Pierre Chaunu

  • La chrétienté latine occidentale s'est dotée, du XIIIe au XVe siècle, de nouveaux moyens. Une masse critique de transformations s'est alors constituée, après la lente et méthodique descente le long des côtes de l'Afrique (cf. L'expansion européenne, « Nouvelle Clio », PUF), mais tout explose et change de 1515-1520 à 1570... C'est la conquête (en Amérique), le contrôle côtier (dans l'océan Indien) et pour plusieurs siècles l'exploitation des nouveaux mondes, qu'ouvre la prépondérance européenne.
    Ce livre décrit, explique, mais surtout il pèse : coût démographique sous l'effet dévastateur du choc microbien et viral pour la première fois évalué, gain d'un surplus de 1 % du PNB pour l'économie dominante, sans doute l'une des conditions lointaines du « décollage » de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle.

  • Ce livre voudrait présenter, de 1504 à 1650, un siècle et demi d'histoire d'un océan : l'Atlantique, entendez, pratiquement, le plus vieil océan à l'échelle humaine, le premier qui ait été régulièrement franchi, le premier à s'être trouvé au coeur d'une économie, mieux d'une civilisation, diverse, complexe, multiple, comme toute économie, comme toute civilisation, mais essentiellement une, malgré l'immensité pour la première fois dépassée.

  • « Parler d´Amérique latine, c´est affirmer l´unité de ce monde, en opposition à l´Amérique anglo-saxonne, et des 215 millions d´hommes qui parlent dans leur immense majorité, plus ou moins déformées dans des bouches étrangères, les langues castillanes et portugaises. On pourrait écrire les histoires des Amériques latines, c´est l´histoire de l´Amérique latine que nous voulons écrire, parce qu´il faut choisir, parce que nous estimons aussi que l´unité l´emporte finalement sur la diversité. » Des conquistadores à une indépendance mâtinée de colonisation yankee, Pierre Chaunu nous retrace l´histoire d´une terre de 21 173 000 kilomètres carrés. Lucien Malson est docteur d´État ès lettres et agrégé de philosophie.

  • Que s'est-il donc passé en Occident à la fin des années soixante ? Plus précisément, entre 1965 et 1970, quand - tous les sondages l'attestent - la mort devint, pour l'imaginaire collectif, le néant qu'elle n'a jamais été pendant 45 millénaires ? C'est avec son habituelle passion, et sur la base de documents inexploités à ce jour, que Pierre Chaunu analyse ces années noires - ces "Cinq tragiques" - pendant lesquelles tout bascule : l'Église, qui abdique sa spiritualité au profit d'un Évangile trop séculier ; la science qui s'essouffle, des techniques d'apprentis sorciers qui mettent en péril les équilibres fondamentaux de la démographie ; la "crise" avec son cortège de fanatismes et d'aveuglements au terme desquels on rencontre cette question singulière : pourquoi l'Occident cesse-t-il de donner un sens à la vie au moment même où le progrès lui offre les moyens de ne plus la transmettre ? On devine alors que, face à cette montée des périls, Pierre Chaunu ne ménage personne : ni les institutions, ni les dévôts, ni les incroyants. Il les adjure ici, au nom d'un espoir improbable doublé d'une espérance indéracinable qui reste la sienne et qu'il s'efforce avec talent, de faire partager. L'Historien, en cet instant, est ainsi un livre de colère et de conviction, un essai et une profession de foi.

  • Du présent que j'ai vécu, des futurs que j'ai parfois prévus, de quelques coins du passé que j'ai d'assez près regardés se dégage une ligne simple de relative cohérence. L'Australopithèque cassant son caillou avait déjà perdu une bonne part des conduites instinctives complexes qui permettent aux autres êtres vivants de vivre un cours un peu terne mais tranquille et sans migraine. Nous avons largué le reste et comblé cette heureuse défaillance par un processus ininterrompu d'accumulation culturelle. On peut donc être tenté de schématiser l'histoire par un vecteur sur l'axe du temps représentant la masse globale d'information et sa circulation. Les clefs de cette histoire sont simples, elles s'appellent : accroissement du nombre des vivants, élargissement des cercles de communication, conservation de l'acquis, limitation des pertes en ligne (l'écriture, de l'imprimé à la puce électronique), réduction des flambées destructrices de violence qu'entraîne tout décloisonnement des espaces. Et quelle explosion quand commencent à fonctionner les multiplicateurs sensoriels, optiques, d'abord au début du XVIIe siècle, puis les multiplicateurs des volumes et de la vitesse du déplacement, en attendant la parole et l'image à 300.000 kilomètres/seconde... Tout compte fait, il ne se passe pas tant de choses importantes en trois petits millions d'années, qu'on ne puisse tenter de les dire en 300 pages.

