ville livrée au plaisir, où les " honnêtes gens " se déchirent entre eux. C'est enfin Vautrin qui, sous des dehors bon enfant, cache un visage démoniaque. À l'image de la pension Vauquer, Le Père Goriot est un carrefour où se croisent les destins.
    Roman multiple, clef de voûte de la Comédie humaine, ce traité des passions n'ignore rien de ce qui est humain. Voilà pourquoi il n'a pas de morale.

  • Tenu pour mort à la bataille d'Eylau, le colonel Chabert rentre chez lui après des années d'errance et de souffrance. Mais aux yeux du monde, il n'existe plus. Sa femme, héritière de sa fortune, est remariée et mère de deux enfants ; sa maison a été démolie ; la rue même où il vivait a été débaptisée : l'Empire a cédé la place à la Restauration...
    Dépossédé de ses biens comme de son nom, l'ancien héros des guerres napoléoniennes se lance à coeur perdu dans une dernière bataille, pour recouvrer son identité. Y parviendra-t-il? Le Colonel Chabert (1829) est l'histoire tragique d'un homme incarnant les restes sublimes d'une époque révolue.

    Dossier :
    1. Le roman et ses personnages selon Balzac
    2. Rêves de batailles
    3. Guerre et littérature au XIXe siècle : Stendhal, Hugo, Maupassant
    4. Le Colonel Chabert au cinéma.

    2 Autres éditions :

  • «Touchante peinture domestique» pour Sainte-Beuve, Eugénie Grandet a longtemps eu la réputation d'un roman moral. Rien ne manque en effet à la palette des vertus qui s'y déploie, de la pudeur des premiers émois amoureux au modeste train de vie qui régit la maisonnée des Grandet. Pourtant, la véracité documentaire de cette chronique provinciale en fait un des chefs-d'oeuvre incontestés du réalisme.
    Sans rien négliger de la peinture de son siècle et des ravages de l'argent dans les relations humaines, Balzac signe le portrait poignant d'une jeune ingénue sacrifiée sur l'autel de la cupidité des hommes.

    L'édition :
    o Parcours de lecture
    o Questionnaire de lecture
    o Groupements de textes :
    - «tuer le père»
    - comment l'esprit vient aux filles
    o Culture artistique :
    - histoire des arts : cahier photos couleur (la peinture de genre ; scènes de l'enfermement
    féminin)
    - Un livre, deux films : The Conquering Power (Rex Ingram) et Eugénie Grandet (Jean-Daniel Verhaeghe).

    1 autre édition :

  • À la demande de la comtesse Natalie de Manerville, dont il est épris, Félix de Vandenesse relate sa première passion, celle qui le lia, dans sa jeunesse, à la vertueuse Henriette de Mortsauf. Mais peut-on sans conséquence raconter un amour passé, fût-il platonique, à l´être qu´on aime ?
    Ainsi que l´écrit Catherine Millet : « Je tire de ce récit une morale qui ne pourrait que décevoir une personne comme Félix, jeune et amoureuse [...]. Dans une relation d´amour, il est absolument illusoire, pour ne pas dire naïf, de vouloir être transparent l´un à l´autre. » Roman des plaisirs interdits et du désir réfréné, Le Lys dans la vallée est aussi, de tous les récits de Balzac, l´un des plus lyriques et des plus désabusés.

  • La peau de chagrin

    Honoré de Balzac

    Chez un marchand de curiosités, Raphaël déniche un étrange talisman : une peau de chagrin qui accomplit tous les désirs mais rétrécit un peu plus à chaque souhait, en même temps que diminue le nombre de jours qui restent à vivre à son possesseur.
    Voulant illustrer l'axiome selon lequel « la vie décroît en raison directe de la puissance des désirs ou de la dissipation des idées », Balzac a écrit avec La Peau de chagrin un roman hanté par le spectre de la dilapidation et de la dislocation : hantise de l'usure du corps et de la dépense sexuelle, hantise de la dispersion de l'intelligence et de l'égarement des esprits, hantise encore de la perte du sens politique et des repères philosophiques.

