Kim Grey

  • Extrait

    Les meubles, renversés. Le sol, jonché de partitions déchirées. Le piano, massacré. Je n’en crois pas mes yeux. On jurerait qu’une tornade s’est abattue sur le studio de musique. À présent, c’est mon esprit qui est sens dessus dessous.
    Pince-toi, June, tu vas te réveiller… Aïe !
    Non, je ne rêve pas. Le cauchemar est réel. Quelqu’un s’est introduit dans le studio de musique et l’a saccagé.
    J’ai du mal à regarder ce qui est advenu du précieux piano. Les cordes, coupées. Le couvercle, fendu en deux. Le bois, couvert d’éclats. Moi qui adore les instruments de musique, je ne comprends pas comment on peut détruire ainsi ce genre d’objet. J’en ai mal physiquement, comme si j’avais moi-même été frappée.
    Lorsque Raphaël m’a donné les clés de ce somptueux studio, face au Manhattan Palace, j’y ai apporté toutes mes partitions. Pour la première fois, j’avais un endroit où les ranger. À présent, la magnifique bibliothèque au design unique et raffiné gît sur le sol, entourée de partitions déchirées. Il a sans doute fallu beaucoup de force et de rage pour faire basculer ainsi l’imposant meuble.
    Le plus terrible, ce sont mes carnets de création. Tout ce que j’ai vécu depuis mon arrivée à New York était là, transposé en musique, consigné dans ces portées. C’est toute ma vie qui se retrouve foulée aux pieds, éparpillée sur le plancher, bafouée. J’ai l’impression que mon intimité a été profanée, et j’en ai mal au ventre. Sans parler des mois de travail anéantis, des idées perdues, détruites…
    Je ferme les yeux pour reprendre mes esprits. C’est pire. Je ne peux m’empêcher d’imaginer ce qui se serait passé si j’avais été là, si l’individu était entré dans le studio alors que je m’y trouvais encore, et un frisson d’horreur me secoue jusqu’à la racine des cheveux. « Regarde ce dont je suis capable, mieux vaudrait pour toi que tu ne croises pas ma route. » Voilà le message que je lis dans cette effroyable scène.
    Je ne suis pas du genre à me laisser abattre, normalement, mais là, c’est trop pour moi. Je me sens soudain très faible. J’ai mal au crâne. Tout tourne autour de moi. Deux bras puissants se ferment alors sur moi et me tiennent solidement, m’empêchant de tomber.
    – On va trouver celui qui a fait ça, je te le promets, June, murmure Raphaël, la voix étouffée par la colère.
    Je lève les yeux vers mon amant. Son visage est fermé. Une lueur de rage sauvage brille dans ses yeux dont le bleu paraît aussi dur que l’acier. À cet instant, un tigre affamé n’aurait pas l’air plus farouche. Cette expression terrible, qui trahit un bouillonnement intérieur intense, accroît encore sa beauté naturelle. Le plus incroyable, c’est qu’il est magnifique. Les traits de son visage sont comme sublimés par cette sombre colère.
    Rapidement cependant, quand mes yeux se posent sur le studio de musique, l’angoisse m’étreint de nouveau.
    – Et si tu n’étais pas arrivé ? dis-je d’une voix faible.
    – N’y pense pas, June. Tu ne crains plus rien, à présent. Je vais veiller sur toi, je ne te quitte plus d’un œil, me rassure-t-il en me serrant un peu plus fort dans ses bras.
    Tout en prononçant ces mots, il plonge ses yeux dans les miens. J’y lis une telle détermination que mes craintes s’évanouissent effectivement.
    Cet homme n’est pas seulement superbe, il a aussi des pouvoirs d’hypnotiseur ?!
    Je me penche vers le sol, pour ramasser les pages de mes carnets. Raphaël me retient avec douceur.
    – Mieux vaut ne rien déplacer. La police aura besoin de voir le studio dans l’état où l’individu l’a laissé. Elle découvrira peut-être des indices que nous ne voyons pas.
    – La police ?
    – Oui, j’ai prévenu la police. Et aussi deux détectives. Ils passeront une fois les enquêteurs partis.
    Sous le choc, je n’ai même pas pensé à alerter la police. Je n’ai pas vu ni entendu Raphaël appeler, pourtant, il l’a fait.
    – Tu devrais t’asseoir, June, souffle-t-il.
    Il s’apprête à me laisser un instant pour aller chercher une chaise, la seule qui ait été épargnée entre le canapé éventré et le tabouret de piano lacéré. Mais je ne peux me résoudre à quitter ses bras.
    Je suis toujours blottie contre mon amant lorsque deux policiers poussent la porte du studio. L’un me paraît à peine plus vieux que Raphaël tandis que l’autre est de l’âge de mes parents.
    Je raconte comment, l’avant-veille, en tentant de fuir un individu louche qui rôdait sur le palier, j’ai fait une chute qui m’a conduite à l’hôpital. À notre retour, nous avons découvert le studio de musique dans cet état.
    – Pourriez-vous décrire l’homme qui vous a surprise sur le palier ? commence le premier policier tandis que le plus jeune inspecte les lieux.
    – Je suis incapable de dire à quoi il ressemble précisément ! me lamenté-je. À son souffle, à sa carrure, je pense qu’il s’agit d’un homme, mais, même ça, je ne peux l’affirmer catégoriquement ! Il avait le visage masqué…
    – Avez-vous reçu d’autres menaces, ces derniers jours ? reprend le policier.
    Je soupire.
    – Tout a commencé par un mot accusateur, qu’on a glissé dans mon sac. On accusait Raphaël Warren d’être un assassin. Ensuite, une photo de moi, prise dans une situation embarrassante, a été envoyée à la presse. Puis il y a eu ce type dans la cage d’escalier…
    – Et ma voiture a été sabotée, déclare Raphaël en jetant un œil à son téléphone. Mon chauffeur me confirme que les freins ont été coupés. L’accident que nous avons évité de justesse tout à l’heure n’était pas le fait d’une défaillance technique.
    – Nous sommes donc visés tous les deux par cet individu…, dis-je d’une petite voix.
    Raphaël hoche la tête, l’air sombre.



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  • Extrait
    - T'accompagner à l'aéroport ? Mais, June chérie, c'est impossible ! J'ai promis au petit Thomas de l'emmener au poney !

    Ma mère regarde mes deux énormes valises et mon piano électrique, soigneusement empaqueté, l'air de ne pas comprendre, puis m'interroge du regard.

    - Je quitte Belmont, maman, tu t'en souviens, n'est-ce pas ? Je m'installe à New York, pour chercher du travail. En musique, c'est là-bas que ça se passe.

    Le grand départ, en somme. Le saut dans la vie adulte. Le moment où les parents, des larmes plein les yeux, souhaitent bonne chance à leur progéniture qui s'apprête à tenter la grande aventure de la vie.

    Pour les larmes, je repasserai. Ma mère pince les lèvres en une moue dubitative. Elle a l'air de découvrir que je m'en vais alors que ça fait des années que je parle de m'installer à New York à la sortie du conservatoire !

    Depuis que ma meilleure amie, Emma, y a trouvé un poste de réceptionniste dans un palace, il y a deux mois, il n'est plus question que de la rejoindre ! La semaine dernière, le rêve s'est sérieusement concrétisé : le pianiste du Manhattan Palace a démissionné et Emma a immédiatement parlé de moi à la directrice du personnel, Amy Nice. Après quelques échanges par e-mail, Amy Nice m'a donné rendez-vous. C'est pour après-demain, dans son bureau du Manhattan Palace, sur la Cinquième Avenue ! J'en ai des palpitations !

    Bref, en une semaine, j'ai dû prononcer mille fois les mots « New York ». On dirait pourtant que ma mère vient seulement de se rendre compte qu'une ville américaine porte ce nom, et que je vais y vivre, à partir de... cet après-midi. À condition que j'arrive à porter mes bagages jusqu'à l'aéroport, bien entendu.

    Ma mère lève les bras au ciel et proteste, avec des accents de tragédienne.

    - Mais bien sûr que je m'en souviens... J'avais juste... un peu oublié que c'était aujourd'hui, c'est tout ! Pas la peine d'en faire toute une histoire, tu sais bien que je suis très occupée ! Je n'ai pas une minute à moi !

    Ni une minute pour moi...

    Mes parents sont foyer d'accueil. Ils offrent un foyer stable à des enfants malmenés par la vie, parfois handicapés même, suite aux mauvais traitements qu'ils ont reçus. Mon père est infirmier et c'est ma mère qui s'occupe des enfants à plein temps. Elle fait un travail admirable et je suis fière de la façon dont elle remet ces enfants sur pied. Mais il m'a toujours semblé n'avoir que des miettes de son attention.

    - Tu emportes ton vieux piano ? reprend ma mère.

    - J'ai appris à jouer sur ce piano. Il me porte chance depuis le début. Et j'aurai besoin des deux : de la chance, pour trouver du travail, et du piano, en attendant d'en louer un vrai.

    Le visage de ma mère s'éclaire soudain, comme si elle venait d'avoir l'idée du siècle.

    - Et ton père ? Tu lui as demandé s'il pouvait t'accompagner ?

