Pierre MOREL

  • Du Bon Sauveur au CHS : deux siècles et demi de psychiatrie caennaise Nouv.

    Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Spinoza fut attaqué de toutes parts mais ses positions marquèrent les controverses sur la Bible, le droit naturel et la liberté de conscience ; on retrouve sa trace dans les Lumières, l'idéalisme allemand, le marxisme et la psychanalyse. L'Éthique et le Traité théologico-politique construisent une pensée de la Raison, refusant la finalité, la providence et l'illusion du libre-arbitre, une pensée de l'universalité des lois de la nature, de la singularité individuelle, de la liberté de philosopher. Chez Spinoza, rien n'est au-dessus de l'entendement humain ; l'étendue n'est pas moins divine que la pensée ; le bien et le mal sont relatifs ; l'homme n'est pas un empire dans un empire ; la fin de l'État est la liberté.

  • Plus de 6 millions d'individus sont  victimes d'addictions (drogues, alcool, tabac...) Si la consommation d'alcool, de tabac ou de cannabis baisse, dans le même temps les ivresses chez les jeunes sont de plus en plus brutales et intenses, la consommation de cocaïne grimpe... Contrôler l'usage et soigner les victimes ne suffit pas. Pour éviter que les prises de risque excessives ne se déplacent et que de nouvelles addictions n'apportent de nouveaux dommages,  il faut se poser les questions des mesures éducatives et préventives.  Comprendre et donner du sens pour agir: cet aide-mémoire présenté sous forme de 49 fiches regroupées en 5 thèmes se présente comme un outil indispensable à tout soignant pour y parvenir.
    Avec : Beauchet, Bonnaire, Bonnet, Chambon, Contat, Crouzet, Delorme, Fillit, Gira, Goutte, Lascaux, Lutz, Magnin, Meliava, Michel, Phan. 

  • À la fin du mois d'août 1937, le reporter de guerre Robert Capa débarque à New York par le paquebot. Il a 23 ans, il est déjà veuf : un mois plus tôt, sa compagne photographe Gerda Taro a été tuée lors de la guerre d'Espagne à Brunete, près de Madrid, alors qu'il se trouvait à Paris.

    À la fin du mois d'août 1937, le reporter de guerre Robert Capa débarque à New York par le paquebot. Il a 23 ans, il est déjà veuf : un mois plus tôt, sa compagne photographe Gerda Taro a été tuée lors de la guerre d'Espagne à Brunete, près de Madrid, alors qu'il se trouvait à Paris.

    Ce séjour new-yorkais est l'occasion pour Robert Capa de s'extraire de son désespoir. Il retrouve sa famille – mère et frère notamment, qui ont fui Budapest –, ainsi que ses amis, dont le photographe hongrois André Kertész qui avait été son mentor à Paris, il tente de se faire engager par le nouvel hebdomadaire Life Magazine.

    Mais c'est surtout l'occasion pour lui de mener à bien un projet de livre. Un album à la mémoire de Gerda, intitulé
    Death in the making, conçu avec André Kertész, pour évoquer en images les douze derniers mois que Capa a passés en Espagne à couvrir la Guerre civile avec Gerda. Sous l'hommage du combat des Républicains espagnols, cet ouvrage raconte aussi – implicitement – leur amour agité, ainsi que leur collaboration où la cause révolutionnaire devint une cause intime.

    Après Gerda, livre sur la naissance d'un livre, roman où se mêle histoire et fiction, recrée le tourbillon de ces six semaines à New York, une ville en paix, dans laquelle remontent les souvenirs de cette année 1936-1937, ses violences, ses déchirements qui bouleversèrent aussi bien le couple Taro-Capa que l'Europe entière.

  • Elle est arrivée de Bénin City pour profiter de l'argent suisse et payer les dettes de sa famille. Elle vit sous la coupe d'une proxénète qui détient son passeport et son juju, cette figurine sacrée qui lui permet de la contrôler. Il conçoit des jeux vidéo fun-gore qui ont fait de lui une star. Il voyage à travers le monde d'hôtel de luxe en festival de geeks, ivre de drogues et vivant dans un univers parallèle où la fiction prend le pas sur la réalité. Le soir où elle s'asperge de White spirit et s'immole par le feu pour mettre fin à tout, c'est lui qui la sauve. Il devient à ses yeux l'homme qui peut l'arracher à ses démons. Les voici liés pour le meilleur et pour le pire, unis par leurs folies et leurs obsessions, associés pour se sortir du guêpier où ils se sont fourrés...