  • Illusions perdues intimide d´abord par ses proportions, par l´importance aussi que lui attribuait Balzac lui-même au sein de la Comédie humaine : ce roman, écrit-il, est « l´oeuvre capitale dans l´oeuvre ». Mettant en scène écrivains, actrices, libraires et imprimeurs, il propose une analyse cinglante du milieu de la presse - « ce cancer qui dévorera peut-être le pays » (Préface de 1839) - et d´un monde où seuls les plus cyniques tirent leur épingle du jeu.
    Dans ce récit d´apprentissage, Balzac trace de manière exemplaire le parcours négatif qui avait été, depuis Chateaubriand, et sera encore, jusqu´à Flaubert et Zola au moins, celui d´un certain XIXe siècle : l´initiation, par la souffrance et l´échec, à la dure loi du réel. Pour Lucien de Rubempré, échappé de son Angoumois natal, la leçon passe par Paris. Et Paris, révélateur impitoyable, dissipera les mirages provinciaux, offrant à Lucien, en guise de gloire rêvée, le sentiment de son néant et de sa solitude : cela s´appelle devenir adulte.

  • « L'oeuvre et l'exécution tuées par la trop grande abondance du principe créateur » : telle est, selon Balzac, l'idée commune aux trois Études philosophiques que sont Le Chef-d'oeuvre inconnu, Gambara et Massimilla Doni.
    Au début du XVIIe siècle, le peintre visionnaire Frenhofer est hanté par sa pièce maîtresse, La Belle Noiseuse, à laquelle il travaille depuis dix ans, et que nul n'a jamais vue : Nicolas Poussin lui propose un modèle féminin susceptible de lui inspirer la perfection qu'il veut atteindre (Le Chef-d'oeuvre inconnu). La même quête d'absolu anime le héros de Gambara, compositeur à la recherche du « principe musical » situé au-delà de toute réalisation, et dont la folie n'a d'égale que l'impuissance du ténor Emilio dans Massimilla Doni, récit à la gloire de Venise et de l'opéra italien.
    Comme l'écrivait Balzac en 1839, le lecteur de ces trois « contes artistes » apprendra avant tout « par quelles lois arrive le suicide de l'art ».

  • La Cousine Bette est le rcit d'une vengeance implacable, celle d'une vieille fille, Lisbeth Fischer, qui travaille la destruction systmatique d'une famille - sa famille. Le poison de jalousie et de haine qu'elle distille rpand autour d'elle son venin mortifre ; la toile arachnenne qu'elle tisse empige ceux qui ont ouvert la bote de Pandore de ses passions contraries. Nul ne sortira indemne de ce thriller raliste, pas mme le lecteur de Balzac, plong dans un monde gangren par la bassesse humaine et le pouvoir de l'argent. La Cousine Bette prendra place ct de mes grandes oeuvres , prophtisait Balzac en 1846. La postrit lui donne raison : premier volet du diptyque des Parents pauvres, ce rcit noir de jais est l'une des cimes de la cration romanesque du xixe sicle.

  • Trente ans, c'est l'âge de la vérité, l'âge où se concentrent toutes les forces vitales avant le déclin, où le besoin de vivre devient impérieux. À trente ans, Julie d'Aiglemont, dont ce roman nous retrace la vie, cède à l'adultère, pour échapper à un mariage décevant... De la jalousie au meurtre, du meurtre à la fuite, cet acte coupable mènera, implacablement, à la ruine de la famille tout entière. La Femme de trente ans, oeuvre noire et mystérieuse, est l'un des grands romans de Balzac sur la femme et sa condition.

  • Ce roman en quatre parties classé parmi les«Scènes de la vie parisienne», est l'un des monuments de la«Comédie humaine». Il narre les aventures de Lucien de Rubempré qui se lie d'amitié avec Esther, une courtisane au bord du suicide et de Vautrin, forçat génial et machiavélique, maître dans l'art des changements d'identités.

  • Pons est un brave homme qui dépense ses maigres rentes à collectionner des tableaux et autres objets d'art. Lorsque ses riches cousins, qui ont pour lui le plus grand mépris, découvrent la valeur de la collection qu'il a mis des années à constituer, ils sont prêts à toutes les scélératesses pour mettre la main sur ce trésor... Roman noir où se déploient dans leur hideur un univers cruel, une jungle hantée par des fauves inquiétants, Le Cousin Pons nous présente un monde criminel du salon à la loge de concierge.

