Jean Lacouture

  • Jean Lacouture, biographe des plus grands noms de notre histoire politique et culturelle, met son talent au service d'un mythe, Carmen, personnage de femme sombre et solaire, écrasée et révoltée, au double destin littéraire et musical.
    Incarnant, sous la

  • Rompant avec une monarchie qui se proclamait solaire, la République française s'affirme volontiers volubile, sinon éloquente, le mot se substituant volontiers à l'acte. Plus propre aux métamorphoses qu'un héros homérique, par cinq fois inventé sous des formes diverses, ce régime, instauré par des avocats et des professeurs, voire des poètes, ne saurait être que fertile en mots ' certains disent plus noblement "paroles" Ce qui surprend, en cette effervescence, de l'un à l'autre des vingt-trois présidents qu'accueillit en un siècle et demi l'immuable Élysée, c'est qu'en fin de compte le recours aux mots n'ait pas été inversement proportionnel au passage à l'acte. Les plus inertes n'ont pas été les plus éloquents. La croissance exponentielle du pouvoir présidentiel n'a cessé de s'accompagner de celle de l'éloquence, de Louis Napoléon Bonaparte à Nicolas Sarkozy.

  • « C'était un jour de septembre 1951, vers la fin de la matinée. Sur le trottoir de la rue de Rivoli, le long des arcades entre le Louvre et la Concorde, je vis s'avancer à ma rencontre deux femmes de haute taille. Le visage de l'une, soudain, happa mon regard. Ce visage ? Mais oui : c'était bien elle ! Pas de lunettes, pas de chapeau protecteur, les cheveux sur les épaules, en grandes mèches claires, un regard marin. Déjà, je devais me retourner pour la voir. Et moi qui n'ai jamais osé suivre une femme dans la rue, enviant l'audace des héros de Morand et de Drieu, je lui emboîtai le pas le long des allées des Tuileries... » Il m'aura fallu un demi-siècle pour oser l'interpeller, comme je le fais ici... J. L.

  • Du 16 septembre au 15 décembre 1981, pendant trois mois, Simonne Lacouture et moi avons fait le tour de France, de Boulogne à Strasbourg, de Marseille à Saint-Brieuc, différents des "compagnons" de jadis et d'aujourd'hui en ce que nous n'allions pas à pied mais le plus souvent en train et ne visions point à réaliser un "chef-d'oeuvre", mais simplement à en rapporter un livre en forme de journal de voyage. Nous espérions y voir ainsi plus clair dans les affaires de ce pays dont nous nous sentions un peu plus responsables depuis que des hommes et des femmes que nous avions appelés de nos voeux y exercent les responsabilités les plus hautes. Notre premier objectif était de mesurer ce "changement" que la majorité issue des urnes du printemps 81 s'est donné pour tâche d'accomplir. A tous, travailleurs, chômeurs, ministres, syndicalistes, patrons, élus, journalistes, prêtres, médecins nous avons posé la question : en quoi la césure politique provoquée par ces élections modifie-t-elle la vie des Français ? Nous avons obtenu des réponses positives ici et, là, négatives, mais presque toujours inspirées d'un esprit critique libéré des fanatismes de tous bords. Très vite nous avons constaté que c'était moins en quête d'une problématique mutation que nous étions, que sur les traces d'une réalité : celle d'un pays que, journaliste longtemps confrontés aux crises de l'Asie et de l'Afrique, nous connaissions mal. J.L

  • "Le journaliste regarde ailleurs. Quand le poète explore, à coups de mots, l'espace du dedans, le journaliste balaie, à coups de phrases, l'espace du dehors. Son univers est à la cantonade. Il est celui des autres. Dérisoire s'il est absent, encombrant s'il est présent, il lui faut s'intercaler entre l'arbre et l'écorce, entre chair et peau, entre la vie et son écho."

  • "Le journaliste regarde ailleurs. Quand le poète explore, à coups de mots, l'espace du dedans, le journaliste balaie, à coups de phrases, l'espace du dehors. Son univers est à la cantonade. Il est celui des autres. Dérisoire s'il est absent, encombrant s'il est présent, il lui faut s'intercaler entre l'arbre et l'écorce, entre chair et peau, entre la vie et son écho."

