Jean d' Ormesson

  • 'Un curieux sentiment m'envahissait, quelque chose qui allait jouer un grand rôle tout au long de ma vie : c'était le bonheur.'

    Tantôt homme, tantôt femme, Rha, le narrateur de ce roman-monde, nous entraîne au coeur des grandes aventures de l'humanité,
    dont il se fait acteur ou témoin. D'abord homme des cavernes inventeur du feu, il découvre l'écriture sur les bords du Nil, se mue tour à tour en Africain, ami d'Achille et d'Ulysse, citoyen roman, servante dans une taverne, valet d'un grand peintre ou d'un astronome, maîtresse d'un empereur... De Byzance à New York, il prend part à l'invention de l'imprimerie, à la découverte du Nouveau Monde, à la Révolution française.
    Avec son incroyable talent de conteur, Jean d'Ormesson nous invite à une balade joyeuse et fascinante à travers l'Histoire.

    1 autre édition :

  • Pour se défendre dans un procès qu'il s'intente à lui-même, l'auteur fait défiler au galop un passé évanoui. Il va de l'âge d'or d'un classicisme qui règne sur l'Europe à l'effondrement de ce "monde d'hier" si cher à Stefan Zweig. De Colbert, Fouquet, Bossuet ou Racine à François Mitterrand, Raymond Aron, Paul Morand et Aragon.

    Mais les charmes d'une vie et les tourbillons de l'histoire ne suffisent pas à l'accusé :
    "Vous n'imaginiez tout de même pas que j'allais me contenter de vous débiter des souvenirs d'enfance et de jeunesse ? Je ne me mets pas très haut, mais je ne suis pas tombé assez bas pour vous livrer ce qu'on appelle des Mémoires."

    Les aventures d'un écrivain qui a aimé le bonheur et le plaisir en dépit de tant de malheurs cèdent peu à peu la place à un regard plus grave sur le drame qui ne cesse jamais de se jouer entre le temps et l'éternité, et qui nous emportera.

    Prix des députés 2016

  • En hommage à la mémoire de son grand-père, symbole de la tradition, contraint de s'éloigner à jamais de la terre de ses ancêtres, le cadet d'une vieille famille française enfermée dans l'image du passé raconte ce qui a été et qui achève de s'effondrer. Le berceau de la tribu, le château de Plessis-lez-Vaudreuil, est au centre de cette longue chronique qui embrasse, depuis les croisades jusqu'à nos jours, l'histoire du monde, du pays, du clan, de tout ce que la lignée a incarné et en quoi elle a cru, et qui s'est peu a peu effrité. Un mariage d'amour et d'argent, les idées contemporaines et subversives, les livres, les moeurs nouvelles ouvrent successivement des brèches dans la forteresse de la tradition. L'histoire du XXe siècle, avec ses situations paradoxales, précipite la mutation et la décadence d'une famille qui avait su, à travers tous les cataclysmes, maintenir ses privilèges et conserver son charme.

  • " Disons les choses avec simplicité, avec une espèce de naïveté : il me semble impossible que l'ordre de l'univers plongé dans le temps, avec ses lois et sa rigueur, soit le fruit du hasard. Du coup, le mal et la souffrance prennent un sens - inconnu de nous, bien sûr, mais, malgré tout, un sens. Du coup, je m'en remets à quelque chose d'énigmatique qui est très haut au-dessus de moi et dont je suis la créature et le jouet.
    Je ne suis pas loin de penser qu'il n'y a que l'insensé pour dire : " Il n'y a pas de Dieu. " Je crois en Dieu parce que le jour se lève tous les matins, parce qu'il y a une histoire et parce que je me fais une idée de Dieu dont je me demande d'où elle pourrait bien venir s'il n'y avait pas de Dieu. "

    1 autre édition :

