Littérature générale

  • Ils ont choisi la nuit est un livre sur la tentation du suicide et sur le suicide lui-même. Il analyse ce " mal " qui habite et frappe aussi bien les adolescents que les adultes et les vieilles personnes. Jean-Marie Rouart avoue : le suicide m'a longtemps habité, comme une obsession. Comme une maladie, dont j'ai mis des années à guérir. Et d'évoquer ses frères et soeurs par le suicide enlevé, Romain Gary, Drieu la Rochelle, Jean Seberg, Stefan Zweig, Hemingway, Jack London. Ou encore ceux, qui comme Benjamin Constant, Maupassant et Napoléon, avaient une âme suicidaire. Livre de littérature, donc. Et livre fort, d'une nouveauté absolue. Et pour une autre raison aussi que cette galerie jamais vue des grands noms. Il se trouve que Jean-Marie Rouart se met à nu, raconte la tentation du suicide en lui, provoquée par son " mal de vivre ", ses échecs amoureux, sa peur d'écrire. Un livre bouleversant.

  • Avant-guerre

    Jean-Marie Rouart

    • Grasset
    • 24 Août 1983

    Un petit groupe de jeunes gens, ambitieux et passionnés, passe des vacances sur la côte basque en 1933. Une atmosphère d'été, insouciante devant les périls.
    Entre les baignades et les fêtes, ils rêvent leur avenir ; des couples se forment et se déchirent. Ces blessures ne seront jamais oubliées. Lorsque, au fil des années, la bourrasque se lève, l'amour, la jalousie, la haine se réveillent : passions du coeur et choix politique s'entremêlent et tissent la trame inextricable des destins. Ces hommes et ces femmes, qui aiment, trompent et sont trompés, vont affronter la guerre, l'Occupation. Loin de les réunir, ces années noires vont souffler sur eux comme sur des braises. Vichy, Londres ou Alger, ils devront choisir : ils rencontreront la tragédie. Une façon comme une autre de se poser cette question, qui poursuit l'auteur : "Qu'aurais-je fait si j'avais eu vingt ans en 1933 ?"

  • Le cavalier blessé

    Jean-Marie Rouart

    • Grasset
    • 26 Août 1987

    Pourquoi Henri de Bercheny, jeune sous-préfet de Saumur promis à un bel avenir, a-t-il disparu, ce matin du 5 juin 1805 ? Quelles raisons ont pu le décider à sacrifier subitement sa carrière, et surtout à quitter Julie, sa femme, à laquelle il voue une passion jalouse ? C'est autour de Julie de Bercheny et des hommes qu'elle fascine que réside peut-être le secret de cette disparition. Obsédé par son amour malheureux, Henri, engagé dans les dragons sous une autre identité, cherche l'oubli dans le bruit des batailles qui le conduisent en Allemagne et en Pologne. Jean-Marie Rouart mène avec fougue et subtilité cette épopée guerrière et amoureuse qui recrée les années fabuleuses des débuts de l'Empire, celles d'Austerlitz, d'Iéna, de Friedland. Les coeurs tombent comme les capitales. C'est le romantisme d'une époque, observé par le regard moderne et acéré d'un écrivain.

  • La femme de proie

    Jean-Marie Rouart

    • Grasset
    • 6 Avril 1989

    Un homme, strict, convenable, amateur de livres rares, rencontre une jeune femme, Blanche, mariée, belle, inquiétante, un peu perverse. Au cours d'un voyage en Grèce, il devient son amant. Aussitôt, la passion. Il croit qu'il va connaître le bonheur. Il ignore que cet amour sera un long et terrible calvaire : qu'il va souffrir, être humilié, trompé, poussé à la plus extrême des solitudes et à la haine de soi. Une véritable descente aux enfers. Pourquoi Blanche s'acharne-t-elle à le torturer ? Pourquoi est-il incapable de se libérer d'un amour qui le détruit ? Plus elle s'éloigne de lui et le torture et plus il s'attache à elle...

  • Quel choc peut provoquer chez un homme à qui tout réussit la révélation d'une grave fêlure ? Un écrivain couvert de femmes découvre dans le désert d'une soudaine impuissance sexuelle une impuissance plus profonde : l'incapacité de se renouveler, de croire à la vie. Julien, le héros du livre, tente de conjurer son sentiment d'échec dans les bras d'une toute jeune fille au charme vénéneux. A travers elle, c'est la jeunesse qu'il veut ressaisir. Histoire de la rencontre de deux êtres en proie au mal de vivre qui cherchent chacun dans l'amour un remède à leur angoisse, ce roman explore les liens mystérieux qui unissent le désir amoureux et la création artistique (Faut-il aimer pour pouvoir écrire, écrire pour pouvoir aimer ?). Roman qui est aussi une réflexion sur la création et l'échec, l'amour et l'impuissance, ce livre analyse au scalpel la tragédie d'une passion destructrice qui n'est pas seulement celle du héros mais celle de tous les hommes qui tentent de s'opposer désespérément à la fuite de leur jeunesse.