    - Il remplace un collègue en réanimation.

    Tôt ce matin, il est venu me souhaiter bon voyage. Il m'a fait promettre de ne pas trop travailler et de penser à m'amuser, aussi. C'est bien à lui de dire ça... lui qui ne compte jamais ses heures, toujours prêt à remplacer un collègue pour que le service puisse fonctionner normalement et que les patients soient au mieux. Mais ses mots m'ont touchée. Même s'il ne m'en parle jamais, je sais qu'il se fait du souci parce que je ne lui ai jamais présenté de garçon. Il faut dire que je n'avais pas tellement de temps pour ça, ces derniers mois. Pour obtenir le premier prix du conservatoire, j'ai beaucoup travaillé, et mon esprit était trop occupé pour songer à l'amour...

    - Tu tenais vraiment à ce que je t'accompagne ? reprend ma mère, une pointe de culpabilité dans la voix.

    Je n'ai pas envie de quitter la maison fâchée, alors je capitule :

    - Ne t'inquiète pas, maman. Je vais me débrouiller...

    Comme chaque fois !

    Ragaillardie, ma mère lance joyeusement :

    - De toute façon, je suis sûre que tu vas très vite décrocher un contrat.

    - Tu as l'air d'oublier que faire une carrière de musicien à New York, c'est un tout petit peu plus difficile que de jouer du piano à la fête du printemps de Belmont...

    - Je te dépose à l'arrêt de bus, si tu veux ? me propose-t-elle, grand seigneur.

    Va pour l'arrêt de bus...

    Prendre le bus puis l'avion avec deux valises et un piano électrique relève de l'exploit olympique. Entre les passagers qui se plaignent parce que je les ai prétendument heurtés avec ma valise ; ceux qui râlent avant même que je ne les effleure ; l'hôtesse qui me soutient que la piano électrique n'est pas un bagage cabine, alors que je viens de payer un supplément exorbitant pour qu'il soit considéré comme tel ; mon voisin d'avion qui ronchonne parce que je lui interdis de poser son sac lourd comme une enclume sur le piano électrique ; le monsieur hautain qui, à l'arrivée des bagages, prétend que les deux valises que je viens de récupérer sont les siennes - jusqu'à ce que j'en sorte un soutien-gorge en lui demandant si, ça aussi, ça lui appartient... Je crois que je mérite une médaille.

    Je transpire, je suis rouge, j'ai mal aux pieds, je suis décoiffée, mais je suis à New York !

    New York, me voilà ! Enfin, si j'arrive à porter mes valises jusque chez Emma...

    Je suis si épuisée que j'en suis à me demander si je ne vais pas tout simplement abandonner mes deux valises dans un coin, aux bons soins du service de déminage, lorsqu'une silhouette toute de jaune vêtue se détache de la foule.

    - Emma ! Tu es venue me chercher !

    Mon amie me serre dans ses bras à m'étouffer.

    - J'ai eu peur qu'on se rate !

    - C'est pour ça que t'es habillée en poussin fluo ?

    Emma arbore un genre de pull à poils oversize dont le jaune, par contraste avec son jean slim noir, donne l'impression d'être plus éblouissant qu'un soleil d'été. Le plus fou, c'est que ça lui va à merveille. Emma a fait des études de stylisme et elle teste toutes ses créations sur elle.

    Pendant le trajet, Emma me raconte ses premières semaines à New York. Entre les soirées dans les clubs branchés, les vernissages dans les galeries à la mode et son travail de réceptionniste au Manhattan Palace, elle mène une vie trépidante.

    - Bienvenue à Chelsea ! lance-t-elle, joyeuse, en poussant la porte du minuscule appartement qu'elle a dégoté dans le quartier.

    Le studio d'Emma est comme je l'imaginais : un genre d'atelier de couture qui ferait brocante, avec un coin showroom. Tout ça dans 20 mètres carrés. J'ai à peine posé mes valises que mon amie passe derrière un paravent.

    - Faut que je te montre un truc.

    Elle ressort affublée d'une robe... enfin, j'imagine que cette chose énorme qui ressemble à une immense cloche multicolore est une robe.

    - Même Lady Gaga trouverait ça trop exubérant pour elle, non ?

    - J'espère bien ! Plus qu'une robe, c'est une sculpture. Je voudrais que mes vêtements transforment les gens qui les portent en oeuvre d'art. Depuis que je suis arrivée ici, j'ai plein de nouvelles idées.

    Immédiatement, je déballe mon clavier afin d'improviser une petite musique de défilé pour cette robe. Un mélange de valse et de marche militaire. Emma rit et prend toutes sortes de poses cocasses, qui finissent par me faire mourir de rire, moi aussi.

    - Le problème, c'est que ça donne chaud, souffle-t-elle.

    Elle ôte la robe puis s'effondre sur le canapé.

    - Je suis tellement contente ! lance-t-elle, toi et moi, ici, à New York. On en parle depuis toutes petites. Et tu te rends compte, on va bosser au même endroit ! Tu vas voir, le Manhattan Palace est un lieu incroyable !

    - Je te rappelle que je ne suis pas encore embauchée. Je n'ai pas encore rencontré Amy Nice. Et il y a une soirée d'essai !

    Emma éclate de rire.

    - Ta vie au conservatoire a été une longue soirée d'essai de six ans ! Contrairement à ce que tu crois, les pianistes premier prix de conservatoire ne courent pas les rues ! En tout cas, Amy Nice est très impatiente de t'écouter.

  • Extrait

    Les larmes aux yeux, je pousse la porte du club. L’air frais du soir me frappe en plein visage et m’aide à reprendre mes esprits. J’ai l’impression de sortir d’une caverne dans laquelle je serais restée enfermée pendant des siècles.
    Comment ai-je pu croire un seul instant qu’un homme tel que Raphaël Warren, riche, beau, charismatique et si sexy, puisse s’intéresser à moi, June Sachs, une petite pianiste classique fraîchement débarquée à New York, championne du monde de la gaffe et légèrement intimidée par le monde entier ? La question m’assaille, bientôt suivie par d’autres interrogations, qui me tombent dessus en rafale. Comment a-t-il pu parvenir à me donner l’illusion qu’il appréciait un tout petit peu ma compagnie ? Pourquoi pousser la cruauté jusqu’à m’inviter à un concert et me planter pendant toute la durée du show ? Qui est cette fille avec laquelle il semble si complice ? Comment ai-je pu être aussi naïve, moi qui n’ai pourtant jamais été très portée sur les contes de fées ?
    Devant le club s’étire une file de spectateurs, refoulés faute de place, patientant docilement dans l’espoir de finir par entrer. J’ôte le pass VIP que j’ai autour du cou et je le lance dans la file, au hasard. Bon débarras. Le petit carton retombe doucement au-dessus d’une forêt de bras tendus vers le ciel. Des cris s’élèvent. Des protestations, aussi. Le vigile me foudroie du regard.
    Oups, j’ai failli déclencher une baston générale, moi.
    Le jeune homme qui a récupéré le pass lève sur moi des yeux reconnaissants teintés d’incrédulité. Voilà qui, en toute autre circonstance, me paraîtrait comique. Seulement, je crois que je viens de jeter mon sens de l’humour en même temps que mon pass VIP.
    Une main se pose alors sur mon épaule.
    – Tu t’en vas, June, déjà ?
    Cette voix grave et profonde, je la reconnaîtrais entre mille. Et, pour mon malheur, mon corps aussi la reconnaît aussitôt. Dès qu’elle est tombée au creux de mon oreille, je suis comme traversée par un courant électrique qui me force à me retourner.
    – Quelque chose t’a déplu ? demande Raphaël.
    Un air vaguement déçu flotte sur son visage.
    – Tu n’as pas aimé le concert ? demande-t-il, les sourcils froncés.
    Il se moque de moi, là ? Il plaisante ? Apparemment, non. Je ne vois pas son petit sourire espiègle se promener sur ses lèvres, comme chaque fois qu’il me fait marcher. Il est donc sérieux…
    Récapitulons. Il m’invite à un concert de musique électronique. Je l’attends, devant la porte du club ; j’aurais pu attendre dehors des siècles puisque, lui, déjà à l’intérieur, s’amuse follement avec une jeune femme du genre très jolie. Quand il me rejoint enfin, c’est pour s’évaporer immédiatement. Ce n’est qu’une fois le concert terminé qu’il daigne reparaître… pour me passer sous le nez, avec la jolie fille dans les bras.
    Et il me demande, le plus sérieusement du monde, si quelque chose m’a déplu ? Et si ce quelque chose est en lien avec la musique ?
    Quelqu’un peut me filer le mode d’emploi ? Parce que je ne comprends rien, là.
    – June, dis quelque chose ! Que se passe-t-il ? s’impatiente Raphaël.
    Je ne peux prononcer un seul mot. Un gros nœud s’est formé dans mon cœur. Et un gros blanc dans mon cerveau. La seule explication logique qui me vient est la suivante : il a tellement l’habitude de voir les filles tomber à ses pieds qu’il s’étonne quand l’une d’entre elles s’offusque de devoir le partager un peu avec une autre.
    Raphaël s’approche de moi et pose la main sur mon bras.
    – Tu ne peux pas t’enfuir comme la dernière fois, June, murmure-t-il doucement.
    Il a prononcé ces mots si faiblement qu’ils en sont presque inaudibles.
    Il y a deux jours, nous avons fait l’amour. Jamais mes sens n’avaient connu une telle volupté. Et chaque cellule de mon corps en gardera le souvenir jusqu’à mon dernier souffle. Mais, submergée par mes émotions et par la force de ce que je venais de vivre, désemparée, aussi, face au calme olympien de Raphaël, je suis partie, très vite.
    OK. Je me suis enfuie comme une voleuse…
    Depuis que Raphaël m’a rattrapée, à la sortie du club, j’ai évité son regard. Tomber dans cet océan bleu, ce serait capituler à coup sûr, perdre toute volonté de résistance. Et puis, j’ai peur qu’en plongeant ses yeux dans les miens, il ne lise mon dépit, et tous ces sentiments intenses sur lesquels je suis bien incapable de mettre un nom, mais qu’il ne manquerait probablement pas de trouver ridicules.
    Raphaël, avec une douceur qui alanguit tout mon corps, tourne mon visage vers lui, me forçant à le regarder. À présent, je remarque qu’il a l’air épuisé. Tout son visage trahit une intense fatigue. Comme s’il venait de faire un effort physique intense.
    Un effort physique intense… comme faire l’amour, par exemple ?
    Cette fois, ma colère l’emportant sur tout le reste, je retrouve la parole :
    – Pourquoi tu m’invites si c’est pour me laisser en plan pendant le concert ? Et en plus tu disparais dans les loges avec une autre femme ! C’est comme ça que ça se passe dans ton univers de palace, de musique et d’argent ?
    J’ai prononcé ces paroles sur un ton plein de reproches qu’il ne me connaît pas. Et moi non plus, d’ailleurs, je ne me savais pas capable d’un ton si âpre.
    Raphaël lâche mon visage et fait un pas en arrière. Soit il est très bon comédien, soit il est réellement stupéfait.



