Collection XIX

  • M. Utterson, l'avocat, était un homme de rude apparence ; son visage ne s'éclairait jamais d'un sourire ; il était froid, sobre et embarrassé dans ses discours, très réservé, maigre, long, poussiéreux, morne, et ayant malgré cela un certain fonds d'amabilité. Dans une réunion d'amis, et quand le vin était à son goût, quelque chose d'éminemment humain éclairait ses yeux, quelque chose qui ne ressortait jamais dans sa conversation, mais qui se faisait sentir non seulement dans la face pleine de béatitude d'un homme qui vient de bien dîner, mais, le plus souvent et le plus fortement, dans les actions de sa vie.
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Lors de son séjour, à Londres, le prince Florizel de Bohême conquit l'affection de toutes les classes de la société par le charme de ses manières, la culture de son esprit et sa générosité. Ce qu'on savait de lui suffisait à révéler un homme supérieur ; encore ne connaissait-on qu'une bien petite partie de ses actes. Malgré son calme apparent dans les circonstances ordinaires de la vie et la philosophie avec laquelle il considérait toutes les choses de.
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Nous produisîmes une grande agitation dans les docks d'Anvers. Un arrimeur et un groupe de portefaix des docks enlevèrent nos deux « canoës » et coururent à l'embarcadère. Derrière eux venait une foule d'enfants, poussant des hourras. La Cigarette partit au milieu d'un clapotis de petites vagues qui se brisaient. L'instant d'après, l'Aréthuse la suivait. Un vapeur descendait le fleuve ; des hommes, sur le tambour, crièrent de rauques avertissements, l'arrimeur et ses portefaix, sur le quai, nous braillaient de prendre garde.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • « Ce jour-là, M. Utterson rentra dans son logement de garçon avec des idées sombres, et dîna sans plaisir. D'habitude, le dimanche, après ce repas, il allait s'asseoir près du feu, et là, avec quelque livre pieux et insignifiant reposant sur son pupitre, il attendait que la cloche de l'église voisine sonnât les douze coups de minuit ; alors, avec reconnaissance, sagement et posément, il se couchait, Mais ce soir-là, aussitôt que la table fut desservie, il prit une bougie et passa dans son cabinet. Alors il ouvrit son coffre-fort, et retira d'une cachette un dossier marqué sur son enveloppe : testament du docteur Jekyll. Il s'assit et, avec un froncement de sourcils, il se mit à examiner son contenu. C'était un testament olographe, car, quoique M. Utterson s'en fût chargé après qu'il eût été fait, il avait obstinément refusé son assistance pour le faire. Ce testament non seulement assurait qu'en cas de décès de l'éminent docteur Jekyll, membre de plusieurs sociétés savantes, toutes ses possessions passeraient dans les mains de son ami et bienfaiteur Edward Hyde, mais aussi qu'en cas de disparition du docteur, ou d'une absence inexpliquée pendant une période révolue de trois mois, ledit Edward Hyde entrerait en possession des biens de Henry Jekyll sans plus de délai, déchargé de toute obligation, à l'exception de quelques petites sommes payables aux gens de la maison du docteur. Ce document était depuis longtemps la bête noire de l'avocat. »

  • « Nous produisîmes une grande agitation dans les docks d'Anvers. Un arrimeur et un groupe de portefaix des docks enlevèrent nos deux « canoës » et coururent à l'embarcadère. Derrière eux venait une foule d'enfants, poussant des hourras. La Cigarette partit au milieu d'un clapotis de petites vagues qui se brisaient. L'instant d'après, l'Aréthuse la suivait. Un vapeur descendait le fleuve ; des hommes, sur le tambour, crièrent de rauques avertissements, l'arrimeur et ses portefaix, sur le quai, nous braillaient de prendre garde. Mais, en quelques coups de pagaie, les canoës étaient hors d'atteinte au milieu de l'Escaut, et nous laissions derrière nous tous les vapeurs, et les arrimeurs et les autres vanités du rivage. »

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