Ivan TOURGUENIEV

  • Été 1833. Vladimir Pétrovitch a seize ans et prépare ses examens d'entrée à l'université dans la maison de campagne où il passe ses vacances. Depuis la palissade du jardin, il aperçoit la belle et envoûtante Zinaïda. Il ne la quittera plus des yeux. Un jour, son père rencontre la mystérieuse voisine ; puis, ils se donnent rendez-vous... Hélas, pour Vladimir, le temps du premier amour est aussi celui du premier drame !
    Ce récit partiellement autobiographique renoue avec le romantisme pessimiste de Tourgueniev. Les « hommes superflus » s'y croisent avant de se perdre sous le poids de leurs passions.

    o Objets d'étude : Dire l'amour [4e]
    Le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle [2nde][1re]
    o Dossier pédagogique : Cinq fiches pour saisir les enjeux de l'oeuvre
    o Prolongement : La rencontre amoureuse (étude comparée)

    Classes de 4e et lycée.

  • Après des années passées à Saint-Pétersbourg, le jeune étudiant Alexeï rentre au domaine familial où il va retrouver son père et son oncle. Un de ses amis l'accompagne : Bazarov, le « nihiliste ». Avec Pères et fils, paru en 1862 au lendemain de l'abolition du servage, Tourgueniev décrit l'apparition en Russie d'une nouvelle génération dont l'esprit allait mener à la Révolution de 1917.

    Traduction de Marc Semenoff et introduction de Pierre Pascal, 1953.

  • Dans la campagne russe, au coeur de l'été, on passe le temps en bonne société en jouant aux cartes, en se promenant au bord du lac, en buvant du thé fumant ou en allant au bal. C'est là que Vladimir Serguéïtch Astakhov, arrivé de Saint-Pétersbourg pour inspecter le village dont il est propriétaire, rencontrera deux femmes. L'une est aussi froide que l'autre est entreprenante. À force d'indécision, elles lui échapperont toutes les deux et Vladimir Serguéïtch verra, dans cet été, la fin d'une époque insouciante.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie d'Ivan Tourgueniev. Préface et traduction d'Henri Mongault. Publié en 1852 (édition complétée en 1874), ce recueil de 24 récits et un épilogue marque une date importante dans l'évolution de la sensibilité russe. D'abord par un sentiment de la nature qui jamais encore n'avait allié tant de ferveur à tant de précision réaliste. Ensuite parce qu'il découvrait pour la première fois au public lettré un personnage qui fera désormais figure: le paysan russe, avec ses passions, ses traditions et son âme. Les récits de Tourgueniev sont présentés comme extraits des carnets d'un chasseur. En spectateur effacé, le plus souvent silencieux, il note les moeurs, laisse parler paysans et propriétaires terriens, enregistre les histoires, les disputes, les débauches, les drames. La qualité particulière des héros de Tourgueniev est d'avoir une entente naturelle avec les rythmes du monde et une résignation aux hasards de la vie qui confine au fatalisme. Il sait les montrer dans leur vie, dans leurs gestes, les laissant être eux-mêmes. Le recueil forme une véritable comédie humaine. La réussite du conteur est de faire sentir que ce monde paysan est agitée d'autant de passions et de nuances que tout autre humanité. Avec un réalisme absolu, il ne cesse jamais d'être lyrique, d'accorder sa langue souple et voluptueuse aux courants infinis qui agitent ses paysages. In fine, le vrai sujet du livre est la Nature comme expression la plus totale de l'âme paysanne. Chef-d'oeuvre de la littérature russe, ces "Mémoires d'un chasseur", qui contribuèrent à l'abolition du servage, ont valu à Tourgueniev une célébrité immédiate et durable.