  • Une randonnée dans la beauté du monde. Non pas suite mais peut-être complément du précédent roman, ce livre-ci se décline en trois parties et chacune correspond à une question ou à un constat que tout esprit un peu affuté pose.
    Un roman de société : " Tout passe. " Nous vivons une époque de transition, les livres, la famille, les moeurs, les frontières, les monnaies jusqu'à la religion. Tout se sait puisque, par la Toile, chacun est immédiatement informé du sort de tous. Pour illustrer ce propos, se déroule une histoire sentimentale contemporaine où un bouddhiste milliardaire et communiste fait irruption dans une famille traditionnelle.
    Un roman d'amour : " Rien ne change. " Un écrivain cherche sa voie et il ne s'en sort que par l'amour d'une femme, Marie. Il se donne à elle qui le rend à lui-même. L'amour est plus important que la littérature et que tout le reste. Il ne consiste pas à se regarder dans les yeux mais à regarder le monde ensemble. Le spectacle du monde entraîne leur étonnement et leur admiration, qui sont à la racine de toute connaissance. Le roman de société s'est changé en roman d'amour, qui lui-même va se changer en roman de l'univers.
    Un roman de l'univers : " Il y a au-dessus de nous quelque chose de sacré. " Au grand-père - désormais classique - de l'auteur, à Pama le bouddhiste, à Marie, s'ajoute Dieu comme un des principaux personnages du livre. Car comment peut-on parler d'autre chose que de Dieu ? Suit une petite histoire de l'humanité par ceux qui l'ont pensée et faite : les philosophes et les scientifiques. Un combat s'est engagé entre Dieu et la science. La position de l'auteur, catholique et agnostique, est de laisser ses chances à Dieu.
    Ce livre est aisé et profond. On y retrouve ce qui a fait le succès des précédents ouvrages : la foi en la littérature, l'importance des sentiments, l'absence d'illusions, le goût du bonheur, la recherche de la vérité. Le tout comme soulevé par la grâce d'un style et d'une écriture ailée.

  • À Venise, au pied de la Douane de mer, en face du palais des Doges et de San Giorgio Maggiore avec son haut campanile, deux jeunes gens qui s'aiment vont écouter, le soir, un personnage surprenant qui porte beaucoup de noms. Ses récits les emportent, à travers l'espace et le temps, dans un tourbillon d'aventures où passent à toute allure, sous des éclairages imprévus, assez peu familiers aux enfants des écoles, Stendhal et Christophe Colomb, des Chinois et des Arabes, le procurateur de Judée et des guerriers vikings, le raid israélien sur Entebbe et l'invention du zéro, les amours de Pauline Borghèse et Les Mille et Une Nuits, toutes les passions du monde et aussi ses misères. L'homme à l'imperméable, qui raconte, avant de disparaître comme il est apparu, ces souvenirs ou ces fables qui se confondent avec la vie, se prétend condamné à l'immortalité pour avoir refusé, sur le chemin du Calvaire, un verre d'eau à Jésus titubant sous sa croix. Son histoire d'éternité fait revivre un mythe aussi universel que don Juan ou le docteur Faust : le Juif errant. Dans les récits de la Douane de mer, il ne ressemble à rien de connu : à mi-chemin de la Bible et de la bande dessinée, de Hegel et d'Arsène Lupin, il incarne l'histoire des hommes, nécessaire et inutile, depuis toujours maudite et pourtant irrésistible de gaieté et de bonheur.