  • Extrait

    Disparaître. Voilà ce que je souhaite le plus au monde à cet instant précis. Moi qui ai la phobie des souris, je donnerais tout ce que j’ai pour en devenir une, me réfugier dans un trou, et laisser passer quelques siècles avant de refaire surface.
    Incapable de réfléchir à la situation, je me contente d’appeler de tous mes vœux un genre de miracle comme celui-ci. De toute façon, à quoi bon réfléchir à la situation ! DJ Ghost et Mr Shadow gardaient le secret de leur identité depuis des années. En quelques secondes, elle a fait le tour de monde. Par ma faute !
    Sur ce coup-là, je me suis surpassée. La gaffe de ma vie ! Mon chef-d’œuvre ! D’autant plus que personne ne m’a tendu aucun piège : je me suis fait un croche-pied à moi-même. J’ai cru que Brad Partow savait que Raphaël était DJ Ghost ! Tout portait à croire qu’il était au courant ! Et pourtant, non. Le producteur de comédies musicales ignorait tout.
    Si seulement je pouvais revenir dans le temps et ravaler mes paroles. Mais ce n’est pas comme ça que ça se passe… Dans le salon, les éclats de voix de Léa et le bruit de ses talons qui claquent nerveusement sur le sol me rappellent à la dure réalité. Elle vient de débouler dans l’appartement, et elle est folle de rage.
    Enroulée dans les draps, je descends du lit et j’entrouvre très légèrement la porte de la chambre de Raphaël, pour tenter d’apercevoir leurs visages et d’entendre ce qu’ils se disent.
    Léa et Raphaël sont trop occupés pour percevoir le léger grincement de la porte. Paradoxalement, alors que je suis à l’origine de la tourmente qui s’abat sur la maison de production Warren, on dirait qu’ils ont oublié ma présence, trop occupés qu’ils sont à gérer les dommages collatéraux.
    Léa fait les cent pas, comme un lion en cage, les yeux fous. Je voudrais beaucoup pouvoir évaluer le degré de fureur de Raphaël. Malheureusement, je ne vois pas sa tête : il est de dos. Comme s’il s’interposait entre la colère de Léa et la porte de la chambre dans laquelle je suis retranchée.
    Raphaël a passé un jean à la hâte, mais il est resté torse nu. Léa n’a probablement pas la tête à apprécier le spectacle de ce torse parfait. Moi non plus, mais je ne peux pas m’en empêcher car, de mon côté, j’ai une vue splendide sur le dos nu de Raphaël. Comme, en plus, il agite les bras pour apaiser la fureur de Léa, le mouvement de ses muscles offre une perspective des plus sexy.
    Profites-en June, c’est probablement la dernière fois que tu contemples ce corps de dieu grec.
    On sonne à la porte. Nicholas arrive à son tour au milieu du salon tel un boulet de canon. Un air de panique sur le visage.
    Ah ! Voilà ! Je comprends pourquoi je suis toujours en vie. Ils attendaient d’être au complet pour me dépecer vive…
    Léa et les deux DJ parlent tous les trois en même temps. Je saisis quelques bribes au vol. Raphaël jure qu’il n’était au courant de rien. Il prononce le mot « trahison » plusieurs fois, et aussi mon prénom, et beaucoup de noms de gens que je ne connais pas.
    Ma gorge se serre. Que Raphaël puisse penser que je lui ai donné un coup de poignard dans le dos me met à la torture. Et imaginer la façon dont il doit désormais me considérer me brise le cœur. Il faut que je lui parle, que j’œuvre pour ma défense… même si ça doit se finir entre nous, je ne peux pas le laisser croire que je l’ai fait intentionnellement.
    Le téléphone de Léa n’arrête pas de sonner. En fait, tous les téléphones de tout le monde n’arrêtent pas de sonner. Même le mien.
    Même le mien ?
    Je quitte mon poste d’observation pour faire taire la sonnerie. Pas très envie d’attirer l’attention sur moi. Le nom d’Emma s’affiche sur l’écran. Je ne peux pas répondre. Impossible. Je coupe le téléphone.
    Je reprends ma place, derrière la porte. Dans le salon, il y a du mouvement. Léa pousse les deux hommes vers le studio de Raphaël, au fond du salon. Raphaël y disparaît le premier. Léa et Nicholas parlent un instant en faisant de grands gestes sur le seuil de la porte, avant d’entrer à leur tour. La porte se ferme. Aussitôt, le silence s’abat sur la suite. Le studio est insonorisé et aucun bruit ne filtre.
    Soudain, une image de la veille me revient en mémoire, en même temps que le rouge me monte aux joues. Hier, c’est dans le studio que nous avons commencé à nous déshabiller et à faire l’amour. Et si je me souviens bien de ce qui s’est passé, ma robe et mes sous-vêtements doivent encore joncher le sol de la pièce dans laquelle Léa, Nicholas et Raphaël se trouvent actuellement.
    Rien ne me sera épargné…
    Cette pensée est cependant rapidement chassée par une préoccupation plus douloureuse. Raphaël va bien finir par ressortir du studio. Je ne supporterai pas de croiser une seconde fois son regard déçu et accusateur. Je me sens si mal qu’il m’est soudain impossible de rester dans cet appartement.
    Complètement hébétée, je ne vois qu’une seule option : faire des tours et des tours de Central Park, jusqu’à ce qu’épuisement s’ensuive, pour arrêter la course folle de ces pensées qui me déchirent.
    Dans le vestiaire du palace, j’ai laissé un sac de sport, tout prêt, qui contient des affaires de footing. Il me suffirait de descendre les chercher… Seulement, mes habits sont dans le studio… Et y mettre les pieds est inenvisageable. J’attrape donc la chemise de Raphaël, posée négligemment sur le dossier de la chaise, et je l’enfile comme je peux.
    Cette chemise, je la lui ai retirée hier, avant notre folle nuit d’amour. Elle est pleine de cette odeur boisée terriblement sexy qui réveille en moi des élans de sensualité en même temps qu’une douleur dans le ventre me rappelle que je ne le reverrai sans doute jamais. Elle est dix fois trop grande pour moi : j’ai beau retourner les manches, elles n’arrêtent pas de glisser.
    Dans la foulée, j’ouvre le dressing de Raphaël à la recherche d’un pantalon. J’attrape le premier jean qui me tombe sous la main. Dix fois trop grand pour moi, lui aussi. Je retrousse le bas, et je noue le tout avec une ceinture.
    Je crois que c’est ce qu’on appelle « s’habiller comme un sac ».
    J’ouvre prudemment la porte de la suite. Personne. Jusque-là, tout est normal, puisque Raphaël occupe seul cet étage. Je saute dans l’ascenseur privé. Et c’est là que les choses sont susceptibles de se compliquer : j’atterris dans le hall. Un peu à l’écart, mais dans le hall tout de même.
    Les portes s’ouvrent. Tout est calme. Il paraît que, à l’image de la ville de New York, le Manhattan Palace ne dort jamais… Pourtant, on dirait bien que, ce matin, il fait la grasse matinée. Tant mieux pour moi.
    Votre mission, si vous l’acceptez : atteindre le vestiaire du Manhattan Palace sans se faire pincer dans cette tenue ridicule.
    Je bondis hors de l’ascenseur et je me lance à toute allure dans les couloirs, déserts. La porte qui ouvre sur la partie réservée au service n’est plus qu’à quelques mètres lorsque j’entends des pas, sur la droite.
    Une silhouette apparaît. Max Nils !
    Au bout du couloir, le banquier s’est figé avec un air de stupeur presque comique. Le mien ne doit pas l’être beaucoup moins. Je me demande lequel de nous deux est le plus étonné.
    – Mademois… June ? Mais… com… Imposs… Je rêve, bafouille-t-il en se frottant les yeux.
    Lui. C’est lui, le plus étonné.
    Et, manifestement, il n’est pas tout à fait sûr de ce qu’il est en train de voir.
    Profitant de son hésitation, je ne réponds rien, je pousse prestement la porte du vestiaire et je m’engouffre à l’intérieur. Quand il rouvrira les yeux, j’aurai disparu. La scène n’aura duré qu’un instant, le temps d’une hallucination. Et, quand il tentera d’analyser la scène, j’espère bien qu’il en viendra à cette conclusion.
    Une fois dans le vestiaire, je reprends mon souffle et j’enfile ma tenue de sport. J’ai hâte de sentir le sol sous mes baskets, de fuir cet hôtel et la pénible réalité.
    Hâte de me fuir moi-même, surtout.