  • Du 16 septembre au 15 décembre 1981, pendant trois mois, Simonne Lacouture et moi avons fait le tour de France, de Boulogne à Strasbourg, de Marseille à Saint-Brieuc, différents des "compagnons" de jadis et d'aujourd'hui en ce que nous n'allions pas à pied mais le plus souvent en train et ne visions point à réaliser un "chef-d'oeuvre", mais simplement à en rapporter un livre en forme de journal de voyage. Nous espérions y voir ainsi plus clair dans les affaires de ce pays dont nous nous sentions un peu plus responsables depuis que des hommes et des femmes que nous avions appelés de nos voeux y exercent les responsabilités les plus hautes. Notre premier objectif était de mesurer ce "changement" que la majorité issue des urnes du printemps 81 s'est donné pour tâche d'accomplir. A tous, travailleurs, chômeurs, ministres, syndicalistes, patrons, élus, journalistes, prêtres, médecins nous avons posé la question : en quoi la césure politique provoquée par ces élections modifie-t-elle la vie des Français ? Nous avons obtenu des réponses positives ici et, là, négatives, mais presque toujours inspirées d'un esprit critique libéré des fanatismes de tous bords. Très vite nous avons constaté que c'était moins en quête d'une problématique mutation que nous étions, que sur les traces d'une réalité : celle d'un pays que, journaliste longtemps confrontés aux crises de l'Asie et de l'Afrique, nous connaissions mal. J.L

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • « Observer que, d´Aquitaine - espace géographique et culturel qu´il nous revient de définir - sourd depuis des siècles une persistante rumeur de mots, de choses écrites, lues ou déclamées avec un art spécifique, n´est pas soutenir une thèse, ou prononcer un plaidoyer. C´est formuler, non sans étonnement, une observation où peut se glisser, venant d´un indigène, une pointe de vanité. Comme si tel ou telle d´entre nous avait le moindre titre à se prévaloir du génie de Montaigne ou de Montesquieu. On ne se retiendra pas pour autant de faire référence à ses deux plus illustres écrivains pour mettre en lumière cette vocation de l´Aquitaine à donner naissance à des gens du livre - poètes, conteurs, essayistes, romanciers ou critiques - dont le trait commun est qu ´ils ne furent ni prophètes, ni inventeurs de mondes, ni lanceurs d´anathèmes, ni voyants illuminés, mais plutôt des maîtres de sagesse, des médiateurs, des avocats de la liberté plus enclins à la conciliation qu ´à l´affrontement - Montaigne plutôt que Pascal, Montesquieu et non Rousseau, Mauriac mieux que Bernanos... » Dans ce livre, Jean Lacouture présente une série de dix portraits d´écrivains de l´Aquitaine, depuis les troubadours jusqu´à Claude Mauriac, en essayant de réfléchir à cette double allégeance : à leur région et à l´universalité de la littérature. Principales figures : Montaigne, Marguerite de Navarre, Jacques Rivière, Élie Faure, Gaétan Picon, Claude Mauriac.

  • Deux journalistes, deux générations, deux expériences. Lacouture ? Il fut le grand contemporain de la décolonisation d'Extrême-Orient et d'Afrique du Nord. Correspondant à Saïgon, interlocuteur de Giap et d'Ho-Chi-Minh, témoin des évènements égyptiens de 1956, mendésiste, il a longuement médité, en tant que « journaliste engagé » sur les droits et les devoirs de sa profession - sur ses éventuels égarements, aussi. Guetta ? Sa grande affaire, ce fut la « décommunisation » de l'Est, les débuts de Gorbatchev, la Pologne de « Solidarnosc » - complété par un rôle de « correspondant permanent » aux Etats-Unis sous Reagan. Face-à-face, ces deux hommes dialoguent donc ici, confrontent leurs expériences, leurs enthousiasmes, leurs déceptions. Peut-on « tout » dire ? Choisir la vérité ou la « tamiser » ? Quelle est la place des convictions dans le devoir d'informer ? Ces questions - qui pourraient n'être que des questions de cours - sont ici traitées à partir d'expériences fortes, captivantes, profondément sincères et généreuses. On apprendra une foule de choses, au passage : sur Nasser, Norodom Sihanouk, Reagan, les Khmers Rouges, Walesa, Gorbatchev et tant d'autres. Le Monde et Le Nouvel Observateur sont, bien entendu, au centre de cette autobiographie croisée : n'importe quel journaliste débutant apprendra son métier en lisant ce livre frémissant.

