Langue française

  • Les vingt épîtres qui forment le livre II des Carmina de Michel de L'Hospital (1505-1573), composées entre 1546 et 1560, en pleine ascension politique du poète, sont adressées au roi Henri II, à Marguerite de France, à des prélats (cardinaux de Lorraine et Du Bellay), à des lettrés (Macrin, Mondoré), ainsi qu'à des hommes de loi (Olivier, Du Faur). Repensant son époque à la lumière des auteurs antiques, L'Hospital mêle satire du milieu judiciaire et de la cour, éloge du sage stoïcien et de l'otium, réflexions politiques (sur le souverain idéal et sur les rapports du particulier avec le pouvoir), morales (éloges paradoxaux de la maladie et de la guerre, éthique de l'éloquence judiciaire, attitude idéale face à la mort d'un proche) et littéraires (éloge de Ronsard, affirmation de la supériorité des lettres, considérations sur le métier de poète). Se mettant constamment en scène, il se peint en figure d'autorité et, faisant alterner sermo horatien et sermon chrétien, développe une réflexion éthique pour lui-même et pour les autres. L'édition, fondée sur les manuscrits et les plaquettes collationnés avec les éditions imprimées de 1558 et 1732, offre le texte latin de chaque épître accompagné d'une traduction française en stiques, d'une analyse historique et poétique et d'un commentaire, ainsi qu'une introduction, des notices biographiques sur les destinataires, un index des lieux, des personnes et des matières.

  • Le livre III des Carmina de Michel de L'Hospital (1505-1573) comprend 18 épîtres hexamétriques, composées entre 1546 à 1558, à l'exception d'une pièce (III, 13), postérieure à la disgrâce du chancelier. Adressées à des prélats (dont le cardinal de Lorraine), à des juristes (Tiraqueau, Jean de Morel), à des parlementaires, au poète Macrin ou à Marguerite de France, elles oscillent entre discours cicéronien, sermo horatien et silve. Les pièces encomiastiques côtoient des réflexions éthiques et philosophiques fondées sur les valeurs de modération, de prudence et d'amitié, ainsi que d'importantes épîtres métapoétiques où le magistrat défend la dignité de la poésie, loisir noble associé à la paix ou à une retraite champêtre loin d'une ville où règnent intrigues, rumeurs et cupidité. On y relève en particulier une importante épître érasmienne à Jean de Morel sur l'importance de l'allaitement (III, 2), des liminaires parus en tête des oeuvres de Jean Du Bellay (III, 8 et 10) et André Tiraqueau (III, 17), une description paradoxale de Chambord (III, 16) ainsi qu'une épître à François Olivier sur sa disgrâce (III, 1).
    Cette édition, dans la continuité des livres I et II, fournit le texte latin établi sur les manuscrits collationnés avec les éditions imprimées de 1585 et 1732, une traduction en stiques, une présentation contextuelle, une analyse et un commentaire. Le volume est complété d'une introduction, d'un index des lieux, des personnes et des matières.

  • Le livre IV des Carmina de Michel de L'Hospital regroupe dix épîtres hexamétriques composées entre 1551 et 1563. Dans les trois premières, tirant les leçons de l'actualité politique et militaire (défaite de Saint-Quentin, reprise de Calais, Guînes et Thionville aux Anglais), L'Hospital formule des recommandations éthiques et évangéliques qu'il adresse aux puissants, en particulier au duc de Guise. Deux épîtres développent une réflexion anthropologique et éthique : à Guy Du Faur de Pibrac est proposée une méditation sur les dangers de l'amour de soi et de l'ignorance ; à Christophe de Thou, une réflexion sur le luxe et la cupidité. Deux poèmes à Charles de Guise constituent des exhortations à l'otium, à la vie chrétienne et à la modération. La culture littéraire occupe une place centrale : dans l'épître aux Muses, L'Hospital affirme l'importance existentielle que revêt pour lui la poésie ; une commendatrix epistula adressée à Marguerite de France accompagne l'envoi du Tombeau de Marguerite de Navarre par Nicolas Denisot ; l'éloge dédié à l'humaniste florentin Piero Vettori se double d'un hymne au loisir lettré et à l'amitié. L'édition fournit le texte latin établi sur les manuscrits et les plaquettes collationnés avec les éditions imprimées de 1558 et 1732, une nouvelle traduction en stiques, une présentation contextuelle, une analyse et un commentaire. Le volume est complété d'une introduction, d'un index des lieux, des personnes et des matières.,

  • Avec neuf discours et quatre-vingt-une lettres (conservées dans toute l'Europe), ce volume clôt l'édition critique des discours (1563-1568) et de la correspondance politique et familière (1536-1573) de Michel de L'Hospital, que L. Petris avait entamée dans La Plume et la tribune (Droz, 2002). Il comporte de nombreux inédits, notamment des échanges épistolaires avec Henri II, François II, Charles IX, Catherine de Médicis, Pie IV, Nicolas de La Croix, Marguerite de Savoie, Georg Cracow, etc., complétés par l'édition du testament de Michel de L'Hospital, ainsi que par des textes de Brantôme, Thévet et Turnèbe.
    S'y révèlent à la fois une action politique qui oeuvre à la coexistence confessionnelle au début des guerres de religion et les pensées plus intimes du chancelier de France, partagé entre l'engagement civil et l'« arriere-boutique » de la retraite et des Lettres. Entre parole rhétorique, échange épistolaire, voix poétique des Carmina et écriture privée des notes autographes, c'est une oeuvre majeure et complexe visant à agir sur son temps qui est ainsi mise au jour et qui éclaire les visages de celui qui oeuvra et posa en pacificateur.

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