Histoire

  • Trésor, écrits, pouvoirs

    Archives et bibliothèques d'État en France à la fin du Moyen Âge

    Préface de Patrick Boucheron

    Les pouvoirs de l'écrit dans la société médiévale ne reposent pas seulement sur la capacité des institutions à le produire ou à le diffuser. Le cas particulier du royaume de France et de son État en gestation à la fin du Moyen Âge manifeste un rapport singulier à la conservation des supports et des valeurs de l'écrit dans des espaces réservés et situés au cœur des Palais et qui forment autant de " trésors ". La localisation de ces dépôts structure l'espace et la dynamique de centralisation du pouvoir capétien et assure indirectement, par leur inscription dans les espaces urbains, une présence et un pouvoir de l'écrit bien plus large : la visibilité indirecte des trésors d'écritures. Ces " trésors " de titres, de chartes, de manuscrits informent la " sapience " d'un souverain qui pose ainsi les fondements d'une " science de l'État ".

    Cet ouvrage rassemble un certain nombre d'études singulières sur le Trésor des chartes entre le xiiie et le xvie siècle, et la librairie royale, dite " de Charles V ", entre son installation au Louvre en 1368 et sa dispersion au début du XVe siècle. Ces travaux sont précédés de textes généraux sur la question du statut de la fonction politique et symbolique de la thésaurisation royale.

  • Pourquoi l'Iran fait-il trembler l'Occident depuis quarante ans ? Comment est née cette république islamique dont dépend en partie la paix au Moyen-Orient ? Depuis l'avènement des Qâjârs au début du XIXe siècle, la modernisation de l'État a progressé en même temps que la violence politique. Un nationalisme particulier, inséparable de l'islam chi'ite, s'est développé en réaction contre les ingérences des puissances européennes. Une première révolution, en 1906, a doté l'Iran d'une monarchie parlementaire. Soixante-dix ans plus tard, la révolution qui a renversé le chah a été menée par les mollas associés à des intellectuels libéraux et à des forces de gauche. Derrière le rideau de l'islam militant, les cortèges révolutionnaires réclamant l'indépendance et la liberté dénonçaient autant l'absolutisme du chah que l'impérialisme de Washington. En 2009, les dissidents ont de nouveau envahi les rues de Téhéran pour dénoncer la dictature de Mahmud Ahmadinejad, fraîchement réélu dans des conditions douteuses. Mais le « mouvement Vert », démesurément amplifié par les médias occidentaux, a fait long feu ; et le régime, malgré ses détracteurs, résiste encore. D'où tient-il son dynamisme, et de quelle légitimité se réclame-t-il ?

  • Spartacus est né d'une famille libre, au Ier siècle avant J.-C. (vers 93), dans la province de Thrace, province de culture grecque conquise par Rome. Très jeune, victime d'une razzia, il fut vendu comme esclave. N'ayant pu faire valoir son statut d'homme libre auprès d'un tribunal romain, il devint gladiateur. Entre 73 et 71, l'esclave prit la tête d'une grande insurrection contre Rome. Comment ces hommes de toutes origines, souvent des esclaves fugitifs, sans moyens, sans formation militaire, sans armes, purent-ils défier l'armée romaine et vaincre des légionnaires rompus à tous les combats ? Rome mobilisa contre eux plusieurs armées, les meil-leurs soldats de l'époque, et pourtant, au moins cinq légions, soit 25 000 hommes, furent anéanties... Rome prit peur et fit appel à l'illustre Crassus pour vaincre Spartacus. À l'aide des rares sources écrites, Yann Le Bohec tente de répondre à ces questions. Il reprend la chronologie des faits, reconstitue le parcours des insurgés, analyse la situation militaire de Rome, et nous donne une lecture inédite de l'« énigme » Spartacus. L'histoire d'un homme qui, d'une condition subalterne, s'est hissé à l'égal d'un authentique chef de guerre.

