Martine SEGALEN

  • Par contraste avec les sociétés traditionnelles, on a souvent dénié aux sociétés modernes, la capacité de ritualiser. Cet ouvrage souligne au contraire la force des rituels contemporains et les décrypte à la lumière des théories classiques de l'anthropologie.
    Puisant dans le stock limité des références symboliques et munis d'une structure relativement fixe, les rituels ne sont jamais « nouveaux » ; ils sont réinventés sans cesse à partir d'un terreau mythique et social. 
     

  • L´histoire du musée national des arts et traditions populaires (ATP), se termine au printemps 2005, soixante-dix ans après sa création. Pour Martine Segalen, qui a dirigé pendant dix ans le Centre d´ethnologie française, laboratoire rattaché au musée, c´est « un crève-coeur, la fin d´une aventure et l´enterrement d´un grand projet ». C´est aussi le moment de revenir sur cette histoire riche d´enseignements sur les rapports entre politique et culture, beaux-arts et arts populaires, identité, nation et patrimoine. À l´origine des ATP, il y a d´abord la folle ambition d´un homme, Georges-Henri Rivière, visionnaire, passionné et prêt à tous les revirements idéologiques pour mener à bien son dessein. Présenté comme une vitrine du peuple au temps du Front populaire, un temple des traditions soutenu par la Confédération paysanne sous Vichy et un lieu de modernité scientifique et muséographique après la guerre, son musée est finalement installé, en 1972, dans un bâtiment flambant neuf construit au Bois de Boulogne. Une apothéose, qui donne à l´ethnologie de la France, jusque-là parente pauvre de l´ethnologie exotique, une légitimité nouvelle.

    Mais un succès de courte durée car, dès la fin des années 1980, alors qu´en province le mouvement des éco-musées suscite un engouement croissant, les visiteurs se font rares, le soutien de la direction des musées de France fait défaut et l´établissement s´enlise dans la crise qui lui sera fatale. En s´appuyant à la fois sur des archives inédites et sur une expérience vive, Martine Segalen offre, dans ce livre rigoureux et personnel, une réflexion de fond sur le devenir des musées d´ethnologie en France, pris entre tutelle publique, enjeux politiques et évolutions de la société.

  • Le monde a changé, l'ethnologie aussi. Son objet s'est profondément modifié : les sociétés réputées «  traditionnelles  » - qu'il s'agisse des sociétés de l'ailleurs, autrefois appelées primitives ou exotiques, ou bien des paysanneries d'Europe - ont été saisies par la modernité. Dès lors, le contraste n'est plus aussi net avec un monde occidental lui-même éclaté, traversé par les revendications identitaires, travaillé par l'implantation en son sein de multiples diasporas, et mis à la question par son propre «  progrès  ». Le brouillage du partage entre «  eux  » et «  nous  » confronte la discipline à de nombreux défis.Un quart de siècle après le classique Éléments d'ethnologie, dirigé par Robert Cresswell (Armand Colin, 1975), le présent ouvrage dresse l'état des lieux d'une discipline désormais plus diverse, plus ouverte et moins soumise aux dogmes des écoles de pensée. Au travers des travaux et axes de recherche les plus récents, il revisite les grandes notions classiques (parenté, pouvoir, rituel, etc.), comme les plus contemporaines (art, écologie, anthropologie cognitive) et retrace l'évolution des concepts relatifs aux principales aires géographiques.Au-delà des thèmes fondateurs sont prises en compte les formes actuelles des manifestations sociales ou culturelles, tout comme les contradictions et les réticences du terrain lorsque d'anciens «  indigènes  », revendiquant un droit de regard sur leur histoire et sur les études dont ils étaient autrefois l'objet, utilisent le savoir ethnologique pour fonder leurs revendications.À la fois porteur d'héritage et soucieux de répondre aux exigences d'une meilleure compréhension du contemporain, cet ouvrage constituera une référence indispensable pour les étudiants, qui y trouveront des pistes de réflexion pour choisir leur sujet de recherches et leur terrain d'étude. Synthèse précieuse pour tous ceux qu'intéresse l'évolution de nos sociétés, il contribuera à faire partager le regard des ethnologues sur le monde.Martine Segalen, professeur, Paris X-Nanterre ; Alain Babadzan, professeur, Paris Montpellier ; Laurence Caillet, professeur, Paris X-Nanterre ; Michèle Coquet, chargée de recherches, CNRS ; Philippe Erikson, maître de conférences, Paris X-Nanterre ; Bernard Formoso, professeur, Paris X-Nanterre ; Jacques Galinier, directeur de recherches, CNRS ; Éric Garine, maître de conférences, Paris X-Nanterre ; Georges Guille-Escuret, chargé de recherches, CNRS ; Michael Houseman, directeur d'études, EPHE ; Raymond Jamous, directeur de recherches, CNRS.
    Les concepts. L'ethnie en question, débats sur l'identité. Bernard Formoso Le politique. Marianne Lemaire Religion et rituel. Laurence Caillet, Raymond Jamous La parenté. Martine Segalen Technologie et économie : l'homme producteur. Georges Guille-Escuret Écologie et sociétés. Éric Garine, Philippe Erikson L'anthropologie de l'art. Michèle Coquet L'ethnolinguistique, la pragmatique et le champ cognitif. Aurore Monod Becquelin, Valentina VapnarskyLes aires culturelles. Les études africanistes. Michael Houseman Les études américanistes. Philippe Erikson, Jacques Galinier, Antoinette Molinié Ethnologie de l'Océanie. Alain Babadzan Les études européanistes. Martine Segalen Ethnologie du monde arabe. Raymond Jamous Ethnologie de l'Inde, de l'aire himalayenne, de l'Asie du Sud-Est, de la Chine, du Japon. Raymond Jamous, Anne de Sales, Bernard Formoso, Laurence Caillet.

