Jean Grave

  • En 1914, Jean Grave, qui déploie depuis plus de trente ans une « propagande de brochures », fait paraître Ce que nous voulons, manifeste du projet libertaire, condensé virulent de l´idéal anarchiste. La première phrase assène l´exigence absolue, sans laquelle il n´est pas d´horizon politique acceptable : « Nous voulons l´affranchissement complet, intégral de l´individu. Nous voulons son affranchissement économique le plus absolu. Mais comme, pour se développer, l´individu doit unir ses efforts aux efforts de ses semblables ; comme il n´y a que l´état de société qui lui permette de développer ses facultés, nous voulons une société où ça ne soit plus la volonté des morts qui domine. » Dans la « société future », seront abolis le salaire, la monnaie, la propriété individuelle, l´armée, la démocratie représentative, l´État et ses gouvernements. Dans trois textes plus anciens, Grave détaillait sa critique du régime de la IIIe république et de la société industrielle : le machinisme (1898), la colonisation (1912) et préconisait l´usage de la révolution (1898).

  • Anarchie veut dire négation de l'autorité. Or, l'autorité prétend légitimer son existence sur la nécessité de défendre les institutions sociales : Famille, Religion, Propriété, etc., et elle a créé une foulé de rouages, pour assurer son exercice et sa sanction. Les principaux sont : la Loi, la Magistrature, l'Armée, le Pouvoir législatif, exécutif, etc. De sorte que, forcée de répondre à tout, l'idée d'anarchie a dû s'attaquer à tous les préjugés sociaux, se pénétrer à fond de toutes les connaissances humaines, afin de démontrer que ses conceptions étaient conformes à la nature physiologique et psychologique de l'homme, adéquates à l'observance des lois naturelles, tandis que l'organisation actuelle était établie à l'encontre de toute logique, de tout bon sens, ce qui fait que nos sociétés sont instables, bouleversées par les révolutions, occasionnées elles-mêmes par les haines accumulées de ceux qui sont broyés par des institutions arbitraires.

  • De temps à autre, quelques mécontents, révolutionnaires ou anarchistes, se plaignent que l'on piétine sur place ! qu'il faut faire quelque chose ! Ces récriminations reviennent de temps à autre, comme une ritournelle, surtout lorsque d'aucuns ne savent à quoi employer leurs forces et leur temps, ou lorsque les événements ne prennent pas la direction qu'ils voudraient leur imprimer. C'est pourquoi il ne faut pas prendre trop au pied de la lettre ces récriminations et s'imaginer que les anarchistes n'ont fait que bavarder ou dormir sur leurs lauriers. Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Jean Grave - Oeuvres

    Jean Grave

    Ce volume contient les oeuvres de Jean Grave, militant anarchiste, créateur du journal les Temps Nouveaux. CONTENU DE CE VOLUME : SOCIOLOGIE La société mourante et l'anarchie 1895 La Société future 1895 L'individu et la société 1897 L'Anarchie, son but, ses moyens 1899 Réformes, Révolution 1909 Articles 1895 à 1920 ROMAN La Grande Famille 1896 CONTE POUR ENFANTS Les Aventures de Nono 1901

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • En couverture du numéro d'hiver de la revue Ciné-Bulles, retrouvez Portrait de la jeune fille en feu, un film de Céline Sciamma ayant remporté le Prix du scénario au dernier festival de Cannes. Le long métrage raconte une histoire d'amour impossible au XVIIIe siècle entre une peintre et son modèle. Frédéric Bouchard en signe le commentaire critique. Le numéro présente aussi deux entretiens, l'un avec le Winnipegois iconoclaste Matthew Rankin dont le premier long métrage prendra l'affiche prochainement. Le réalisateur est déjà bien connu des adeptes d'animation et de cinéma expérimental. Le second entretien a été mené avec Guillaume de Fontenay dont le premier long métrage, Sympathie avec le diable, raconte l'histoire vécue du siège de Sarajevo en 1992 à travers les yeux du correspondant de guerre Paul Marchand. Aussi au sommaire : un portait du cinéma de Ken Loach, un retour sur Où êtes-vous donc ? de Gilles Groulx en 1969 et une analyse du Joker de Todd Phillip, entre autres.

  • Comment l'institution scolaire s'insère-t-elle dans un contexte plus englobant et en quoi les processus de formalisation, de standardisation introduits par l'institution scolaire modifient-ils les formes mêmes de la transmission et les valeurs ? Cette question est abordée sous l'angle anthropologique et ethnologique par huit études portant sur quatre pays du sud-est asiatique : Inde, Chine, Indonésie, Thaïlande, pays différents par l'histoire, les traditions, la forme des institutions, le poids de l'État. La grande diversité ethnico-culturelle de ces pays donne naissance à un dialogue entre les savoirs traditionnels et la scolarisation organisée par l'État. Dans le contexte asiatique, le corps est l'objet principal des préoccupations éducatives. En Chine, cela a pu prendre l'apparence d'un contrôle étatique des corps à travers la discipline corporelle, la gymnastique collective, mais aussi l'art de la calligraphie.

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