  • L'histoire de Rome est celle, extraordinaire, d'une petite cité qui a failli disparaître cent fois en deux siècles (509-338) avant de s'imposer à ses proches voisins, puis à toute une région - le Latium -, ensuite à l'Italie (272), et enfin au monde tout entier de l'époque, c'est-à-dire le monde méditerranéen. Pourtant, les Romains rejetaient la guerre et aimaient la paix. Faut-il chercher dans leur organisation politique, dans leur vie économique, dans leurs structures sociales ou dans leurs productions culturelles les raisons de la résistance d'une suprématie qui dura jusqu'à la chute de l'empire, au Ve siècle après J.-C. ? En mêlant approche chronologique et questionnements thématiques, cet ouvrage dresse un panorama de ce que nous savons de l'histoire romaine. Il offre ainsi une introduction éclairante au monde des Romains. À lire également en Que sais-je ?... L'empire romain, Patrick Le Roux Les Étrusques, Dominique Briquel

  • Lucullus

    Yann Le Bohec

    « Ce soir, Lucullus dîne chez Lucullus » : cette citation est très connue. Et, pour cette raison, ce personnage est devenu l'exemple du parfait gastronome. D'ailleurs, son nom a été donné à des mets, à des restaurants, et même - on frémit de le rapporter - à de la nourriture industrielle.

    Pourtant, celui que cache cette célébrité, à vrai dire méritée, reste un inconnu. Les historiens, à tort peu intéressés par ses talents trop multiples, ne l'ont pas étudié, si ce n'est dans des ouvrages de pure érudition et dans des publications anciennes.

    Gourmet, certes, il le fut. Mais il fut surtout un aristocrate de premier plan, admiré par ses amis, comme Cicéron, et même par ses ennemis, tel César, qui voyait en lui un général et amiral très compétent, l'ennemi de Mithridate et le rival de Pompée. Homme politique d'une grande habileté, intellectuel à la Socrate, qui maniait les idées sans les écrire, esthète raffiné, il possédait de nombreux talents... et de grands biens.

    C'est ce Romain fascinant qui nous est dévoilé dans une enquête qui va au-delà des apparences. Et ce livre donne, à la fin, l'explication permettant de découvrir la vraie personnalité de Lucullus.

  • L'histoire de Rome est inséparable de l'histoire de ses guerres. De 509 à 338 avant J.-C., la cité fut en permanence menacée de disparaître : elle combattit parfois plusieurs ennemis à la fois, souvent des voisins, qui ne supportaient pas l'âpreté au gain de ses soldats et l'arrogance de ses dirigeants. Ce fut un dur « struggle for life » qui forgea les bases de sa future puissance. Car ne reconnaissant jamais aucune défaite, sans plan préétabli, elle s'empara, de 338 avant J.-C. à 106 après J.-C., pays après pays, de tout le bassin méditerranéen, et elle fi nit par contrôler un domaine immense, de l'Écosse au Sahara, de l'Atlantique à la Mésopotamie. Et puis, en 406/410 après J.-C., elle le perdit. Ce livre présente l'anatomie des guerres de Rome gagnées grâce à un outil militaire exceptionnel, à de grands capitaines, et à des règles sociales originales et fortes. Mais il présente aussi les guerres peu à peu perdues, les débâcles et les redditions. Il montre, à cet effet, comment la supériorité des techniques de combat, de l'armement, de l'organisation et d'un art du commandement sans faille s'est peu à peu usée, délitée, éteinte au sein d'un empire devenu trop vaste, confronté à de nouveaux ennemis, venus de très loin, plus féroces que jamais et inassimilables. Fidèle à sa méthode, Yann Le Bohec ramène le lecteur aux sources : par les textes des grands auteurs de l'Antiquité, mais aussi par l'épigraphie, et grâce aux dernières découvertes de l'archéologie, il exhume des batailles inconnues et des guerres oubliées. L'Histoire des guerres romaines, qui évoque la mort de tant de soldats et de grands chefs militaires qui les menèrent au combat, devient ainsi, par cette approche inédite, un texte vivant et passionnant. C'est l'histoire d'une milice de paysans qui a fi ni par dominer le monde.

