Michel Rondet

  • L'indignation est à la mode. Mais dans bien des domaines, s'indigner ne suffit pas. Comme autrefois face à la barbarie nazie, il faut résister.
    Résister ne consiste pas en un réflexe négatif qui s'enfermerait dans un refus obstiné de toute évolution qui paraîtrait menaçante. Attitude positive et lucide, la résistance aujourd'hui refuse la résignation et pousse à rester debout face aux pressions violentes ou sournoises qui cherchent à détruire l'humain.
    L'époque est certes bien différente du temps de l'oppression nazie. Cependant, les raisons de résister perdurent, les dérives sont multiformes et insidieuses : les tentatives pour nier Dieu, la toute-puissance financière, la dictature des médias, le repli sur soi, la banalisation de la violence... sont quelques-uns des domaines pour lesquels Michel Rondet et Yves de Gentil Baichis nous appellent à ne pas baisser les bras au nom de notre foi en Jésus Christ, qui doit nous pousser encore et toujours à rechercher une voie qui respecte et valorise ce qu'il y a de meilleur en l'homme.
    Sans doute y faut-il du courage. Mais plus encore, résister suppose de croire en la possibilité de quelque chose de meilleur pour l'humanité. Résister suppose d'espérer. Forts de cette conviction, Michel Rondet et Yves de Gentil Baichis montrent combien la résistance est un acte éminemment spirituel, qui puise dans l'espérance évangélique.

    Michel Rondet, jésuite depuis 1942, a été maître des novices, puis a enseigné la théologie à Aix-en-Provence. Mais il ne se veut pas un intellectuel en chambre ; il a donné de nombreuses retraites à quantité de laïcs, prêtres et religieuses, notamment à La Baume les Aix et à Biviers. Cela l'a aidé à voir concrètement comment nos contemporains sont attirés, bousculés et transformés par l'Evangile. Très lucide sur les difficultés de l'Eglise, il a une grande confiance en l'Esprit Saint qu'il sait présent dans les moments de crise.

  • Certains jours, on s'interroge sur l'Eglise. On se pose des questions sur cette institution, pourtant inspirée par l'Evangile, mais qui paraît parfois bien éloignée de ce que vivent les hommes et les femmes de notre temps. Cette Eglise, Michel Rondet l'aime et la connaît. Depuis des années, il chemine avec elle et évoque ici ses traversées, de Pie XII à Benoît XVI. Jésuite, il a écouté bien des laïcs, prêtres et religieuses au cours de retraites très suivies. Cet homme nuancé et pacifique étonne ici par son audace : avec une lucidité sans concession, il relève les failles de l'Eglise en ce début de XXe siècle. Et surtout il appelle de ses voeux des réformes très profondes. Au fil des entretiens, une évidence s'impose. Même si la situation de l'Eglise est préoccupante, l'Esprit Saint est présent dans les moments de crise. A travers la baisse inquiétante des vocations, il appelle à passer d'un visage de l'Eglise à un autre.

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