  • Avec ce livre testament Jean d'Ormesson achève sa trilogie ( Comme un chant d'espérance, Guide des égarés) qui constitue trois tentatives de réponse à la question : Que fais-je là ? Détective métaphysique, il poursuit ce questionnement et tente avec gaieté de percer ce mystère. Et au fil des pages nous invite à rêver, à espérer, à croire.
    " Grâce à Dieu, je vais mourir. Comme tout le monde. Comme vous. Avant vous sans doute : ma vie est déjà longue, j'approche du bout du chemin. Mais rien de plus capricieux que cette mort si certaine. L'histoire est imprévisible. Ce qu'il faut dire avec force dès le début de ce petit livre, c'est que personne n'est sûr de rien. " Ainsi s'ouvre Un hosanna sans fin.
    " Disons les choses avec simplicité, avec une espèce de naïveté : il me semble impossible que l'ordre de l'univers plongé dans le temps, avec ses lois et sa rigueur, soit le fruit du hasard. Du coup, le mal et la souffrance prennent un sens - inconnu de nous, bien sûr, mais, malgré tout, un sens. Du coup, je m'en remets à quelque chose d'énigmatique qui est très haut au-dessus de moi et dont je suis la créature et le jouet. Je ne suis pas loin de penser qu'il n'y a que l'insensé pour dire : " Il n'y a pas de Dieu. " Je crois en Dieu parce que le jour se lève tous les matins, parce qu'il y a une histoire et parce que je me fais une idée de Dieu dont je me demande d'où elle pourrait bien venir s'il n'y avait pas de Dieu. "

    1 autre édition :

  • "Mon grand-père aimait le passé. Moi, j'étais comme tout le monde : je préférais les filles, et les baiser. Je ne pensais à rien d'autre. Je venais d'avoir seize ans. J'étais en terminale. Je préparais le bac. L'école m'ennuyait à périr. Et la vie encore plus. Je détestais le lycée, les lundis, la roulette russe des examens et, plus tard, des concours, la sombre noria des jours. Je détestais plus encore le monde autour de moi et la vie devant moi. Le monde me cassait les pieds, la vie me faisait peur. L'avenir avait l'allure d'un éternel lundi, d'un bac sans cesse recommencé. De temps en temps, à la maison, un imbécile bénévole me demandait ce que je voulais faire lorsque je serais grand. J'étais déjà assez grand : j'avais un mètre quatre-vingt-neuf. Je le regardais avec fureur. Ce que je voulais faire ? Rien du tout, tête de lard. J'avais plutôt envie de mourir.'"

  • Voici une autre histoire de la philosophie.0300Qu´est-ce que la vie et d´où vient-elle ? Comment fonctionne l´univers ? Pourquoi y a-t-il quelque chose au lieu de rien ? Des mathématiciens aux philosophes grecs, à Einstein et à la théorie des quanta, en passant par Newton et Darwin, voilà déjà trois mille ans que les hommes s´efforcent de répondre à ces questions. L´histoire s´est accélérée depuis trois ou quatre siècles. Nous sommes entrés dans l´âge moderne et postmoderne. La science, la  technique, les chiffres ont conquis la planète. Il semble que la raison l´ait emporté. Elle a permis aux hommes de remplacer les dieux à la tête des affaires du monde. Où en sommes-nous aujourd´hui ? Dieu est-il à reléguer au musée des gloires étrangères et des puissances déchues ? La vie a-t-elle un sens ou est-elle une parenthèse entre deux néants ? Est-il permis d´espérer quoi que ce soit au-delà de la mort ? Avec les mots les plus simples et les plus clairs, avec une rigueur mêlée de gaieté, Jean d´Ormesson aborde de façon neuve ces problèmes de toujours et raconte au lecteur le roman fabuleux de l´univers et des hommes.0300 Une autre histoire de la philosophie, qui se lit comme un roman.0400TABLE DES MATIÈRES I - Que la lumière soit !

    Sont passées en revue les grandes étapes de l'histoire des hommes et les théories de l'univers qu'ils ont élaborées. De Thalès à Pythagore, à Einstein, à Bohr, à Hawking, en passant par saint Thomas d'Aquin, par Copernic, par Galilée et par Newton.
    II - Pourquoi y-a-t-il quelque chose au lieu de rien ?

    Nous savons presque tout du Comment et presque rien du Pourquoi. Qu'est-ce qui est à l'origine des choses ? Un Dieu créateur de l'univers ou l'univers lui-même ? Il est aussi impossible de prouver l'existence de Dieu que son inexistence. Nous sommes dans l'énigme. Dieu est possible.