  • Germanicus

    Yann Rivière

    Un livre en forme de défi : faire revivre et donner à comprendre un personnage et une époque considérés comme familiers, et pourtant si éloignés de nous. Sur le Grand Camée de France, on le voit, guerrier superbe et triomphant, être accueilli par son oncle et père adoptif l'empereur Tibère et par Livie, veuve d'Auguste mais aussi sa grand-mère. Il est le prince de la jeunesse, le César que Rome et le monde espèrent lorsque reviendra le temps de la liberté d'antan. Mais Germanicus, lorsqu'il meurt à Antioche en 19, à 34 ans et dans des conditions suspectes, emporte avec lui une gloire inaccomplie. Auréolé de vertus républicaines, de courage militaire et de maîtrise intellectuelle, le petit-fils de Marc Antoine, l'époux d'Agrippine, le père de Caligula paraît avoir brûlé les étapes. Après avoir brillé en Illyrie, c'est en Germanie qu'il se distingue, infligeant une sévère défaite à Arminius et vengeant ainsi le désastre de Varus. C'est en Orient qu'il s'épanouit ensuite, faiseur de roi et de paix, populaire au point de susciter la jalousie de Tibère. La mort le frappe en plein vol, le soustrayant peut-être au destin sanglant qui caractérise sa famille. En reconstituant le parcours de Germanicus, Yann Rivière nous entraîne de façon magistrale sur les lieux que, en ces débuts glorieux de l'empire, Rome s'attacha à conquérir, chez les peuples divers qu'elle s'attacha de gré ou de force, dans les mystères et les subtilités de la politique et de la religion mêlées, et aussi au coeur de cette dynastie julioclaudienne, où le génie, la folie et le meurtre se côtoyèrent.

  • La première guerre mondiale a été un véritable traumatisme tant sur le plan humain que sur le plan matériel : familles en deuil, habitants meurtris, villes et villages en ruines, paysages bouleversés. La Champagne-Ardenne a payé un lourd tribut au conflit, partagée entre la zone occupée par les Allemands, le front ardent et le territoire resté français, accueillant les réfugiés ou soutenant l'effort militaire. Grâce à une sélection de cartes postales et photographies d'époque, l'historien Yann Harlaut et le photographe Vincent Zénon Rigaud nous invitent à mesurer l'ampleur des destructions engendrées par les différents belligérants. En pleine commémoration nationale du centenaire, confronter l'image passée à notre vision présente permet non seulement de se souvenir, mais également de mieux comprendre la région, ses habitants, son histoire, l'Histoire.

  • Plus ancienne fête de France, traditionnelle et contemporaine, ancrée dans la cité d'Orléans et dans la mémoire vive de ses habitants d'hier et d'aujourd'hui, immuable mais très marquée par les circonstances politiques et sociales de son époque : depuis près de six cents ans, les Fêtes de Jeanne d'Arc mobilisent la population de l'Orléanais et concernent le pays tout entier, dès lors que l'invité du maire saisit sa présidence d'un jour pour parler à tous les Français de leur histoire et de la mémoire nationale.
    Si cette libération nous parle, bien loin des tentatives de détournement de l'héritage de l'Héroïne, c'est que les orateurs du 8 mai saisissent cette occasion, depuis 1920, pour évoquer l'actualité, les enjeux du moment, des lendemains de la Grande Guerre à la Reconstruction sur les ruines de la ville martyrisée par la Seconde Guerre mondiale. Cent ans après la venue du maréchal Foch, ces « Voix d'Orléans » rythment des fêtes que seules les guerres ont interrompues et les « malheurs des temps » reportées.
    Florilège d'une concordance des temps, les grands discours des maires d'Orléans et de leurs invités civils retracent l'histoire d'une ville, de son rapport à son passé et de son rôle dans la vie de la nation. Même exceptionnellement décalées en automne, à Orléans, les Fêtes de Jeanne d'Arc marquent toujours le sacre du printemps, la ferveur d'une renaissance urbaine et patriotique.