  • Assassin implacable, Jean-Baptiste Troppmann, est resté dans l'histoire pour avoir été l'un des pires meurtriers de la fin du XIXè siècle. En 1869, entre août et septembre, il met méthodiquement à mort toute une famille, les Kinck, afin de les dépouiller. Alternant entre furie et parfait contrôle ; Troppmann tua tout d'abord le père, puis de l'un des fils et enfin le reste de la famille. Sa forfaiture se clôt par un massacre à la sauvagerie confondante : en une nuit, il exécute puis enterre six personnes. Ce crime, atroce et épouvantable, révolta son temps : il fut un véritable bouleversement social.
    Ivan Tourgueniev, de passage à Paris début 1870, découvre la tragédie par l'une de ses connaissances. Lorsque Maxime Du Camp le convie à aller visiter le meurtrier dans sa cellule, avant d'assister à son exécution, Tourgueniev ne peut résister. Il est en cela à l'image du monde littéraire de cette époque, proprement fasciné par la folie de Troppmann.
    Il en ressort un récit glaçant et lumineux de l'exécution d'un homme, parfait plaidoyer contre les folies du genre humain. Il en ressort, tout autant, l'effarante description de ce qui put permettre à un homme médiocre de devenir une star. Car ce fut aussi ça le cas Troppmann : une folie collective et la starification d'un criminel.

  • Grigori Litvinof attend que sa fiancée Tatiana vienne le rejoindre à Baden-Baden et côtoie ses nombreux compatriotes russes en villégiature. Parmi eux, il croise Irène, qu'il a passionnément aimée quelques années auparavant mais qui l'avait quitté pour faire un meilleur mariage.
    Roman de l'amour inoubliable et de ses illusions, galerie de portrait des Russes à l'étranger, Fumée est un des grands derniers romans de Tourgueniev.
    Traduction intégrale et préface de Génia Pavloutzky, 1937.
    EXTRAIT
    Il y avait foule ce 10 août 1862 à quatre heures de l'après-midi devant la célèbre « Potinière » de Baden-Baden. Il faisait un temps splendide  tout aux alentours, les arbres verts, les claires maisons de la coquette station, les montagnes ondoyantes, tout s'étalait avec un air de fête sous les rayons d'un soleil clément  tout souriait aveuglément, avec une confiance charmante, et c'était ce même sourire indéfini qui flânait sur les figures jeunes et vieilles, belles et laides. Même les visages peints des cocottes parisiennes ne rompaient pas l'atmosphère générale de jubilation, et les rubans multicolores, les plumes, les reflets d'or et d'acier sur les chapeaux et les violettes rappelaient involontairement au regard l'animation brillante et les jeux frivoles des fleurs printanières et des ailes irisées : seule la sèche et gutturale crécelle du jargon français qui traînait partout, n'arrivait ni à remplacer ni à égaler le babil des oiseaux.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Ivan Sergueïevitch Tourgueniev est un écrivain, romancier, nouvelliste et dramaturge russe né le 28 octobre 1818 à Orel et mort le 22 août 1883 à Bougival. Son nom était autrefois orthographié à tort Tourguénieff ou Tourguéneff.

  • Le Roi Lear des steppes

    Ivan Tourguéniev

    • Stock
    • 28 Février 2018

    « Ivan Tourgueniev a deux cents ans. Plus universelle, plus moderne que jamais, sa prose le place désormais parmi les auteurs qui, en leur temps, ont également relevé le défi de l'universalité. Ce grand sage cosmopolite du XIXe siècle nous livre une clef pour lire le passé, celui de la Russie en particulier et du genre humain dans son ensemble, mais aussi pour cerner la modernité et mieux appréhender l'avenir. »
      OLGA GORTCHANINA
    Traduit du russe par Nastasia Dahuron et Anne Godart-Marchal
    Préface, notes et commentaires d'Olga Gortchanina

  • Au début de l'été 1833, Vladimir Petrovitch, âgé alors de seize ans, prépare sans zèle excessif ses examens d'entrée à l'université dans la propriété de ses parents, non loin de Moscou. Il tombe éperdument amoureux de Zénaïde, jeune femme de vingt-et-un ans d'une singulière beauté, qu'il observe de derrière la palissade séparant son jardin du parc. C'est en fait sa voisine fraîchement installée dans la maison attenante et qui vit là avec sa mère, la princesse Zassékine, personne désargentée réduite à une existence misérable. La jeune fille réunit fréquemment chez elle nombre d'adorateurs qu'elle s'amuse à rendre jaloux ou qu'elle pousse par jeu à commettre quantité de sottises. Elle rencontre un jour le père de Vladimir, un homme séduisant et autoritaire. Elle succombe à son charme et ils finissent quelques jours plus tard par se donner rendez-vous dans le jardin, à l'occasion d'une nuit...
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Ivan Sergueïevitch Tourgueniev est un écrivain, romancier, nouvelliste et dramaturge russe né le 28 octobre 1818 à Orel et mort le 22 août 1883 à Bougival. Son nom était autrefois orthographié Tourguénieff ou Tourguéneff. Sa famille est aisée, et sa mère très autoritaire.

