Marie-Andrée Lamontagne

  • Que ce soit comme nouvelliste et romancière, du Torrent et des Chambres de bois à Kamouraska et aux Fous de Bassan, comme poète, du Tombeau des rois aux Poèmes pour la main gauche, ou comme dramaturge, des Invités au procès à La Cage, Anne Hébert (1916-2000) nous a laissé une oeuvre dont la splendeur, l'originalité et la force font d'elle une figure majeure de la littérature québécoise et canadienne du XXe siècle. Commencée au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, cette oeuvre s'échelonne sur une cinquantaine d'années, toujours nouvelle et cependant toujours fidèle au même désir, à la même exigence : vivre, c'est écrire. Mais qui était cette femme qui a donné naissance dans tant de livres à tant de beauté, de violence et de vérité ? Sur sa vie, son intimité, ses rapports avec sa famille et ses proches, Anne Hébert était la discrétion même, comme si la présence et le rayonnement de son oeuvre exigeaient l'effacement de sa personne, sa propre absence, en quelque sorte. De son enfance et de sa jeunesse, de ses apprentissages, de la trajectoire qui l'a conduite du Québec où elle est née à la France où elle s'est épanouie, de ses façons de travailler, des rencontres qui l'ont marquée, des êtres qu'elle a aimés et qui l'ont aimée, entourée, soutenue, des joies et des souffrances qu'elle a vécues et qui ont pu nourrir son imagination de romancière, elle n'a pratiquement rien dit, ni dans ses écrits ni dans ses interventions publiques.
    C'est donc sur ce « mystère Anne Hébert » que se penche ici Marie-Andrée Lamontagne, non certes pour le résoudre (qui saura jamais la vérité d'un tel être ?), mais pour essayer au moins de l'éclairer avec toute la précision, la sympathie et l'honnêteté qui s'imposent. Recherches dans les bibliothèques et les dépôts d'archives, exhumation et dépouillement de correspondances privées et de papiers de famille, entretiens avec plusieurs témoins, dont des proches, consultation d'imprimés et de documents audiovisuels de toutes sortes, voyages : mariant l'enquête journalistique et l'essai littéraire, la biographe n'a rien négligé pour nous offrir un portrait complet et vivant de cette grande dame dont l'existence, vouée à la littérature, aura épousé le XXe siècle.

  • Alors que l'idéologie de la croissance et du progrès technique s'impose comme seul repère valable pour penser la vie collective, résister à cet aplatissement du monde exige qu'on y oppose du sens. Dans une société où la religion est de plus en plus évacuée, l'humanisme peut être un point de rencontre entre croyants et non-croyants de toutes traditions dans la quête pour la justice, la liberté et l'égalité. Mais tandis que le développement technologique effréné nourrit le fantasme du dépassement des limites de l'espèce humaine, comment renouer avec une conception entière de l'humain, réconciliant corps et esprit, nature et culture, individu et société? Avec les textes de Jean-Claude Ravet, Yvon Rivard, Vivian Labrie, Nicolas Le Dévédec et Marc Chabot, entre autres.

  • Grâce à l'affaire Snowden, l'ampleur qu'a prise la surveillance dans nos sociétés a été révélée au grand jour. Les dispositifs qui la permettent et le contrôle social qu'ils induisent ne sont cependant pas apparus du jour au lendemain. C'est souvent même avec bienveillance que nous avons accueilli des changements technologiques rapides qui renforcent pourtant le potentiel totalitaire du cybercapitalisme. Comment comprendre cette nouvelle forme de servitude volontaire? L'obsession sécuritaire suffit-elle à l'expliquer? Ce dossier se penche sur ces questions dérangeantes et sur les façons de résister à la logique de contrôle qui anime les dérives actuelles, souvent commises au nom de notre liberté.

  • Notre rapport au temps est rempli de paradoxes. Dans nos sociétés qui valorisent à outrance la jouissance éphémère d'une consommation sans lendemain, la finitude de nos existences - tout aussi éphémères - tend à être évacuée au profit d'un idéal de jeunesse éternelle ; la révolte est passagère, mais elle sème des germes de changement dans le temps long de l'histoire ; l'expérience de la beauté et de l'infini ne peut se vivre que dans un instant très court ; les oeuvres d'art éphémères laissent des traces plus pérennes qu'on ne l'imagine... Derrière toutes ces apories se dessine la nécessité d'être à l'écoute de la fragilité au coeur de la vie. Ce dossier nous y convie.

  • On ne se console pas de la disparition d'un écrivain, penseur et humaniste comme Pierre Vadeboncoeur, dont la brusque absence est une présence redoublée. Se joignent ici les voix de Pierre Ouellet, Marie-Andrée Lamontagne, Yvon Rivard et Roland Bourneuf, pour lui rendre hommage. Les écrits honorent également la mémoire d'un autre grand absent, Michel van Schendel, dont on peut lire un bref récit poétique, La nuit humaine. Les pages de ce numéro font aussi place à des textes inédits de grands écrivains de réputation internationale : Marcel Moreau, Richard Millet et Yves di Manno. Enfin, cette édition est traversée par les oeuvres de l'artiste canadien d'origine roumaine Peter Krausz.

  • Pour souligner son vingtième anniversaire, la revue L'Inconvénient a concocté un dossier spécial sur les 20 meilleurs romans québécois du nouveau siècle. La liste comprend : Rouge, mère et fils - Suzanne Jacob, Putain - Nelly Arcan, Dée - Michael Delisle, La héronnière - Lise Tremblay, Nikolski - Nicolas Dickner, Le siècle de Jeanne - Yvon Rivard, Parents et amis sont invités à y assister - Hervé Bouchard, Du bon usage des étoiles - Dominique Fortier, Le ciel de Bay City - Catherine Mavrikakis, Le discours sur la tombe de l'idiot - Julie Mazzieri, L'énigme du retour - Dany Laferrière, La constellation du lynx - Louis Hamelin, L'homme blanc - Perrine Leblanc, Atavismes - Maxime Raymond Bock, Document 1 - François Blais, Bondrée - Andrée A. Michaud, La nageuse au milieu du lac - Patrick Nicol, Florence, reprise - Dominique Garand, 1984 - Éric Plamondon et Le cycle soifs - Marie-Claire Blais. Retrouvez aussi, entre autres, un entretien avec M.-A. Lamontagne autour d'Anne Hébert, un portrait de Nicolas Grenier dans la rubrique Peinture et un de Harriet Tubman dans la rubrique Jazz

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