Roger Bastide

  • Le rêve, la transe et la folieLa psychiatrie moderne et la psychanalyse ont associé le rêve, la folie et la transe mystique à des phénomènes d'hystérie. Il faut refuser une telle réduction, mais néanmoins admettre qu'avec le rêve, la transe et la foli

  • L'intérêt porté à l'étude des cultures afro-américaines est relativement récent.
    Il a fallu attendre la suppression de l'esclavage ; car jusque-là on ne voyait dans les Noirs des Amériques qu'une force de travail, non les porteurs de cultures originales. Lorsque les Noirs sont devenus citoyens, la question s'est posée de savoir s'ils pouvaient être ou non intégrés dans la nation : étaient-ils assimilables ? ou au contraire, avaient-ils une culture "étrangère", des moeurs différentes, des modes de penser qui empêchaient, ou tout au moins freinaient, leur incorporation dans la société occidentale ? Telles sont quelques-unes des questions que Roger Bastide aborde dans cet ouvrage, considéré à juste titre comme un des grands classiques des études afro-américanistes.
    C'est le seul livre en langue française à présenter une vue synthétique des différentes Amériques noires, du nord au sud du continent en passant par les Caraïbes. C'est à Roger Bastide, à travers ses nombreuses publications et ses enseignements, que l'on doit l'introduction et le développement des recherches afro-américanistes dans l'anthropologie et la sociologie françaises. Par ses travaux, il a révélé la remarquable plasticité des cultures noires des Amériques.
    En effet, l'esclavage, s'il a rompu en partie le lien avec les cultures africaines, n'a pas détruit pour autant la créativité culturelle des Noirs. Ces derniers ont su, et savent toujours, tirer parti de leur marginalité et de leurs contacts avec les cultures européennes et indigènes du Nouveau Monde pour élaborer des systèmes culturels syncrétiques profondément originaux, fondement de leur identité collective.
    Par-delà la diversité des cultures afro-américaines dont rend compte cet ouvrage, il existe bien un certain nombre de convergences essentielles entre les différentes Amériques Noires que Roger Bastide fait apparaître en restituant le cadre historique et sociologique de la formation de ces cultures.

  • Roger Bastide analyse ce qui se passe lorsque des hommes en rencontrent d'autres de culture différente, lorsque leur " prochain " est aussi un " lointain ". Un beau livre antiraciste, mais sans angélisme, qui remet à l'honneur un concept quelque peu malmené depuis une dizaine d'années, celui d'acculturation que Bastide assimilait à celui d' " interpénétration des civilisations ".

  • Depuis la première édition de ce livre en 1977, la sociologie de l'art a connu des développements importants et souvent divergents. La place de Roger Bastide y est originale et essentielle. Comme ses contemporains Francastel et Goldmann, mais par des voies différentes de l'anthropologie et de la psychanalyse, l'auteur redonne à la création son enracinement existentiel ; mais son étude déborde des vieux concepts de l'esthétique et du positivisme : il découvre l'immense champ de l'imaginaire social et du dynamisme social des formes.

  • L'auteur confronte la psychanalyse et la sociologie dans une perspective historique. Il fait ressortir les étapes communes d'évolution des deux sciences et démontre qu'elles se corrigent et s'enrichissent mutuellement.

  • L'auteur propose une présentation générale du Brésil, à sa manière, c'est-à-dire fortement marquée par la passion de comprendre, de donner à voir un monde différent, un « ailleurs » dégagé de tout exotisme. Brésil terre des contrastes n'avait pas connu de réédition depuis 1957. Et même si les disparités régionales s'émoussent lentement, qui peut nier la pertinence en cette fin de siècle de la caractérisation choisie par Bastide ?

  • Cet ouvrage est paru au Brésil en 1973, alors que Roger Bastide effectue son dernier séjour dans ce pays, quelques mois avant sa mort. Il est constitué de rééditions de textes parus précédemment, de (1943 , 1946, 1951 et 1953). Il aborde le monde afro-brésilien en ce qui concerne la littérature, mais aussi la presse noire, et les cultes d'origine africaine, la macumba et surtout le candomblé dont il décrit minutieusement les différents éléments. Jamais traduites en français, ces études révèlent un Bastide ethnographe de grand talent.

  • Cet ouvrage, ainsi que son premier volume intitulé Poètes et dieux - Etudes afro-brésiliennes, ont pour objectif de proposer l'ensemble des Estudos afro-brasileiros parus de 1946 à 1959 à Sao Paulo. Restaient donc Sociologie du folklore brésilien, trois textes sur le candomblé ("Monographie de candomblés", "Le cérémonial de la politesse" et "Le lundo do padre") et le "Batuque de Porto Alegre". Onze des études sur le folklore publiées par Batide sont également ajoutées à ce volume.

