Sciences humaines & sociales


  • D'où vient l'intelligence ? Est-elle une exclusivité humaine ? Les machines peuvent-elles nous dépasser ?

    Elle a émergé avec la vie, s'est développée au fil de l'évolution, s'est magnifiée avec l'espèce humaine... Grâce à cette mystérieuse intelligence, nous avons tout inventé : l'outil, le langage, l'écriture, l'éducation, la science, et la faculté de nous interroger sur le monde. Aujourd'hui, cette belle histoire connaît une révolution sans précédent. Pour la première fois, le cerveau humain peut visualiser son propre fonctionnement. Pour la première fois, il transfère une partie de son intelligence dans des machines capables d'apprentissage.
    Au fil d'un dialogue fascinant, le grand spécialiste du cerveau Stanislas Dehaene et celui des neurones artificiels Yann Le Cun racontent, avec Jacques Girardon, cette longue aventure, des origines animales à nos jours, et s'interrogent sur notre futur. Les ordinateurs vont-ils bientôt éprouver des émotions, se doter d'une morale ? L'art, la beauté, la capacité d'improviser, d'anticiper, sont-ils à la portée de cerveaux immatériels ?
    Ce que les auteurs esquissent ici, ce n'est rien moins que la prochaine étape de notre évolution. À l'évidence, la lecture d'un tel livre change déjà radicalement le regard que nous portons sur nous-mêmes.

  • Le populisme est le produit de deux secousses telluriques. Premier séisme : la montée d'un immense ressentiment contre les partis et les institutions politiques. Face à l'échec de la droite et de la gauche à contenir les excès du capitalisme, la radicalité " anti-système " a brisé les compromis que l'un et l'autre camps étaient parvenus à édifier. Deuxième séisme : la fin de la société de classes, au profit d'une société d'individus pensant leur position sociale en termes subjectifs. Une nouvelle polarité en résulte, qui sépare les " confiants " des " méfiants " envers autrui. La droite populiste surgit au croisement d'une double méfiance – à l'égard des institutions politiques et à l'égard de la société. Elle prospère sur le désenchantement démocratique, tout en renouvelant le clivage gauche-droite. Fondé sur des données inédites, cet ouvrage se révèle essentiel pour comprendre le présent et l'avenir des sociétés démocratiques.
    Doyen de l'École d'affaires publiques, Yann Algan est professeur d'économie à Sciences Po. Économiste, Elizabeth Beasley est chercheuse au CEPREMAP. Daniel Cohen est directeur du département d'économie de l'École normale supérieure et professeur à l'École d'Économie de Paris. Martial Foucault est directeur du CEVIPOF, professeur à Sciences Po.

  • Trésor, écrits, pouvoirs

    Archives et bibliothèques d'État en France à la fin du Moyen Âge

    Préface de Patrick Boucheron

    Les pouvoirs de l'écrit dans la société médiévale ne reposent pas seulement sur la capacité des institutions à le produire ou à le diffuser. Le cas particulier du royaume de France et de son État en gestation à la fin du Moyen Âge manifeste un rapport singulier à la conservation des supports et des valeurs de l'écrit dans des espaces réservés et situés au cœur des Palais et qui forment autant de " trésors ". La localisation de ces dépôts structure l'espace et la dynamique de centralisation du pouvoir capétien et assure indirectement, par leur inscription dans les espaces urbains, une présence et un pouvoir de l'écrit bien plus large : la visibilité indirecte des trésors d'écritures. Ces " trésors " de titres, de chartes, de manuscrits informent la " sapience " d'un souverain qui pose ainsi les fondements d'une " science de l'État ".

    Cet ouvrage rassemble un certain nombre d'études singulières sur le Trésor des chartes entre le xiiie et le xvie siècle, et la librairie royale, dite " de Charles V ", entre son installation au Louvre en 1368 et sa dispersion au début du XVe siècle. Ces travaux sont précédés de textes généraux sur la question du statut de la fonction politique et symbolique de la thésaurisation royale.

