Johanne Villeneuve

  • Si plusieurs spécialistes de la littérature ont défini le rôle de l'intrigue dans le fonctionnement des récits, on ne s'était pas encore intéressé à comprendre la diversité des intrigues, la richesse de leurs occurrences dans la culture et ce que les récits en disent eux-mêmes lorsque, par exemple, des personnages de roman s'interrogent sur les motifs des intrigants. Ce livre propose pareille aventure en remontant à la source de la notion d'intrique (intricare, intrigo) et en découvrant comment le goût pour les intrigues s'instaure travers l'histoire de la narrativité et ouvre-t-il un espace de jeu entre la communauté et l'autorité qui la fonde, entre le pouvoir temporel et l'autorité divine ? C'est dans le passage de la figure médiévale du diable aux mentalités de la conspiration que se déploie, dans un premier mouvement, le sens de l'intrigue. Mais c'est aussi à travers ses sources ludiques - l'émergence d'un rire burlesque, le façonnement de l'individu moderne, la liberté de l'intrigant -, ses paradoxes et ses apories que la narrativité se transforme à la faveur des intrigues. Des procédures de l'Inquisition médiévale aux réflexions historiographiques sur le temps, en passant par Aristote, la courtisanerie, De Foe, Dostoïevski, Stevenson, Sabato, Tex Aveny, Antonioni et Hitchcock, le sens de l'intrigue découvre son jeu.?

  • La dramatisation progressive du rôle de l'enfant au cours des conflits du XXe siècle a donné lieu déjà à des travaux d'historiens, de sociologues et d'autres spécialistes des sciences humaines. Le présent ouvrage propose des études ponctuelles portant sur des cas de figure fort différents et qui convoquent tant la réactualisation de mythes que la presse écrite, la littérature, le théâtre et le cinéma. Nous avons réuni huit essais inédits écrits par des spécialistes en littérature, communication et cinéma, portant sur des conflits s'échelonnant depuis la Grande Guerre jusqu'aux conflits en Afrique et en Tchétchénie. Ces analyses éclairent la double position à laquelle l'enfant se voit contraint - acteur et victime de la guerre - et, de ce fait, doublement victime : de la guerre en premier lieu comme toute autre victime, mais aussi de la figuration et du rôle auxquels on l'assigne en exigeant de lui qu'il renonce à l'enfance.

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