  • Mont-Liban, 1860 : des centaines de chrétiens sont massacrés par les Druzes musulmans. La France obtient des puissances européennes, malgré une sourde résistance diplomatique de l'Angleterre, l'autorisation d'envoyer un corps expéditionnaire pour venir en aide aux victimes et rétablir l'ordre dans cette province de l'Empire ottoman. C'est le premier cas avéré d'« ingérence humanitaire ». Le corps expéditionnaire français ne se livrera cependant à aucune action militaire d'envergure. La principale originalité de cette opération se situe ailleurs : dans l'importance de l'aide qu'elle a permis d'apporter aux populations sinistrées ; dans ses conséquences judiciaires et politiques aussi. Car il a fallu déterminer les responsabilités dans les massacres et trouver une solution politique pour stabiliser la région, au-delà de la durée de l'intervention. À travers le récit mouvementé de ces événements, entre rivalités franco-britanniques et conflit culturel, Yann Bouyrat rappelle combien cette première expression du « devoir » d'ingérence a soulevé, pour les contemporains eux-mêmes, des questions de souveraineté, de légitimité et de droit international d'une brûlante actualité.

  • Le portrait de Louis XIV en costume de sacre peint en 1701 par Hyacinthe Rigaud est devenu, à l'égal de la Joconde pour l'art de la Renaissance, une véritable icône de l'imagerie politique. C'est ce statut d'icône de la représentation monarchique qu'interroge ce livre puisque ce terme renvoie autant à la publicité d'une image déclinée à l'envie dans l'indistinction d'un genre et la dépersonnalisation qu'à la puissance de l'effet de présence d'un individu singulier (Louis XIV). Avec cette représentation du roi en majesté, c'est également une cartographie de l'imaginaire visuel des souverains français qui se déploie : un ordre des images plaçant le tableau de Rigaud au centre d'autres représentations rangées en cercles concentriques comme autant de satellites distribués selon leur proximité à l'astre iconique jusqu'à l'aphélie la plus marquée du dernier d'entre eux. Il y aurait ainsi une distance irréductible entre ce Roi et la variation inégale d'une majesté imaginaire en figures spectaculaires dotées de performances politico-visuelles moindres. Doit-on, dès lors, inférer que la Majesté se distribue différemment selon qu'on soit Louis XIV ou Charles VIII ? Faudrait-il considérer que ces images sont à comprendre comme une progression menant des balbutiements iconographiques de la souveraineté monarchique à la royauté en majesté de Louis XIV, soit l'apprentissage d'une économie visuelle de la majesté du prince ? Ce livre propose un cheminement dans l'imaginaire monarchique moderne. Celui que l'on peut décider de suivre dans des images qui disent une histoire des rapports de la monarchie à la res publica des xve-xviie siècles : une histoire à travers laquelle se devine, se dessine, se représente et s'incarne le visage de l'État ; une histoire des rois imaginaires qui serait celle du pouvoir des images à illustrer le prince et à apprivoiser l'État afin d'éclairer la révolution des représentations politique et artistique du siècle des Lumières comme notre rapport contemporain aux images politiques.

  • Fils bâtard du duc de Normandie Robert, orphelin dès son enfance, celui que l'histoire connaît sous le nom de Guillaume le Conquérant dut très tôt faire preuve d'énergie et de courage pour surmonter les nombreuses oppositions à son pouvoir dans le duché et à l'extérieur. Ses victoires lui valurent une réputation de guerrier invincible, doublé d'un administrateur habile. Mais c'est la conquête de l'Angleterre en 1066, la dernière en date à avoir été couronnée de succès, qui lui a assuré une place à part dans l'histoire de l'Europe et lui a valu de susciter jusqu'à nos jours l'admiration des uns et la condamnation des autres : un personnage à (re)découvrir. Ancien élève de l'École Normale Supérieure de la rue d'Ulm, agrégé d'histoire, Yann Coz est docteur en Histoire, Université Paris - Sorbonne (Paris IV). Sa thèse est consacrée à « l'Image de la Rome antique dans l'Angleterre anglo-saxonne (VIIe siècle - 1066) ».?Ses recherches portent sur l'Angleterre médiévale et sur l'histoire culturelle du Haut Moyen Âge. Photo de couverture : « Détail de la Tapisserie de Bayeux - XIe siècle : Guillaume se fait reconnaître pour démentir la fausse nouvelle de sa mort ». Avec autorisation spéciale de la Ville de Bayeux. En vignette : Le château de Falaise - Calvados.?© www.calvados-tourisme.com.