  • Que le Dieu des croyants s'en soit mêlé, ou seulement celui des géologues, le fait est que les deux tiers des réserves du pétrole du monde sont enfouies de part et d'autre du long fjord d'eau chaude qui se glisse entre l'Arabie Séoudite et l'Iran, sous le soleil le plus violent, entre les terres les plus desséchées de l'univers ; ce golfe qu'on appelait persique, que d'autres disent arabe, et qu'il vaut mieux désormais priver d'adjectif. En 20 ans pour le Koweit, en 10 ans pour Qatar, en 5 pour Abou Dhabi, en 4 pour Oman, des tribus de nomades chameliers tout imbibés de la rosée originelle sont entrées de plain-pied dans l'âge des managers, de la technologie de pointe et du « recyclage des pétrodollars », sans perdre tout à fait les vertus qui, d'un point d'eau à l'autre, leur permirent de survivre sous la tente. Pour combien de temps ? « Dieu m'a donné le pétrole, il me le reprendra, murmure l'émir Zayed, d'Abou Dhabi. L'important c'est de rester fidèle à soi-même. » Fidèle ? Peut-on le rester quand, jeté sur le tapis magique, on franchit dix siècles en dix ans ? Gabriel Dardaud, qui visita les Émirats quand le pétrole n'y formait que des plaques visqueuses, Simonne et Jean Lacouture qui, à la fin de 1974, ont fait deux voyages dans le Golfe, tentent ici de donner la réponse.

  • Que l'on évoque le temps des Croisades, les grandes heures de l'Empire ottoman et son démembrement au XXe siècle, l'éveil du nationalisme arabe ou l'émergence du projet sioniste, on est chaque fois confronté, avec les « questions d'Orient », à une histoire complexe où le religieux imprègne le politique.
    Dans ce livre à trois voix, les auteurs, ardents partisans de la paix au Moyen-Orient, s'interrogent sur le désarroi actuel du monde arabe en retraçant les grandes étapes du siècle écoulé : la création des États du Levant, la politique des mandats, les luttes d'indépendance, la création de l'État d'Israël, la succession des conflits israélo-arabes, la guerre au Liban, les guerres du Golfe, les Intifadas, le choc du 11 septembre et l'exacerbation du terro-risme. Compte tenu de sa double identité d'acteur et témoin de ces multiples crises, Ghassan Tuéni enrichit ce débat de sa propre expérience et d'éléments historiques.
    Le grand espoir de « Renaissance arabe » n'a connu qu'un élan éphémère. L'incapacité des nouvelles nations à relever les défis de l'indépendance et à surmonter leurs archaïsmes, le jeu hégémonique des grandes puissances, jalouses de leurs routes impériales et de leurs ressources pétrolières, ainsi que la radicalisation constante de la politique expansionniste israélienne vont con-duire l'arabisme et la cause palestinienne d'impasses en échecs et favoriser tous les intégrismes.

  • "John Kennedy, Martin Luther King, Aldo Moro, Anouar el-Sadate, Indira Gandhi, Yitzhak Rabin, mais aussi Lord Mountbatten ou Thomas Sankara, et bien d´autres : l´assassinat politique a pris depuis un demi-siècle une place majeure dans les relations internationales. Soulevant des flots d´émotion, nourrissant l´inquiétude, ces meurtres n´ont pas seulement transformé la plupart de leurs victimes en icônes. Ils ont, chaque fois, constitué un défi à la paix et à l´harmonie sociale.
    Les auteurs de ce livre ne proposent pas d´apporter de nouvelles révélations sur les crimes de cette nature commis durant le dernier demi-siècle - ni d´établir une corrélation entre la justesse éventuelle d´une cause et la haine meurtrière qu´elle engendre. Le poignard de Brutus ne fait pas de César un « juste ».
    Outre une reconstitution minutieuse des faits, cas par cas, la question posée sera surtout celle de l´efficacité, on n´ose pas dire du « rendement » historique du forfait, en tant que donnée de la vie publique, nationale ou internationale.
    Au fil du récit, Jean Lacouture et Jean-Claude Guillebaud reconstituent les scénarios - souvent rocambolesques - qui mènent à la scène du crime, soulignent les zones d´ombre et croisent les hypothèses à la lumière des informations les plus récentes."

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