  • Pourquoi l'Iran fait-il trembler l'Occident depuis quarante ans ? Comment est née cette république islamique dont dépend en partie la paix au Moyen-Orient ? Depuis l'avènement des Qâjârs au début du XIXe siècle, la modernisation de l'État a progressé en même temps que la violence politique. Un nationalisme particulier, inséparable de l'islam chi'ite, s'est développé en réaction contre les ingérences des puissances européennes. Une première révolution, en 1906, a doté l'Iran d'une monarchie parlementaire. Soixante-dix ans plus tard, la révolution qui a renversé le chah a été menée par les mollas associés à des intellectuels libéraux et à des forces de gauche. Derrière le rideau de l'islam militant, les cortèges révolutionnaires réclamant l'indépendance et la liberté dénonçaient autant l'absolutisme du chah que l'impérialisme de Washington. En 2009, les dissidents ont de nouveau envahi les rues de Téhéran pour dénoncer la dictature de Mahmud Ahmadinejad, fraîchement réélu dans des conditions douteuses. Mais le « mouvement Vert », démesurément amplifié par les médias occidentaux, a fait long feu ; et le régime, malgré ses détracteurs, résiste encore. D'où tient-il son dynamisme, et de quelle légitimité se réclame-t-il ?

  • Terreur

    Yann Moix

    • Grasset
    • 4 Janvier 2017

    « Ce livre, écrit au jour le jour pendant et après les attentats contre Charlie Hebdo et à l'Hypercacher, ne sort que deux ans après les événements : il fallait respecter le temps du deuil ; et me donner la faculté de suspendre celui de la réflexion. "Penser" les attentats est une gageure, parfois même un oxymore : le risque est soit de donner trop de sens à ce qui n'en a pas, soit de rater les étapes d'un processus plus complexe qu'il n'y paraît. Penser les attentats, c'est possiblement se tromper. Ce livre est un cheminement, une progression, une interrogation, un questionnement sur la radicalité, la radicalisation, la jeunesse, l'islamisation, la violence, le nihilisme. Autant de termes qu'on ressasse à longueur de journées sans jamais s'arrêter pour les creuser, les approfondir jusqu'à la nausée. Ce petit essai est obsessionnel : revenir à l'infini sur les actes, les causes, les effets, les acteurs, les conséquences, sans jamais se raturer, au risque même, çà et là, de se contredire. Les frères Kouachi, Amédy Coulibaly sont les tristes protagonistes d'un événement originel, matrice de tous les attentats qui suivirent : les notes et scolies rédigées à chaud et publiées maintenant, doivent se plaquer sur tous les attentats qui suivirent, et qui sortent tout droit, peu ou prou, de janvier 2015.Car ce qui me frappe à la relecture d'un texte rédigé il y a deux ans, c'est à quel point ce qui y était prévu est déjà advenu ou encore, hélas,  à advenir . Je n'ai donc rien censuré des passages prophétiques qui me donnent aujourd'hui le sentiment d'une réflexion rattrapée par le réel, au prétexte qu'ils pourraient être lus comme ayant été rédigés rétroactivement à partir du réel : on ne s'excuse pas d'avoir eu raison trop tôt. "Nous sommes en guerre" a dit le président de la République. Les écrivains ont toujours voulu dire la guerre. Je n'échappe ni à la règle, ni à la tradition. »Y.M.


  • L'essentiel à connaître sur la bioéthique !

    Aujourd'hui, la bioéthique est au coeur de l'actualité. En effet, cette discipline invite à réfléchir sur les progrès de la recherche dans les domaines de la biologie, de la génétique et de la médecine. Des questions fondamentales pour faire évoluer notre société entrent alors en jeu. Faut-il élargir la PMA ? Qu'est-ce que l'eugénisme ? Pourra-t-on cloner l'être humain un jour ? En 50 notions clés, les auteurs vous aident à comprendre ce qu'est la bioéthique, d'un point de vue scientifique et juridique.
    50 notions dont :
    o La greffe d'organes
    o Le dépistage prénatal
    o Le don de gamètes
    o Le transhumanisme
    o L'euthanasie
    o Le clonage humain

  • Au retour d'un voyage à Vienne début 2018 - c'est-à-dire au lendemain du retour de l'extrême droite au pouvoir en Autriche -, Yann Diener écrit un texte intitulé 'Vienne, toujours freudienne?' pour la chronique qu'il tient dans Charlie Hebdo. Ce texte l'incite à réunir les chroniques dans lesquelles il traitait déjà du concept de répétition. Comme ces chroniques, les chapitres qui les prolongent ici obéissent à l'exigence d'articuler des concepts de la psychanalyse à des questions politiques, pour pouvoir repérer les plis d'une Histoire chiffonnée. Chiffonnée, comme disait le "petit Hans" à propos de sa girafe ; chiffonnée, comme l'histoire même de ce livre (Yann Diener a en effet pris la suite de la chronique que tenait Elsa Cayat jusqu'à sa mort dans l'attentat du 7 janvier 2015). Mais la connotation négative du mot - qu'est-ce qui te chiffonne? - cède ici la place à une conceptualisation progressive, d'un pli à l'autre.
    Le chiffonné, qui n'a pas encore beaucoup attiré l'attention des analystes, est un objet théorique qui vient du champ de la physique autant que du rêve d'un jeune garçon de cinq ans vivant à Vienne au début du XXe siècle.

