Littérature générale

  • Philippe et Catherine. Ils sont peintres tous les deux. Il fait de grandes toiles, elle des petits formats. Il est riche, célèbre. Elle est connue d'une poignée d'admirateurs et de connaisseurs.

    Il s'enferme tout le jour dans son atelier pour travailler. La porte close, elle ne la franchit jamais. C'est une convention tacite entre eux. Elle fait marcher la maison. C'est elle qui a élevé leurs trois filles. Il reçoit les modèles qu'il peint. Des jeunes femmes qu'il ne revoit plus jamais ensuite.

    Quel est ce mystère qui fait que deux personnes traversent la vie ensemble ? Est-ce que cela s'appelle toujours l'amour ? Malgré les trahisons, les rapports de force, les jeux de séduction, la manipulation, la jalousie, la haine, l'envie de tout détruire. Malgré les enfants qui emportent chacun un morceau de notre chair. Malgré le fantôme des parents qui ne cesse de nous hanter. À quel prix un couple réussit-il à durer jusqu'à la fin ? Faut-il nécessairement qu'il y ait une victime ?

    Avec une lucidité impitoyable, servie par une écriture d'une rare maîtrise, Lori Saint-Martin explore cette folie à deux qu'est un couple. Couche après couche, elle élimine tous les mensonges, toutes les illusions, tous les simulacres, pour arriver à dessiner ce mystère, le plus grand qui soit, peut-être.

  • L'enfance moud le langage et en tire des métaphores. Un monde nouveau est donné à voir par le biais des consciences alertes, avides, généreuses des personnages d'enfants créés par Lori Saint-Martin. Mais il arrive qu'à la lumière des expressions succèdent les ténèbres d'une chambre de petite fille dans laquelle pénètre un père, la nuit, alors que le « non » fait défaut.
    La succession des nouvelles permet à l'auteure de créer un véritable tourbillon dont l'on sort tantôt en état de choc, tantôt dans l'émerveillement, toujours ému.

  • Qu´est-ce, aujourd´hui, qu´un père ? Dans la plupart des sociétés, le père a longtemps incarné une figure d´autorité tantôt rigoureuse, tantôt bienveillante, mais le plus souvent assez lointaine. Le « nom du père » symbolisait toute l´assurance d´une culture fondée sur un ordre patriarcal. Qu´advient-il désormais de cette figure paternelle dans un contexte qui a transformé la famille et redéfini les rapports sociaux entre l´homme et la femme ? Qu´en disent les écrivains contemporains, hommes ou femmes, dans leurs fictions ? En se penchant sur un vaste corpus de textes écrits pour la plupart au cours des vingt dernières années, Lori Saint-Martin fait ici le pari d´explorer tant les voies nouvelles que les impasses suscitées par cette « crise de la paternité ». Dans un essai rigoureux mais vivant et accessible, elle montre que loin de s´être éclipsé, le père est présent en force dans la fiction québécoise, sous des formes plus variées que jamais. Il prend aussi la parole pour dire son expérience quotidienne, alors que jusque-là, c´est l´enfant-narrateur qui l´encensait ou le jugeait. « Au-delà du nom » transmis aux enfants par l´état civil et d´un pouvoir parfois abusif, une paternité nouvelle se dessine.

  • Mise en doute par certains et considérée comme allant de soi par d'autres, la spécificité de l'écriture au féminin est au coeur de nombreux débats. Lori Saint-Martin prend ici
    parti et propose une explication éprouvée, inspirée de la théorie littéraire et de la psychanalyse féministe : le rapport mère-fille, pivot de l'identité des femmes, est tout aussi déterminant pour leurs écrits. Un essai subtil, provocant et tout à fait actuel.

  • Lori Saint-Martin quadrille, arpente et concentre en de très courtes proses le territoire de l'intimité entre amants, couples et familles. Elle fait les comptes et dresse un inventaire des haines et des désirs, des peurs et des plaisirs. Sa plume détaille et dévoile, experte à épingler les enchantements du passé et les désenchantements du présent. La chair blanche du mangoustan parfume l'adultère ; le miroir noircit le visage d'une jeune fille ; la maison menace ruine tant la rancoeur mine la vie conjugale ; une tache de thé sur une nappe blanche amplifie l'ombre écrasante d'une mère ; une robe fleurie maquille un deuil ; l'échine ployée dissimule le ressentiment d'un vieillard ; une allumette qui flambe scelle le destin d'un adolescent.
    L'auteure de Mathématiques intimes nous offre des portraits d'une finesse rare. Chaque récit réfléchit l'image exacte du fatum : rester sur le seuil de la vraie vie ou franchir le pas.

empty