  • L'invention de l'amour

    Jean-Marie Rouart

    • Grasset
    • 22 Janvier 1997

    En Suisse, dans les Grisons. Que pourrait-il se passer entre des hommes et des femmes, aussi différents que possible les uns des autres, et isolés du reste du monde ?Une tempête de neige a bloqué dans la luxueuse demeure d'une comtesse énigmatique des personnages que tout sépare : Pierre Valberg, universitaire un rien prétentieux, et ses deux condisciples, Rachel et Sylvie. Julien Bataille, un écrivain en mal d'affection. Aldo et Andrea, un couple disparate et adultérin. N'oublions pas la comtesse d'Aspern, grande beauté froide et sa nièce, Vérity, qui cherche l'absolu avec cette intransigeance maladroite de l'adolescence. Tous ont la frustration de l'amour impossible. Au gré de ce séjour forcé, les couples changent, les étreintes alternent, les vérités se disent cruellement...

  • "Les vainqueurs m'ennuient. J'ai toujours aimé les vaincus" : cette déclaration ouvre La Noblesse des vaincus, où Jean-Marie Rouart raconte qu'il avait, adolescent, épinglé sur un mur de sa chambre la photo d'un soldat blessé. Tout se passe en effet comme si l'échec révélait, de l'homme, bien plus, bien plus fort, bien plus profond, bien plus intéressant, pour ne pas dire bien plus passionnant, que la victoire. A ce point que Jean-Marie Rouart s'abandonne au rêve d'"un dictionnaire des vaincus" où il mettrait qui ? Fouquet, le surintendant embastillé, Bernis, le cardinal voluptueux deux fois exilé, Cavelier de la Salle, assassiné sur les rives du Mississippi, Lally-Tollendal, coupé en deux, Von Stauffenberg, pendu à un croc de boucher après avoir raté son attentat contre Hitler - tant d'autres... Jean-Marie Rouart met en évidence " l'étrange passerelle " qui relie les vaincus au " destin inabouti de la littérature ", littérature dont l'exercice, peu ou prou, serait une métaphore de l'échec. Musset, Byron, Paul-Jean Toulet, Aragon : les désenchantés de l'amour ; le cardinal de Retz, Barrès, André Malraux, Mauriac, Breton Montherlant : les rêveurs au pouvoir : Verlaine, Genet, Fitzgerald, Lowry... L'oeuvre, cette réussite, ne se conçoit pas et ne s'explique pas sans son double et ce terreau d'où elle naît et où elle aboutit : l'échec. Ce dictionnaire dont rêve Jean-Marie Rouart, le voici : celui des grands écrivains, dont on sait désormais un peu mieux qu'ils sont des " vaincus de la vie ".

  • Quelle est la blessure de Georges Aslo, cet homme mystérieux et secret, que l'on voit accéder, à trente-cinq ans, à de hautes fonctions politiques ? Depuis l'époque où ils étudiaient ensemble le siamois à l'école des Langues orientales, le narrateur suit Georges Aslo tout au long de sa fulgurante carrière. Il le suit selon le rythme d'une amitié à éclipses qui, tantôt lui fait côtoyer Georges Aslo dans les couloirs de l'Assemblée nationale - où ils se retrouvent tous deux journalistes parlementaires - et dans certains salons très parisiens, tantôt lui fait de plus loin, reconstituer son ascension au sein d'un grand quotidien et l'histoire de son brillant mariage. Le narrateur peu à peu découvre les ambiguïtés et les faiblesses de cet homme qui le fascine. Mais est-ce bien le hasard qui le fait rencontrer et s'attacher aux femmes que Georges Aslo a aimées avant lui ? Roman d' « apprentissage », tableau de moeurs, chronique de la vie d'un Rastignac d'aujourd'hui, "La Blessure de Georges Aslo" est tout cela à la fois, et surtout l'itinéraire d'un « jeune loup » qui connaît la passion de l'ambition.

  • Les feux du pouvoir

    Jean-Marie Rouart

    • Grasset
    • 20 Septembre 1977

    Cette histoire commence pendant l'été 1958, sur une plage bretonne où nous faisons connaissance de Luc Lamy, jeune homme fragile et cynique à la fois. On ne sait d'où il vient. Lui s'interroge sur son avenir. Son destin, ce sera d'abord une femme qui l'intrigue, puis Maurice Dorsac, haut fonctionnaire à l'intelligence brillante, qui l'entraînera dans son sillage d'aventurier politique de haute volée. Entre eux, ce sera le grand jeu de l'amitié, de la fidélité, de la trahison. Dix années fiévreuses nous sont contées, où nous pénétrons dans les salles de rédaction des journaux, les salons parisiens, les routines du Pouvoir. Tout viendra si vite au jeune héros qu'il n'aura que le temps de frôler la réussite, pour la voir s'évanouir comme une vertigineuse illusion.