  • La liberté

    Pierre Chaunu

    • Fayard
    • 18 Mars 1987

    La liberté est-elle la première des " idées-forces " dans la civilisation judéo-chrétienne? C'est le point de vue de Pierre Chaunu dont la réflexion dans cet essai est aussi théologique qu'historique. Le concept de liberté est pour lui inscrit dans les premiers mots de la Genèse: " Au commencement Dieu créa ".
    Cette conception repose sur trois principes: Dieu est liberté - la Création est issue d'un acte libre de Dieu que ne limite aucune nécessité - Dieu s'adresse à l'homme comme à l'alter ego de sa propre liberté. Cette " liberté au ciel ", Pierre Chaunu s'en fait l'exégète à la lecture de la Bible et de ses principaux commentaires: ceux de Luther et de Calvin, d'Erasme, comme ceux de saint Augustin et de Thomas d'Aquin.

    Mais la liberté, " cette notion immémoriale antérieure au mot qui la défend ", a aussi une histoire. Elle commence avec le Ramapithécien qui se dresse sur ses pattes de derrière, elle est celle de la taille de l'outil, elle est acte créateur dans le temps vrai d'une vie sous le regard de la mort. Pierre Chaunu la replace au coeur des sociétés qu'il traverse avec érudition et passion: la Cité grecque, les guerriers du Moyen Age, les paysans parcellaires des XIIe et XIIIe siècles, ces " dix millions de décideurs tard mariés mais pour la vie ", les persécutions religieuses à contre-courant du siècle de Louis XIV, la Révolution française qui a basculé sur la question religieuse et a sombré dans l'intolérance de 91 et la Terreur de 93 parce que " la valeur première de la Révolution est Egalité, dût-elle en coûter beaucoup en matière de libertés ", le XIXe siècle des Libéraux pour qui la liberté est une valeur judéo-chrétienne de progrès.

    C'est en historien de la longue durée et de la continuité que Pierre Chaunu nous propose, avec la fougue qu'on lui connaît, cet itinéraire de la liberté " au ciel et sur la terre ", " idée-force " dont il discerne les signes du retour dans la pensée d'aujourd'hui.

    Pierre Chaunu est professeur d'histoire à l'Université de Paris-Sorbonne. Ses principaux ouvrages sont: Séville et l'Atlantique, La Civilisation de l'Europe classique, La Civilisation de l'Europe des Lumières, Le Temps des réformes, La Mort à Paris.

  • Vous avez bien compris que cette brève histoire n'est pas, ne peut pas être celle de Dieu, totalement hors d'atteinte. Mais celle de ce qui s'est passé, peut-être, en nous, de la trace que nous croyons pouvoir déceler dans l'esprit et le coeur de ceux qui nous ont précédés ou qui nous accompagnent. Le premier concile du Vatican (le 24 avril 1870) rappelait, en une langue humaine accessible qui en vaut une autre (traduction d'un latin proche de notre français) que l'Église tient pour certainement vrai qu'il est unique Dieu véritable et vivant, créateur et Seigneur des cieux et de la terre, Tout-Puissant, éternel, immense, incompréhensible, infini par l'intelligence et en toute perfection,... unique, singulière, absolument simple et immuable substance. La Bible dit plus sobrement, plus simplement,... et elle dit vrai. Dieu crée, voit, conduit l'histoire, celle des choses et des êtres, de la nature et la nôtre qui sommes, curieusement là, regardant un peu comme Il regarde, observateurs observés de la totalité dont nous sommes, à la source de laquelle il est, mais dont Il n'est pas. Dieu, donc, crée, voit, conduit l'histoire mais Il n'a pas d'histoire. Cette brève histoire est, tout au plus, une introduction possible à notre histoire avec Dieu.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Constat, parfois polémique, de la progression de la connaissance et des préoccupations des historiens, surtout religieux. Un pèlerinage aux sources de notre identité.

  • Une étude sur le passé de la France avant qu'elle ne soit une nation.