  • Portrait du peuple de gauche dans la seconde moitié du XXe siècle.

  • Face aux drogues et aux addictions, il faut d´abord chercher les solutions pour réduire les risques et les dommages de leurs usages plutôt que de vouloir les éliminer à tout prix. Tel est le fondement de la « réduction des risques ». Une stratégie effi cace tant pour les personnes que pour la santé publique et la société tout entière. Cet ouvrage aborde pour la première fois la réduction des risques dans toutes ses dimensions, historique, conceptuelle, pratique et institutionnelle. Son objectif est de contribuer au développement des actions et des programmes, de soutenir les services et les innovations qui peuvent mieux aider les individus, mieux répondre aux besoins des populations, mieux sensibiliser et former les professionnels.

  • Versé autant dans les arts libéraux que dans les arts mécaniques, Spinoza fut aussi tailleur de verre à Amsterdam, sans doute acteur de théâtre, probablement dessinateur. Il fréquenta la boutique d'antiquaire de Franciscus Van den Enden et fut proche de la société des arts Nil volentibus arduum ; il habitait non loin de Rembrandt et Potter et appréciait la compagnie de peintres et de décorateurs. Élaborée au coeur du siècle d'or de la peinture hollandaise, cette philosophie a souvent inspiré les artistes. Comment expliquer un tel regard non philosophique sur une philosophie qui ne présente pas une pensée développée sur les arts ? Comment expliquer qu'on ait tenté d'emprunter les voies de l'esthétique pour pénétrer une philosophie qui ne constitue pas ce champ de réflexion en un domaine autonome ? A défaut d'avoir une esthétique à proprement dit, le spinozisme n'en contient pas moins une profonde réflexion sur les arts et leurs usages au sein d'un projet d'éthique conçue comme art de vivre.

  • « Enlève tout ! » Plotin l'ordonne : l'âme humaine doit tout retrancher, supprimer tout ce qui l'encombre et l'alourdit. En répétant et en appliquant ce mot d'ordre, elle délaissera la séduction des apparences sensibles et des plaisirs immédiats. Elle accomplira son être véritable et pourra atteindre les principes supérieurs, à commencer par l'Intellect, dont elle provient et auquel elle aspire. Comme Ulysse, l'âme doit accomplir sa propre odyssée. On insiste souvent sur les ruptures qui semblent marquer le système plotinien, et sur le saut que représente l'expérience ultime et indicible de l'union avec le Bien. Ce livre, en procédant à une relecture d'ensemble des Ennéades, entend au contraire restituer l'unité du système et la continuité qui relie les niveaux qu'il distingue : l'Âme, l'Intellect et le Bien. Il montre qu'il s'agit fondamentalement d'une continuité de la raison, sous ses différentes formes, et que l'odyssée plotinienne, plutôt qu'une ascension mystique, est avant tout une démarche rationnelle. Cette lecture du projet plotinien comme entreprise réellement philosophique le replace dans le contexte d'exégèse - celle, d'abord, des Dialogues de Platon -, et de polémiques - en particulier avec Aristote et les stoïciens - qui caractérise le moment de son émergence, au IIIe siècle de notre ère

  • Ce livre est un précis d'histoire agricole française. Il étudie l'évolution de l'agriculture en France depuis les origines jusqu'au vingtième siècle, les périodes pré et postrévolutionnaires, les progrès agricoles des dix-neuvième et vingtième siècles, la création de l'enseignement agricole et le rôle de la femme dans l'agriculture. Un "panthéon" des agriculteurs est aussi proposé.

  • Comment ressent-on le monde lorsqu'on est issu de famille pauvre ? comment se matérialisent les sentiments d'infériorité, de dévalorisation de soi qu'éprouvent les personnes appartenant à ce milieu social ? Vivre en grande pauvreté, c'est être enfermé dans un cercle vicieux qui fait que, aujourd'hui, l'exclusion tend à se poursuivre et à se transmettre de génération en génération. Au fil des temps, aux données d'ordre strictement économique de la dérive viennent s'ajouter le mal-être dans la société, l'exclusion culturelle.