    III - La mort : un commencement L'homme-est-un-être-pour-la-mort. Si Dieu n'existe pas, toute vie va d'un néant à un néant, tout passé est aboli et le monde est absurde. Si Dieu existe, il n'est pas impossible qu'après la mort il y ait autre chose qu'une autre vie.

    1 autre édition :

  • Nous ne savons ni pourquoi nous sommes nés ni ce que nous devenons après la mort. Nous sommes tous des égarés. C'est à la question : "Qu'est-ce que je fais là?" que s'efforce de répondre ce manuel de poche qui n'a pas d'autre ambition que de décrire avec audace, avec naïveté, avec gaieté ce monde peu vraisemblable où nous avons été jetés malgré nous et de fournir vaille que vaille quelques brèves indications sur les moyens d'en tirer à la fois un peu de plaisir et, s'il se peut, de hauteur.

  • En écrivant la chronique d'un fabuleux empire imaginaire où toutes les passions humaines ont servi les ruses de l'histoire diplomatique et militaire, Jean d'Ormesson a retrouvé le ton des grands historiens du XIXe siècle. Il a pastiché avec le plus grand brio les récits historiques classiques, les querelles d'érudits, tout en créant une aventure romanesque pleine de bruit et de fureur, d'amour et de poésie, autour du règne d'Alexis aux prises avec les hordes barbares.

  • " Il n'est ni tout à fait la droite, dont il est sociétaire à part entière, encore moins la gauche, dont il est parfois un évêque in partibus ; il n'est définitivement ni de Neuilly ni de Saint-Fargeau ; il n'est ni Sarkozy ni Mitterrand ; ni l'Ancien Régime ni la Révolution, il est tout simplement ce que l'on retrouve au fond du creuset, cet alliage d'évidence : Jean d'Ormesson, c'est la France ! Il n'est pas centriste, il est central. Il incarne toutes les valeurs auxquelles la France est en train de renoncer, mais dont elle conservera longtemps la nostalgie. Il est pour la vieille dame de province comme pour le rocker qui porte un tee-shirt à son effigie ; pour les stars de télé qui ne cessent d'inviter ce "bon client' comme pour l'agent de la circulation qui lui indique obligeamment où garer sa voiture. Il est un chef-d'oeuvre intemporel, et ce chef-d'oeuvre c'est une certaine idée de la France. " Jacques Julliard.
    Observateur engagé, Jean d'Ormesson n'a cessé d'être fasciné par le spectacle de la politique, le combat des idées et la marche du monde. Oeuvre littéraire à part entière, cette chronique, jalonnée de portraits, de reportages, de commentaires, de prises de position, témoigne de sa présence constante dans les grands débats de notre époque et du regard à la fois lucide et passionné qu'il porte sur ses contemporains. Ce parcours d'un homme de fidélité et d'espérance nous éclaire à chaque pas sur les enjeux du présent.

  • C'était bien

    Jean d' Ormesson

    Auteur d'une vingtaine d'ouvrages, Jean d'Ormesson se retourne sur son passé et sur une vie déjà longue. Comme chacun d'entre nous, il a été emporté par un temps qui invente tout avant de tout détruire. Il a vécu dans un des siècles les plus sanglants de l'histoire. Il a assisté au triomphe d'une science porteuse désormais d'autant de craintes que d'espérances. Il a essayé d'être heureux dans un monde où le mal se mêle inextricablement à la recherche du bonheur.
    Sur cette terre périssable, il a aimé les livres, les femmes et les bains de mer. Les livres ont été la grande affaire de son existence passagère dont il parle avec distance et gratitude. Gratitude envers qui ? Émerveillé par le jeu sans trêve du hasard et de la nécessité, enchanté par un monde qu'il a parcouru d'un bout à l'autre (avec une préférence pour la Méditerranée), il croit à un ordre des choses dont il ignore le sens.
    Avec une allégresse ironique et un peu mélancolique, il communique au lecteur trois sentiments qu'il éprouve avec force : la stupeur devant l'univers, l'effroi devant l'histoire, la ferveur devant la vie.

