Michel Schifres

  • Une organisation syndicale, ce n'est pas qu'un Georges Séguy, qu'un Edmond Maire ou qu'un André Bergeron. C'est, plus justement, une masse d'hommes et de femmes engagés dans une lutte quotidienne et sans gloire. Des méconnus qui ne surgissent aux yeux de l'opinion que le temps d'un conflit ou d'un congrès comme celui que tiendra la C.F.D.T. en 1973. Des salariés qui se battent pour que leurs rêves d'aujourd'hui deviennent les réalités de demain. On les appelle des militants. Pour une fois, ils ont la parole. Certains, dans cette foule, sont différents : ceux de la C.F.D.T., parce qu'ils ont accompli, en moins de dix ans, une formidable évolution, se détachant de la morale sociale de l'Église pour un socialisme qu'ils veulent démocratique. Parce qu'ils prononcent des mots « mal connus » comme responsabilité, respect de la base, autogestion, etc., parce qu'ils apparaissent volontiers comme les « gauchistes responsables » de la Gauche française. Ainsi, au travers des régions, des entreprises, des professions, au travers de problèmes comme la hiérarchie, la politique contractuelle ou les relations avec les autres syndicats, des hommes se révèlent. Des hommes qui constituent, dans le domaine syndical comme le domaine politique, une force essentielle. On les craint ou on espère en eux. Car chaque fois que la société industrielle française s'interroge sur elle-même et sur son devenir, ils sont présents ; que ce soit pour analyser le capitalisme actuel ou pour définir un socialisme éventuel, que ce soit pour comprendre le sens du « gauchisme » ou l'enjeu de prochaines élections. Il y a sans doute dans la C.F.D.T. un espoir pour l'avenir du syndicalisme français. Un espoir aussi pour ceux qui veulent se libérer sans tomber sous le joug d'une avant-garde, bureaucratique, fût-elle puissante. Personne ne sait évidemment ce que pourrait être « la révolution ». Comme d'autres, mais sans doute avec plus de rigueur et d'exigence, la C.F.D.T. est à la recherche de ce futur. Dans tous les cas, elle sera au rendez-vous, armée des sans-nom et des sans-grade, armée de « La C.F.D.T. des militants ».

  • Une organisation syndicale, ce n'est pas qu'un Georges Séguy, qu'un Edmond Maire ou qu'un André Bergeron. C'est, plus justement, une masse d'hommes et de femmes engagés dans une lutte quotidienne et sans gloire. Des méconnus qui ne surgissent aux yeux de l'opinion que le temps d'un conflit ou d'un congrès comme celui que tiendra la C.F.D.T. en 1973. Des salariés qui se battent pour que leurs rêves d'aujourd'hui deviennent les réalités de demain. On les appelle des militants. Pour une fois, ils ont la parole. Certains, dans cette foule, sont différents : ceux de la C.F.D.T., parce qu'ils ont accompli, en moins de dix ans, une formidable évolution, se détachant de la morale sociale de l'Église pour un socialisme qu'ils veulent démocratique. Parce qu'ils prononcent des mots « mal connus » comme responsabilité, respect de la base, autogestion, etc., parce qu'ils apparaissent volontiers comme les « gauchistes responsables » de la Gauche française. Ainsi, au travers des régions, des entreprises, des professions, au travers de problèmes comme la hiérarchie, la politique contractuelle ou les relations avec les autres syndicats, des hommes se révèlent. Des hommes qui constituent, dans le domaine syndical comme le domaine politique, une force essentielle. On les craint ou on espère en eux. Car chaque fois que la société industrielle française s'interroge sur elle-même et sur son devenir, ils sont présents ; que ce soit pour analyser le capitalisme actuel ou pour définir un socialisme éventuel, que ce soit pour comprendre le sens du « gauchisme » ou l'enjeu de prochaines élections. Il y a sans doute dans la C.F.D.T. un espoir pour l'avenir du syndicalisme français. Un espoir aussi pour ceux qui veulent se libérer sans tomber sous le joug d'une avant-garde, bureaucratique, fût-elle puissante. Personne ne sait évidemment ce que pourrait être « la révolution ». Comme d'autres, mais sans doute avec plus de rigueur et d'exigence, la C.F.D.T. est à la recherche de ce futur. Dans tous les cas, elle sera au rendez-vous, armée des sans-nom et des sans-grade, armée de « La C.F.D.T. des militants ».