  • Toute une dimension de la modernité s'est constituée en relisant et en transformant les philosophies antiques. Second volet d'une série de trois ouvrages (I. Le Stoïcisme, 1999 ; III. L'Épicurisme, à paraître), ce volume étudie le retour du

  • Sous le soleil andalou, truands teigneux, barbouzes marocains ou victimes de la crise : tous partagent la même avidité. « Il tenta désespérément de se débattre. Sursauts inutiles. Les quatre l'empoignèrent et le traînèrent à la poupe en le dérouillant. Pantin désarticulé. Au moment du dernier élan, alors que quatre bras s'apprêtaient à le balancer par-dessus bord, le coup de grâce vint percuter son crâne. L'aube naissante tomba en rideau. Son corps déchira la surface d'eau noire, s'enfonça, entraînant avec lui une coulée de bulles d'un vert fluorescent. Un bruit sourd, une gerbe d'écume. Le pilote embraya et le yacht bondit en se cabrant. Il entrouvrit soudain les yeux. Autour, la mer, le froid, les courants d'eau profonde aspirés depuis l'Atlantique. Il coulait, coulait. Il voulut crier, mais un flot d'eau salée pénétra dans sa bouche. Sa dernière sensation fut une soif immense. Une soif d'air. Les poumons pleins d'eau, il sombra. » Pierre-François Moreau, reporter et chroniqueur littéraire notamment pour Actuel, est scénariste.

  • Nelly, aventure créole est l'oeuvre la plus développée de Maurel-Dupeyré publiée dans ce volume. L'auteur prend le temps d'y présenter la psychologie des personnages et la description physique de l'île Saint-Martin, dépendance de la Guadeloupe d'avant l'abolition qui voisine avec des îles « anglaises » libres. Cette proximité géographique l'amène à parler des complexités de la vie économique et sociopolitique et de l'impact de l'esclavage sur les relations entre les diverses populations qui vivent à Saint-Martin. On trouvera aussi ici un échange de vues sur l'abolition de l'esclavage entre Maurel-Dupeyré et Victor Schoelcher datant de 1842.

  • Selon les époques et les doctrines, les passions peuvent être envisagées comme vices, péchés, effets de l'imagination ou moteurs nécessaires à l'acion humaine. La modernité recueille ainsi un héritage complexe de thèmes venus de l'Antiquité comme du Moyen Âge. Ce volume aborde donc les modernités sur ce thème des passions, du tournant du XVIe siècle à la fin de l'époque des Lumières.

  • Ce livre est une étude des rapports entre littérature, communisme et révolution, à partir de l'histoire, jusqu'ici peu connue, de l'«Internationale littéraire» : fondée à Moscou en 1920, cette organisation d'écrivains prolétariens et révolutionnaires a tenté pendant quinze ans, et dans tous les pays, de porter la lutte des classes jusque «sur le front» de la littérature. Idée alors nouvelle, qui divisait profondément les communistes eux-mêmes et qui témoigne de la vitesse à laquelle se sont développées, dans leurs rangs, la mentalité militante et la confusion entre littérature et «travail de parti».
    Tout cela s'illustre particulièrement dans le cas de la France, qui est au premier plan de cette étude : l'Internationale littéraire y a soutenu la cause militante, la poussant même, après 1929, à affronter ouvertement la tendance plus conciliante représentée par Barbusse, au risque de briser l'essor du camp révolutionnaire qui s'était formé chez les intellectuels français.
    Pour reconstruire cette histoire, les informations de la presse française de l'époque sont systématiquement comparées à celles que les revues russes et allemandes donnaient au même moment, ainsi qu'aux archives aujourd'hui accessibles à Moscou. Ces documents, pour une grande part inédits en France, placent dans une lumière nouvelle des épisodes tels que le conflit de Barbusse avec l'Internationale littéraire, le rôle des surréalistes au congrès de Kharkov et la rupture entre Aragon et Breton...

  • Spinoza transalpin est né de la rencontre entre chercheurs spinozistes italiens et français, et de la confrontation de leurs interprétations les plus récentes sur la métaphysique, la théorie de la connaissance, la politique et les rapports entre philosophie et théologie. L'ouvrage se présente sous la forme d'un dialogue au cours duquel les grands commentateurs actuels du spinozisme en Italie exposent leurs travaux, leurs méthodes d'investigation et leurs découvertes les plus récentes et les répondants français s'efforcent de mettre au jour l'originalité de cette recherche, de la situer par rapport aux types d'approche des chercheurs français dans le même domaine et de les questionner à ce sujet. L'intensité et la fécondité des recherches conduisent à s'interroger sur la force et la richesse du spinozisme italien et à en comprendre la spécificité. Marquées depuis longtemps par des orientations philologiques et historiographiques, les recherches italiennes tournent également autour de l'enracinement de Spinoza dans la modernité. Elles témoignent d'un souci d'analyser sa pensée sous un angle à la fois rétrospectif et prospectif pour l'actualiser, construire des concepts opératoires et en faire surgir la puissance cachée. C'est en confrontant ainsi différentes traditions nationales de lecture et d'interprétation que l'on peut échapper à leurs limites et conjuguer ce qu'elles ont de meilleur.

