Vénus Khoury-Ghata

  • Ce qui reste des hommes Nouv.

    Diane, qui a atteint un âge qu'on préfère taire, se rend dans une boutique de pompes funèbres pour acheter une concession et se retrouve avec un emplacement prévu pour deux cercueils... La voilà qui recherche parmi les hommes qui l'ont aimée celui qui serait prêt à devenir son compagnon du grand sommeil. Un roman aussi grave que fantasque, qui mêle la vie et la mort, l'amour et la solitude, l'émerveillement et le chagrin.

  • Immense poète russe, fervente amoureuse menant de front plusieurs liaisons à la fois : Rilke lui préfère Lou Andreas-Salomé, Pasternak en épouse une autre mais la protège jusqu'à sa mort, au bout d'une corde dans un grenier d'où elle avait vue sur le champ qu'elle grattait à mains nues à la recherche des pommes de terre oubliées des paysans. Une vie débordante d'épreuves :
    la misère pendant la guerre civile, sa fille de trois ans morte de faim dans un orphelinat, son mari qui se bat contre le régime soviétique... Rejetée par les poètes officiels, puis par la riche diaspora russe en France, elle retourne dans son pays pour mettre fin à sa vie d'errance. Enterrée sous une motte de terre anonyme dans le cimetière d'Elabouga, Marina Tsvétaïéva martyre de l'époque stalinienne.

  • Le photographe ne voyait que la mère qui lavait ses cheveux rouges puis les nattait sous l'oeil de verre qui suivait ses bras nus levés haut pour fixer la masse de tresses au sommet du crâne. Clic clac malgré les regards désapprobateurs des voisins. Ne voyait qu'elle et ses cheveux mélangés à l'argile rouge. La boîte noire retombée sur la poitrine de l'homme, la mère n'aurait pas dû sourire mais rentrer chez elle, refermer sa porte, dérouler sa natte.

    Après le passage d'un photographe occidental, la femme aux cheveux rouges disparaît brutalement de la palmeraie où elle vivait, laissant derrière elle ses deux enfants bouleversés. Le mari et les enfants suivront les traces de la mère de ville en ville, et la retrouveront des mois plus tard sur les murs de Séville, devenue top model célèbre grâce au photographe. Ascension rapide suivie d'une chute brutale : l'engouement de l'Occident pour l'étrangère est de courte durée ; les mannequins noirs ne sont plus à la mode, remplacés par les Slaves éthérées... Misère et maladie rattrapent la reine d'hier.
    Avec son incroyable talent de romancière, Vénus Khoury-Ghata nous entraîne dans les rues et les faubourgs de Séville, et livre un roman tragique et drôle sur l'exil, la famille et la condition des migrants.

  • Tu écris comme on crie pour appeler à ton secours, transformer les morts en vivants, retrouver des lieux perdus. Jamais de plan, tes personnages te dictent les mots qu'il faut. Tu écris comme tu jardines, la terre creusée en profondeur comme pour mieux t'ancrer dans le sol français, écris pour liquider un contentieux avec toi-même et ton passé. Tu as rarement recours à l'imagination, ta vie dépasse toute fiction. C'est dans ta nature de perdre les hommes qui t'aiment, dans ta nature d'écrire ce que tu vis, le vécu ne prend sens qu'une fois écrit noir sur blanc ou serré, braise dans ta main, la brûlure confirme que tu es encore en vie.

    Une femme s'interroge : pour quelles raisons n'a-t-elle pas su garder les hommes qui ont partagé sa vie ? La passion d'écrire est-elle incompatible avec l'amour ?
    Vénus Khoury-Ghata parle de toutes les femmes qui vivent dans une grande solitude après une disparition.
    Vénus Khoury-Ghata rend le deuil presque supportable.

  • Deux jours à dos d'âne pour trouver la fiancée idéale. Jambes et bras épilés, mains teintes au henné, une fille à marier doit ressembler à un miroir. Chacune espère être l'élue et partir vivre en ville. Le désert est fait pour les hommes, leur regard croit voir des oasis avec des palmiers lourds de fruits quand les femmes ne voient que du sable sur du sable. Un regard circulaire a suffi au rabbin pour trouver l'élue. Il choisit Yudah pour son nom, une contraction de Yahuda, et pour ses yeux baissés lorsqu'il l'a regardée. Toute femme est belle pour le rabbin du moment qu'elle n'est ni manchote ni borgne.

