Jean-Michel Helvig

  • Ils ne sont pas si nombreux ceux qui, tel Edmond Maire, auront marqué leur époque en accompagnant, et parfois en de-vançant, les mutations de la société. Enfant d'un catholicisme populaire qui disputait au PCF l'encadrement des banlieues, il fut l'artisan d'un syndicalisme laïc affranchi de la tutelle de toutes les Églises spirituelles ou séculières et l'une des figures d'une gauche préférant affronter le réel que se réfugier dans le dogme.Faire le récit de la vie d'Edmond Maire, c'est raconter l'histoire de la CFDT dont il fut le secrétaire général de 1971 à 1988 et où il a porté une volonté de ne jamais être intimidé par les tenants du marxisme jacobin, mais pas davantage par le patronat ou les gouvernants, de gauche comme de droite. C'est ainsi plonger au coeur d'une alchimie très française, faite du meilleur des traditions anarcho-syndicalistes, chrétiennes et socialistes du mouvement ouvrier.Son souci de l'indépendance a conforté la CFDT dans sa réac-tivité aux grands enjeux qui ont surgi sur sa route: la guerre d'Algérie, Mai 68, mai 1981, l'antitotalitarisme, la crise mar-quant la fin des Trente Glorieuses. Il a incarné la haute idée d'un syndicalisme porteur de l'intérêt général et acteur de la transformation sociale, en plaçant au poste de commande le devoir de vérité et l'exigence de démocratie. L'itinéraire ex-ceptionnel d'Edmond Maire est un plan de coupe de l'histoire politique et sociale contemporaine.Jean-Michel Helvig, né en 1947, est un journaliste et écrivain français. Ancien chef du service politique, directeur adjoint de la rédaction et éditorialiste à Libération, il collabore aujourd'hui à La République des Pyrénées. Il a notamment publié L'Homme qui voulait être président (biographie de Laurent Fabius) (Robert Laffont, 2006), Citoyen sans frontières. Conversations avec Stéphane Hessel (Fayard, 2008, prix Jean Zay, 2008) et Demain comme hier. Conversations avec Jack Lang (Fayard, 2009).

  • Professeur agrégé de droit public, mendésiste et anti-colonialiste dès dix-sept ans, initiateur à vingt-quatre ans du Festival mondial de théâtre de Nancy puis directeur à trente-trois ans du Palais de Chaillot, avant de s'engager auprès de François Mitterrand : Jack Lang est le seul ministre à avoir appartenu à tous les gouvernements du président socialiste, dont il a souvent partagé l'intimité familiale. En cette année de cinquantenaire du ministère de la Culture, on se souvient qu'il resta rue de Valois aussi longtemps qu'André Malraux. En outre, depuis la Libération, aucun autre que lui n'a exercé à deux reprises les fonctions de ministre de l'Education nationale. Jack Lang peut se prévaloir d'un parcours riche d'idées, d'initiatives et de rencontres - en France et à l'étranger - éclairant utilement toute une part de notre histoire contemporaine. Il en est toujours un acteur majeur. Sans reniement ni renoncement, Jack Lang s'estime moins contraint aujourd'hui par les enjeux partisans. Fort d'une popularité intacte, il entend désormais user pleinement de cette liberté au service de son idéal et de notre pays. Jean-Michel Helvig est journaliste. Ancien directeur adjoint de la rédaction de Libération, il collabore aujourd'hui au Républicain lorrain et à La République des Pyrénées.

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