Robert Yergeau

  • Une grande constante traverse le dernier numéro de l'année de la revue Nuit blanche : celle du voyage. En plus de toutes les nouveautés québécoises et internationales, voici le menu qu'elle nous propose. Premièrement un panorama de la littérature routière et vagabonde, de Okanagan de Sara Lazzaroni à L'Astronome dur à cuire de Jonathan Ruel en passant par Le Fil des kilomètres de Christian Guay-Poliquin. Ensuite une approche particulière de l'« indianité » à travers l'oeuvre de Louise Erdrich et Thomas King. Puis, un anniversaire : la maison d'édition L'Instant même fête ses 30 ans et se raconte à rebours. De nombreuses pages seront consacrées aux correspondances du clan Ferron. L'écrivain méconnu du XXe siècle mis à l'honneur sera le moderniste et voyageur Luc Durtain (1881-1959). La publication nous propose également de découvrir le poème inédit de Robert Yergeau Les Muses chauves ainsi qu'un portrait de l'écrivaine Gracia Couturier, entre théâtre, albums jeune public et romans.

  • Qu'est devenue la poésie au Canada français depuis le début des années 1990 ?

    Comment les poètes - aussi bien les « jeunes » que ceux des générations précédentes - ont-ils renouvelé les manières et les matières de la (leur) poésie ?

    Qu'il s'agisse de

  • Le poète ne cesse de sexposer, qui entre dans la fêlure pour y trouver son sel. Ici : la mort du père, la rupture et finalement le passage vers la fatalité, lheure dont on ne revient pas, et que les mots ne peuvent quappréhender.
    Robert Yergeau nous laisse ces inédits qui témoignent de sa volonté de laisser une nouvelle trace qui le maintienne encore dans la vie. Ils sont le point de chute de son héritage poétique.
    Laccent cru de ces poèmes nous trouble, parce que « les mensonges que je mendie [sont] plus vrais que la vérité ». Lexpérience est portée par un mouvement tragique, mais la parole est toujours motivée par une poésie au verbe sans compromis, intransigeant, sarrachant au « mentir vrai » et tendu vers un idéal quil sent hors de portée.
    Mais le désespoir nest pas sans lumière, même assombrie. Quelque chose, en lui, croit à cette distance du langage qui transcende.
    Une clarté minuscule constitue donc un point de chute incandescent pour toute vie qui continue de trembler. Les paroles couvent encore la cendre dun feu qui a consumé le poète, et ne sauvent pas de lirrémédiable, mais lui donne sens.

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