  • Extrait

    « Raphaël Warren est un assassin. »
    L’écriture est fine et précise, sûre d’elle-même et de ce qu’elle avance, aussi incisive que si les lettres avaient été tracées au scalpel.
    Les mots résonnent dans ma tête, les lettres dansent devant mes yeux. Je peux toujours tenter de faire disparaître le papier en le froissant frénétiquement dans ma main, rien ne pourra me faire oublier ce que je viens de lire.
    Qui a glissé ce mot dans mon sac ? Quelqu’un qui me veut du bien, et qui cherche maladroitement à me mettre en garde contre l’homme que j’aime ? Ou quelqu’un qui me veut du mal et qui accuse mon amant afin d’instiller le doute dans mon esprit ?
    Si c’est le cas, je dois malheureusement reconnaître que le corbeau est parvenu à ses fins. Il y a quelques jours encore, j’aurais jeté le papier en éclatant de rire, me demandant qui était assez stupide pour me faire cette mauvaise blague. Seulement, après ce que j’ai découvert chez Raphaël, après ce que j’ai appris, bien malgré moi, en lisant les coupures de presse contenues dans la pochette que j’ai trouvée sous un meuble, l’accusation résonne trop douloureusement pour que je parvienne à la chasser d’un geste, ou d’une gorgée de champagne.
    Le père de Raphaël était un monstre. Les rares fois où Raphaël a évoqué ce personnage abject devant moi, sa mâchoire s’est crispée en un geste de violence contenue dont la force semblait pouvoir déplacer des montagnes. Et qui ne haïrait pas cet homme ? Flora, la propre sœur de Raphaël, est restée handicapée à cause des coups qu’il lui a portés !
    Selon ce que j’ai lu dans ces articles glaçants, Jasper, le père indigne, est mort dans un accident de voiture, mais la thèse de l’assassinat a rapidement été évoquée pour expliquer la disparition d’un personnage aussi odieux.
    Une terrible question s’impose à moi, malgré toutes mes résistances : Raphaël aurait-il tué son père ?
    Que penser de son retour de voyage précipité, hier, accompagné d’un changement de look et immédiatement suivi par un départ pour le bout du monde ? Et si Raphaël m’avait menti ? S’il n’était pas revenu parce que je lui manquais, comme il me l’a déclaré, mais pour fuir un enquêteur en allant se cacher quelque part, sous le prétexte d’une escapade romantique dont je ne connais toujours pas la destination ?
    Mon amant a un passé à tiroirs, et chaque fois que j’en ouvre un, un peu malgré lui, et un peu malgré moi, je découvre un contenu des plus sombres. Est-ce quelque chose d’aussi horrible qu’un assassinat qui se cache dans le dernier tiroir ?
    Toute une partie de moi proteste vivement. Non ! Cet homme n’est pas un assassin. Cela ne se peut pas !
    Et pourquoi pas ? Connaît-on jamais les gens ? souffle une petite voix que je ne parviens pas à faire taire.
    Raphaël s’est éloigné un instant, dans le fond du jet privé, pour remplir deux coupes de champagne. Je regarde dans sa direction, mais tout est flou autour de moi, un peu comme dans un cauchemar.
    Soudain, Raphaël est devant moi. Son imposante carrure, son torse musclé. Son sourire qui danse sous mes yeux. Il me tend une coupe. Je la saisis d’une main tremblante. Mon autre main se crispe sur le bout de papier.
    Des mots me parviennent, dont je comprends à peine le sens. Raphaël commente la qualité du breuvage que nous nous apprêtons à déguster. Le meilleur champagne qui soit. Le seul qui puisse s’accorder aux qualités de la personne qui voyage aujourd’hui avec lui. Un ton espiègle. Un compliment, je crois, mais, mal à l’aise et abasourdie, je n’ai pas la force d’esprit de m’en réjouir.
    Nous trinquons, à ma santé. Je balbutie quelque chose. Puis je bois le champagne, d’un trait, aussi rapidement que s’il s’agissait d’un verre d’eau qu’on m’aurait tendu en plein désert. Mes gestes sont saccadés, comme si j’étais soudain devenue un automate, mais les fines bulles me font l’effet d’une décharge électrique qui me ramène à la réalité.
    Amusé autant que surpris, Raphaël manque de s’étouffer en me voyant reposer ma coupe vide. Il savoure lentement, lui, en même temps qu’il me boit des yeux. Ce sourire mutin qui me fait craquer, ces yeux bleus si profonds qu’on s’y noie, ces bras doux et puissants dans lesquels on oublie tout. Se pourrait-il que je m’y sois perdue au point de ne pas voir qu’ils étaient ceux d’un assassin ?
    L’artiste sensible et délicat dont je suis tombée amoureuse est incapable de faire une chose pareille. Mais ces brusques revirements, ces sombres lueurs qui passent parfois dans ses yeux ne trahissent-ils pas un autre homme ?
    Et si l’artiste passionné n’était qu’un numéro de composition bien huilé, une identité empruntée, fabriquée de toutes pièces ? Un peu comme celui de DJ Ghost, mais pour la vie réelle.
    L’homme d’affaires dur et froid qui pointe parfois le bout de son nez serait-il capable de commettre un crime, lui ?
    Qui est le vrai Raphaël ?
    – Ohé ! June !
    Je sursaute.
    – L’avion a atteint sa vitesse de croisière, me dit Raphaël d’une voix douce.
    Machinalement, je tourne les yeux vers le hublot. Nous volons au-dessus des nuages. Nous avons décollé depuis un bout de temps déjà, et je ne m’en suis même pas aperçue.