  • Il était une fois, dans une vallée lointaine entourée de montagnes, un petit garçon. Le chemin de fer passait près de chez lui et, d'aussi loin qu'il se souvenait, l'enfant guettait la longue chenille d'acier qui filait comme une flèche à travers la campagne. Ce qu'il souhaitait le plus au monde c'était de pouvoir, un jour, monter dans ce train. Mais, bientôt il tomba très malade et ses espoirs de prendre le train s'en furent à mesure que s'éloignaient ceux de sa guérison. Dévastés, ses parents ne savaient plus comment le réconforter et, aidés du médecin, décidèrent d'emmener l'enfant à la gare, au risque de précipiter l'inévitable. Ce conte tendre et touchant est bercé par l'espoir d'une rédemption miraculeuse.

  • La douane de mer

    Jean d' Ormesson

    L'auteur meurt à la première ligne. Au moment où il survole, avec un sentiment de mélancolie dû à sa situation, la Douane de mer à Venise, il tombe sur un esprit venu d'Urql, dans une lointaine galaxie, pour étudier l'univers.
    L'esprit surgi d'ailleurs s'appelle A. Il considère avec stupeur une planète dont il ne sait rien et qu'il a du mal à comprendre. Le défunt s'appelle O. Avant de quitter à jamais pour une destination inconnue les bonheurs et les plaisirs de notre vallée de larmes, O va présenter le monde à son nouvel ami.
    Trois jours durant, à l'usage des gens d'Urql qui ont le malheur d'ignorer que nous sommes le centre de tout, A et O, aile contre aile, parcourent l'espace et le temps et rédigent un rapport sur la Terre et les hommes.
    Grand Prix RTL LiRE:

  • Il y a beaucoup de façons de lire ce livre.
    Il peut apparaître, successivement et au choix, comme un aperçu de la carrière de Chateaubriand, comme une étude sur Hortense Allart, comme une contribution à la vie et à l'oeuvre de Julien Pontarlier. Comme un roman d'aventures, comme un roman policier, comme un roman d'espionnage. Comme une sorte de poème en prose sur les problèmes les plus généraux. Comme une histoire d'amour. Comme une quête des origines, comme une introduction à l'eschatologie. Comme plusieurs autres ouvrages encore et, en fait, comme presque tous, ou plutôt comme tous, que la seule idée de Dieu suffit d'ailleurs largement à couvrir et à justifier. À plusieurs égards et à l'extrême rigueur, comme une autobiographie, non seulement de l'auteur, ce qui est assez courant, mais chose plus rare, du lecteur.
    Enfin, pour ceux qui, sous un prétexte ou un autre, ne pourraient - ou ne voudraient - pas lire ce livre sur 'Dieu, sa vie, son oeuvre', le spectacle de la nature, la vie quotidienne, l'histoire le remplaceraient sans trop de peine.

  • «Fait des proses et des poèmes que je connais ? ou connaissais ? par coeur, ce livre n´aspire à rien d´autre qu´à donner un peu de plaisir, et peut-être d´émotion, à ceux qui le liront.Voilà des mots qui ne sont pas de moi et qui valent mieux que moi, mais qui, à force de familiarité, d´admiration, d´une répétition intérieure proche de la rumination, ont fini par se confondre avec moi: il m´arrive de les dire au soir quand il tombe sur la ville, sur la campagne, sur la neige ou au matin qui se lève sur la mer. Ils tournent, pour la plupart, autour de ces passions qui nous donnent à tous tant de bonheur et tant de souffrance. Et toi mon coeur, pourquoi bats-tu?Renonçant à la fois à l´ordre chronologique ou alphabétique et au classement par thèmes, j´ai choisi de présenter en désordre, en vrac, comme ils me venaient à l´esprit et au coeur, ces mots ailés aux lecteurs. Avec pourtant, un dessein nonchalant ? changements de lumière, passage du temps, résonances, contrepoints ? qu´au fil des pages chacun découvrira.Plaisirs. Émotion. Jusque dans les vers et les proses les plus simples de ce livre, il y a encore autre chose: une élévation, une hauteur, une sorte d´appel vers ailleurs. "La littérature, écrit Pessoa, est la preuve que la vie ne suffit pas." Les textes ici réunis ont le pouvoir mystérieux de rendre la vie plus belle et de transformer notre existence.»J. O.