  • Ce nouveau livre de Pierre Chaunu marque une étape importante dans son itinéraire intellectuel. Connu pour son immense oeuvre historique et pour ses prises de position virulentes, il ne nous avait pas encore entretenus de l'arrière-plan philosophique qui donne sens à son travail et à son combat. Après nous avoir rappelé l'urgence de la crise démographique qui atteint l'Occident dans ses forces vives et menace sa survie, Pierre Chaunu s'attache à déterminer les conditions d'un sursaut. On ne consent à donner la vie que si la vie a un sens, et elle ne peut en avoir que si la mort elle-même a un sens. Or la mort et la vie sombrent dans l'absurde si l'homme n'est pas capable de tenir un discours cohérent et convaincant sur l'Être. L'Occident peut retrouver ce discours en revenant aux sources de son génie, en reprenant contact avec la mémoire millénaire qui l'a forgé. Dans cette mémoire, Pierre Chaunu découvre la liberté et les libertés, sans qui le présent est asphyxié et l'avenir bouché. Il y découvre aussi la tradition d'une séparation radicale entre le sacré et le profane, entre l'essence et l'apparence, entre l'Église et l'État. Non pas que la cité des hommes et la cité de Dieu doivent s'ignorer ou se combattre : chacune est légitime dans son domaine propre et chacune s'appuie sur l'autre. D'ailleurs les développements les plus récents de la cosmologie, de la physique et de la biologie ne révèlent-ils pas une concordance frappante avec les enseignements les plus constants de la Genèse, et les exigences de la démocratie occidentale ne sont-elles pas en accord total avec la tradition chrétienne ? La philosophie de Pierre Chaunu lui permet donc de conjuguer avec un rare bonheur la raison exigeante du savant, la foi ardente du croyant et la liberté vigilante du citoyen. Une pensée aussi rigoureuse, informée et élevée, nous lance un défi et nous apporte l'espoir : comment une civilisation millénaire ne renouerait-elle pas le fil d'une histoire féconde et glorieuse ? Comment la vie pourrait-elle ne pas triompher de l'aveuglement et de la lâcheté ?

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Rassemble 43 articles jalonnant 35 années de la recherche d'un historien qui est l'un des fondateurs de l'histoire quantitative. Articles consacrés surtout à la conjoncture économique du 17e siècle, à l'histoire de l'Espagne au 17e siècle, à la Réforme.

  • Oui, l'Université française campe sur une île où règnent de bien étranges coutumes. Les programmes changeants dé nos concours de recrutement de l'enseignement public plongent les universitaires des pays voisins dans la perplexité. Ils font partie de nos traditions. Il est facile de les critiquer, malaisé de les remplacer. Ce livre, devoir de vacances qu'impose la fidélité à la règle, cherche à rendre service aux candidats à ces concours. C'est son premier objectif. Il s'efforce donc de couvrir la totalité du sujet dans un libellé qui nous est proposé : Réforme et Contre-Réforme (1517-1620). Fallait-il ajouter un livre aux cent mille titres d'une bibliographie qui est elle-même un sujet d'histoire ? Ce siècle des hautes eaux religieuses a fasciné les générations qui se sont succédé depuis le XVIe siècle en Europe et partout où l'Europe a essaimé. Il nous invite donc à un pèlerinage aux sources mêmes de notre identité. Pour se retrouver dans ce mare magnum, il fallait un guide, quelques règles de lecture. Le christianisme est certes une religion. Il faut être inculte pour le nier. Mais ce n'est pas une religion comme les autres. Il renvoie à une histoire, à quelque chose qui s'est passé une fois, quelque part dans l'espace-temps. Il est donc fondamentalement rapport culturel à la mémoire. Interrogeant la mémoire de 1517, on ébauchera une anthropologie du fait religieux chrétien. Cette anthropologie introduit un système explicatif du long siècle des Réformes. On ne peut isoler le fait religieux. Ce qui nous retient, ce sont les rapports de l'Église, de la culture et de la société pendant ce long siècle des deux Réformes opposées et pourtant complémentaires de l'Église. Après la rupture donc, nous posons les deux chrétientés face à face jusqu'au seuil des années 1620 qui constitue le vrai point de départ de la Modernité.