  • Extrait

    Trop tard. Quels mots terribles. J’ai compris trop tard que le chauffeur n’était pas Josh. J’ai constaté trop tard que la voiture dans laquelle je m’étais précipitée ressemblait à celle de Raphaël mais n’était pas celle de Raphaël. Je me suis jetée trop tard sur les portières verrouillées de l’extérieur.
    Il fait nuit. La voiture m’emporte dans les rues de New York. Je suis prise au piège.
    À chaque voiture que nous doublons, j’use mes forces en poussant de grands cris et en tapant contre les portières. Peine perdue. Les vitres sont doublées et fumées : elles ont été conçues pour que rien ne filtre. Je les ai même bénies plusieurs fois de protéger les baisers que j’échangeais avec Raphaël. J’ignorais qu’elles me serviraient un jour de sinistre prison. Mon ravisseur a même pris la peine de casser les veilleuses, afin que je ne puisse pas allumer à l’intérieur et signaler ma présence. Personne ne peut me voir, ni m’entendre.
    Pour mon malheur, le coup était bien préparé. Qui d’autre, sinon Jasper, aurait pu manigancer cet enlèvement ?
    À l’avant, le faux Josh doit probablement conduire très tranquillement. Aucun cri, aucune supplique ne traverse l’épaisse vitre de communication opaque, qui sert précisément à ce que le chauffeur ne sache rien de ce qui se passe à l’arrière. Mes pleurs et mes coups resteront sans réponse.
    Pourtant, je continue. Je cogne si fort contre les vitres et les portes que j’en ai mal aux mains et aux pieds. Je hurle tant que ma voix se brise. J’appelle Raphaël à l’aide jusqu’à ce que le souffle me manque. J’invective le mystérieux chauffeur avec des insultes que je ne pensais même pas connaître.
    Puis, épuisée, je m’écroule sur la banquette. Les larmes coulent le long de mes joues, depuis longtemps déjà probablement, car mes yeux me brûlent. Tous mes membres me font souffrir. À défaut de casser une vitre, je me suis peut-être cassé quelque chose…
    Nous avons quitté New York. Nous roulons sur une autoroute. Dans un état normal, la lecture des panneaux indicateurs me permettrait de savoir où nous nous trouvons, mais la peur m’empêche de réfléchir. Les noms de villes ne me disent rien. De toute façon, à quoi me servirait de savoir où nous sommes ? Je n’ai pas de téléphone. Mon sac à main m’a été habilement retiré, sans que je m’en aperçoive, quand je suis montée dans la voiture.
    Pour tenter de me calmer, je pense à Raphaël. À l’heure qu’il est, il est sûrement déjà en train de me chercher. Il s’est rendu compte de ma disparition : le garde du corps l’a prévenu. Peut-être que Max Nils lui a parlé de ce qu’il avait vu. Il sait que quelque chose de grave est arrivé et que Jasper est derrière tout ça. Il a alerté la police. À présent, ils sont à ma recherche.
    Mais cela ne me rassure pas du tout. Je suis même terrorisée. Comment Raphaël va-t-il me retrouver ? Le garde du corps a-t-il eu la présence d’esprit de noter le numéro de la plaque de la voiture ? Et quand bien même il l’aurait fait… Mon ravisseur a probablement pris soin de faire en sorte qu’on ne puisse pas le pister par ce biais.
    Des cahots m’indiquent que nous avons quitté l’autoroute pour une petite route puis un chemin. Dans la lumière des phares, je distingue des arbres. Nous nous enfonçons dans une forêt, de plus en plus sombre. Soudain, les phares s’éteignent en même temps que la voiture effectue un virage à quatre-vingt-dix degrés. Le chemin n’est plus que bosses et cahots. Mes poumons se bloquent à nouveau. Mon cœur bat à tout rompre.
    Un bref appel de phares me permet de découvrir, l’espace d’une seconde, que nous sommes au cœur d’une forêt. Nous nous sommes frayé un chemin parmi les arbres. J’ai vu une masse sombre, au milieu des branches. Une autre voiture ? Oui, une autre voiture est garée sous les arbres. Une portière s’ouvre et quelqu’un marche dans notre direction. Une grande silhouette, dont le visage est caché par une capuche. L’homme du couloir ! Jasper !
    Une autre portière claque. Celle du faux Josh. Les deux hommes parlent à voix basse. J’ai beau avoir l’ouïe fine, rien ne me parvient. Les deux hommes échangent quelque chose. De l’argent probablement. Le prix de mon enlèvement. Ils parlent encore un instant. Jasper fait des grands gestes. Quelque chose brille dans la lumière blafarde de la lune. Mon ravisseur semble plus agité que le chauffeur.
    Mon cœur explose lorsque je comprends qu’ils s’approchent de ma portière. Tenter quelque chose. Ne pas les laisser faire. Je n’ai pas vraiment le temps d’élaborer un plan complexe : au moment où j’entends le déclic de la porte, je donne un grand coup de pied dedans, avec l’espoir de faire voler tout le monde en arrière et de m’enfuir. C’est raté. Certes, la portière s’est ouverte à la volée, mais personne ne vole nulle part. Une main de fer me saisit la cheville et me tire sans ménagement sur le sol, me cognant la tête au passage.
    J’étais prête à bondir comme un chat sauvage, toutes griffes dehors. Je me retrouve au sol, comme un escargot qu’on aurait tiré de sa coquille. Je crie de toutes mes forces.



  • De l'humour, de l'érotisme et du mystère, le combo parfait ! À la seconde où la porte de la loge de Raphaël s'ouvre, son parfum boisé fait frémir mes sens. Tout mon être se tend vers lui. Il porte un costume cintré, taillé dans une étoffe de luxe, spécialement coupé pour mettre son corps en valeur. Sexy et original, sans être excentrique. Rien à voir avec tous ces spectateurs qui se sont habillés pour aller au concert, et qui paraissent endimanchés dans des vêtements trop artificiels pour être élégants. Le regard de Raphaël, fixé sur moi, me ramène à l'humide réalité : je suis en retard, ma robe est trempée, mes cheveux partent dans tous les sens. Le Beau et la Bête, vous connaissez ? Le petit sourire espiègle que je commence à connaître se dessine sur ses lèvres. - Je comprends pourquoi vous êtes en retard. Vous êtes venue à la nage, c'est ça ? Je fronce les sourcils, la tête baissée. Il doit réaliser son erreur, à présent. Lui, si élégant, il ne peut pas se compromettre longtemps avec quelqu'un qui semble sortir d'une mare. - Je plaisante, June. Vous pourriez bien lancer une mode. Il s'approche de moi. Écartant délicatement une mèche de cheveux qui tombait sur mon visage, il effleure ma joue d'un doigt léger. - Ne vous moquez pas..., dis-je l'air bougon. - Je ne moque pas, répond-il simplement. Dès qu'il s'agit de sentiments, June Sachs est une grande empotée ! Elle ne possède pas le mode d'emploi lui permettant de décoder les intentions des autres. Raphaël Warren est sûr de lui, très sûr de lui... et heureusement, car il va devoir l'être pour deux ! Découvrez sans attendre Ma vie, mes rêves et lui de Kim Grey ! *** Drôle, sensible, Kim Grey raconte avec brio des histoires d'amour aussi addictives que sensuelles. Découvrez sans attendre Ma vie, mes rêves et lui, mettant en scène une jeune pianiste, dont le talent n'a d'égal que sa profonde méconnaissance des sentiments amoureux, et un génie de la musique électronique à l'humour et au charme dévastateurs ! Ma vie, mes rêves et lui, série complète. Volumes 1 à 6.

  • 1. Atterrissage en urgence


    C'est vrai, j'ai joué avec le feu. Accepter de tenir le rôle de la fiancée d'un homme aussi beau et aussi désirable que Simon Stone, le richissime designer, c'était risqué.
    Mais j'aime relever les défis. Et pour une comédienne, cela représentait un entraînement de choc ! D'autant qu'il n'était précisé nulle part dans le contrat que le statut de faux fiancé donnait à Simon le droit de me briser le coeur, pour de vrai !
    Dans le jet privé qui nous ramène à New York, la température vient de chuter de vingt degrés. J'ai pourtant parfaitement rempli le contrat : sa famille, qui n'arrêtait pas de le tanner parce qu'il n'avait pas de fiancée, a cru à notre couple !
    Il a pourtant suffi d'un e-mail pour que Simon redevienne M. Stone.
    D'accord, c'est lui, le boss, mais est-ce que ça lui donne le droit de m'écarter d'un revers de la main sans explication ?
    Je suppose que oui.
    Et la puissance du désir qui a aimanté nos deux corps l'un vers l'autre, est-ce que, ça aussi, il le balaie d'un geste ?
    Je suppose que oui.
    Je me sens naïve, tout à coup. J'ai eu l'impression qu'il se passait quelque chose entre nous. Je me suis trompée. De mon côté, j'ai laissé tomber le masque de la fausse fiancée pour laisser parler mon désir ; Simon n'a probablement fait qu'endosser un rôle qu'il doit bien connaître, celui du séducteur.
    Cette idée me jette dans un abîme de désespoir et de tristesse. Moi qui ai toujours privilégié les relations sans lendemain, je me rends compte que mes sentiments ont commencé à déraper hors du contrat, sans même que je m'en aperçoive.
    De temps à autre, Simon lève les yeux vers moi, et me regarde d'une si douloureuse façon que je me demande si c'est bien moi qu'il voit. Il semble souffrir, et ça non plus, je ne peux pas le supporter. Pourtant, il m'a éconduite si durement que je n'ose plus dire un mot.
    Je voudrais que l'avion ne se pose jamais, j'ai trop peur de ce qui va se passer à la fin de ce voyage. Et en même temps, je voudrais que cet insupportable silence prenne fin.
    ***
    À l'aéroport, la voiture noire de Simon nous attend. Le visage fermé, perdu dans ses pensées, Simon m'ouvre la portière et donne mon adresse au chauffeur. Dois-je comprendre qu'il ne monte pas avec moi ? Je l'interroge du regard. Ses beaux yeux verts sont devenus impénétrables.
    - Nous nous verrons plus tard, lâche-t-il sans desserrer les dents.
    Plus tard, ça veut dire quoi exactement ?
    Pourquoi ai-je l'impression que ça veut dire « plus jamais » ?
    La portière claque. Me retrouver seule à l'arrière de cette voiture, sans Simon, c'est pire qu'un arrachement. Nous étions liés par contrat. Je savais que notre relation était un CDD. J'étais pourtant loin de m'imaginer que nous allions nous quitter comme ça !
    La voiture démarre. Je ne me retourne pas. Je suis vide, triste, anéantie. J'ai envie de pleurer et de hurler comme jamais. J'ai toujours fui ce genre de situation, et j'ai bien fait ! La douleur est insoutenable.
    La voiture s'arrête devant chez moi. Le chauffeur sort mes valises et me salue sobrement avant de reprendre le volant, l'air un peu désolé.
    Je regarde, comme une idiote, la voiture s'éloigner. Je sens la colère monter. Je suis furieuse contre Simon qui me laisse plantée là, dans cet état, sans un mot d'explication. Furieuse contre moi, aussi. Comment puis-je me laisser faire de la sorte ? A-t-on idée de se mettre dans des états pareils pour un homme ?
    Je me suis perdue moi-même avec tous ces masques et ces mensonges ! Je veux redevenir celle que j'étais avant le contrat, avant ma rencontre avec Simon : l'insouciante Ivy, la fille indépendante, dont aucun lien n'entrave la liberté. Je sors le contrat de mon sac et je le déchire en mille morceaux. Les lambeaux du contrat atterrissent dans la première poubelle. Sur le coup, ça me fait un bien fou ! Mais la seconde d'après, je me sens plus mal encore.

