République des Lettres

  • Mirbeau retrace dans cet étrange hommage les dernières années de la vie de Balzac, ses relations ambivalentes avec Mme Hanska, leur tardif mariage, enfin la terrible journée de son agonie. Les éléments qu il rend publics concernant la mort du grand homme, transmis par un ancien amant de Mme Hanska, amenèrent l interdiction pure et simple de son texte. Il ne sera redécouvert qu à la fin des années 1980.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie d'Octave Mirbeau. Célestine, jeune femme de chambre au service d'une famille bourgeoise de province, consigne son quotidien dans un journal intime. Observant ses maîtres par le petit trou de la serrure, fouillant aussi le linge sale des domestiques, elle nous dévoile derrière le masque de respectabilité de tout ce petit monde un profond cloaque empli de bassesse et de laideur morale, de misère affective et sexuelle, de vilenie (mesquineries, fourberies, manies, hypocrisies, cruautés des maîtres comme des serviteurs), de turpitudes sociales et politiques (exploitation économique des domestiques, antisémitisme, nationalisme,...), de perversions et de dépravations en tous genres (esclavage sexuel, prostitution, fétichisme, viol, meurtre,...). Son constat est sans appel: "Si infâmes que soient les canailles, ils ne le sont jamais autant que les honnêtes gens". Chef-d'oeuvre anarchiste d'Octave Mirbeau, ce très lucide "Journal d'une femme de chambre" est une satire éminemment corrosive des moeurs de la bonne société, de l'esprit réactionnaire, d'un certain ordre social, et plus généralement de l'humanité toute entière. Adapté à de nombreuses reprises au cinéma, notamment par Jean Renoir (1946, avec Paulette Goddard), par Luis Bunuel (1964, avec Jeanne Moreau), et plus récemment par Benoît Jacquot (2015, avec Léa Seydoux), le roman n'a pas pris une ride, tant par son style toujours actuel que par son propos transgressif.

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