Sciences politiques & Politique

  • Le populisme est le produit de deux secousses telluriques. Premier séisme : la montée d'un immense ressentiment contre les partis et les institutions politiques. Face à l'échec de la droite et de la gauche à contenir les excès du capitalisme, la radicalité " anti-système " a brisé les compromis que l'un et l'autre camps étaient parvenus à édifier. Deuxième séisme : la fin de la société de classes, au profit d'une société d'individus pensant leur position sociale en termes subjectifs. Une nouvelle polarité en résulte, qui sépare les " confiants " des " méfiants " envers autrui. La droite populiste surgit au croisement d'une double méfiance – à l'égard des institutions politiques et à l'égard de la société. Elle prospère sur le désenchantement démocratique, tout en renouvelant le clivage gauche-droite. Fondé sur des données inédites, cet ouvrage se révèle essentiel pour comprendre le présent et l'avenir des sociétés démocratiques.
    Doyen de l'École d'affaires publiques, Yann Algan est professeur d'économie à Sciences Po. Économiste, Elizabeth Beasley est chercheuse au CEPREMAP. Daniel Cohen est directeur du département d'économie de l'École normale supérieure et professeur à l'École d'Économie de Paris. Martial Foucault est directeur du CEVIPOF, professeur à Sciences Po.

  • Terreur

    Yann Moix

    • Grasset
    • 4 Janvier 2017

    « Ce livre, écrit au jour le jour pendant et après les attentats contre Charlie Hebdo et à l'Hypercacher, ne sort que deux ans après les événements : il fallait respecter le temps du deuil ; et me donner la faculté de suspendre celui de la réflexion. "Penser" les attentats est une gageure, parfois même un oxymore : le risque est soit de donner trop de sens à ce qui n'en a pas, soit de rater les étapes d'un processus plus complexe qu'il n'y paraît. Penser les attentats, c'est possiblement se tromper. Ce livre est un cheminement, une progression, une interrogation, un questionnement sur la radicalité, la radicalisation, la jeunesse, l'islamisation, la violence, le nihilisme. Autant de termes qu'on ressasse à longueur de journées sans jamais s'arrêter pour les creuser, les approfondir jusqu'à la nausée. Ce petit essai est obsessionnel : revenir à l'infini sur les actes, les causes, les effets, les acteurs, les conséquences, sans jamais se raturer, au risque même, çà et là, de se contredire. Les frères Kouachi, Amédy Coulibaly sont les tristes protagonistes d'un événement originel, matrice de tous les attentats qui suivirent : les notes et scolies rédigées à chaud et publiées maintenant, doivent se plaquer sur tous les attentats qui suivirent, et qui sortent tout droit, peu ou prou, de janvier 2015.Car ce qui me frappe à la relecture d'un texte rédigé il y a deux ans, c'est à quel point ce qui y était prévu est déjà advenu ou encore, hélas,  à advenir . Je n'ai donc rien censuré des passages prophétiques qui me donnent aujourd'hui le sentiment d'une réflexion rattrapée par le réel, au prétexte qu'ils pourraient être lus comme ayant été rédigés rétroactivement à partir du réel : on ne s'excuse pas d'avoir eu raison trop tôt. "Nous sommes en guerre" a dit le président de la République. Les écrivains ont toujours voulu dire la guerre. Je n'échappe ni à la règle, ni à la tradition. »Y.M.

  • Voilà plusieurs décennies que les concepts de mondialisation et de globalisation sont discutés. Tous les territoires sont peu à peu connectés dans un grand tout charpenté par des réseaux le long desquels les informations, les capitaux, les hommes et les marchandises circulent plus aisément qu'autrefois.

    Pour autant, l'idée de globalisation ne doit pas faire illusion. L'espace mondial n'est pas encore devenu transparent et isotropique. Des processus contradictoires continuent de caractériser les liens entre les territoires et les sociétés. La proximité géographique demeure d'ailleurs un déterminant majeur des échanges. C'est dans ce contexte que s'imposent dans le monde de grands ensembles territoriaux multi-étatiques. Ils sont le signe visible de ce qui est qualifié tantôt de régionalisation, tantôt d'intégration régionale, formant une échelle territoriale qui a aujourd'hui toute sa place entre le local-national et le mondial.
    C'est ce que montrent les auteurs de cet ouvrage collectif. Spécialistes de plusieurs disciplines (géographie, science politique, sociologie), leur objectif est de décrire et d'expliquer à plusieurs échelles la régionalisation de l'espace mondial, en utilisant des approches tant théoriques et conceptuelles qu'empiriques. Si l'Europe, la Méditerranée et l'Afrique du Nord occupent une place importante dans cet ouvrage, plusieurs chapitres proposent des approches globales et des contre-points régionaux qui permettent d'établir d'utiles comparaisons pour donner du sens à ce qui est une tendance lourde du monde contemporain : la construction de grandes régions mondiales.