  • Une sexy comédie qui vous fera rougir de plaisir ! Quand Ivy Clemens, jeune comédienne de stand-up, indépendante et sûre d'elle, répond à l'annonce n° 345856, elle n'imagine pas qu'elle s'apprête à jouer le rôle de sa vie... Et quel rôle ! Engagée par Simon Stone pour incarner sa fiancée lors d'une fête de famille, Ivy doit renoncer à ce qu'elle est. D'artiste fauchée, elle devient la riche héritière d'une famille de diamantaires. La jeune femme se lance avec curiosité dans ce défi pour le moins surprenant et terriblement attractif. Mais perdue entre fiction et réalité, elle sera bien vite déstabilisée par un partenaire aussi troublant qu'énigmatique. *** Quand nous entrons dans le bar, Ted nous accueille en plaisantant. - Vous êtes sous quelle identité, ce soir... Fiancés ? Mariés ? Divorcés ? - La vraie, la seule. On s'aime. Et c'est moi qui viens de parler. Il n'y a pas si longtemps, si j'avais dit ce genre de chose, je me serais fait exorciser dans la soirée. Là je souris béatement. La pression de la main de Simon sur la mienne me prouve qu'il est heureux de m'entendre prononcer ces mots. *** Après Ma vie, mes rêves et lui, découvrez la nouvelle série so sexy de Kim Grey ! Sexy comédie - Recherche (fausse) fiancée, volume 5 sur 6.

  • Une sexy comédie qui vous fera rougir de plaisir ! - Tu as emmené beaucoup de fiancées, ici, avant moi ? - Des vraies ou des fausses ? Si je m'attendais à ça ! - Je plaisante, Ivy. Tu es la première à découvrir cet endroit. Jusqu'à présent, je l'ai gardé jalousement pour moi seul. - Mais, tu en as eu beaucoup des fiancées ? - Des fausses, non, aucune. Une vraie, oui. Elle m'a quittée, malheureusement. Je l'aimais, beaucoup, d'après mes souvenirs. Ma respiration se coupe net. C'était une mauvaise idée d'interroger cet homme sur ses amours. Quand on a un corps comme celui qui se prélasse sous mes yeux, on a forcément des tonnes d'histoires de coeur, sans parler d'histoires de sexe ! - Ivy, tu es toujours là ? demande Simon. Je ne suis plus très sûre de vouloir jouer aux jeux des questions. Mais je ne peux pas m'empêcher de poursuivre. Je veux en savoir davantage ! - Et c'était il y a longtemps, cette fiancée ? On dirait qu'il est sur le point d'éclater de rire. - Hum... Oui, relativement. Je devais avoir 4 ans, peut-être 5. Elle m'a quitté parce que je lui ai donné un coup de pelle, dans le bac à sable de l'école, je crois. - Ce n'est pas du jeu, Simon ! Et si j'avais une pelle sous la main, c'est moi qui t'en donnerais un coup ! *** Quand Ivy Clemens, jeune comédienne de stand-up, indépendante et sûre d'elle, répond à l'annonce n° 345856, elle n'imagine pas qu'elle s'apprête à jouer le rôle de sa vie... Et quel rôle ! Engagée par Simon Stone pour incarner sa fiancée lors d'une fête de famille, Ivy doit renoncer à ce qu'elle est. D'artiste fauchée, elle devient la riche héritière d'une famille de diamantaires. La jeune femme se lance avec curiosité dans ce défi pour le moins surprenant et terriblement attractif. Mais perdue entre fiction et réalité, elle sera bien vite déstabilisée par un partenaire aussi troublant qu'énigmatique. *** Après Ma vie, mes rêves et lui, découvrez la nouvelle série so sexy de Kim Grey ! Sexy comédie - Recherche (fausse) fiancée, volume 3 sur 6.

  • Une sexy comédie qui vous fera rougir de plaisir ! *** - Je peux savoir ce qui te fait sourire ainsi ? demande Simon après m'avoir jeté un regard en coin. Je suis sûr que j'ai un sourire béat, à la limite du ridicule. Avant de connaître Simon, je ne savais même pas que mon visage pouvait afficher cette mine. - Tu ne devrais pas plutôt regarder la route ? - Difficile de regarder la route lorsque ton sourire est si radieux... Alors ? - Je me dis juste que je n'ai jamais été aussi proche de quelqu'un. C'est idiot, j'imagine que c'est ce que les gens ressentent quand ils sont amoureux. - Serais-tu en train de reconnaître que ce n'est pas si mal que ça, finalement, d'être en couple ? - Être en couple, je ne sais pas si c'est bien... Mais être en couple avec toi, oui, ce n'est pas si mal... *** Quand Ivy Clemens, jeune comédienne de stand-up, indépendante et sûre d'elle, répond à l'annonce n° 345856, elle n'imagine pas qu'elle s'apprête à jouer le rôle de sa vie... Et quel rôle ! Engagée par Simon Stone pour incarner sa fiancée lors d'une fête de famille, Ivy doit renoncer à ce qu'elle est. D'artiste fauchée, elle devient la riche héritière d'une famille de diamantaires. La jeune femme se lance avec curiosité dans ce défi pour le moins surprenant et terriblement attractif. Mais perdue entre fiction et réalité, elle sera bien vite déstabilisée par un partenaire aussi troublant qu'énigmatique. *** Après Ma vie, mes rêves et lui, découvrez la nouvelle série so sexy de Kim Grey ! Sexy comédie - Recherche (fausse) fiancée, volume 4 sur 6.

  • Une sexy comédie qui vous fera rougir de plaisir ! Quand Ivy Clemens, jeune comédienne de stand-up, indépendante et sûre d'elle, répond à l'annonce n° 345856, elle n'imagine pas qu'elle s'apprête à jouer le rôle de sa vie... Et quel rôle ! Engagée par Simon Stone pour incarner sa fiancée lors d'une fête de famille, Ivy doit renoncer à ce qu'elle est. D'artiste fauchée, elle devient la riche héritière d'une famille de diamantaires. La jeune femme se lance avec curiosité dans ce défi pour le moins surprenant et terriblement attractif. Mais perdue entre fiction et réalité, elle sera bien vite déstabilisée par un partenaire aussi troublant qu'énigmatique. *** - Reste un peu tranquille ! ordonne ma soeur en m'aidant à fermer ma robe. La styliste vient de la faire livrer, et elle est somptueuse. Une robe de soie blanche, simple, fluide et légèrement décolletée qui, à en croire Lauren, me donne des airs de fée, mais sexy. Une fée fatale, en somme. Pour le côté rock, je compte sur mes cheveux que je vais laisser en liberté étudiée : l'idée étant d'en faire une crinière sauvage qui contraste avec la sagesse de la robe. J'ai décidé de porter la bague de la fausse fiancée, à côté de la vraie bague de fiancée. Elle raconte notre histoire, à Simon et moi, et je n'ai pas pu me résoudre à la laisser dans un tiroir. - Dans une heure, je vais dire oui au plus beau des amants, Lauren ! J'ai du mal à rester en place. - Ah ! Ivy, c'est malin, maintenant, je sais ce que tu vas répondre à la question fatidique. Tu viens de me gâcher le suspense ! Nous rions toutes les deux. Je me regarde dans le miroir. J'ignorais qu'il existait des robes de mariée aussi extraordinaires que celle-ci ! Autant me rendre à l'évidence, avant de rencontrer Simon, j'ignorais beaucoup de choses. *** Après Ma vie, mes rêves et lui, découvrez la nouvelle série so sexy de Kim Grey ! Sexy comédie - Recherche (fausse) fiancée, volume 6 sur 6. Et retrouvez toujours plus de romances, de bonus et de surprises sur le site des éditions Addictives : www.editions-addictives.com !

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  • Un artiste brillant au passé trouble, une comédienne au tempérament de feu... Quand Ivy Clemens, jeune comédienne de stand-up, indépendante et sûre d'elle, répond à une petite annonce, elle n'imagine pas qu'elle s'apprête à jouer le rôle de sa vie... Et quel rôle ! Engagée par Simon Stone pour incarner sa fiancée lors d'une fête de famille, Ivy doit renoncer à ce qu'elle est. D'artiste fauchée, elle devient la riche héritière d'une famille de diamantaires. La jeune femme se lance avec curiosité dans ce défi pour le moins surprenant et terriblement attractif. Mais perdue entre fiction et réalité, elle sera bien vite déstabilisée par un partenaire aussi troublant qu'énigmatique. Drôle et sensible, Kim Grey raconte avec brio des histoires d'amour aussi addictives que sensuelles. Après Ma vie, mes rêves et lui, mettant en scène une jeune pianiste, dont le talent n'a d'égal que sa profonde méconnaissance des sentiments amoureux, découvrez Sexy comédie - Recherche (fausse) fiancée, une série désopilante et touchante. Histoire intégrale.