  • « Il y a des moments où l´histoire semble hésiter avant de prendre son élan : Hannibal quand il décide de passer les Alpes avec ses éléphants pour frapper Rome au coeur ; César sur les bords du Rubicon ; le général de Gaulle à l´aube du 17 juin 1940, quand il monte dans l´avion qui va l´emmener vers Londres, vers une résistance qui peut paraître sans espoir.

    C´est un éclair de cet ordre que j´ai tenté de saisir : l´instant où Bonaparte, adulé par les Français qu´il a tirés de l´abîme, décide de devenir empereur. » À travers une conversation imaginaire et décisive entre Napoléon Bonaparte et Jean-Jacques Régis Cambacérès, son deuxième consul, Jean d´Ormesson explore la tension entre l´esprit révolutionnaire républicain et le désir de puissance. Il met en scène un Cambacérès ensorcelé par le charismatique Bonaparte.

    Si tous les mots prêtés à Bonaparte ont bien été prononcés par lui, l´auteur forge ce dialogue fictif à la veille de l´avènement du Premier Empire, aux Tuileries, vers le début de l´hiver 1803-1804.



    Enlevé et brillant, ce dialogue surprendra par son actualité.

  • Il y a un roman plus vaste que le roman des hommes : c'est le roman du tout. Le tout d'abord, seul. Première partie. Formidable. Formidable, mais inutile. Explosion. Galaxies. Soupe primitive. Diplodocus. Puis des hommes dans le tout. Deuxième partie. Plus belle encore. Et avec un semblant de signification. Sentiments. Passions. Violons sur les toits, violons dans les coeurs. Le ciel descend sur
    la Terre. Cavalcades et coups d'État. Trahison et grandeur. Systèmes de l'univers. Qui a écrit ce roman? Qui l'écrit? On ne sait pas. Peut-être le tout lui-même? Peut-être les hommes? Peut-être un Être suprême auquel, faute de mieux, nous donnons le nom de Dieu? On dirait
    tantôt que nous sommes écrits d'avance dans le livre et tantôt que c'est nous, jour après jour, qui l'écrivons. On ne sait pas. Mais on peut essayer, vaille que vaille, de feuilleter ce chef-d'oeuvre, cette grande Big Bang Story, qu'est le monde autour de nous.

  • Le rapport Gabriel

    Jean d' Ormesson

    Ce n'était pas la première fois que les hommes mettaient Dieu hors de lui. Le visage fermé, le regard sombre, les mains derrière le dos, il faisait les cent pas dans son éternité. Il se disait que sa vie serait meilleure sans les hommes. Il leur avait tout donné. Et d'abord l'existence. Il finissait par se demander s'il avait bien fait de les tirer du néant.
    La tentation lui venait de les abandonner à eux-mêmes. On verrait bien ce qu'ils deviendraient s'il se refusait tout à coup à soutenir l'univers, si la Terre cessait de tourner, si le Soleil ne les chauffait plus et ne les éclairait plus, si les lois de la physique s'effondraient brutalement, si le temps s'arrêtait.
    /> Il fit appeler l'ange Gabriel, qui lui avait déjà, à plusieurs reprises, servi de messager auprès des hommes.
    Gabriel, une nouvelle fois, descendit sur la Terre. Il s'installa chez moi. Et, pour essayer de fléchir l'Éternel, je rédigeai avec lui le rapport qui porte son nom.