  • Plus de 6 millions d'individus sont  victimes d'addictions (drogues, alcool, tabac...) Si la consommation d'alcool, de tabac ou de cannabis baisse, dans le même temps les ivresses chez les jeunes sont de plus en plus brutales et intenses, la consommation de cocaïne grimpe... Contrôler l'usage et soigner les victimes ne suffit pas. Pour éviter que les prises de risque excessives ne se déplacent et que de nouvelles addictions n'apportent de nouveaux dommages, il faut se poser les questions des mesures éducatives et préventives.  Comprendre et donner du sens pour agir: cet aide-mémoire présenté sous forme de 49 fiches regroupées en 5 thèmes se présente comme un outil indispensable à tout soignant pour y parvenir.
    Avec : Beauchet, Bonnaire, Bonnet, Chambon, Contat, Crouzet, Delorme, Fillit, Gira, Goutte, Lascaux, Lutz, Magnin, Meliava, Michel, Phan.

  • Les addictions sont un terme générique désignant toutes les formes de dépendance (tabac, drogue, alcool). En France, on évalue le nombre de personnes concernées à plus de 6 millions. L'addictologie est la discipline en charge des conduites addictives. Cet ouvrage propose un panorama global et didactique de l'ensemble des pratiques professionnelles, de ce champ à l'articulation du médical et du médico-social. Il constituera le manuel dont le secteur a besoin.Alain Morel est psychiatre, directeur général de l'association Oppelia, directeur médical du Trait d'union (centre de soin pour toxicomanes), secrétaire général de la Fédération française d'addictologie.Jean-Pierre Couteron est psychologue clinicien, responsable de la consultation spécialisée en addictologie du CEDAT à Mantes la Jolie, président de l'Association nationale des intervenants en toxicomanie et en addictologie (ANITeA).

  • Les Petits traités d'histoire naturelle ou Parva naturalia d'Aristote proposent, pour la première fois dans l'histoire de la philosophie occidentale, une analyse systématique des états « communs à l'âme et au corps » : la sensation, la mémoire, le sommeil et les rêves, la respiration ou encore la vie et la mort. Désormais la physiologie trouve une place nécessaire et parfaitement légitime dans le cadre de l'enquête psychologique. Appliquant les grands principes formulés dans le traité De l'âme, les Parva naturalia établissent un lien nouveau, avec une précision encore inégalée dans le corpus philosophique, entre la traditionnelle et vénérable conception de l'âme comme principe de mouvement et de connaissance, et celle qui naît avec la science du vivant, cette partie de la philosophie naturelle que développe le Stagirite. Héritage considérable, aussitôt perçu comme tel dans l'Antiquité et au Moyen Âge. Les lectures, commentaires, traductions et paraphrases d'Aristote témoignent d'une attention constante à ces textes et aux questions qu'ils posent, ouvrant dès lors la philosophie naturelle à de nouveaux domaines comme la médecine, la cosmologie, l'anthropologie, etc. Avec ou contre Aristote, on doit lire et commenter les Parva naturalia. Ce volume examine leur réception et leur fortune, dans la longue durée, et dévoile ainsi un aspect essentiel de l'histoire des rapports de l'âme et du corps.

  • Les passions ne sont pas ce qu'on croit. Dans l'Antiquité la connaissance des passions est avant tout une connaissance de l'action sur les passions, il n'y a guère de place pour une consistance théorique autonome de la passion. A l'âge classique les passions sont prises comme objets de science, éléments constitutifs de l'homme. Cette conception théorique est constitutive d'une anthropologie. A la question antique "Comment agir sur les passions ?" se substitue la question moderne "Comment constituer une géométrie des passions ?" Ce volume est le premier d'une série consacrée à l'étude des passions, le legs antique et médiéval. Ce thème a fait l'objet de travaux organisés dans le cadre de l'Ecole normale de Fontenay Saint Cloud (mars - avril 1997).

