Littérature générale

  • L'Hiver du mécontentement, c'est ainsi que le journal le Sun qualifia l'hiver 1978-1979, où des grèves monstrueuses paralysèrent des mois durant la Grande-Bretagne. Voici venir l'hiver de notre mécontentement, ce sont aussi les premiers mots que prononce Richard III dans la pièce de Shakespeare. Ce personnage, la jeune Candice va le jouer, dans une mise en scène exclusivement féminine. Entre deux tournées à vélo pour livrer des courriers dans un Londres en proie au désordre, elle cherchera à comprendre qui est Richard III et le sens de sa conquête du pouvoir. Au théâtre Warehouse, lors d'une répétition, elle croisera une Margaret Thatcher encore méconnue venue prendre un cours de diction et déjà bien décidée à se hisser à la tête du pays. Elle fera aussi la rencontre de Jones, jeune musicien brutalement licencié et peu armé face aux changements qui s'annoncent.
    Thomas B. Reverdy écrit le roman de cet hiver qui a sonné le glas d'une époque et accouché d'un autre monde, un monde sans pitié où Just do it ne servira bientôt qu'à vendre des chaussures. Mais il raconte aussi comment de jeunes gens réussissent à s'y faire une place, en luttant avec toute la vitalité, la détermination et les rêves de leur âge.

  • Ici, lorsque quelquun disparaît, on dit simplement quil sest évaporé, personne ne le recherche, ni la police parce quil ny a pas de crime, ni la famille parce quelle est déshonorée. Partir sans donner dexplication, cest précisément ce que Kaze a fait cette nuit-là. Comment peut-on sévaporer si facilement ? Et pour quelles raisons ? Cest ce quaimerait comprendre Richard B. en accompagnant Yukiko au Japon pour retrouver son père, Kaze. Pour cette femme quil aime encore, il mènera lenquête dans un Japon parallèle, celui du quartier des travailleurs pauvres de Sanya à Tokyo et des camps de réfugiés autour de Sendai. Mais, au fait : pourquoi rechercher celui qui a voulu disparaître ?

    Les évaporés se lit à la fois comme un roman policier, une quête existentielle et un roman damour. Dune façon sensible et poétique, il nous parle du Japon contemporain, de Fukushima et des yakuzas, mais aussi du mystère que lon est les uns pour les autres, du chagrin amoureux et de notre désir, parfois, de prendre la fuite.

  • Ici, les maisons ne valent plus rien et les gens s'en vont, en les abandonnant purement et simplement ; la ville est en lambeaux. Nous sommes Detroit en 2008 et une blague circule : que le dernier qui parte teigne la lumire. On dirait que c'est arriv. C'est dans cette ville menace de faillite qu'Eugne, un jeune ingnieur franais, dbarque pour superviser un projet automobile. C'est dans un de ces quartiers dserts que grandit Charlie, Charlie qui vient, l'instar de centaines d'enfants, de disparatre. Mais pour aller o, bon Dieu, se demande l'inspecteur Brown charg de l'enqute. C'est l, aussi, qu'Eugne rencontrera Candice, la serveuse au sourire brillant et rouge. Et que Gloria, la grand-mre de Charlie, dploiera tout ce qui lui reste d'amour pour le retrouver.Thomas B. Reverdy nous emmne dans une ville mythique des tats-Unis devenue fantme et met en scne des vies d'aujourd'hui, dans un monde que la crise a vou l'abandon. Avec une posie et une sensibilit rares, il nous raconte ce qu'est l'amour au temps des catastrophes.

  • New York, août 2003. Une chaleur suffocante. Ground Zero, le site des attentats du 11 septembre, vidé de ses décombres, n'est qu'un trou large comme un quartier. Ce n'est plus le World Trade Center depuis deux ans, et ce n'est pas encore la Tour de la Liberté, qui n'est qu'un projet d'architectes. Un non-lieu étrange, une absence dans le paysage. " Le plus petit désert du monde ". Un vendredi à l'aube, on découvre le corps mutilé d'un ouvrier arabe sans identité, jeté là, dans un puits de forage. Les cendres sont prêtes à se ranimer. Le commandant O'Malley, qui se charge de l'enquête, porte un costume sombre et ne transpire jamais. De Manhattan à Coney Island, il rencontre, interroge témoins et suspects. Candice, par exemple, la serveuse aux cheveux ambrés comme la bière qu'on brasse à Brooklyn. Ou Pete, l'ancien policier qui fait visiter le chantier aux touristes et qui a eu une altercation avec le mort, la semaine passée. Obèse et raciste avec ça, il ferait un bon coupable. Et puis il y a Simon, l'écrivain français de cette histoire, qui s'interroge sur l'impossible deuil de ces bouts d'existences américaines. Sans jamais lâcher le mouvement de ses personnages, Reverdy y ajoute un luxe descriptif, un sens du détail, un brio et une musicalité qui lui sont personnels. Car, on le sait, " il faudrait une vie pour raconter une vie ". Thomas B. Reverdy est né en 1974. Il s'est révélé en 2003 avec La montée des eaux, auquel ont fait suite Le ciel pour mémoire (2005) et Les derniers feux (2008, prix Valéry Larbaud). Par son souffle et ses dimensions, ce grand roman sur la blessure de l'Amérique annonce une ambition nouvelle.

  • En bordure du bois de Vincennes, non loin de l'ancien palais des Colonies devenu le Musée de l'histoire de l'immigration, se cache un jardin méconnu. L'atmosphère de ses ruines gagnées par la végétation tient à son histoire. Créé à la Belle Époque pour perfectionner l'agronomie coloniale, il est rapidement devenu la vitrine de l'Empire. C'est aussi là qu'a été construite la première mosquée de France.
    Un écrivain désireux d'y trouver l'inspiration pour un roman d'aventure s'y fait accompagner par un jeune chercheur en histoire. Tous deux partent sur les traces du fantasque fondateur du jardin, l'explorateur Jean Thadée Dybowski.
    Leur promenade est l'occasion d'un vagabondage érudit et amusé dans ces lieux où se déchiffrent encore l'histoire coloniale et sa représentation. Elle est aussi le moyen d'une interrogation sur cette mémoire plus que jamais brûlante. Et si nos peurs, comme nos nostalgies, n'étaient qu'affaire de décor ?

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