René-Jean Clot

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • N'en déplaise à ceux qui font et défont les réputations sur des critères qui ne sont que ceux de la mode, René-Jean Clot bâtit une oeuvre monumentale, un temple dont les piliers invitent le regard au vertige : romans, nouvelles, poèmes, essais d'un côté, peintures, dessins, gravures de l'autre. Homme du sud condamné par l'histoire à vivre au nord, René-Jean Clot expose au soleil ce qui chez beaucoup se satisfait de l'ombre : mais sa lucidité, sans complaisance, ne donne jamais le dernier mot au désespoir, car il y a chez lui, à la différence d'un peintre comme Bacon, une merveilleuse tendresse, une étrange et métaphysique confiance, un abandon (qui se passerait même de justification) à l'humain. C'est en cela que René-Jean Clot dépasse son siècle : obstinément, il a refusé de se laisser enfermer dans l'asile mortel construit par nos sociétés, obstinément, soulevant jusqu'aux chiffons obscènes des prostituées, il a découvert la pureté du coeur de l'homme, sa souffrance, son indicible appel qui ne reste pas sans réponse, même quand elle n'est pas entendue. (L'envers de la grâce, c'est toujours la grâce).

  • N'en déplaise à ceux qui font et défont les réputations sur des critères qui ne sont que ceux de la mode, René-Jean Clot bâtit une oeuvre monumentale, un temple dont les piliers invitent le regard au vertige : romans, nouvelles, poèmes, essais d'un côté, peintures, dessins, gravures de l'autre. Homme du sud condamné par l'histoire à vivre au nord, René-Jean Clot expose au soleil ce qui chez beaucoup se satisfait de l'ombre : mais sa lucidité, sans complaisance, ne donne jamais le dernier mot au désespoir, car il y a chez lui, à la différence d'un peintre comme Bacon, une merveilleuse tendresse, une étrange et métaphysique confiance, un abandon (qui se passerait même de justification) à l'humain. C'est en cela que René-Jean Clot dépasse son siècle : obstinément, il a refusé de se laisser enfermer dans l'asile mortel construit par nos sociétés, obstinément, soulevant jusqu'aux chiffons obscènes des prostituées, il a découvert la pureté du coeur de l'homme, sa souffrance, son indicible appel qui ne reste pas sans réponse, même quand elle n'est pas entendue. (L'envers de la grâce, c'est toujours la grâce).

  • L'enfant hallucine

    René-Jean Clot

    • Grasset
    • 15 Avril 1987

    Peintre et romancier, René-Jean Clot s'est servi de sa double expérience pour composer l'émouvant personnage de Jean Bressy, adolescent "retardé" comme on dit à la campagne, qui vit d'art et d'amour exclusivement. L'amour, c'est celui, passionné, jaloux,

  • Chassée du paradis des amours interdites par la mort de son amie et par la sévérité de sa mère, Andrée se réfugie dans un couvent. La voilà appelée, un peu plus tard, à travailler avec d'autres religieuses dirigées par mère Anne, la supérieure, dans un centre de redressement pour délinquantes mineures. Nous sommes à la fin du siècle dernier. Les deux univers (celui de la communauté, celui du centre de redressement) s'affrontent sous la férule de l'abbesse, qui se prend d'une affection maternelle pour la jeune soeur. Mère Anne s'est créé un jardin secret peuplé d'oiseaux en cage, d'une merveilleuse poupée et d'un chat troublant. Soeur Andrée, si différente des autres religieuses, ne laisse pas de les déranger. Elles en viennent à la haïr. L'obsession et les hantises de toutes ces femmes entretiennent dans ce milieu fermé un climat d'inquiétude (en fait un {mal d'amour}), dont l'expression est une nostalgie érotique déchirante. Lorsque la plus insignifiante des détenues, Berthe, voit la Vierge lui apparaître, la tourmente s'abat sur le centre de redressement. La lutte entre le bien et le mal se termine par une tragédie.

  • L'amour épouse sa nuit

    René-Jean Clot

    • Grasset
    • 13 Février 1991

    Jacques Fleuret, sculpteur doué, pour subvenir aux besoins de sa petite famille est contraint d'abandonner son art. Il devient ébéniste et renonce à son oeuvre. Son caractère s'en ressent. Il n'apprécie pas à leur juste valeur la discrète bonté de son épouse Emilia et l'amour qu'elle lui prodigue. Quand Emilia meurt, il retrouve sa véritable identité. Poussé par le remords et la création, il entreprend d'élever un monument à la mémoire de la disparue : une barque-cercueil sur laquelle il sculpte une série de visages d'Emilia et, par là, les étapes de sa propre vie. Dès lors le roman devient fantastique. Par une sorte d'envoûtement médiumnique, tous ceux qui s'approchent de la barque éprouvent un trouble étrange, comme si le visage d'Emilia servait de pierre de touche à leurs sentiments de bon ou de mauvais aloi. Les réactions peuvent être violentes, comme celles des fils et surtout de leurs épouses. Pour Jacques Fleuret, fidèle à son coeur dans l'épreuve solitaire, "l'amour épouse sa nuit".