  • Les marchands d'art hier et aujourd'hui Visionnaires, hommes d'affaires, les marchands d'art ont toujours allié l'art et l'argent. En 2011, le scandale qui a ruiné la plus grande galerie new-yorkaise Knoedler a pourtant révélé que le métier avait dévié en pure spéculation. À l'origine, il réunissait une passion pour le beau et un goût pour la modernité. Que s'est-il passé ?
    Ce livre raconte la vie de sept personnages, sept aventuriers qui ont inventé le métier, puis l'ont transformé. Vers 1860, Théodore Duret révèle le Japon aux impressionnistes, et les fait vivre, eux les « refusés ». Peu après, Paul Durand-Ruel leur ouvre le marché américain. À sa suite, Ambroise Vollard développe le génie de la vente, D. H. Kahnweiler perçoit le monde moderne avec Picasso et les cubistes, tandis que Peggy Guggenheim associe instinct et fortune pour réunir Duchamp, Ernst ou Pollock et constituer son propre musée. Peu à peu, le marchand d'art devient aussi publicitaire, quand Charles Saatchi investit dans Warhol, Kiefer et Hirst, épuisant le génie de la provocation, tandis que Larry Gagosian bâtit un empire en starifiant un Basquiat ou un Koons.
    Un essai brillant et informé sur un monde fascinant et mystérieux.

  • « Nous sommes relevés par le 65e, des Bretons qui, avec vingt-cinq kilomètres dans les jambes et douze heures sac au dos sans arrêt, ne se plaignent pas et s'entassent sans un mot dans les abris. C'est une race plus sympathique que nos Méridionaux du 16e corps, à qui la division était rattachée. » Par ces quelques mots griffonnés dans ses carnets en décembre 1915, le Bourguignon Pierre Perrin, mobilisé dans un régiment dijonnais, dit bien la force des stéréotypes régionaux dans la France de la Grande Guerre, les tensions qui en résultent parfois aussi malgré l'Union sacrée affichée. Pourtant, en dépit des profonds renouvellements de l'historiographie du conflit depuis une trentaine d'années, cette dimension régionale - et périphérique - des différents phénomènes, loin de Berlin, Londres ou Paris, reste très inégalement prise en compte par la recherche universitaire. En questionnant les liens - essentiels - entre « petites » et « grande » patries, ce livre souhaite interroger, pour lui-même, le fait régional en guerre. Conditions du recrutement et de la mobilisation, force des solidarités nées d'origines géographiques communes, cultures gustatives spécifiques, traditions musicales valorisées, langues locales ou régionales contribuant à forger une « langue des tranchées », constitution et évolution de stéréotypes régionaux combattants sont quelques-unes des pistes ici empruntées : elles permettent, entre autres, de mieux comprendre comment la « petite patrie » interagit avec la grande et contribue à renforcer la capacité des soldats à endurer les conditions dans lesquelles ils survivent au quotidien. En certains cas, la défense du pays conduit d'ailleurs à une redéfinition des identités régionales, à leur renforcement notamment. On l'aura compris : la région est ainsi moins le cadre de l'étude que l'objet même de la réflexion, à travers des contributions portant sur la Bretagne, la Normandie, le Nord-Pas-de-Calais, mais aussi l'Alsace alors allemande ou encore l'Empire britannique, plus particulièrement le Québec et la Nouvelle- Zélande.