  • Les Chouans

    Honoré de Balzac

    1799, fin du Directoire. Dans une Bretagne empreinte de traditions, le marquis de Montauran, surnommé « le Gars », coalise des paysans royalistes en vue de rétablir la monarchie. Afin d'éradiquer cette oppo-sition chouanne, le ministre Fouché envoie Marie de Verneuil lui tendre un piège. Mais la belle espionne va tomber amou¬reuse de celui qui aurait dû être son pire ennemi...
    Avec Les Chouans, à la fois roman historique à la Walter Scott et roman d'amour, Balzac signe le premier grand texte de La Comédie humaine. Il y décrit la France instable de la Révolution et s'applique autant à restituer l'ambiance d'une époque que les paysages de landes désolées, où de frustes paysans s'allient à des aristocrates frondeurs pour défendre des coutumes ancestrales.

  • Un honnête parfumeur, à la tête d'une entreprise familiale, entreprend sur le conseil d'un notaire véreux de développer son commerce : désireux de couler l'huile de Macassar, qui lui fait concurrence, il invente l'Eau carminative et la Double Pâte des Sultanes, découvre la publicité et accède à la vente de masse. La maison Birotteau survivra-t-elle à ce rêve de grandeur ? César Birotteau (1837), roman sur la bourgeoisie conquérante, sur le commerce et la finance, est aussi l'un des plus grands romans philosophiques de Balzac, où l'on apprendra que «le malheur est un marchepied pour le génie, une piscine pour le chrétien, un trésor pour l'homme habile, pour les faibles un abîme»...

  • Béatrix

    Honoré de Balzac

    Roman des «Études de moeurs» balzaciennes, Béatrix (1839) retrace l'éducation sentimentale de Calyste du Guénic, jeune homme breton aspirant à la beauté et à l'intelligence. Par l'entremise de sa protectrice Camille Maupin, écrivaine et musicienne mondaine, il rencontre Béatrix de Rochefide, incarnation de la femme fatale, dont il ne tarde pas à tomber éperdument amoureux...
    Selon Julien Gracq, «la psychologie de Balzac atteint ici à des perspectives qu'on croirait à tort réservées au seul Dostoïevski. Dès le début de ce roman [...], Balzac nous fait entendre fortement qu'il ne saurait y avoir de tragédie véritable sans la conjuration de ces forces obscures que les écrivains classiques nomment fatalité, mais que lui, Balzac, fidèle à son sens galvanique de l'homme, à sa croyance instinctive en la toute-puissance de la volonté, nous révèle ici n'être rien d'autre qu'un profond, un radical goût du malheur».

  • Dans une rue de Paris, sombre et populaire, Auguste de Maulincour, officier de cavalerie, aperçoit de loin une ombre, dont il est passionnément mais platoniquement amoureux, Clémence Desmarets, femme mariée et vertueuse. C'est du moins ce qu'il croit. Où

  • Un jeune baron s'éprend d'une femme mariée, Clémence Desmarets, qu'il soupçonne d'adultère. Il se lance alors dans une enquête périlleuse et échappe de justesse à la mort. Qui cherche sa perte ? Si Clémence est aussi pure que vertueuse, quel lien peut-elle entretenir avec le sinistre Ferragus, forçat évadé du bagne et membre de dangereuses organisations secrètes ?
    À la fois roman noir, roman policier et drame conjugal, Ferragus est un récit ténébreux et violent, riche en histoires d'amour, plein de convoitise et de haine.
    L'édition : découvrir, comprendre, explorer

  • La Duchesse de Langeais (1833-1834), roman inspiré à Balzac par son aventure manquée avec la marquise de Castries, est le second volet de l'Histoire des Treize. Après avoir déployé l'éventail de la séduction pour conquérir le général de Montriveau à seule fin de se désennuyer, la duchesse de Langeais se dérobe à l'amour de son prétendant... Celui-ci, membre de la société secrète des Treize, parviendra-t-il à la faire céder ? « Souverainement femme et souverainement coquette », la duchesse, mariée, abdiquera-t-elle sa réputation et son orgueil ? Reine du faubourg Saint-Germain et obscure servante de la religion de l'amour, Antoinette de Langeais méritait, comme la princesse de Clèves, de donner son nom à l'histoire d'une passion émouvante et tragique.

  • Ursule Mirouët

    Honoré de Balzac

    A Nemours, Ursule Mirouët, jeune femme croyante et sensible aux ondes mystérieuses, a été adoptée par le docteur Minoret, athé et ex-médecin de l'empereur. A la suite d'une séance d'expériences magnétiques à laquelle il assiste, il se convertit et accorde la plus grosse part de son héritage à Ursule. A sa mort, les héritiers présomptifs vont tout faire pour déposséder la jeune femme.