  • Terres vierges

    Ivan Tourgueniev

    Au printemps de 1868, vers une heure de l'après-midi, un jeune homme d'environ vingt-sept ans, négligemment et même pauvrement vêtu, montait par l'escalier de service d'une maison à cinq étages située dans la rue des Officiers, à Pétersbourg. Traînant avec bruit des galoches éculées et balançant gauchement sa lourde et lente personne, il atteignit enfin la dernière marche de l'escalier, s'arrêta devant une porte délabrée qui était restée entr'ouverte, puis, sans tirer le cordon, mais en toussant avec fracas pour annoncer sa présence, il pénétra dans une antichambre étroite et mal éclairée.
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Fantômes

    Ivan Tourgueniev

    Présentation/résumé : Lorsqu'un beau fantôme tombe amoureux, les nuits de l'heureux élu changent singulièrement...

    Durée : 1h31
    Narrateur : Brigitte Guedj

    Ivan Tourgueniev (1818-1883)
    Dans Premier amour (1860), nouvelle autobiographique, Ivan Tourgueniev raconte que son père, brutal officier des hussards, épouse sa mère, riche héritière, par intérêt. La famille vivra dans la propriété maternelle où Ivan est éduqué par des précepteurs russes et étrangers. Après un an à la Faculté de Lettres de Moscou, il s'inscrit, en 1834, à la Faculté de Philosophie de Saint-Pétersbourg, où il suit un cours de Nicolas Gogol. En 1837 il rencontre Pouchkine qui devient son maître à penser. Revenu en Russie après des voyages en Allemagne et en Italie, il publie en 1843 sa première pièce de théâtre, 'Une imprudence', qui sera à l'origine du théâtre psychologique. Ses courts récits villageois, rassemblés en 1852 sous le titre 'Récits d'un chasseur' expriment son horreur du régime de servage et de ses injustices. Jugée subversive, cette oeuvre lui vaudra un mois de prison - durant lequel il écrit 'Moumou', réquisitoire contre le servage - et l'exil sur ses terres. Gracié en 1854, il repart pour l'Europe. Son premier roman, 'Roudine', est publié en 1856, suivi d''Un nid de seigneurs' (1859). Son célèbre 'Pères et Fils' (1860) oppose un héros positif à un nihiliste, et est suivi de 'Fumée' (1867), satire de la société russe, et de son dernier roman 'Terres vierges' (1876). Grand styliste, Ivan Tourgueniev excelle dans la pénétration de l'analyse et l'art de la composition, cherchant à éclairer le caractère des personnages dans des romans courts. Il meurt en France d'un cancer de la colonne vertébrale.