  • L'affaire Cahuzac ? Un choc, une honte, mais surtout l'événement qui a fait éclater le scandale de l'évasion fiscale. Plus qu'un délit commis par quelques individus, l'évasion fiscale a évolué en business bien ordonné, impliquant des bandes organisées et générant des milliards d'euros de perte pour le budget de l'État. La sophistication et l'opacité y règnent en maîtres.
    Le député Yann Galut s'est lancé sur les traces de ces réseaux afin d'en appréhender les structures et les fonctionnements. Fraudeurs, banquiers, gestionnaires de fortune, avocats, magistrats, journalistes, policiers, agents du fisc, repentis, lanceurs d'alerte, il les a tous rencontrés. Avec cet ouvrage, le député permet à chacun d'entre nous de comprendre l'univers complexe de l'évasion fiscale.
    Pour que les citoyens puissent agir, exercer leur droit de regard, imposer une plus grande transparence démo¬cratique, il est essentiel de leur dévoiler les dessous d'un système qui menace l'État.
    Cet argent pillé, c'est celui de l'État, c'est celui de tous les citoyens.

  • L'aventure napoléonienne se termine mal pour la France ! Entre 1814 et 1818, le pays subit deux invasions et deux occupations. Partout, les Français sont confrontés à la défaite et à l'occupation. Comment s'y résout un peuple accoutumé à vingt ans de gloire et de victoires ? En mars 1815, Napoléon reprend le pouvoir pour Cent-Jours et relance une guerre européenne qui se solde par la défaite de Waterloo du 18 juin 1815. Comment les Français font-ils face aux réquisitions, aux violences et à la durable humiliation de la présence quotidienne de l'ennemi ?

  • Les contributions ici réunies en hommage à Claude Gauvard viennent compléter un triptyque éditorial, initié en 2010 : après Un Moyen Âge pour aujourd'hui et Violences souveraines (PUF, 2010), le bouquet d'études rassemblées témoigne de la dette contractée d'une ultime génération de doctorants, tous devenus depuis docteurs en titre. Il s'agit ici d'un acte collectif visant à rendre justice à l'incroyable capacité que Claude Gauvard de « faire jeunesses » du savoir dispensé, à travers l'enseignement et l'encadrement de travaux de recherches de longue durée. Ainsi pourrait-on qualifier un legs intellectuel inestimable : agir pour les autres et leur donner ce qui est inaliénable, soit la passion du savoir et, en l'occurrence, le désir de comprendre la société médiévale dans la profondeur de sa complexité, de ses ambitions morales comme de son rêve de totalité.

  • A l'appui des données les plus récentes de l'histoire, Yann Le Bohec propose une relecture complète de l'affrontement qui opposa, de 264 à 146 avant J-C, l'empire romain, toute nouvelle puissance de la péninsule italienne à Carthage la subtile et mystérieuse civilisation de l'actuel Maghreb. Avec brio, il retrace la vie quotidienne et les motivations des combattants, les procédés tactiques mis en oeuvre de part et d'autre ainsi que les stratégies multiples choisies par les généraux. A l'issue de ces guerres qui firent des centaines de milliers de morts et où s'illustrèrent Hamilcar, Hannibal et Scipion l'Africain, Rome domine le bassin occidental de la Méditerranée. Et Carthage fut détruite.

  • Les unités auxiliaires, relayant l'action de la IIIe légion auguste, ont joué un rôle certes militaire, mais aussi politique, socio-économique et culturel.

  • Naissance d'une nation

    Yann de L'Ecotais

    • Grasset
    • 1 Novembre 1990

    Combien de temps faut-il pour que l'Histoire accouche d'une nation ? Pour que des individus, inscrits dans des géographies ou des mémoires différentes, consentent un jour à assumer le même avenir ? Combien de temps pour que l'Europe, affranchie de ses anciens démons, accepte de devenir enfin ce qu'elle est ?

  • Trois siècles de l'histoire de Lorient, de la Compagnie des Indes à aujourd'hui.