  • Pierre Louis Moreau de Maupertuis (1698-1759) est passé à la postérité avant tout comme savant, mathématicien, astronome et même biologiste ; mais sa réflexion a également porté sur des thèmes philosophiques, principalement dans cet Essai que nous présentons ici et qui n'avait pas été réédité depuis le XVIIIe siècle. Ce texte commence sous les auspices de la philosophie et se conclut à l'ombre de la religion. Il nous plonge dans une atmosphère singulière due au langage du géomètre appliqué aux questions morales.

  • On trouvera ici réunies les trente-quatre contributions présentées à la Sorbonne, au cours de quatre journées d'études organisées par le Centre d'histoire des systèmes de pensée moderne de l'université Paris I et le Centre d'études en rhétorique, philosophie et histoire des idées (École normale supérieure de Lyon). Le volume présenté illustre la force de décomposition et de recomposition de la philosophie de Spinoza, qui n'a cessé d'être présente durant tout le XIXe siècle - et particulièrement en ses points hauts. Spinoza, par le truchement de spinozismes plus ou moins fidèles, s'est constitué en agent de transmutation d'une toujours nouvelle puissance de penser et d'agir, en réponse aux défis des temps et des conjonctures. I. Spinoza au XIXe siècle : l'Allemagne Éditions de Spinoza au XIXe siècle (Piet Steenbakkers). - Sur le Spinoza du Pantheismusstreit (Pierre-Henri Tavoillot, Myriam Bienenstock). - L'idéalisme allemand et Spinoza (Jean-Marie Vaysse, Thomas Kisser, Klaus Hammacher, Wolfgang Bartuschat). - Thèmes spinozistes dans la gauche hégélienne (Gérard Bensussan). - Spinoza, Marx, marxisme (André Tosel, Jean Salem). - Spinoza à l'ombre du nihilisme (Christophe Bouriau, Bernard Rousset, Patrice Choulet). II. Spinoza en France, en Italie, en Russie et ailleurs Spinoza en France (Jacques Moutaux, Pierre-François Moreau, Jean-Pierre Cotten, Chantai Jaquet, Pierre Macherey, Christian Lazzeri, André Comte-Sponville, Jean-Michel Le Lannou, Alexandre Matheron). - Spinoza et l'Italie (Alessandro Savorelli, Roberto Bordoli, Jean-François Braunstein, Cristina Santinelli).- Spinoza et la Russie (Vladimir Metlov, François Zourabichvili). - Spinoza en Espagne et dans l'Europe du Nord (Hélène Politis, Fokke Akkerman.Wiep Van Bunge, Atilano Dominguez).- Politiques de Spinoza (Manfred Walther, ElhananYakira).

  • Alors que la rupture de 1989 semble avoir congédié pour de bon l'esthétique de l'engagement, force est de constater que la réflexion sur littérature et politique reste bien vivante, toujours en quête d'exemples historiques de rapports moins instrumentaux entre ces deux pratiques. La convergence entre les avant-gardes du premier XXe siècle et l'anarchisme politique n'a cessé, de ce point de vue, de susciter l'intérêt. Jürgen Habermas a par exemple noté le parallélisme entre l'anarchisme comme mouvement de table rase politique et le programme esthétique des avant-gardes, cherchant à placer l'oeuvre hors de toute continuité historique. Les contributions du présent numéro proposent différents éclairages de cette convergence. Dans la perspective de l'histoire des idées, le primat absolu de l'individu (à la manière de Stirner), et de sa capacité à transformer le réel, entre en résonance avec la figure de l'artiste d'avant-garde qui fait revivre l'idéal du démiurge romantique. À l'époque de la critique des institutions étatiques ou des corps intermédiaires au nom d'un idéal de démocratie radicale, la littérature a pu apparaître comme un « acte pur », permettant à celui qui la pratique d'agir directement sur la société, à l'instar des jeteurs de bombe de la fin du XIXe siècle. Ainsi, la littérature moderniste et l'anarchisme se rapprochent également par leur refus commun de la « représentation », au sens aussi bien politique qu'esthétique : ce refus peut-il pour autant ouvrir sur de nouvelles pratiques politiques ou intellectuelles ? De la fin du XIXe siècle français jusqu'à l'Allemagne de la Fraction armée rouge, en passant par les révolutions russe et chinoise, il s'agit donc dans ce dossier, à travers la référence à l'anarchisme, d'interroger plus généralement la dimension politique de la pragmatique littéraire.

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