  • Ce volume contient les oeuvres de Ivan Tourgueniev (ou Tourgueneff). Les traductions retenues sont celles réalisées sous la direction de l'auteur ou par l'auteur lui-même. Version 1.3 CONTENU DU VOLUME : NOUVELLES: RÉCITS D'UN CHASSEUR :I KOR ET KALINITCH. (1847)oII JERMOLAÏ ET LA MEUNIÈRE. (1847)oIII MALINOVA. (1848)oIV E MÉDECIN DE DISTRICT. (1848)oV MON VOISIN RADILOF (1847)oVI L'ODNODVORETZ. (1847)oVI ILGOVE. (1847)oVIII LA PRAIRIE. (1851)oIX KACIANE. (1851)oX LE OURGMESTRE. (1847)oXI LE COMPTOIR. (1847)oXII BIROUK. (1848)oXIII LES DEUX PROPRIÉTAIRES. (1852)oXIV LÉBÉDIANE. (1848)oXV TATIANA BORISSOVNA ET SON NEVEU. (1848)oXVI LA MORT. (1848)oXVII LES CHANTEURS. (1850)oXVIII KARATAÏEF. (1847)oXIX LE RENDEZ-VOUS. (1850)oXX LE HAMLET DU DISTRICT DE TCHIGRI. (1849)oXXI TCHERTAPKANOF ET NÉDOPOUSKINE. (1849)oXXII LA FIN DE TCHERTAPKANOF. (1872)oXXIII LES RELIQUES VIVANTES. (1874)oXXIV ÇA FAIT DU BRUIT. (1874)oXXV LE BOIS ET LA STEPPE. (1849) LE FERRAILLEUR (1847)oLE JUIF (1847)oPÉTOUCHKOF (1847)oJOURNAL D'UN HOMME DE TROP (1850)oTROIS RENCONTRES (1852)oMOUMOU (1852)oL'ANTCHAR (1854; 1856)oLES DEUX AMIS (1854)oL'AUBERGE DE GRAND CHEMIN (1855)oUNE CORRESPONDANCE (1856)oJACQUES PASSINKOF (1856)oFAUST (1856)oDEUX JOURNÉES DANS LES GRANDS-BOIS. (1856)oANNOUCHKA (1858)oUN PREMIER AMOUR (1860)oAPPARITIONS (1864)oTOC.. TOC. TOC... (1865)oLE CHIEN (1866)oÉTRANGE HISTOIRE (1870)oLE ROI LEAR DE LA STEPPE (1870)oL'ABANDONNÉE (1869)oLE CHANT DE L'AMOUR TRIOMPHANT (1881)oAPRÈS LA MORT (CLAIRE MILITCH) (1883) ROMANS : DIMITRI ROUDINE (1856)oUNE NICHÉE DE GENTILSHOMMES (1859)oELENA (A LA VEILLE) (1860)oPÈRES ET ENFANTS (1862)oFUMÉE (1867)oLES EAUX PRINTANIÈRES (1872)oTERRES VIERGES (1877) THÉATRE : LE PAIN D'AUTRUIoLE PARTAGE proverbe en un acte. AUTRE : POÈMES EN PROSEoL'EXÉCUTION DE TROPPMANN (1870)oHAMLET ET DON QUICHOTTE CORRESPONDANCE : LETTRES A MADAME VIARDOT (1907) VARIANTES DE TRADUCTIONS : FAUST, RÉCIT EN NEUF LETTRESoANOUCHKA, SOUVENIRS DES BORDS DU RHINoLE GENTILHOMME DE LA STEPPEoRÉCITS D'UN CHASSEURoNOUVEAUX RÉCITS D'UN CHASSEUR Le format LCI offre les garanties suivantes : - une table des matières dynamique permettant d'accéder facilement aux différentes oeuvres. - des tables de matières détaillées associées à chaque oeuvre particulière (sauf si cela est inutile). - une table des matières intégrée NCX active. - les notes présentes dans le texte sont accessibles par hyperliens.

  • Dans les dernières années de sa vie, Tourgueniev écrivit une série de poèmes qu'il avait l'intention de publier sous le titre de Senilia. Longtemps demeurés dans ses carnets ou parus par extraits, les quatre-vingt trois poèmes sont présentés ici dans leur première traduction intégrale, accompagnée de notes et d'une étude, publiée par Charles Salomon en 1931.

  • Eaux printanières est un roman de l'écrivain russe Ivan Tourgueniev, paru en 1871.
    Présentation
    | Eaux printanières est un roman d'analyse psychologique sur l'immaturité affective. L'amour de Dimitri pour Gemma est pur, immortel , celui pour Maria Nicolaïevna n'est qu'un coup de foudre. Trente ans plus tard, Dimitri ne comprend plus son attitude de jeune homme. Gemma ne lui pardonnera jamais...|
    Source Wikipédia

  • Pères et Enfants

    Ivan Tourgueniev

    Pères et Fils est un roman écrit en 1862 par Ivan Tourgueniev qui met notamment en scène des nihilistes russes.
    L'oeuvre traite largement de l'émergence d'une mentalité révolutionnaire dans la Russie de la seconde moitié du XIXe et d'une apparition croissante de la contestation face au régime en place et à la mentalité conservatrice de la société de l'époque. Le titre évoque ainsi le nouveau rapport de la jeune génération à celle de ses pères, la première étant animée d'idéaux subversifs et relatifs au progrès socio-politique. Ce roman suscita des polémiques passionnées dans la Russie d'Alexandre II. Présentation
    | Le récit se déroule autour d'un conflit idéologique entre générations. Le roman débute le 20 mai 1859, lorsque Nicolas Pétrovitch Kirsanov accueille son fils Arcade de retour de l'université. Il est accompagné du personnage central du roman, Eugène Vassiliev Bazarov, acquis aux idées matérialistes et anti-traditionalistes.
    Nicolas Pétrovitch demeure avec son frère Paul, personnage plutôt orgueilleux et moins libéral que son frère. Nicolas tente de s'ouvrir aux idées modernes et vit tranquillement dans son domaine. Veuf, il a pour maîtresse Fénetchka, l'une de ses paysannes, dont il est le père du bébé...|
    |Source Wikipédia|

