Jérémy Laniel

  • Pour son 150e numéro, Moebius se place sous le signe de la persistance. Premièrement celle tatouée sur le dos de l'artiste visuel Mathieu Beauséjour, qui orne crânement la page couverture. Deuxièmement celle d'un pari : un périodique littéraire qui dure. La résistance, le fait de poursuivre et de perpétuer, c'est ce que revendique Catherine Cormier-Larose, qui pilote ce numéro foisonnant : des auteurs de partout; dix-sept textes, dont beaucoup de poésie. La poésie d'Érika Soucy, de Laetitia Beaumel ou d'Évelyne Gagnon, accompagnée de textes caustiques signés Gabrielle Lebeau ou Jonathan Lafleur. Ce florilège de textes courts et variés est complété par une lettre ouverte de Julie Bosman, adressée à l'écrivain Philippe Haeck. Moebius agit à la fois en tant que lieu de rencontre et aussi en tant que laboratoire de toute la création à venir, parce que « la contemporanéité de la persistance sonne chaque fois comme un acte de rébellion ».

  • « À moi s'imposait l'idée qu'entre tous les commerces, tous pouvaient fermer, sauf un. La jour-née où les bombes et les balles feraient fermer les librairies, nous aurions perdu. À onze heures, comme l'indiquait l'horaire sur la porte, nous avons ouvert le grillage et déverrouillé la porte. Et nous avons attendu. »
    Le 21 mars 2016, Jérémy Laniel, libraire québé-cois, vient passer quelques jours à Bruxelles. Le lendemain matin, plusieurs attentats terroristes frappent la ville. Le bilan est dramatique : 32 morts et 340 blessés. Ces tragiques événements lui ont inspiré ce texte fort. Contre la terreur, il célèbre l'importance du livre et de ses passeurs : les libraires.
    Jérémy Laniel est libraire, critique et coordinateur éditorial de la revue Lettres québécoises. En plus de pouvoir le lire dans diverses publications culturelles, on peut aussi l'entendre à différentes émissions de radio, dont La librairie francophone.

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