  • Yann Moulier Boutang, économiste, professeur aux universités de Compiègne et de Shanghai, passe au crible les valeurs fondatrices de notre République. Que valent vraiment la liberté, l'égalité, la laïcité ou l'intégration « à la française » ? À les examiner de plus près, ne trouve-t-on pas plutôt des prisons surpeuplées et délabrées, des centres de rétention, des écarts de salaire mirobolants, des discriminations en tout genre, une méfiance latente envers les minorités ? Assise sur ses illusions, la République française semble avoir bien du mal à répondre de ses propres valeurs.

  • Quelles sont les pratiques générées par ces entreprises sociales qui logent aujourd'hui en France 7,5 millions d'occupants, soit 13% de la population française? A quelles valeurs d'usage peut-on précisément référencer les Hlm: service public, mouvement social ou simple corporatisme sectoriel ? L'auteur retrace ici l'histoire de la production de logements collectifs de masse et s'appuie sur des recherches in situ pour analyser le fonctionnement des acteurs du logement social : État, organismes de gestion, locataires et leurs représentants

  • L'Union européenne a besoin d'instruments permettant de résoudre efficacement ses difficultés. La pratique de sommets a souvent été un moyen efficace. Mais la mise en place de sommets trilatéraux regroupant la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni a provoqué des critiques virulentes, liées à la crainte de voir se constituer un "directoire". Il est essentiel d'analyser cette pratique en raison de son rôle fondamental et des inquiétudes multiples qu'elle soulève.

  • La rédaction du quotidien régional Sud Ouest au coeur de l'affaire Cahuzac : au travers des reportages de nos journalistes, des portraits et interviews des différents protagonistes, suivez le fil qui a conduit de la démission aux aveux de l'ex-ministre du Budget puis à sa demande de pardon le 16 avril 2013. Un enchaînement de faits qui a ébranlé les plus hautes sphères du pouvoir et déclenché une opération "transparence" inédite au coeur du gouvernement.


    De la bande-son anonyme à l'opiniâtreté des hommes de l'ombre, de la banque suisse UBS aux confins du Lot-et-Garonne, de l'UMP au PS, découvrez la chronologie de l'affaire dans ce dossier qui a fait vaciller Jérôme Cahuzac. Car avant de devenir un as de la fiscalité, l'ex-conseiller d'Évin a aussi travaillé pour l'industrie pharmaceutique.

    Au sommaire de cet ouvrage, près de 30 reportages en intégralité, des portraits et des interviews réunis par la rédaction du quotidien régional Sud Ouest :


    - La chronologie de l'affaire Cahuzac - Les personnages de l'enquête - Portrait : les 3 vies de Jérôme Cahuzac - Décembre 2012 : les révélations - Janvier 2013 : la justice s'en mêle - Février 2013 : au pied du mur - Mars 2013 : la démission - Avril 2013 : des aveux et un pardon Un ouvrage exclusif à télécharger sur votre liseuse, tablette ou smartphone.

  • The autocratic regime of Sani Abacha (1993-1998) stands out as a watershed in the history of independent Nigeria. Nigeria´s darkest years since the civil war resulted from his unrestrained personal rule; very close to the features associated with warlordism. Nepotism, corruption, violation of human rights, procrastination over the implementation of a democratic transition, and the exploitation of ethnic, cultural or religious identities, also resulted in the accumulation of harshly repressed frustrations. In this book, some distinguished scholars, journalists and civil society activists examine this process of democratic recession, and its institutional, sociological, federal and international ramifications. Most of the contributions were originally presented at a seminar organized by the Centre d´Etude d´Afrique Noire (CEAN) in Bordeaux.

  • Que les conflits internationaux créent du « politique » semble une évidence : ils bouleversent les institutions, les finances et l'économie, façonnent de nouvelles formes d'engagement, induisent une mobilisation, entraînent éventuellement des phénomènes de collaboration. L'objectif des études réunies ici n'est pas tant d'étudier à travers les conflits l'essor de « l'État » en lui-même, que de comprendre dans quelle mesure ils ont favorisé l'émergence de nouveaux rapports au politique. Pour cela, l'examen sur la longue durée de terrains variés - de l'Angleterre à Venise, de la Saxe à l'Espagne - permet d'évaluer la construction progressive du politique au cours de guerres étrangères, de guerres civiles aux implications internationales et d'occupations militaires. Dans quelle mesure assiste-t-on à l'apparition de nouvelles formes de politisation des institutions et des populations ? Les conflits sont-ils toujours politisés ? Les tentatives pour les justifier, au nom d'un bien supérieur, créent-elles de nouveaux rapports au sein des sociétés ? Dans ces conflits, la mobilisation croissante des ressources d'un territoire conduit-elle, dès l'époque moderne, aux guerres dites totales ? L'engagement social s'en trouve-t-il modifié et les modalités, comme les lieux, de la prise de parole politique connaissent-ils des mutations ? Les conflits transforment-ils sans cesse les relations que les différents groupes entretiennent entre eux ? Pour répondre à ces interrogations, cet ouvrage réunit les contributions de 16 historiens venus d'Espagne, de Grande-Bretagne, d'Allemagne et de France qui s'attachent à analyser ces processus de politisation entre le XVe et le XIXe siècle.

