Michel Lavoie

  • Guide pédagogique disponible

    Alors que Marie-Ève a tout pour être heureuse, elle tente de se suicider. La difficulté d'être, la séparation de ses parents, un beau conteur ont brisé cette jeune fille joyeuse. Comment Marie-Ève s'en sortira-t-elle? Comment s'aider soi-même au bord de la déprime? Une réponse qui aidera plusieurs et qui guidera l'entourage.

  • En 1651, la monarchie française concède la seigneurie de Sillery aux « sauvages » néophytes chrétiens des environs de Québec, montagnais et algonquins. C'est la première fois que le roi de France donne une seigneurie directement à un groupe d'autochtones. Et ce sera la dernière. En fait, toute l'histoire de cette concession est exceptionnelle - et passionnante. D'abord, les Jésuites, tuteurs exclusifs et perpétuels des indigènes, font mainbasse sur la seigneurie, n'hésitant pas à conclure des tractations préjudiciables aux intérêts de leurs pupilles. Ces pupilles, ce sont très vite des Hurons, réfugiés à Québec à l'époque de la concession, qui remplacent les occupants originaux. La tutelle jésuite sévit tout le long du Régime français. Après la Conquête, les Jésuites se voient en pratique interdits par les autorités britanniques. Leurs biens doivent être liquidés. Les Hurons estiment que la seigneurie de Sillery leur revient. Obéissant à une logique impériale d'assujettissement plutôt que d'alliance, les Britanniques refusent de la leur rendre. Tous les prétendants aux biens des Jésuites finiront par obtenir dédommagement, sauf les Hurons. Frustrés par leurs tuteurs, subjugués par les Britanniques, les propriétaires originaux de la seigneurie ne s'avouent pas pour autant vaincus et poursuivent la lutte jusque sous le gouvernement fédéral du Dominion du Canada, successeur de la politique britannique. C'est ce combat inégal que Michel Lavoie raconte dans ce livre. Combat dont l'issue est toujours incertaine aujourd'hui, et qui pourrait avoir une incidence énorme sur l'ensemble des revendications territoriales amérindiennes.

  • Le jour où le grand chef Donnacona a comparu devant le roi ­François Ier, il a su l'éblouir. Il lui a parlé avec emphase d'un royaume dit du Saguenay. Pendant plus d'un siècle, les rois de France en ont rêvé. Alors que la Nouvelle­France en est encore à ses balbutiements, des commerçants prennent sur eux d'organiser une traite particulière à partir de Tadoussac. Comment cette traite dite de Tadoussac engendre-t-elle le Domaine du roi? Ce domaine n'est-il qu'une figure de style? Une simple expression populaire? Une façon de se distinguer?
    En réalité, le domaine que se réserve le roi s'étend sur des centaines de kilomètres carrés le long de la rivière Saguenay avec un front sur le Saint-Laurent qui va de l'île aux Coudres jusqu'à proximité de Sept-Îles.
    Michel Lavoie a décidé pour sa part d'examiner la traite de Tadoussac comme une propriété foncière qui s'inscrit dans le système seigneurial mis en place dans l'Amérique française. Il a vite constaté que des règles administratives, économiques et juridiques des plus strictes s'y appliquaient également. Naturellement, il a été entraîné dans l'analyse du fonctionnement interne de ce fameux domaine du roi qui traverse allègrement plus de deux siècles d'histoire et deux régimes coloniaux. Le conquérant britannique n'hésite pas un instant et maintient le caractère exceptionnel du Domaine du roi.
    Ravagés par les épidémies, entraînés par une surexploitation des ressources du territoire, les Indiens ont survécu tant bien que mal pour être finalement atteints gravement par les effets séculaires de l'exploitation coloniale, passant de la fourrure à la foresterie et à l'agriculture.
    C'est à une histoire d'appropriation territoriale par les empires coloniaux que Michel Lavoie convie ses lecteurs. Le royaume du Saguenay est entré dans la légende entouré de mystère. Le voile est enfin levé sur l'évolution du Domaine du roi qui a donné naissance à l'érection de cantons, à la création de réserves indiennes et finalement à l'implantation d'institutions politiques copiées sur le reste du Québec.
    Michel Lavoie est professeur associé au Département d'histoire de l'Université de Sherbrooke. Il a été directeur de la revue Recherches amérindiennes au Québec de 2005 à 2010. Il est également consultant en histoire. En 2010, M. Lavoie a obtenu le prix littéraire du Gouverneur général pour son essai «C'est ma seigneurie que je réclame»: la lutte des Hurons de Lorette pour la seigneurie de Sillery, 1650-1900 (Boréal, 2010). En collaboration avec l'historien Denis Vaugeois, il a publié L'impasse amérindienne: trois commissions d'enquête à l'origine d'une politique de tutelle et d'assimilation, 1828-1858 (Septentrion, 2010).