  • La vie et la liberté sont l'objet d'un dramatique enjeu. La chute de la fécondité, de moitié en dix ans, sur le tiers de la planète compromet la transmission de l'acquis culturel dans les sociétés industrielles... Les expressions idéologiques du refus de la vie se désagrègent, mais par vitesse acquise les comportements continuent de progresser. Simultanément, la révolution des communications a créé autant de failles et de trous noirs que de zones de lumière. Les scientifiques ne sortent guère de leur spécialité et les Églises ne veulent rien savoir d'une science pourtant loin de leur être hostile. Une grande partie des messages n'est plus captée et nous risquons de dilapider le prodigieux héritage dont nous sommes les inconscients dépositaires. Pourtant une marge d'incertitude demeure, qui peut jouer en notre faveur, permettre le renversement des tendances qui nous condamnent. Il arrive qu'au dernier moment, le destin hésite. Les paris sont ouverts... Sodome ou Ninive.

  • Le Temps des Réformes est bien autre chose qu'une nouvelle histoire de l'Eglise au temps de la Préréforme et de la Réforme. Certes, c'est une histoire savante, fondée sur un ensemble de recherches de pointe en cours, encore inédites, de la pensée, de la sensibilité, de la vie des intelligents (milieu des universitaires, des humanistes, du livre) et des humbles au temps des Réformes largement entendu de 1250 à 1550, mais c'est tout une méditation sur les origines du système de civilisation héritier de l'Antiquité gréco-latine, de l'innovation technologique du Moyen Age, du Message d'Eternité du Temps de la Loi, des Prophètes et des Apôtres, de la grande construction théologico- philosophique des IVe et Ve siècles, un système original qui a duré un bon demi-millénaire et qui achève de se défaire sous nos yeux. La construction d'un monde vivable, la construction d'un avenir passe par la Ré-intégration, en dépassement de l'éphémère, de tout ce que ce monde, qu'il ne faut pas perdre, contient d'éternité. En vérité, notre survie dépend d'un nouveau temps des Réformes.

    Professeur émérite à l'université de Paris-Sorbonne, membre de l'Institut, Pierre Chacun est l'auteur de plusieurs dizaines d'ouvrages qui touchent tous les domaines de la science historique.

  • Histoire et imagination, La transition inaugure la collection « Histoires » initiée par la communauté des historiens universitaires. Le point de vue initial de Pierre Chaunu est que : « Avec la transition, nous avons enfin un concept opérationnel et fédérateur. C'est un concept d'économiste, de démographe et bien évidemment de philosophe et d'historien.[...] Pour le moment la transition se présente comme l'entrée dans un système de plus en plus implosif, totalement non reproductible, au sens propre, un futur sans avenir. Seule, une analyse historique du présent à la lueur du passé est susceptible, peut-être, de proposer quelques solutions en vue d'une prospective un peu moins désastreuse.»

  • A partir de l'étude de nombreuses sources, retrace la constitution et la mise en mouvement de l'expansion planétaire de l'Occident chrétien maritime entre le XIIIe et le XVe siècle, qui mènera au désenclavement des différentes régions du monde. « Copyrigh

  • Voici le livre d'humeur et de réflexion d'un de nos plus grands historiens, fondateur de l'histoire quantitative, dont l'esprit républicain supporte mal le gâchis de la dispendieuse commémoration de l'archétypale, très sainte, sanglante et belliqueuse Révolution. Le processus, improprement dit révolutionnaire, entrave, retarde, compromet l'évolution en cours d'une société vivante, moderne, en heureuse et rapide mutation, dont les indices par tête venaient de rattraper les performances de la créative Angleterre, que la France surclassait, alors, de toute manière, par le nombre et le poids. Une structure d'État qui s'est figée, le piège d'une série de mauvais choix, l'abandon, en 1774, de l'excellente réforme Maupeou, un règlement électoral absurde mettent en place une masse critique de bouleversements erratiques, qui fait émerger la boue et entraîne, au moment où commence la vraie révolution, la révolution industrielle, un des plus grands ratages de l'histoire. L'inflation, le retour à l'économie de subsistance, l'appauvrissement du patrimoine, la désalphabétisation, la plus atroce des persécutions religieuses, la plus grande flambée d'intolérance, l'amenuisement irréversible de la fécondité, le populicide de Vendée et la guerre d'agression qui entraînent un volume de pertes supérieur à celui de 1914-18 méritent-ils tant d'honneur ? Était-il convenable, à trois ans de l'Acte unique qui scelle l'amitié européenne, de commémorer ça ?