  • Des sensations étranges, et qu´il ne comprenait pas bien lui-même, agitaient Aratov. Au fond, la manière de lire de Clara ne lui avait pas beaucoup plu. Cela lui avait paru exagéré et inharmonieux ; cela le troublait, lui semblait une sorte de violence qu´on lui aurait faite. Et puis... pourquoi ces regards obstinés, persistants, presque indiscrets ? qu´est-ce qu´ils signifiaient ? La modestie d´Aratov ne lui permettait pas de penser un seul instant qu´il avait pu plaire à cette étrange fille, lui inspirer un sentiment semblable à de la passion ; et lui-même, ce n´est pas ainsi qu´il se représentait la jeune fille, encore inconnue.

  • Entre la Russie et la France, deux géants de la littérature échangent actualités de la vie littéraire, tourments d'écriture, mais surtout nouent une chaleureuse amitié.Il lui reste dix-sept ans à vivre lorsque Flaubert rencontre le plus français des écrivains russes, Ivan Tourgueniev. Leur première lettre date de 1863, et cette correspondance exceptionnelle durera jusqu'aux derniers jours de Flaubert.
    Exceptionnelle, en effet, parce que c'est un document irremplaçable sur le laboratoire intérieur de chacun des deux auteurs : ils livrent leurs doutes, leurs difficultés, les affres qu'ils traversent. Sans filtre ni prévention, car chacun sait que l'autre est un frère d'encre et de plume.
    C'est aussi un irremplaçable miroir de la vie intellectuelle, culturelle et politique : on voit défiler, peints et croqués avec une force de trait stupéfiante, les grands personnages de l'époque.
    Enfin, c'est le livre d'une amitié : les deux géants des Lettres correspondent, au sens le plus plein du terme. Ils échangent, se confient, s'épaulent et se critiquent. Ils nouent ensemble le plus subtil et plus exigeant des signes de ponctuation : le trait d'union.

  • Un matin, l´assesseur de collège Kovaliov se réveille sans son nez ! À la place, il ne reste qu´une surface lisse et plane. Prêt à avertir la police de cette disparition effroyable, il se retrouve « nez à nez » avec son appendice ! Ce dernier déambule dans les rues de Saint-Pétersbourg en tenue de conseiller d´état, bien décidé à conserver sa liberté ! L´ironie de Gogol, l´humour pince-sans-rire de Pouchkine et la poésie de Tourgueniev se mêlent dans ce recueil pour dépeindre la Russie du XIXe siècle et la naissance du genre fantastique.

  • Flaubert et Tourguéniev : une amitié fraternelle, sans nuage, pendant dix-sept ans. Elle est heureusement recréée dans leur correspondance, réunie pour la première fois en français, d'après les manuscrits originaux.
    Les sujets abordés sont divers : les femmes, l'amour, la vie, la mort, mais aussi et surtout la littérature et l'art, la maîtresse valeur, le maître mot, pour l'un comme pour l'autre. Tous deux ont la religion du style : Tourguéniev traduit en vers libres Hérodias et La Légende de saint Julien l'Hospitalier ; quant à Flaubert, il revoit, en les polissant, tantôt un essai de Tourguéniev, tantôt des traductions de poèmes de Pouchkine.
    L'un et l'autre ont le souci du beau, mais aussi du bien. Les deux hommes partagent la même aversion pour l'argent et un goût similaire de la moralité, trop souvent absente de notre univers.
    Nous assistons à une rencontre étonnante et peut-être exceptionnelle dans l'histoire combinée des relations littéraires et humaines entre deux géants du verbe, deux natures généreuses, éprises de vérité et de justice, également pessimistes et paradoxalement confiantes dans le progrès d'une humanité plus éclairée.
    Alexandre Zviguilsky, chercheur au C.N.R.S., docteur ès lettres, comparatiste, créateur du Musée Tourguéniev à Bougival (où un coin est réservé à Flaubert), a préparé la première édition critique du dialogue des deux écrivains.

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