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  • Extrait
    – Comment ça, Ben a disparu ? articulé-je incrédule.
    Dites-moi que ce n’est pas vrai !
    Mon cœur se met à battre à toute allure. Je m’approche de Vic et je pose une main dans son dos, pour tenter de la calmer, mais je suis moi-même au plus mal. Theo a lâché le tuyau d’arrosage, dont l’eau continue de s’échapper sur la dalle du toit. Frappé de stupeur, lui aussi, il lui faut quelques secondes pour réagir et couper l’eau.
    – Ils rentraient des Hamptons, tous les trois. Deux heures après leur retour, il avait disparu. Il est parti avec Wolf, débite Vic avec une voix de robot.
    Elle est très pâle et se passe les mains sur le visage, comme si elle essayait de se réveiller d’un mauvais rêve. Elle me lance un regard désespéré.
    Je la prends dans mes bras et je la serre fort contre moi, pour calmer le tremblement qui s’est emparé d’elle. Elle se laisse faire, et appuie un instant le front contre mon torse avant de lever ses grands yeux verts pleins de larmes vers moi.
    – Il a dit quelque chose, laissé un indice ? demandé-je d’une voix tremblante.
    – Non, rien du tout. Ils ont fouillé sa chambre, l’appartement aussi. Philip et Alexandra ont prévenu la police, dit-elle d’une voix hachée par la panique.
    – Et… ? Ils ont une piste ? demandé-je doucement.
    – Aucune, non.
    À ces mots, Vic fond en larmes. Je m’efforce de garder les idées claires, mais sa détresse me fait mal. Je la serre un peu plus fort dans mes bras en lui répétant doucement que nous allons retrouver son petit frère. Ses sanglots s’apaisent un peu. Vic se libère de mes bras et se penche à la balustrade pour regarder la ville, comme si, du rooftop , elle avait une chance d’apercevoir son petit frère.

  • Apprends-moi 6

    Kim Grey

    Extrait
    – Ma place est ici, dans cet appartement, avec toi, répliqué-je en me fermant à mon tour.
    – C’était ton rêve, Vic ! Rien ne doit te faire abandonner, même pas moi. Surtout pas moi ! Je ne peux pas être un frein à ton avenir. Hors de question que je t’empêche d’y aller, conclut-il, catégorique.
    Je cherche à sonder son regard, mais tout ce que je lis dans ses yeux, c’est une détermination inébranlable qui me fait mal.
    – Tu ne m’empêches pas d’y aller, Zach ! Je choisis, librement, et je veux rester ici ! m’écrié-je.
    – Arrête, Vic ! Tu voulais faire ces études ! répète-t-il.
    – C’est vrai, mais pas dans ces conditions ! On a tout plaqué pour pouvoir être ensemble, ce n’est pas pour que je parte au bout du monde quelques semaines après !
    – Et nous n’avons pas non plus fait cela pour que je te gâche ton avenir, répond-il avec un calme qui tranche avec mon emportement.
    – Mais je t’aime Zach, plus que tout au monde, plus que personne, et…
    Il m’arrête d’un geste. Une lueur passe dans ses yeux, un regard de désir et de tendresse mêlés, rapidement remplacé par un air dur qui me fait perdre pied.
    – Moi aussi, Vic, je t’aime, plus que tout au monde. Mais on est jeunes, tu ne peux pas mettre en jeu ton futur à cause d’une relation amoureuse.
    – Je ne te parle pas d’une relation amoureuse, Zach. Je te parle de nous !
    – Mais moi aussi je te parle de nous !
    Les mots claquent et me tombent dessus comme des coups de massue. J’ai l’impression que le monde s’écroule autour de moi.
    Je pensais que notre amour était plus qu’une simple relation amoureuse.
    – Mais cette bague…, dis-je, la voix altérée par la tristesse.
    – Cette bague n’est pas une chaîne ! Elle ne doit pas compromettre ton avenir, dit-il d’un ton dur qui me glace. Si j’avais su…
    J’encaisse comme je peux.
    – Je ne comprends pas, Zach. Je suis la seule à mettre notre amour dans la balance ? Ça ne te dérange pas que je parte loin de toi ? Je ne te manquerai pas ?
    – Si, tu me manqueras, mais c’est pour ton bien. Alors je prendrai sur moi. Et tu ferais bien de faire pareil.
    Il a lâché cette phrase avec autant de chaleur qu’une banquise.
    La stupeur laisse place à la colère.
    – Pourquoi est-ce que j’ai l’impression que tu es en train de rompre avec moi, là ? demandé-je en faisant les cent pas dans la chambre.
    Il se lève et se dirige vers la porte.
    Hé, mais ce n’est pas une réponse 

  • Apprends-moi 2

    Kim Grey

    Le sexe ? Interdit. L'amour ? Impossible. *** Au sortir de la douche, je sursaute et manque de lâcher ma serviette : à quelques mètres de moi, un type est en train de fouiller dans mes placards ! Il vient d'en sortir un T-shirt de metal orné d'un motard à tête de mort et le tourne dans tous les sens comme pour comprendre sous quel angle on apprécie le mieux le dessin. Il n'est pas gêné, cet électricien ! Je noue ma serviette comme je peux et me plante au milieu de la chambre. - Tout va bien ? Vous cherchez quelque chose de précis ? Vous voulez peut-être que je vous montre où sont mes culottes ? Le type se retourne lentement. Ouah, canon, l'électricien ! Plus que ça, même ! Un des plus beaux spécimens masculins qu'il m'ait été donné de voir en chair et en muscles. La première chose que je remarque, ce sont ses yeux, d'un bleu limpide, dans lesquels je manque immédiatement de sombrer. Je fais un pas en arrière, comme pour échapper à leur emprise, mais c'est son visage qui me coupe le souffle. Un nez fin, des lèvres pulpeuses, des traits magnifiquement dessinés à faire pâlir de jalousie toute une agence de mannequins. Et puis, il y a le reste. Une chevelure brune, très sombre, dans le genre tignasse bouclée et ébouriffée qui lui donne un charme fou. Et ce jean brut, très près du corps, associé à un T-shirt noir carrément moulant qui révèle une musculature d'athlète. J'ignorais que ce genre d'électricien existait. Est-ce qu'il vient d'une société spéciale ? Il me reluque, là ou quoi ? - Le ventilateur n'est pas ici, mais là-haut, c'est ce que vous êtes censé réparer, je crois ! - Tu te prends pour qui ? lâche-t-il. Sa voix grave, légèrement cassée, fait vibrer quelque chose au plus profond de moi. - Sortez de ma chambre, monsieur ! ordonné-je. À ce moment-là, Benjamin déboule en poussant des cris de joie exubérants, suivi de près par Wolf qui aboie joyeusement, lui aussi. Mon frère a mis son T-shirt de dinosaure préféré, celui qu'il ne porte que pour les grandes occasions, et il se jette dans les bras du malotru avec la rapidité d'un vélociraptor. - Zach ! Tu es enfin arrivé ! crie-t-il tout en couvrant le jeune homme d'une tempête de bisous sonores. Zach ? Comment ça Zach ? *** Céder au désir pourrait leur faire tout perdre, mais comment résister ? À 18 ans, Victoria a tout perdu : son père, sa vie à Chicago, et ses projets d'aller à l'université. Recueillie par l'ex-femme de son père, Alexandra, elle se retrouve catapultée dans une famille aux codes bien différents des siens : ses tatouages, ses Dr Martens et ses piercings font tache ! Mais elle est prête à tout pour s'intégrer, pour ne pas se retrouver seule au monde. Lorsqu'elle rencontre Zach, le fils du compagnon d'Alexandra, tout se complique dramatiquement. Il est motard, boxeur, colérique, magnifique et irrésistible. Le monde entier est contre eux, les codes, les conventions, et Victoria joue son avenir tout entier pour cette relation. Le plus beau des paris peut entraîner la pire des chutes ! *** Apprends-moi, de Kim Grey, volume 2 sur 6