  • Un matin de printemps a lieu l´enterrement de Romain. Habité par un goût immodéré du bonheur, il ne croyait à rien mais cultivait un art difficile: l´amour de la vie. Il passait, un soleil intérieur se mettait à briller. Au cimetière, parmi des hommes et des femmes en larmes, son ami le plus proche voit ? ainsi que dans la première scène de «La Comtesse aux pieds nus» ? se dérouler les vies innombrables et les destins croisés de ceux qui jettent une rose sur le cercueil de celui qu´ils aimaient tant. Deux figures de femme règnent au long de ces pages: ce sont une mère et sa fille. Autour d´elles et de Romain, du New York des années 30 aux dernières découvertes de la science, en passant par les plaines d´Ukraine, une île grecque, un hôtel italien et la côte sud de la Turquie, on voit défiler le valet de chambre de Hitler, les pilotes de l´escadrille de Normandie-Nièmen, un historien d´art, un professeur de physique théorique, Arthur Rubinstein et le maréchal Joukov, Lucky Luciano et Churchill... Chacun d´entre eux est le héros d´un petit roman qui est lié par l´Histoire et les sentiments au grand roman qui les fait tous se rejoindre. La vie apparaît comme une grande sarabande; elle est aussi une fête en larmes.0400Le monde entier sortait d´une réplique de Béchir, d´une décision de Romain, d´un regard de Marina, d´un olivier de Ravello. Il n´y avait rien dans l´espace, il n´y avait rien dans le temps et dans ses profondeurs qui ne renvoyât à autre chose. Rien n´était suspendu. Rien n´était arrêté. Tout roulait, tout se mêlait. Le yin et le yang, le plein et le vide, les ordures et les étoiles. Pour trouver quelque chose de plus solide que le reste, nous nous précipitions aux origines: de la pensée, de la vie, de la matière, de l´énergie. Il y avait la naissance pour chacun d´entre nous, le surgissement de la conscience pour ceux que nous appelons les hommes, le big-bang pour l´Univers. Tout était pris dans le cycle, tout supposait toujours autre chose. La grande roue tournait sans fin. Le train de l´Histoire, de la vie et de tout le reste encore plus loin ne s´arrêtait jamais. On pouvait le prendre n´importe où. On pouvait sauter dedans avec Mahomet, avec le Christ, avec le Bouddha, avec les présocratiques, avec Abraham, ou les débuts de l´agriculture, ou l´invention du feu, avec cette vieille bique de Lucy, avec l´apparition dans le firmament du Soleil et de la Terre. Je n´avais pas de telles ambitions. Je grimpais à la gare, quarante secondes d´arrêt, buffet, correspondances en tout genre, du Caruso Belvedere.J´ouvrais les volets. Le soleil entrait dans la chambre 17 qui était simple et inoubliable. Quelques jours plus tôt, l´hivers à bout de forces traînait encore ses guêtres dans les rues de Paris. Les citronniers éclataient dans la vallée du Dragon. Les oliviers levaient les bras vers le ciel en témoignage d´allégresse. On voyait la mer au loin, derrière les vignes et les cyprès.Je regardais le monde. Il était beau. Je me retournais pour appeler Marina. Elle dormait encore dans le lit. Sa tête, sous les cheveux châtain très clair, presque blonds, reposait sur son bras replié. Le drap la couvrait à demi et la dénudait en même temps. Les lignes de son corps étaient si pures et si rondes qu´elles donnaient une idée de la perfection ici-bas. Je m´arrêtais, saisi. Je regagnais la fenêtre. On entendait un chant d´oiseau. Le cri d´un enfant. Plus rien. Le bleu du ciel dévorait tout. La vallée scintillait, immobile, silencieuse, écrasée de soleil. Les plans successifs menaient jusqu´à la mer des sirènes d´Ulysse. C´était un spectacle à couper le souffle. J´allais m´étendre sur le lit où dormait Marina.Elle s´éveilla. Je la pris dans mes bras. Je sentais son souffle sur mes lèvres. Son souffle, ses mains, ses jambes si fines et si longues. Il n´y avait plus rien d´autre. Le monde se confondait avec elle. Sa bouche, son ventre, ses seins qui étaient très ronds. Ce qu´il y a de plus profond chez l´homme, c´est la peau. Nous nous attardions sur le plus profond. Nous échangions nos dons. Elle me rendait ce que je lui offrais. À l´