    Yudah est une jeune fille juive du désert algérien. Le jour où le rabbin Haïm la chosit pour être la nouvelle épouse de l'Émir Abdelkader, sa vie bascule. Yudah rêvait de palais mais se retrouve dans un campement de tentes balayé par le vent. Occupé sur d'autres fronts, l'Émir, lui, demeure invisible. Bientôt Abdelkader rend les armes : il est débarqué avec ses généraux à Toulon pendant que le reste de ses fidèles est envoyé sur l'île Sainte-Marguerite. Yudah est de ce voyage. C'est donc en France qu'elle poursuivra sa quête, inlassablement, à la recherche d'un époux qu'elle n'a toujours pas vu... Le destin merveilleux de la jeune fille du désert se réalisera-t-il?

  • Noor se sent aussi sèche que les feuilles flétries qui collent à ses semelles, que son puits déserté par l'eau. Elle s'alimente le moins possible, ne fait plus de feu pour chasser le froid accumulé sous sa peau, s'attache à ne rien modifier autour d'elle. Ils viendront accompagnés d'enfants et de chiens teigneux qui s'en prendront à sa chèvre utile pour le repas traditionnel prévu d'avance. Ils mangeront après avoir lancé les sept premières pierres appelées les salvatrices. Sept, répète-t-elle en s'aidant de ses doigts. Sept, comme les jours de la semaine, comme les cailloux qui fixent le toit de la réserve. Sept pierres pour fêler sa tête comme une grenade mûrie au soleil de l'été. Dans un village aux portes du désert, Noor attend son châtiment : coupable d'adultère et condamnée par une fatwa, elle doit être lapidée. Sur la place, les pierres sont déjà prêtes. Noor n'imagine pas pouvoir se soustraire à la justice et aux traditions ancestrales : elle doit payer pour sa faute. C'est compter sans l'intervention de l'étrangère, une Française au service d'une mission humanitaire qui, pour la sauver, déploiera des trésors d'énergie et de volonté... Formidable conteuse, Vénus Khoury-Ghata brosse les portraits de femmes au destin tragique, déchirées entre le respect de la tradition, l'aspiration à la liberté et le droit à l'amour et au plaisir.

    1 autre édition :

  • Gens de l'eau chante la vie d'une communauté tel un mythe. En attendant le retour des hommes partis à la chasse, les femmes effacent leur douleur avec l'eau de la pluie. Tous les gens de la terre sont considérés comme des frères étranges, familiers et parfois menaçants.
    Vénus Khoury-Ghata fait défiler avec talent les images concrètes et d'une beauté bouleversante. Dans ce nouveau recueil, elle livre une poésie ample, directe et quasi magique.

  • Le poète fou caché sous sa couverture continue à balbutier des choses. Ses mots refusent de mourir. Le vacarme des trains n'empêche pas le poète de se réciter ses poèmes, de les déclamer. Il entend des ovations. Il peut mourir en paix maintenant qu'il se sait apprécié. Moins fou, Mandelstam comprendrait que ce qu'il prend pour des ovations ne sont que des réclamations, ses camarades, des déportés comme lui, veulent du pain et pas des mots. Mort, ils continueront à lever son bras pour profiter de sa ration. En 1938, le grand poète russe Ossip Mandelstam a quarante-sept ans et se meurt dans un camp de transit près de Vladivostok. Staline, "le montagnard du Kremlin, l'assassin et le mangeur d'hommes", est le responsable de sa déchéance. Du fond de sa cellule, perdu dans son monde peuplé de fantômes, Mandelstam revoit défiler sa vie : quatre décennies de création et de combat, aux côtés de Nadejda, son épouse adorée, et de ses contemporains, Akhmatova, Tsvetaïeva, Pasternak et bien d'autres... Grâce à son écriture sensible et à son sens inné de la dramaturgie, Vénus Khoury-Ghata redonne vie à Mandelstam et lui permet d'avoir le dernier mot. Prouvant que la littérature est l'un des moyens les plus sûrs de lutter contre la barbarie.

  • La romancière et poétesse libanaise Vénus Khoury-Ghata se livre pour la première fois dans un livre d'entretiens sans tabous. Elle y évoque sa vie, son oeuvre, son pays et son exil, mais aussi toute la vie littéraire française depuis 1970.