  • Apprends-moi 1

    Kim Grey

    Le sexe ? Interdit. L'amour ? Impossible. *** Au sortir de la douche, je manque de lâcher ma serviette : à quelques mètres de moi, un type est en train de fouiller dans mes placards ! Il vient d'en sortir un T-shirt de metal orné d'un motard à tête de mort et le tourne dans tous les sens comme pour comprendre sous quel angle on apprécie le mieux le dessin. Il n'est pas gêné, cet électricien ! Je noue ma serviette comme je peux et me plante au milieu de la chambre. - Tout va bien ? Vous cherchez quelque chose de précis ? Vous voulez peut-être que je vous montre où sont mes culottes ? Le type se retourne lentement. Waouh, canon, l'électricien ! Plus que ça, même ! Un des plus beaux spécimens masculins qu'il m'ait été donné de voir en chair et en muscles. La première chose que je remarque, ce sont ses yeux, d'un bleu limpide dans lesquels je manque immédiatement de sombrer. Je fais un pas en arrière, comme pour échapper à leur emprise, mais c'est son visage qui me coupe le souffle. Un nez fin, des lèvres pulpeuses, des traits magnifiquement dessinées à faire pâlir de jalousie toute une agence de mannequins. Et puis, il y a le reste. Une chevelure brune, très sombre, dans le genre tignasse bouclée ébouriffée qui lui donne un charme fou. Et ce jean brut, très près du corps associé à un T-shirt noir carrément moulant qui révèle une musculature d'athlète. J'ignorais que ce genre d'électricien existait. Est-ce qu'il vient d'une société spéciale ? Il me reluque, là ou quoi ? - Le ventilateur n'est pas ici, mais là-haut, c'est ce que vous êtes censé réparer, je crois ! La phrase claque plus sèchement qu'une gifle. Le ton méprisant que j'ai utilisé me surprend moi-même. Tout à fait l'adolescente capricieuse et prétentieuse habituée à donner des ordres à ceux qu'elle considère comme le petit personnel. D'ailleurs, l'électricien est fou de rage. - Tu te prends pour qui ? lâche-t-il. Sa voix grave, légèrement cassée, fait vibrer quelque chose au plus profond de moi. - Sortez de ma chambre, monsieur ! ordonné-je. À ce moment-là, Benjamin déboule en poussant des cris de joie exubérants, suivi de près par Wolf qui aboie joyeusement, lui aussi. Mon frère a mis son T-shirt de dinosaure préféré, celui qu'il ne porte que pour les grandes occasions, et il se jette dans les bras du malotru avec la rapidité d'un vélociraptor. - Zach ! Tu es enfin arrivé ! crie-t-il tout en couvrant le jeune homme d'une tempête de bisous sonores. Zach ? Comment ça Zach ? *** Céder au désir pourrait leur faire tout perdre, mais comment résister ? À 18 ans, Victoria a tout perdu : son père, sa vie à Chicago, et ses projets d'aller à l'université. Recueillie par l'ex-femme de son père, Alexandra, elle se retrouve catapultée dans une famille aux codes bien différents des siens : ses tatouages, ses Dr Martens et ses piercings font tache ! Mais elle est prête à tout pour s'intégrer, pour ne pas se retrouver seule au monde. Lorsqu'elle rencontre Zach, le fils du compagnon d'Alexandra, tout se complique dramatiquement. Il est motard, boxeur, colérique, magnifique et irrésistible. Le monde entier est contre eux, les codes, les conventions, et Victoria joue son avenir tout entier pour cette relation. Le plus beau des paris peut entraîner la pire des chutes ! *** Apprends-moi, de Kim Grey, volume 1 sur 6 Cadeau : à la fin de ce livre, découvrez gratuitement l'extrait d'une autre romance.

  • Apprends-moi 3

    Kim Grey

    Le sexe ? Interdit. L'amour ? Impossible. *** Au sortir de la douche, je sursaute et manque de lâcher ma serviette : à quelques mètres de moi, un type est en train de fouiller dans mes placards ! Il vient d'en sortir un T-shirt de metal orné d'un motard à tête de mort et le tourne dans tous les sens comme pour comprendre sous quel angle on apprécie le mieux le dessin. Il n'est pas gêné, cet électricien ! Je noue ma serviette comme je peux et me plante au milieu de la chambre. - Tout va bien ? Vous cherchez quelque chose de précis ? Vous voulez peut-être que je vous montre où sont mes culottes ? Le type se retourne lentement. Ouah, canon, l'électricien ! Plus que ça, même ! Un des plus beaux spécimens masculins qu'il m'ait été donné de voir en chair et en muscles. La première chose que je remarque, ce sont ses yeux, d'un bleu limpide, dans lesquels je manque immédiatement de sombrer. Je fais un pas en arrière, comme pour échapper à leur emprise, mais c'est son visage qui me coupe le souffle. Un nez fin, des lèvres pulpeuses, des traits magnifiquement dessinés à faire pâlir de jalousie toute une agence de mannequins. Et puis, il y a le reste. Une chevelure brune, très sombre, dans le genre tignasse bouclée et ébouriffée qui lui donne un charme fou. Et ce jean brut, très près du corps, associé à un T-shirt noir carrément moulant qui révèle une musculature d'athlète. J'ignorais que ce genre d'électricien existait. Est-ce qu'il vient d'une société spéciale ? Il me reluque, là ou quoi ? - Le ventilateur n'est pas ici, mais là-haut, c'est ce que vous êtes censé réparer, je crois ! - Tu te prends pour qui ? lâche-t-il. Sa voix grave, légèrement cassée, fait vibrer quelque chose au plus profond de moi. - Sortez de ma chambre, monsieur ! ordonné-je. À ce moment-là, Benjamin déboule en poussant des cris de joie exubérants, suivi de près par Wolf qui aboie joyeusement, lui aussi. Mon frère a mis son T-shirt de dinosaure préféré, celui qu'il ne porte que pour les grandes occasions, et il se jette dans les bras du malotru avec la rapidité d'un vélociraptor. - Zach ! Tu es enfin arrivé ! crie-t-il tout en couvrant le jeune homme d'une tempête de bisous sonores. Zach ? Comment ça Zach ? *** Céder au désir pourrait leur faire tout perdre, mais comment résister ? À 18 ans, Victoria a tout perdu : son père, sa vie à Chicago, et ses projets d'aller à l'université. Recueillie par l'ex-femme de son père, Alexandra, elle se retrouve catapultée dans une famille aux codes bien différents des siens : ses tatouages, ses Dr Martens et ses piercings font tache ! Mais elle est prête à tout pour s'intégrer, pour ne pas se retrouver seule au monde. Lorsqu'elle rencontre Zach, le fils du compagnon d'Alexandra, tout se complique dramatiquement. Il est motard, boxeur, colérique, magnifique et irrésistible. Le monde entier est contre eux, les codes, les conventions, et Victoria joue son avenir tout entier pour cette relation. Le plus beau des paris peut entraîner la pire des chutes ! *** Apprends-moi, de Kim Grey, volume 3 sur 6

  • Apprends-moi 4

    Kim Grey

    Le sexe ? Interdit. L'amour ? Impossible. *** Au sortir de la douche, je sursaute et manque de lâcher ma serviette : à quelques mètres de moi, un type est en train de fouiller dans mes placards ! Il vient d'en sortir un T-shirt de metal orné d'un motard à tête de mort et le tourne dans tous les sens comme pour comprendre sous quel angle on apprécie le mieux le dessin. Il n'est pas gêné, cet électricien ! Je noue ma serviette comme je peux et me plante au milieu de la chambre. - Tout va bien ? Vous cherchez quelque chose de précis ? Vous voulez peut-être que je vous montre où sont mes culottes ? Le type se retourne lentement. Ouah, canon, l'électricien ! Plus que ça, même ! Un des plus beaux spécimens masculins qu'il m'ait été donné de voir en chair et en muscles. La première chose que je remarque, ce sont ses yeux, d'un bleu limpide, dans lesquels je manque immédiatement de sombrer. Je fais un pas en arrière, comme pour échapper à leur emprise, mais c'est son visage qui me coupe le souffle. Un nez fin, des lèvres pulpeuses, des traits magnifiquement dessinés à faire pâlir de jalousie toute une agence de mannequins. Et puis, il y a le reste. Une chevelure brune, très sombre, dans le genre tignasse bouclée et ébouriffée qui lui donne un charme fou. Et ce jean brut, très près du corps, associé à un T-shirt noir carrément moulant qui révèle une musculature d'athlète. J'ignorais que ce genre d'électricien existait. Est-ce qu'il vient d'une société spéciale ? Il me reluque, là ou quoi ? - Le ventilateur n'est pas ici, mais là-haut, c'est ce que vous êtes censé réparer, je crois ! - Tu te prends pour qui ? lâche-t-il. Sa voix grave, légèrement cassée, fait vibrer quelque chose au plus profond de moi. - Sortez de ma chambre, monsieur ! ordonné-je. À ce moment-là, Benjamin déboule en poussant des cris de joie exubérants, suivi de près par Wolf qui aboie joyeusement, lui aussi. Mon frère a mis son T-shirt de dinosaure préféré, celui qu'il ne porte que pour les grandes occasions, et il se jette dans les bras du malotru avec la rapidité d'un vélociraptor. - Zach ! Tu es enfin arrivé ! crie-t-il tout en couvrant le jeune homme d'une tempête de bisous sonores. Zach ? Comment ça Zach ? *** Céder au désir pourrait leur faire tout perdre, mais comment résister ? À 18 ans, Victoria a tout perdu : son père, sa vie à Chicago, et ses projets d'aller à l'université. Recueillie par l'ex-femme de son père, Alexandra, elle se retrouve catapultée dans une famille aux codes bien différents des siens : ses tatouages, ses Dr Martens et ses piercings font tache ! Mais elle est prête à tout pour s'intégrer, pour ne pas se retrouver seule au monde. Lorsqu'elle rencontre Zach, le fils du compagnon d'Alexandra, tout se complique dramatiquement. Il est motard, boxeur, colérique, magnifique et irrésistible. Le monde entier est contre eux, les codes, les conventions, et Victoria joue son avenir tout entier pour cette relation. Le plus beau des paris peut entraîner la pire des chutes ! *** Apprends-moi, de Kim Grey, volume 4 sur 6

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