  • En confrontant des données relatives au Québec et à la France, les auteurs de cet ouvrage se trouvent placés dans une rare situation d'observation : une même langue pour deux populations dont l'une tire ses origines de l'autre mais qui ont connu des destins forts différents ; des rituels d'origine commune dans un passé lointain mais qui ont évolué de façon singulière de chaque côté de l'Atlantique. Une partie des textes explorent directement ce rapport de filiation ; d'autres contributions élargissent les perspectives et les terrains.

  • À peine avait-on annoncé le déclin de la famille que celle-ci revient au galop. Un temps, l'augmentation du nombre des divorces, la baisse du nombre des mariages et des naissances avaient laissé présager sa désagrégation. Or elle s'impose à nouveau dans le paysage de la société, mais sous des formes renouvelées parfois difficiles à cerner, et plus encore à nommer. En effet, grâce à l'allongement de la vie et à l'amélioration de la condition des retraités, trois voire quatre générations coexistent, ce qui renforce le rôle des réseaux familiaux, dont les fonctions sociales se développent et se diversifient. Sur un mode souterrain, qui s'oppose tant au discours démocratique qu'aux exigences technocratiques, cette influence se fait partout sentir : dans l'art ou la politique, pour l'emploi ou le logement. Pourtant, paradoxalement, la parenté est aussi de plus en plus souvent revendiquée, comme en témoignent l'engouement pour la généalogie, l'attachement à la maison de famille ou l'invention de nouvelles logiques parentales dans les familles "en kit", recomposées. Attentifs à sa réémergence, des ethnologues et des sociologues dévoilent le rôle et le poids de cette parenté élargie, en soulignant l'importance de son rôle symbolique et social dans la société contemporaine.