    Parabole d'un ambitieux qui rejoint la trajectoire d'une société dont les rêves gaulliens de grandeur ont sombré dans les fantasmagories de Mai 68, ce livre aux accents stendhaliens est une étude des moeurs de la Ve République. Dans les eaux profondes de la politique apparaissent les grands squales, leurs poissons pilotes : arrivistes, imposteurs, et leurs victimes désignées : les faibles, les purs, les idéalistes.

    En même temps qu'une réflexion sur l'ambition, ce livre aborde un problème clé de notre temps : la conversion sociale. Y a-t-il un châtiment pour ceux qui approchent de trop près les feux du Pouvoir ?

  • La fuite en Pologne

    Jean-Marie Rouart

    • Grasset
    • 17 Septembre 1974

    Un jeune garçon a disparu. Eric Courcelles, 15 ans, n'est pas revenu chez sa grand-mère depuis quelques jours. Il voulait partir pour la Pologne... Son père, sa mère, son meilleur ami, un de ses professeurs, sa grand-mère, tout son entourage, s'interrogent l'un après l'autre. Une femme de trente ans aussi s'interroge sur un si jeune amant, qu'elle a du quitter après de bien curieuses vacances à Noirmoutier. Au fur et à mesure de ces monologues, apparemment contradictoires, se dessine le portrait d'Eric, comme dans un miroir brisé dont on ramasserait un à un les morceaux. Une vie d'adolescent d'aujourd'hui, une famille de petits-bourgeois, quelque chose de banal bien sur, de médiocre quelquefois, mais un immense pouvoir d'illusion chez ce jeune garçon qui rêve, qui joue la comédie, qui ment aux autres, qui se ment à lui-même. Est-il véritablement allé en Pologne rejoindre la jeune Katia connue à Paris quelque temps auparavant ? Était-il désespéré de ne plus revoir cette femme de trente ans ? Le mystère de cette disparition se dissipera au moment où l'image d'Eric se reflétera entièrement dans le miroir reconstitué.
    Au-delà du charme de l'écriture, de l'originalité de la construction romanesque, de la rigueur de cette histoire racontée comme une intrigue policière, une grande pudeur se dégage de l'évocation de cette adolescence où le rêve fou et la morne réalité se confondent.

  • Le mythomane

    Jean-Marie Rouart

    • Grasset
    • 13 Mars 1980

    Qui donc est le baron Magnus ? Un de ces millionnaires dont le faste tient du cabotinage et de la comédie pour chroniqueurs mondains ? Un véritable aristocrate autrichien, descendant des rois de Chypre ? Un amateur d'art que la création passionne et un cabaliste hors pair ? Mais peut-être aussi bien un pervers attiré par la chair fraîche, un amoureux transi, ou un intrigant, coureur de dot ? Comment savoir ? D'abord hostile à ce baron énigmatique, le narrateur nous entraîne à sa découverte avec une curiosité qui rebondit de chapitre en péripétie. Peu à peu, le milieu singulier où évolue le baron, sa conduite imprévisible, ses sautes d'humeur, sa fabuleuse érudition, son charme et ses folies, tout est sujet de surprise.

    Mais qu'importe, en réalité, la vraie nature de Magnus ? C'est sa vie qui est son chef-d'oeuvre, et lui-même sa création permanente, lentement mis au jour par un observateur sagace, saisi, sans cesse fasciné. Si la démarche du livre de Jean-Marie Rouart est aussi passionnante que celle d'un roman policier, au terme de l'enquête, c'est toute une société qui se révèle, à travers le personnage, avec ses reflets, ses faux-semblants, ses équivoques, son imposture. Et cette société-là, c'est la nôtre.

  • Depuis toujours, les écrivains ont eu avec le pouvoir politique des rapports de liberté ou d'engagement, de fascination ou d'agacement réciproque. Rarement des rapports pacifiés. Quand Jean-Marie Rouart, en écrivain-journaliste, en portraitiste qui saisit ces puissants humains, trop humains, sur le vif, rencontre des hommes et des femmes de pouvoir, il réagit par l'intuition qui le guide, se jouant des formules attendues, cherchant une vérité humaine sous le masque. Il a rarement été donné à un écrivain d'aujourd'hui de voir et de parler à des hommes politiques d'horizons aussi divers.
    On trouvera dans ces pages un Mitterrand en sphinx sur les routes du Morvan, loin du monarque élyséen, un Giscard foudroyant qui prend à rebrousse-poil le désir contemporain de plaire, un Pasqua presque tendre, un Villepin lyrique, un Ernest-Antoine Seillière en « Achille à l'ère des 35 heures », mais aussi un Serge Dassault qui préfère être plutôt que paraître, un Hollande « monté sur des roulettes », un Sarkozy sur le pont d'Arcole... Bref toute une comédie entre vérité et mensonge, discours officiel et vérités de l'instant que glane l'auteur dans ce tête-à-tête avec les hommes de pouvoir.

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