  • Autoportrait ou autofiction, la mise en scène de soi touche tous les arts et en déjoue les frontières. Bien que ce genre à part, souvent reçu avec un soupçon de mépris, précède l'ère numérique, existe-t-il un lien inédit entre processus de création et culture web ? Les réseaux sociaux ont-ils fait basculer la fiction dans le réel ? Le dossier #selfies du numéro estival de la revue JEU propose de mettre à jour notre regard sur le phénomène en accueillant un échantillon de je, joueurs et joueuses qui taquinent la frontière du vrai et du faux. Des moi multiples aux voix dissonantes, car #selfies est pluriel, sans majuscules, rhizomatique. À l'époque de la connectivité, la subjectivité se veut virale, son éclairage se fait politique. (source : JEU, revue de théâtre)

  • L'impasse! La question indienne serait-elle insoluble, malgré un nombre considérable d'études et d'enquêtes?
    À l'origine de l'actuelle Loi sur les Indiens et de la création des réserves, il y a eu, entre 1828 et 1858, trois importantes commissions d'enquête. La première conduite par le major général Darling conclut à la nécessité de «civiliser les Indiens» avant d'envisager une réduction des dépenses du département des Affaires indiennes. Son rapport préconise une politique de sédentarisation, d'envillagement, de scolarisation, de christianisation, d'initiation à l'agriculture et aux métiers.
    Face à la lenteur des résultats, en 1842, le gouverneur Bagot est prié de mener une nouvelle enquête; extrêmement détaillée, celle-ci débouche sur plusieurs recommandations qui se trouvent dans l'actuelle Loi sur les Indiens.
    L'augmentation des coûts liés à l'administration des affaires indiennes incite, en 1856, le gouvernement impérial à commander une nouvelle enquête qui gardera le cap sur la «civilisation des Indiens», considérée toutefois par les commissaires comme une «lueur lointaine». Ces trois rapports offrent d'étonnants moments de vérité. La réalité indienne au lendemain des guerres de 1754-1760, de 1775-1783 et de 1812-1814 est peu connue. Les ravages des guerres et surtout des épidémies, l'ampleur du métissage, le désarroi des Indiens sont autant d'aspects que présentent, avec franchise et réalisme, Darling, Bagot et Pennefather. Leurs rapports sont d'une bouleversante actualité.

    Denis Vaugeois aime sortir des sentiers battus. Il a été un des co-auteurs du Boréal Express et, récemment, de La Mesure d'un continent. Il est aussi l'auteur de La Fin des alliances franco-indiennes et d'America. L'expédition de Lewis et Clark et la naissance d'une nouvelle puissance.

    Michel Lavoie est professeur associé au Département d'histoire de l'Université de Sherbrooke. Il a été directeur de la revue Recherches amérindiennes au Québec de 2005 à 2010. Il est également consultant en histoire. Il a publié récemment «C'est ma seigneurie que je réclame»: la lutte des Hurons de Lorette pour la seigneurie de Sillery, 1650-1900.

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