  • Ce livre retrace le destin méconnu de la plus importante des «bonnes villes» du royaume. De la Ligue à l'échecde la Fronde, entre 1594 et 1654, l'histoire politique de la «nation France» est celle de la construction del'absolutisme royal, pleinement incarné par Louis XIV. Cette histoire est aussi celle d'une mutation des rapports noués entre la royauté et ses élites provinciales soumises désormais à une autorité nouvelle, assujetties à des exigences redoublées. La figure de la «ville classique» du siècle des Lumières esquisse alors ses principaux traits tandis que s'estompent ceux de la cité du Moyen Âge et de la Renaissance, fière de son indépendance, de ses privilèges et de ses «libertés».
    Du sacre de Henri IV à celui de son petit-fils, Lyon illustre l'ampleur des mutations politiques et culturelles à l'oeuvre au temps de la raison d'État. Pièce essentielle dans le jeu politique de la Ligue au point d'abriter deux de ses plus importants protagonistes, la cité doit reconnaître cependant l'autorité d'Henri IV et retisser avec lui les liens rompus de fidélité et d'amour qui justifiaient ses prérogatives et ses privilèges. L'histoire de la ville et de son consulat ne semble plus alors qu'interpréter une variation locale du triomphe de l'assujettissement des libertés urbaines sous le règne des deux premiers rois Bourbons et de leurs puissants ministres, Richelieu et Mazarin, comme en témoigne l'absence de révolte frondeuse à Lyon.
    Toutefois cette lecture quelque peu univoque d'une «réduction à l'obéissance» où tout serait imposé par le sommet doit être corrigée, car dans les plis mêmes de l'absolutisme royal le consulat lyonnais a su construire un espace de liberté et conserver, paradoxalement, une forme d'indépendance nourrie par la culture d'ordre qui prétendait le soumettre. En imaginant autrement la politique, en aménageant leur relation avec le roi et ses représentants locaux, notamment le gouverneur, les prévôts des marchands et les échevins lyonnais affirmèrent leur indéfectible fidélité à la Couronne comme l'irréductible autonomie de leur pouvoir; en ce «siècle des saints», ils inventèrent un imaginaire capable de transformer leur ville en cité providentielle, au nom d'une transcendance supérieure à celle du souverain lui-même.
    Centré sur l'imaginaire politique des élites lyonnaises, leur action et leurs songes, ce livre offre une compréhension renouvelée des mécanismes de l'Etat royal. Il met en évidence la construction d'un «absolutisme municipal» inattendu et singulier.

  • Christian Ranucci, 22 ans, est guillotiné le 28 juillet 1976 à Marseille pour l'enlèvement et le meurtre d'une fillette de 8 ans. De la fin de l'instruction au pied de l'échafaud, où il demande à ses avocats de le réhabiliter, il a toujours clamé son innocence. S'appuyant sur des contre-enquêtes relatives à l'affaire, le dossier pénal et de longues investigations documentaires et de terrain, ce livre aboutit à des conclusions, toutes dans le sens de l'innocence de Ranucci.S

  • Le nickel est au coeur de l'avenir de la Nouvelle-Calédonie. Ce territoire français du Pacifique Sud, qui cherche aujourd'hui sa voie entre autonomie et indépendance, possède un cinquième des réserves mondiales de nickel. L'exploitation de ses gisements est une des clefs de son développement. L'industrie minière calédonienne est née à la fin du xixe siècle dans le cadre de la colonisation. Elle s'est construite autour de la société Le Nickel qui l'a dominée jusqu'à l'orée des années 2000. On s'intéresse ici à l'histoire de cette entreprise dans tous ses aspects - humains, économiques, commerciaux, financiers, techniques et politiques - et à son rôle dans le développement de l'industrie du nickel jusqu'à la Première Guerre mondiale. Le présent ouvrage s'appuie largement sur l'étude de l'iconographie des activités minières et métallurgiques. La première partie - « Les bases de l'entreprise » - porte sur la façon dont la société Le Nickel s'est établie et nous emmène pour cela en Nouvelle-Calédonie et en Europe. La deuxième partie - « Une multinationale parisienne » - replace la société Le Nickel dans le contexte mondial et étudie sa politique générale décidée à Paris. La troisième partie - « La succursale calédonienne » - nous ramène en Nouvelle-Calédonie où sont examinées ses activités, sa main-d'oeuvre et son impact dans la vie de la colonie. Elle est aussi consacrée à étudier en détail les systèmes techniques qu'elle met en place.

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