    La poétesse et romancière libanaise se raconteDans ce livre d'entretiens avec sa fille en poésie Caroline Boidé, la poétesse et romancière libanaise Vénus Khoury-Ghata se raconte. Son enfance au Liban, le sacrifice de son frère poète homosexuel jeté dans un asile où s'origine son écriture, son premier époux qui remblayait la mer, son arrivée en France dans les années 1970, la mort de son amour Jean Ghata, ses quatre enfants, les années de guerre civile... Son oeuvre poétique et romanesque aussi, passion de sa vie, son passage du monde arabe à la France et sa rencontre avec les artistes de son temps : Aragon, Matta, Alain Bosquet, Jean-Marie Le Clézio, Andreï Makine ou encore Adonis.Au fil de ces entretiens menés au rythme fougueux propre à Vénus Khoury-Ghata, le lecteur découvre une femme généreuse, drôle et incandescente. Ses livres, en dialogue incessant avec sa vie de part et d'autre de la Méditerranée, s'en trouvent éclairés.

  • La revenante

    Vénus Khoury-Ghata

    Trois officiers français, morts en 1941 dans le Djebel druze suite au bombardement alliés dans la montagne syrienne sous protectorat français, sont exhumés cinquante après. Le squelette d'une femme est trouvé parmi eux. Qui est-elle ? Que faisait-elle dans ce temple romain détruit par l'aviation anglaise ?
    Au même moment, une jeune Française travaillant dans un hôpital parisien est renversée par une voiture. Plongée dans un long coma, elle n'en sort que pour déclarer qu'elle n'est autre que la fille morte sous les décombres du temple de Djebel druze.
    Partie sur les lieux, elle y retrouve les traces de son ancienne vie et les personnes qui ont survécu...

  • Un immeuble dans un quartier résidentiel qui tourne le dos à la ville. Des chats et des vieux à tous les étages. Tout passant à la peau mate est pris pour un cambrioleur, tout cagoulé est un potentiel terroriste, tout huissier est nanti d'une mallette.
    Une femme, « qui peut se passer de pain, d'eau, de lait, même de confiture, mais pas de chats, ni surtout de mots », voit rejetée par la mairie de Paris sa demande d'être enterrée sous sa pelouse, à côté de ses chats : « le noir Pacha, qui collectionnait les embouts de tuyaux d'arrosage ; la végétarienne Lulu, égérie de Gourmet, payée en boîte de conserves refilée à Lucifer, chat de la gardienne ; l'obsédé sexuel Aristote, mort sous les coups de bec d'une tourterelle qu'il tentait de violer ; Bandit, qui filait à la seule vue d'un képi ; Rimbaud, bêchant la terre en ligne droite, pour y enfouir ses crottes ; Messaline, qui s'allongeait sous tous les chats, même castrés ; Juliette aux longs cils et Roméo aux moustaches incandescentes, et tant d'autres dont l'odeur continue à imprégner ses draps et ses tapis. Tous enterrés de nuit, à la barbe des voisins qui ne l'auraient pas admis, sous l'oeil humide de la lune...» Une chatte prend la plume pour défendre la requête de sa maîtresse.

  • Adam m'aimait à cause du désert, de l'odeur de sable qui collait à la plante de mes pieds, aimait Mathilde parce qu'elle lisait et écrivait. Elle tapait ses romans, tapait jour et nuit pour oublier qu'elle était une femme. Mathilde n'aimait pas le plaisir. Pauvre Mathilde qui n'a connu qu'un seul homme, un mari, pas un amant. Elle s'est privée de la halwa de la vie, de ce qui fait scintiller une femme comme lune de septembre. Mais les responsabilités l'ont vieillie : gérer un domaine a blanchi ses cheveux et noirci son coeur. Ma soeur m'a tout appris sauf à aimer. Adam s'en est chargé. Mathilde me manque. Une seule main ne peut applaudir. Elle était la main droite, j'étais la main gauche et Adam était les applaudissements.

    À l'occasion d'une conférence sur l'écrivain Adam Saint-Gilles, Anne rencontre sa veuve, Mathilde, et passe la nuit dans son gîte rural. La nuit devient des mois. Anne ne quitte pas les lieux malgré les rudes tâches exigées par Mathilde : débiter du bois, redresser une haie affaissée lui vaudront la lecture d'un roman inédit, promise jour après jour. Anne, esclave consentante de Mathilde. la découverte, à l'autre bout du domaine, de Zohra clouée dans un fauteuil roulant, demi-soeur de Mathilde et jadis amante de Saint-Gilles, éclaire d'une lumière crue la face cachée de la vie de l'écrivain...

