Isabelle Saint-Martin

  • En 2002, le rapport Debray affirmait l'importance de reconnaître et d'enseigner le fait religieux. Pourtant, plus de quinze ans après, alors que la question a resurgi avec les attentats de 2015, le sujet revient à échéance régulière dans les discours politiques et l'on s'affronte encore sur les manières de s'y prendre ou sur le risque d'une atteinte à la laïcité. Au-delà de la chronique du débat sur l'enseignement des faits religieux, l'ouvrage propose une lecture distanciée des résistances et des difficultés mais aussi des avancées réalisées au fil des  réformes successives des programmes. Que sont les « faits religieux » et en quoi est-il laïque de les aborder en classe ? Comment respecter le principe de neutralité sans esquiver le sujet ? Si l'histoire est souvent en première ligne, un plaidoyer particulier est consacré ici à l'approche par les arts, tant leur étude donne accès aux univers symboliques des religions, en favorisant tout à la fois une fine contextualisation et la sensibilité du regard.

  • La mine, c'est à la fois le crayon, l'expression et le potentiel explosif. Nous disons mines de rien, parce qu'il s'agit de petites choses, ces petits riens souvent passés sous silence, et qui, pourtant, nous minent.

    Trois professeures de lettres délaissent les formes académiques pour se donner le plaisir des billets d'humeur, de l'archéologie du quotidien, en solidarité avec toutes celles qui subissent les humiliations invisibles. Têtues, critiques, moqueuses ou graves, elles s'entendent sur un point: si le monde a beaucoup changé, si l'égalité semble à portée de main, le sexisme demeure bien vivace partout.

    Mines de rien, ce sont trois féministes qui mettent en commun leurs plumes grinçantes pour dépeindre nos travers avec des lunettes pas vraiment roses. Du marketing aux toilettes publiques, en passant par les médias sociaux, la culture du viol, l'instinct maternel ou la masturbation, leurs chroniques s'indignent de l'ordinaire sexiste, et prouvent qu'il est aussi arbitraire qu'anachronique. Ici la conscience aiguë du phallocentrisme n'est pas un poids, mais un moteur. Mieux vaut, paraît-il, en rire. Mieux vaut surtout s'en indigner.

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    Isabelle Boisclair, Lucie Joubert et Lori Saint-Martin sont auteures et professeures de littérature à l'université.

  • Trois oeuvres pour le moins confidentielles. De l´art là où on ne l´attend pas, au coeur d´un hôpital, d´une morgue ou d´un institut de lutte contre le cancer... Récemment créées par des artistes contemporains de renom en collaboration avec des architectes, ces trois réalisations témoignent de la prise en compte, par le monde hospitalier, de la dimension symbolique attachée tant à la mort et au deuil qu´aux diverses attentes spirituelles des patients et de ceux qui les accompagnent. Espaces d´art, oeuvres-lieux, réalisations ar(t)chitecturales... si les qualificatifs se multiplient lorsque l´on évoque les créations de Pierre Buraglio, Michelangelo Pistoletto ou Ettore Spalletti, c´est qu´il s´agit de trois expériences emblématiques recouvrant aussi bien le registre imaginaire et ses multiples horizons de sens liés notamment à la mort et à la spiritualité, qu´un ensemble de pratiques professionnelles qui se situent aux frontières de la médecine, des croyances et de l´éthique. Qu´en est-il de ces oeuvres ar[t]chitecturales dans le contexte spécifique de la modernité avancée ? Que nous disent-elles sur notre mode d´être au monde et sur notre rapport aux valeurs ? Quelles virtualités esthétiques expriment-elles et quels horizons spirituels invoquent-elles ? Proposent-elles une lecture originale de notre relation à l´espace dans le cadre du bâti hospitalier ?

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