  • L'enquête brillante et minutieuse livrée ici invite à un fascinant voyage au coeur du lieu le plus célèbre et le plus méconnu de France : l'Élysée. Autant dire aux sources du pouvoir. Scènes étonnantes de la vie quotidienne, portraits, révélations, anecdotes, témoignent de l'activité exclusivement singulière de la maison France où, chaque jour, un peu de notre destin se joue. Mais connaître le fonctionnement du palais de l'Élysée, c'est pénétrer le « système » mis en place par le monarque constitutionnel qui l'habite. C'est donc dévoiler la part du mystère sans lequel il n'est pas de réel pouvoir. En cela, cet ouvrage est exemplaire.

  • L'enquête brillante et minutieuse livrée ici invite à un fascinant voyage au coeur du lieu le plus célèbre et le plus méconnu de France : l'Élysée. Autant dire aux sources du pouvoir. Scènes étonnantes de la vie quotidienne, portraits, révélations, anecdotes, témoignent de l'activité exclusivement singulière de la maison France où, chaque jour, un peu de notre destin se joue. Mais connaître le fonctionnement du palais de l'Élysée, c'est pénétrer le « système » mis en place par le monarque constitutionnel qui l'habite. C'est donc dévoiler la part du mystère sans lequel il n'est pas de réel pouvoir. En cela, cet ouvrage est exemplaire.

  • Ils sont plus de 4000. Ils ont subi les affres du concours d'entrée, les angoisses du classement de sortie. Ils quadrillent l'administration, flirtent avec la politique, explorent le privé... Ils ont des plans de carrière, des réseaux et des principes. Ils s'entraident avec la fausse humilité des orgueilleux, se jalousent et justifient leur soif de pouvoir par le goût du service public. Qu'ils soient ministres ou "pantouflards", inspecteurs des Finances, conseillers d'État, membres de la Cour des comptes ou administrateurs civils, ils portent la même estampille : E.N.A. Ils forment l'Énaklatura. Comment devient-on énarque, comment entre-t-on (et prospère-t-on) dans ces seigneureries que forment les grands corps de l'État, comment s'établissent les réseaux qui permettent de survivre aux pièges de l'alternance politique, comment s'entretiennent les privilèges de la caste... Il faut lire L'Énaklatura. Ce n'est ni un plaidoyer, ni un pamphlet. Mais un constat, souvent teinté d'humour, une enquête où abondent les témoignages, une analyse sociologique sur une institution française parmi les plus décriées, les plus enviées et les moins connues.

  • Ils sont plus de 4000. Ils ont subi les affres du concours d'entrée, les angoisses du classement de sortie. Ils quadrillent l'administration, flirtent avec la politique, explorent le privé... Ils ont des plans de carrière, des réseaux et des principes. Ils s'entraident avec la fausse humilité des orgueilleux, se jalousent et justifient leur soif de pouvoir par le goût du service public. Qu'ils soient ministres ou "pantouflards", inspecteurs des Finances, conseillers d'État, membres de la Cour des comptes ou administrateurs civils, ils portent la même estampille : E.N.A. Ils forment l'Énaklatura. Comment devient-on énarque, comment entre-t-on (et prospère-t-on) dans ces seigneureries que forment les grands corps de l'État, comment s'établissent les réseaux qui permettent de survivre aux pièges de l'alternance politique, comment s'entretiennent les privilèges de la caste... Il faut lire L'Énaklatura. Ce n'est ni un plaidoyer, ni un pamphlet. Mais un constat, souvent teinté d'humour, une enquête où abondent les témoignages, une analyse sociologique sur une institution française parmi les plus décriées, les plus enviées et les moins connues.

  • Une vocation : l'État ; une carrière : les affaires. On appelle cela le pantouflage. Entendez le passage d'un poste de haut fonctionnaire, à un emploi non moins élevé dans une entreprise privée, publique ou semi-publique. Ceux qui n'ont pas encore sauté le pas prononcent le mot avec gourmandise : celui-ci roule dans leur bouche, comme l'annonce d'une volupté promise. Un péché qu'on se pardonne déjà. Le rêve de travailler dans le privé, se substitue au désir de servir l'État, dont la vanité se révèle tristement d'année en année. Aux yeux du citoyen, le pantoufleur n'est qu'un pantouflard, un déserteur en somme, un personnage indélicat qui fait fi de ses engagements, et qui préfère une opulence confortable, même difficile, à l'austérité du service, même tranquille. Pratique douteuse, voire scandaleuse ou sortie de secours des énarques qui vivent mal le déclin du prestige de l'État ? La désertion a-t-elle un prix ? Le procès qu'on leur fait est-il juste ? Le découvrir est bien le but de ce voyage au pays des pantoufleurs.

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