  • « Aucun autre romancier ne semble avoir disposé de ce recul instantané qui lui fait voir et décrire les costumes, les meubles, les voitures qu'il a sous les yeux comme des costumes " d'époque ", des meubles d'antiquaire, des clous d'un musée de la carrosserie - c'est ce qui donne à ses romans, simultanément, la chaleur directe, irremplaçable, du vécu, et la séduction que gardent pour nous les intimistes hollandais ou vénitiens. »
    Julien Gracq

  • Le plus grand de nos romanciers fut aussi dramaturge. Et, dans ce domaine, Le Faiseur est à coup sûr sa meilleure réussite. Cette comédie de moeurs, datée de la fin de sa carrière, met en scène un spéculateur génial qui, plumant les gogos sous prétexte de les enrichir, fait preuve d'une créativité intarissable dans les combinaisons financières les plus douteuses. « Saltimbanque de la Bourse », Mercadet pratique avant l'heure et avec un art consommé ce que Wall Street nomme aujourd'hui les junk bonds, ou « emprunts pourris »... Analyse au vitriol des dérives entraînées par le régime affairiste de la monarchie de Juillet, Le Faiseur est surtout le portrait d'un filou à l'énergie fabulatrice sans limites. À travers l'histoire de ce grand constructeur de châteaux en Espagne, Balzac, luimême « faiseur » en son genre, nous rappelle une vérité essentielle : l'homme ne vit pas seulement de pain, mais aussi de mots et de vent.
    Toute ressemblance avec des personnes ou des événements ayant récemment défrayé la chronique serait le contraire d'une coïncidence.

    Illustration : Virginie Berthemet © Flammarion

  • « L'auteur n'a jamais compris quels bénéfices d'éducation une mère pouvait retirer à retarder d'un an ou deux, tout au plus, l'instruction qui attend nécessairement sa fille, et à la laisser s'éclairer lentement à la lueur des orages auxquels elle la livre presque toujours sans défense. Cet ouvrage a donc été composé en haine des sots livres que des esprits mesquins ont présentés aux femmes jusqu'à ce jour. » Balzac Préface de 1830

  • « Si la presse n'existait pas, écrit Balzac, il faudrait ne pas l'inventer. » Journaliste, pourtant, il le fut. Et de manière compulsive. De ses débuts jusqu'à sa mort, il écrivit quantité d'articles, collabora à de nombreux « petits journaux » - ces feuilles littéraires et satiriques très répandues sous la Restau¬ration -, fonda ses propres revues, dont la Revue parisienne, qu'il rédigea presque intégralement, de juin à août 1840...La présente anthologie, inédite, rend justice à cette production foisonnante. Dans ces pages, Balzac est tour à tour critique littéraire et chroniqueur : il recense les dernières parutions, exerce son droit de réponse, pourfend les tics de langage. Il croque le bourgeois avec le talent d'un caricaturiste chevronné et s'engage avec passion dans l'affaire Peytel, dont il aurait voulu faire son affaire Calas.Et si le fait divers l'attire tant, c'est qu'il le transforme en roman. Car par-dessus tout, Balzac journaliste reste romancier. Dès 1830, il publie des oeuvres narratives en plusieurs livraisons, inventant, avant l'heure, le roman-feuilleton. Il profite de l'écriture périodique pour esquisser des personnages, des psychologies, des décors, qui sont ceux de La Comédie humaine. Témoin l'article élogieux qu'il consacre à La Chartreuse de Parme, et qui n'est rien de moins que Stendhal récrit par Balzac...

  • « Oh ! à Paris, là est la liberté de l'intelligence, là est la vie ! » Balzac « Les Parisiens comme ils sont est un ouvrage non seulement délicieux, mais aussi très actuel. On jurerait que, d'un jet, vous l'avez composé ce matin. La ville y est telle qu'on y vit. Ses habitants, nous venons de les croiser. Ses modes vestimentaires, culinaires ou littéraires, nous en subissons chaque jour les séductions en même temps que les diktats. Quel nouvel observateur vous faites, cher Honoré ! Quel oeil, quel pif, quelle main ! » Jérôme Garcin

  • Émilie de Fontaine est une jeune fille de la noblesse que sa famille souhaiterait bien voir mariée. Malheureusement, elle a une si haute idée d'elle-même, et donc de l'homme qui pourra lui inspirer suffisamment d'amour pour devenir son époux, qu'elle refuse tous les prétendants qu'on lui présente. Jusqu'au jour où, dans un bal champêtre, elle rencontre un bel inconnu...

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