  • Roger Bastide étudie ce qui lie les valeurs religieuses aux structures sociales. Il s'emploie à saisir la réalité brésilienne dans toute son originalité, pour en dégager seulement à la fin ce qu'elle peut apporter de nouveau à une sociologie théorique des rapports dialectiques.

  • Une description des étapes de la vie mystique et de ses dépouillements successifs : l'indifférence aux désirs, puis aux jugements, puis aux affects pour atteindre un sentiment cénesthésique, une conscience sourde de l'être.

  • Roger Bastide (1898-1974) a été professeur de sociologie à São Paulo, puis à la Sorbonne. Ses recherches ont porté sur les religions afro-brésiliennes qu'il a observées à travers le Brésil, principalement à São Paulo et à Bahia. Le sacré sauvage est son dernier ouvrage, mis au point avec l'aide d'Henri Desroche, et qui reprend des articles publiés entre 1931 et 1973. Il y part à la recherche des récurrences du sacré, dans le rêve, les mythes, la prière, le millénarisme et le candomblé de Bahia. Selon lui, l'homme est une machine à fabriquer les dieux qui, lorsque le sacré devient trop froid dans l'institution des églises, recrée du sacré chaud, appelé sacré sauvage dans le dernier chapitre qui donne son titre au livre et en constitue le point d'orgue. Un ouvrage profond, ultime qui, après Rudolf Otto, Roger Caillois et Mircea Eliade, propose une réflexion fondamentale sur le sens du sacré.

  • Parmi les textes littéraires de Bastide, connu comme sociologue et anthropologue, spécialiste du Brésil et des cultes afro-brésiliens, André Gide tient une place de choix avec 14 articles publiés entre 1934 et 1972. Ce volume, paru en 1972, regroupe sept de ces textes publiés au Brésil et en France -certains remaniés- ainsi que trois textes inédits et une introduction: il s'apparente à une analyse cohérente de l'oeuvre et de la pensée de Gide.

  • L'homme a soumis à son pouvoir les forces de la nature, mais il n'est pas encore arrivé à contrôler les forces sociales, à maîtriser le changement, et à le planifier selon les lois de sa raison. L'anthropologie appliquée, qui se veut scientifique, s'est donné justement pour tâche cet élargissement du pouvoir de l'homme, de la nature physique à la nature sociale. De là son importance actuelle. Roger Bastide étudie, dans ce livre, les postulats de cette anthropologie appliquée, ses limites et ses méthodes d'action.

  • Les Pélissier, personnages de légende, ont défrayé les chroniques du monde cycliste pendant près d'un demi-siècle, du règne du bon président Fallières à celui du général de Gaulle. Ils étaient trois : Henri, Francis, Charles. Turbulents, insolents, provocants, qui "forçaient l'admiration ou l'animosité". Leurs carrières ont été jalonnées d'exploits, mais aussi d'abandons et de querelles qui ne furent pas moins retentissants. Ils ont inspiré à Albert Londres, le Prince des journalistes, après leur abandon dans le Tour de France 1924, son inoubliable reportage sur les "Forçats de la route". Mais Henri et Francis refusaient précisément d'être des forçats. Ils clamaient, bien haut, que le champion cycliste est d'abord un artiste, et ils ont mené un combat impétueux pour imposer cette image. Ils se sont dressés orgueilleusement face à Henri Desgrange, tout puissant directeur du journal L'Auto, et organisateur du Tour de France, et ils l'ont souvent amené à composition. Henri Pélissier, l'aîné, a été le plus prestigieux, se construisant un palmarès qui devait rester sans égal, jusqu'à l'avènement de Fausto Coppi et Louison Bobet. Henri, le pur-sang, n'avait pas des dons exceptionnels, mais, chercheur infatigable, il fut un novateur dans les domaines de la technique : entraînement, préparation, perfectionnement du matériel. Francis, dévoué corps et âme au grand frère, s'est créé sa propre personnalité dans Bordeaux-Paris, et il devait devenir, après sa retraite de coureur, un directeur sportif d'une exceptionnelle compétence. Charles, le benjamin, de quinze ans plus jeune qu'Henri, "rappelait un tout petit peu", comme l'écrit Henri Desgrange, "l'anémie de la dynastie des Valois succédant aux rois guerriers". La subtile revanche du "Napoléon du cyclisme", si souvent tenu en échec par Henri et Francis, fut de capturer Charles et de transformer le contestataire en un champion de la courtoisie et de l'élégance. Unissant leurs tonitruants défauts et leurs superbes qualités, les Pélissier furent les créateurs de ce qu'on pourrait appeler le "nouveau cyclisme".

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