  • Mademoiselle Louise Lhers, presque quarante ans, a "la peur de mourir vieille fille et la peur de se marier". Petite-fille d'un antiquaire renommé, elle tient une pension de famille où survivent des vieillards. Depuis l'âge de dix-huit ans, elle se souvient du regard "bestial" qu'un homme a posé sur elle à Dieppe. Sa nièce, Berthe, va se marier. Pour lui faire un cadeau Louise décide de vendre un tableau, dernier vestige de la collection de son grand-père. Quand Louise examine la toile, une tête de Christ, le visage se met à bouger et le regard lui semble celui de l'homme de Dieppe... S'impose un mystère : "Le tableau pouvait-il changer la nature de sa surface peinte selon l'âme de celui qui le contemplait ?" Quand Louise montre le tableau à ses pensionnaires, les vieillards confessent à haute voix leurs turpitudes ! Le tableau est vendu. Peu de temps après on découvre que ce tableau est un Caravage. Obsédé par cette toile, Eric, le fiancé de Berthe, décide de "baiser" Louise dans l'espoir de retrouver le tableau. Louise se satisfait d'"avoir un homme". Eric et elle vont à Paris pour tenter de récupérer le tableau. Quelque temps plus tard, Eric meurt brusquement, tandis que Louise découvre qu'elle est enceinte...

  • Charhouz le voyant

    René-Jean Clot

    • Grasset
    • 15 Mai 1985

    Charhouz, étudiant iranien à Paris, a reçu une stricte éducation religieuse. C'est un mystique : il possède le don de lire dans les dessins et les couleurs des vieux tapis persans, comme d'autres interrogent le dessin dans une boule de cristal. Il a hérité de huit tapis vénérables qui lui permettent de se livrer à de longs exercices de contemplation dans une chambre d'hôtel de la rue Delambre. Mais il y a Paris, et Charhouz va succomber aux séductions du XIVe arrondissement. Le naïf et tendre garçon se métamorphosera en un don Juan avide. Des femmes cupides, des marchands, des escrocs interviennent. Et voici que Charhouz se sépare tour à tour de sept tapis sacrés. L'échec de ses ambitions l'amène à retourner dans son pays, avec pour tout bagage un seul tapis. Une nouvelle suite d'épreuves va commencer pour Charhouz, dont la consolation est d'avoir épousé la belle Amina. Hélas ! son propre frère Moussa, familier du guide suprême de l'Iran, veut utiliser les pouvoirs visionnaires du tapis au service de la Révolution.

  • Il existe un homme toujours en croix parmi nous, c'est l'instituteur. Il n'attend pourtant rien du ciel. La mère, le père ou la grand-mère viennent souvent l'entretenir des progrès ou des méfaits de leur enfant. A partir de là, les obsessions des parents, leur hantise majeure dessine en se révélant une ramification complexe. Car le père développe tout autre chose que la mère. Et l'enfant, quête angoissée de ces échanges, devient parfois un être irréel tant la tendresse autour de lui se révèle douloureuse et tracassière. Toute réalité vécue trop intensément devient étrange comme un rêve et, devant certains portraits de maîtres et de parents qui semblent ici tracés d'après nature, les vraies valeurs humaines se libèrent dans l'imaginaire, dans le temps même où le petit écolier est libéré par l'école. Réalistes et fantastiques à la fois, les récits de René-Jean Clot nous plongent dans les affres de la vie de l'instituteur. Ainsi, l'inspecteur se transforme pour le jeune maître en un personnage mythique, déconcertant et redoutable. Mais la poésie donne toujours un sens à ces rencontres où rien n'est simple, rien n'est élémentaire pour la bonne raison que l'école primaire pose des problèmes aussi graves que ceux du Jugement Dernier.

  • Pour qui connaît le double talent très particulier de l'auteur, aussi bien dans le domaine du roman que dans celui de la peinture où il s'est fait un nom, le recueil des quatorze récits qui lui sont présentés aujourd'hui est une confirmation à la fois éclatante et secrète. L'originalité profonde de René-Jean Clot est de saisir l'insaisissable, de maîtriser ce qu'il y a de plus fluide et de plus mystérieux dans une âme, sur un visage, dans un discours, dans une situation psychologique ou morale, à travers tel paysage ou telle nature morte, qu'ils soient décrits par l'intermédiaire de la plume ou du pinceau. L'auteur est présent au long de ces nouvelles étranges, émouvantes où l'humour noir et l'humour tendre, le désespoir et une lucidité féroce ne représentent, en quelque sorte, que le regard attentif qu'un créateur se doit d'accorder à la vie sous toutes ses formes. Un mouvement commun relie la suite des récits en question qui, presque toujours, ont pour cadre une humble école communale et pour objet soit un élève, un instituteur, une institutrice, une mère, un directeur, un père. Ainsi donc, sous une apparence volontairement anecdotique où chacun de nous peut retrouver tel ou tel fragment de sa réalité personnelle, se dissimule, avec un sens extraordinaire de la pudeur et de la poésie, le leitmotiv même d'une grande et douloureuse symphonie de la solitude que René-Jean Clot a su diriger jusqu'au bout.

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