  • Comment inverser la courbe de l'emploi en France ? Yann de l'Ecotais répond : en mariant deux politiques, l'une libérale, l'autre dirigiste ; en choisissant l'interdépendance européenne et mondiale mais en tordant le cou aux lourdeurs réglementaires hexagonales. Pour en finir avec le chômage, un peu d'audace est nécessaire. Alors il sera possible de créer, à court terme, le million d'emplois qui permettrait de desserrer l'étau mortel : emplois familiaux générés par de vrais dégrèvements fiscaux, services quotidiens, qu'il faudra bien cesser de qualifier de "petits boulots", emplois municipaux qui n'impliquent pas d'alourdir la bureaucratie d'un pays, qui par ailleurs en meurt... Parce que, précisément, c'est notre manque de souplesse, autant que le carcan réglementaire, qui interdit le moindre rebond économique. Rien n'est perdu mais, il y a urgence ; et cette urgence doit se jouer dans nos têtes et nos comportements plutôt que dans les jérémiades inconséquentes et malvenues contre Bruxelles, les délocalisations et autres serpents de mer tout juste bons à ne pas regarder la réalité en face.

  • "Changeons d'avenir " ! Le message du programme socialiste pour les élections législatives de 1997 semblait clair. Après des années de renoncement, la gauche semblait avoir compris que l'opinion attendait d'elle qu'elle prenne franchement position dans le débat sur le bien-fondé des politiques de rigueur suivies jusque-là par les uns comme par les autres. Or la lente baisse du chômage, largement compensée par une précarisation croissante de la main d'oeuvre, ne masquera pas longtemps la persistance des problèmes qui minent notre modèle social. Des raisons d'espérer existent pourtant, pourvu que la gauche ose se présenter telle qu'en elle-même et joue enfin son rôle d'animation du débat public.

  • Après plusieurs siècles d'expérimentation des rapports entre connaissance et action, l'expertise demeure une activité aux contours flous et à la légitimité fragile. Si la période récente a vu le recours aux experts prendre une importance grandissante, elle a aussi vu leurs avis souvent mis en cause : qu'il s'agisse de la préparation de réformes (éducation, protection sociale, retraites) ou du traitement de questions marquées par une forte incertitude (OGM, bio-éthique, changement climatique, épidémies, etc.). Pour les démocraties de marché occidentales, le dilemme n'est certes pas nouveau mais demeure : ou bien fonder les décisions sur les « meilleurs experts » au risque d'être publiquement accusées de confisquer les pouvoirs, ou bien accroître leur légitimité en élargissant la participation des publics et prendre le risque de l'indécision. L'affirmation contemporaine de cette « nouvelle donne » implique désormais que l'expertise compose avec une multiplicité d'acteurs et d'instruments, de territoires et d'institutions, de flux et de reflux, qui dessine une cartographie pour le moins originale du pouvoir à l'intérieur de nos sociétés. Demeure une question en suspens : comment et par où entrer dans l'expertise ? Peut-on, par exemple, l'identifier à une « méthode scientifique » ou à une simple technique, sans risquer de la caricaturer, en évacuant la pluralité des situations et des activités sociales dans lesquelles celle-ci est convoquée ? À partir d'une réflexion théorique collectivement approfondie et de solides enquêtes de terrain, cet ouvrage invite à mieux cerner les contours et la variété du « devenir expert » de nos sociétés. En valorisant la diversité des approches et des disciplines, ce livre se veut aussi l'occasion de réfléchir à une articulation possible entre les différents types de classification qui permettent aujourd'hui de « lire » l'expertise et certains des enjeux majeurs qu'elle suscite : inégale distribution des savoirs, instabilité relative des connaissances, hétérogénéité des compétences mobilisées, place et rôle des équipements matériels et cognitifs, des affects et du corps, de l'incertitude ou encore des différentes temporalités de l'action. Enfin, le lecteur soucieux de toutes ces questions pourra aisément trouver à l'intérieur de cet ouvrage et dans les références qu'il propose un bilan d'étape argumenté et actualisé des recherches en cours consacrées par les sciences humaines et sociales au thème de l'expertise.

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