Maryse Potvin

  • Politique et Sociétés célèbre en 2017 ses 35 ans d'existence. D'abord parue sous l'appellation Politique en 1982, puis devenue Revue québécoise de science politique en 1993, la fondation de la revue constitue une étape cruciale dans le développement et la consolidation de la science politique québécoise. C'est dans les années 1970 que les départements de science politique (francophones) essaiment dans la province et que les premières générations de chercheurs, de chercheuses, de professeurs et de professeures développent une appartenance disciplinaire qui s'ancre dans la société québécoise. Comme le mentionne le premier directeur de la revue Denis Monière, dans sa présentation du premier numéro, celle-ci répond à des besoins spécifiques : la volonté de créer un espace pour permettre aux politologues québécois de publier leurs travaux en français (une préoccupation toujours d'actualité) ; diffuser la recherche auprès des collègues francophones et des étudiants afin de créer une communauté académique ; engager un dialogue avec les acteurs sociaux et politiques de la société québécoise et ancrer la recherche universitaire dans son temps. Elle se veut donc au départ un outil de diffusion des connaissances et de débat académique pluraliste et accessible permettant de suivre l'évolution de la science politique, ou « un reflet de la science politique telle qu'elle se développe au Québec » (Monière 1982, 6).

  • Les études de cet ouvrage illustrent l'équilibre toujours changeant que les sociétés démocratiques doivent trouver entre deux logiques sociales opposées : celle qui voit dans l'individu le fondement des valeurs d'autonomie et de pluralisme, et celle qui rappelle que l'individu est toujours le produit d'un milieu sociohistorique particulier et qu'il a des responsabilités comme citoyen.
    Les termes individu et citoyen renvoient aux deux logiques à l'oeuvre dans les sociétés démocratiques. La logique universaliste, d'une part, ne cesse d'approfondir les exigences d'autonomie des sujets et de pluralisme des institutions. La logique particulariste, d'autre part, rappelle que l'individu est toujours le produit d'un milieu sociohistorique particulier et que le processus d'individuation est le résultat même de la constitution de l'État moderne. La tension entre ces deux logiques est au coeur des études de cet ouvrage qui illustrent sur quels équilibres se constitue la synthèse concrète et changeante de la société moderne.

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