  • "Qu'ai-je donc fait ? J'ai aimé l'eau, la lumière, le soleil, les matins d'été, les ports, la douceur du soir dans les collines et une foule de détails sans le moindre intérêt comme cet olivier très rond dont je me souviens encore dans la baie de Fethiye ou un escalier bleu et blanc flanqué de deux fontaines dans un village des Pouilles dont j'ai oublié le nom. Je ne regrette ni d'être venu ni de devoir repartir vers quelque chose d'inconnu dont personne, grâce à Dieu, n'a jamais pu rien savoir. J'ai trouvé la vie très belle et assez longue à mon goût. J'ai eu de la chance. Merci. J'ai commis des fautes et des erreurs. Pardon. Pensez à moi de temps en temps. Saluez le monde pour moi quand je ne serai plus là. C'est une drôle de machine à faire verser des larmes de sang et à rendre fou de bonheur. Je me retourne encore une fois sur ce temps perdu et gagné et je me dis, je me trompe peut-être, qu'il m'a donné - comme ça, pour rien, avec beaucoup de grâce et de bonne volonté - ce qu'il y a eu de meilleur de toute éternité : la vie d'un homme parmi les autres."

  • Entre la Révolution française et la révolution de 1848, la France connaît la période la plus agitée de son histoire. A chaque instant François-René de Chateaubriand tient sa place et joue son rôle; l'époque sert de décor à la carrière d'un des plus grands auteurs français. Académicien, ambassadeur, pair de France, ministre et restaurateur de la religion catholique, il est couvert d'honneurs. Il est aussi couvert de femmes. La liste est longue et célèbre. Ce petit Breton, cet immense écrivain est un séducteur irrésistible. Il voit se lever autour de lui, à chacun de ses pas, des bataillons d'admiratrices en fleurs, armées et casquées pour les combats de l'amour. Les "Madames", comme les appelait sa femme légitime, riaient, pardonnaient, pleuraient, mouraient ou devenaient folles. A travers leurs aventures, c'est un pan de notre histoire qui apparaît, illuminé par la présence d'un des grands génies de la littérature universelle, adulé, critiqué, haÏ, adoré, qui fit dire à des milliers de jeunes gens après Victor Hugo : "Etre Chateaubriand ou rien." Jean d'Ormesson le fait revivre ici dans la bousculade de ses maîtresses et de l'histoire avec infiniment d'humour, d'intelligence et de subtilité.

  • «J´aime les livres. Tout ce qui touche la littérature ? ses acteurs, ses héros, ses partisans, ses adversaires, ses querelles, ses passions ? me fait battre le coeur. Le triomphe du «Cid» m´enchante. La «petite société» autour de Chateaubriand et de cette raseuse de Mme de Staël m´amuse à la folie. La mort de Lucien de Rubempré me consterne autant que Wilde ou le baron de Charlus. Et, j´aime mieux le dire tout de suite, Proust me fait beaucoup rire.»En un temps où les livres sont contestés et menacés par la montée de quelque chose d´obscur qui ressemble à la barbarie, cette histoire de la littérature n´a pas d´autre ambition que d´inviter le lecteur à en savoir un peu plus sur les oeuvres passées ici en revue. Si elle donne à quelques jeunes gens d´aujourd´hui l´envie d´ouvrir un roman de Stendhal ou de Queneau ou de découvrir un poème d´Aragon, l´auteur aura atteint son but. Il aura largement été payé de son temps et de sa peine qui fut aussi un plaisir.

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