  • Avoir 20 ans en 2020, en quoi est-ce différent ? Entre les vingtenaires d'aujourd'hui et les générations précédentes s'est instaurée une coupure inédite et profonde, un véritable fossé. Nés avec Internet, ces nouveaux jeunes forment la première génération socialisée à l'ère numérique, la première génération horizontale, la première génération transnationale et la première génération écologique. Les défis auxquels ils auront à faire face au cours de leur vie sont immenses : comment leurs valeurs vont-elles prendre forme dans l'arène politique ? Comment réagira aussi cette « génération pandémie » après la crise économique et sociale qui se profile et dont ils vont être les premières victimes ? Enfin, comment comprendre le paradoxe générationnel qui la traverse puisque, en dépit des coupures dans les valeurs et les façons de faire, le lien au sein des familles continue d'exercer sa pellicule protectrice ? Dans ce livre fondé sur une enquête inédite auprès de centaines d'étudiants et sur l'analyse des travaux les plus récents, deux sociologues, elles-mêmes grands-mères de vingtenaires, nous offrent une radioscopie de la jeunesse contemporaine. Claudine Attias-Donfut est sociologue. Directrice de recherches honoraire à la Caisse nationale d'assurance vieillesse, c'est une spécialiste reconnue des relations entre générations. Martine Segalen est sociologue et anthropologue. Professeur émérite à l'université Paris-Nanterre, elle a étudié dans ses multiples dimensions l'institution familiale ; elle a aussi conduit une réflexion sur les rituels contemporains. Ensemble, elles ont publié Grands-parents. La famille à travers les générations et, avec Nicole Lapierre, Le Nouvel Esprit de famille. 

  • Peu d'institutions sont à la fois aussi explorées et mal connues que la famille. Celle-ci fait l'objet d'un discours politique et médiatique qui se renouvelle sans cesse ; chacun de nous est tenté par ailleurs de juger de la famille à partir de la connaissance intime, mais nécessairement partielle, voire partiale qu'il en a...
    Tout en conservant les développements sur l'histoire de la famille, l'ouvrage intègre  les nouveaux débats concernant la place de l'institution familiale dans le champ social, en relation avec les phénomènes de crise, de chômage et de migration. Il donne un large écho aux discussions relatives au « mariage pour tous », comme aux nouvelles techniques et aux nouvelles pratiques qui transforment profondément le champ de la filiation.
    S'appuyant sur un ensemble de travaux neufs, ce classique sur le sujet, régulièrement actualisé,  offre une vision renouvelée du champ familial.

  • À qui un enfant appartient-il ? Cette interrogation fut longtemps sans fondement, tant que l'on considérait simplement l'enfant comme le fruit de l'union d'un père et d'une mère au sein d'un mariage. Mais depuis un siècle et demi, et plus encore depuis les cinquante dernières années, la question devient légitime, car les rapports de l'enfant avec la famille et la société ont été bouleversés : emprise croissante de l'État, progrès médicaux, chamboulements familiaux. Il est devenu l'objet de désirs puissants et d'anxiétés nouvelles.

    Nos enfants ont bien changé, tout comme notre regard sur eux et leur identité.

    C'est l'histoire de cette révolution, au coeur de l'intimité familiale, qu'analyse Martine Segalen. Dans une perspective historique, son enquête traverse les multiples chemins de l'enfance. Elle bouscule les idées reçues, ouvre une réflexion pertinente sur le devenir des enfants et nous éclaire sur l'avenir de notre société.

  • La famille élargie a-t-elle disparu ? Le rôle des générations est-il effacé ? L'amour filial est-il fini ? Certainement pas. Cette enquête unique sur les liens familiaux tels qu'ils se vivent au quotidien entre toutes les générations dans la France d'aujourd'hui le montre de façon étonnante. Elle révèle que ces relations ont plus que jamais un rôle essentiel et que de multiples transmissions assurent le relais de l'histoire et de la mémoire. Non, famille et modernité ne sont pas contradictoires ; oui, dans toutes les couches sociales, il existe un « esprit de famille », une façon d'être entre soi qui conforte liens et continuités tout en ménageant, mieux que par le passé, l'autonomie de chacun. Claudine Attias-Donfut, directeur de recherche à la Caisse nationale d'assurance vieillesse, a notamment publié Sociologie des générations. Nicole Lapierre, directeur de recherche au CNRS, est notamment l'auteur de Changer de nom et du Silence de la mémoire. Martine Segalen, professeur à l'université Paris-X est notamment l'auteur de Sociologie de la famille. Elle a publié avec C. Attias-Donfut : Grands-Parents : la famille à travers les générations.

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