  • " Au cours de l'évolution, nous avons perdu les conduites complexes instinctives de nos lointains ancêtres. Mais le don de l'orgasme peut être considéré comme un mode de substitution des conduites instinctives dans le processus complexe de la reproduction de la vie. Au tournant des années 60, la nouvelle contraception a balayé les dernières traces d'un lien déjà fortement distendu.
    " C'est un progrès, certes, mais il n'est pas sans risque. Plus de cent pages de chiffres et de tableaux le montrent bien : comme je l'avais prédit, l'humanité est passée presque partout de l'explosion à l'implosion démographique. C'est à la culture de faire face, comme elle l'a fait toujours au cours du processus historique. De la rapidité avec laquelle elle réagira dépend notre destin. Il me semble aujourd'hui qu'on puisse raisonnablement être optimiste, si la femme le veut bien. Il suffit d'ouvrir les yeux, de comprendre et de vouloir. Y contribuer tant soit peu est le but de cet essai. " p. c.

    Pierre Chaunu, membre de l'Académie des sciences morales et politiques, est professeur émérite à l'université de Paris-IV-Sorbonne; Jacques Renard, docteur en histoire, est ingénieur d'études à l'université de Paris-IV-Sorbonne.

  • Né en 1923, Pierre Chaunu est professeur à l'Université de Paris-Sorbonne et directeur du premier centre d'histoire quantitative qui a été créé en France en 1964. On le considère comme l'un des pères de l'histoire quantitative et sérielle. Il enseigne également à la Faculté libre de théologie réformée d'Aix-en-Provence. Son oeuvre publiée représente un peu plus de 20 000 pages, depuis Séville et l'Atlantique jusqu'à De l'histoire à la prospective, publié ici dans la collection « Libertés 2000 », Le temps des réformes et Le refus de la vie. Depuis 1971, il collabore à divers magazines ; il est le président-fondateur de l'Association des Universitaires pour le respect de la vie. Pierre Chaunu, un historien, l'un des plus célèbres de l'école historique française ; un homme de foi : il enseigne la théologie réformée ; un homme engagé dans les interrogations d'aujourd'hui : il est un adversaire résolu de la loi sur l'avortement - élève aujourd'hui la voix pour dire ce qu'il pense, ce qu'il ressent face aux questions vitales qui forment la trame des volumes de la collection "La vie selon..." Après le succès de Parole d'homme, de Roger Garaudy, voici un nouveau livre promis au retentissement. Car, à propos du bonheur, de l'enfance ou de la politique - tout au long des vingt chapitres du livre -, Pierre Chaunu mêle intimement l'expérience de vie professionnelle aux réflexions de l'historien et aux méditations du croyant. Ce mouvement de la pensée - qui va de la confidence à la connaissance par le savoir historique et à l'amour par la foi - entraîne le lecteur. Il restitue à chacun de nous, en ce temps fugitif et troublé, la mémoire de l'éternité.

  • Au centre même du creux des volumes consécutif aux lourdes pertes et à la grave incidence de la guerre hispano-anglaise, des forces actives - on l'a vu - travaillent au redressement massif des années qui suivent 1592. Rapidement, les niveaux d'avant la catastrophe sont retrouvés, la marche en avant du mouvement reprend son cours et, sans conteste, quelle que soit la ligne d'approche que l'on adopte, les niveaux atteints dès la première fluctuation cyclique 1593-1604, voire, dès la première fluctuation primaire (1593-1597) du cycle 1593-1604, en volume, du moins, dépassent déjà ceux-là, pourtant, particulièrement honorables, du « cycle royal de l'argent du Potosí ». Ils les dépassent de très peu, il est vrai, mais avec une constance suffisante pour qu'il ne puisse y avoir de doute sur la réalité du dépassement.

  • Tandis que les chrétiens français, devant certaines manifestations, comme celle de Mgr Lefebvre, découvraient qu'ils n'avaient pas digéré complètement l'aggiornamento, deux historiens, deux amis - animateurs de l'Association universitaire pour le respect de la vie - rédigeaient cette lettre ouverte, adressée aux églises en crise. Usant ici de l'humour et là de la "polémique sans malice", alternant l'analyse historique des problèmes et l'indispensable admonestation, ils mettent, irrespectueusement mais sans animosité, les responsables ecclésiastiques en face de leurs responsabilités d'hier et d'aujourd'hui.

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