  • "S'il faut croire la rumeur tu battais les arbres femelles, battais le pavé et les tapis sur les rambardes entrais dans les livres des deux pieds faisais le tri entre enfants raturés par les parents et ceux fignolés par les cigognes entrais des deux pieds visiteur attendu de tout temps accrochais des baisers rutilants sur les joues des filles des médailles de maréchal-ferrant sur les épaulettes des garçons puis repartais des deux pieds sans avoir salué la femme grise qui tournait le potage sans décliner le jour et ton nom." Vénus Khoury-Ghata.

  • Décembre 1802. Un navire de guerre français, Le Banel, fait naufrage au large de Ténès, village de pêcheurs algérien. La plupart des marins périssent, noyés ou massacrés par la tribu des Bani Haoua, descendus de la montagne. Seules survivantes : cinq femmes. Cinq femmes que la France oublie, que les Bani Haoua convoitent et qui seront distribuées au plus offrant. Parmi elles : Laouza, la petite blanchisseuse de Toulon, qui séduira le dey d'Alger, Hélène de Coutavray, première enseignante française sur le sol algérien. Il y a aussi Marie, seconde épouse d'un cultivateur du rif et Elise, mariée à douze ans au fils de l'émir d'un ksar. Mais le destin le plus lumineux demeure celui de mère Jeanne, dite "Yemma B'net", devenue guérisseuse et membre du conseil des sages du village. A sa mort, les Bani Haoua lui érigent un sanctuaire, aujourd'hui considéré comme un lieu saint. Vénus Khoury-Ghata, qui confirme ici son talent de conteuse, brosse des caractères romanesques éblouissants. Son récit, inspiré de faits authentiques, compose la plus envoûtante des fresques où s'entremêlent avec bonheur les couleurs et la puissance épique du monde méditer- ranéen.

    Vénus Khoury-Ghata, d'origine libanaise, signe ici son dixième roman. Son précédent livre, La Maîtresse du notable (Seghers) vient de recevoir le prix Libératur du roman étranger de la foire de Francfort. La société des gens de lettres lui a décerné son Grand Prix en 1993 pour l'ensemble de son oeuvre poétique.

  • Après avoir appris aux enfants comment écrire un poème, Vénus Khoury-Ghata invite ses jeunes lecteurs à découvrir le vrai visage des arbres, mais aussi des oiseaux, du ruisseau, du jardin, des feuilles, des saisons. Chaque poème est une histoire ou une fable qui a su garder intact l'esprit d'enfance. L'ensemble procure un véritable bonheur de lecture. Une fête de l'imaginaire.

  • Après avoir appris aux enfants comment écrire un poème, Vénus Khoury-Ghata invite ses jeunes lecteurs à découvrir le vrai visage des arbres, mais aussi des oiseaux, du ruisseau, du jardin, des feuilles, des saisons. Chaque poème est une histoire ou une fable qui a su garder intact l'esprit d'enfance. L'ensemble procure un véritable bonheur de lecture. Une fête de l'imaginaire.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • À l'espace meurtri du pays, se substitue l'espace de la page. Aux hommes qui meurent, se substituent les mots qui piétinent les chemins de l'écriture. Mots cris qui parcourent la peau du poème. Mots qui rougeoient, puis s'éteignent parce que, de l'autre côté des hommes, un pays s'ébroue dans la fumée de son sang. Et les morts se résignent à leur état de morts, s'assignent domicile dans la négation, installent l'instrument précis de leur corps dans l'immobilité. Ils habitent un lieu nul, sur ses frontières se cassent les rumeurs. Puis les corps repoussent, s'élèvent parallèles aux plus hautes plantes, gorgés de sève et d'écume. L'érotisme des derniers poèmes, n'est qu'une manifestation de la vie, même quand elle se greffe sur la mort.

  • C'est surtout l'histoire d'une famille déchirée, à l'image du pays qui l'entoure. Le Liban, jamais nommé dans ce livre, est présent dans toutes les pages. Et Flora, l'héroïne de ce livre, symbolise le Liban qui n'a su protéger ni ses frontières, ni son intégrité.

  • Des poèmes sur la mort par l'auteur de Les Ombres et leurs cris.

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