  • Spartacus est né d'une famille libre, au Ier siècle avant J.-C. (vers 93), dans la province de Thrace, province de culture grecque conquise par Rome. Très jeune, victime d'une razzia, il fut vendu comme esclave. N'ayant pu faire valoir son statut d'homme libre auprès d'un tribunal romain, il devint gladiateur. Entre 73 et 71, l'esclave prit la tête d'une grande insurrection contre Rome. Comment ces hommes de toutes origines, souvent des esclaves fugitifs, sans moyens, sans formation militaire, sans armes, purent-ils défier l'armée romaine et vaincre des légionnaires rompus à tous les combats ? Rome mobilisa contre eux plusieurs armées, les meil-leurs soldats de l'époque, et pourtant, au moins cinq légions, soit 25 000 hommes, furent anéanties... Rome prit peur et fit appel à l'illustre Crassus pour vaincre Spartacus. À l'aide des rares sources écrites, Yann Le Bohec tente de répondre à ces questions. Il reprend la chronologie des faits, reconstitue le parcours des insurgés, analyse la situation militaire de Rome, et nous donne une lecture inédite de l'« énigme » Spartacus. L'histoire d'un homme qui, d'une condition subalterne, s'est hissé à l'égal d'un authentique chef de guerre.

  • Alors que Jérusalem, proclamée capitale éternelle par l'État d'Israël, est au coeur d'un conflit religieux, politique et médiatique, ses transformations contemporaines montrent une image contrastée. Singulière au plan géo politique, elle fait cependant l'objet, comme d'autres villes, d'un processus de reconquête et de spéculation. Celui-ci s'opère principalement à des fins religieuses et conforte la séparation entre Israéliens juifs et Palestiniens de Jérusalem ou d'Israël, au détriment de la mixité urbaine et sociale. En inscrivant l'analyse des transformations de la ville dans une perspective historique, l'ouvrage aborde tour à tour la sociologie et la démographie de Jérusalem-Ouest depuis 1948, sa gouvernance de plus en plus religieuse et son orientation croissante vers le tourisme et les classes aisées. Jérusalem-Est, quant à elle, apparaît de plus en plus isolée et périphérique. Le livre montre de façon réaliste les récentes mutations sociologiques, économiques et urbaines de la ville trois fois sainte, marquée par une inexorable tendance au repli, malgré la volonté politique d'en faire une capitale internationale.

  • L'histoire de Rome est celle, extraordinaire, d'une petite cité qui a failli disparaître cent fois en deux siècles (509-338) avant de s'imposer à ses proches voisins, puis à toute une région - le Latium -, ensuite à l'Italie (272), et enfin au monde tout entier de l'époque, c'est-à-dire le monde méditerranéen. Pourtant, les Romains rejetaient la guerre et aimaient la paix. Faut-il chercher dans leur organisation politique, dans leur vie économique, dans leurs structures sociales ou dans leurs productions culturelles les raisons de la résistance d'une suprématie qui dura jusqu'à la chute de l'empire, au Ve siècle après J.-C. ? En mêlant approche chronologique et questionnements thématiques, cet ouvrage dresse un panorama de ce que nous savons de l'histoire romaine. Il offre ainsi une introduction éclairante au monde des Romains. À lire également en Que sais-je ?... L'empire romain, Patrick Le Roux Les Étrusques, Dominique Briquel

  • Les récentes crises économiques et sociales ont mis en valeur - et peut-être accentué - la profonde crise de confiance que connaît la société française. Celle-ci tend à se fragmenter en communautés, dont l'affichage identitaire s'apparente parfois à une forme de séparatisme qui menace de disloquer le lien social. Cette question est d'autant plus urgente qu'au-delà du vivre-ensemble, c'est le bon fonctionnement et l'existence-même de notre démocratie qui sont en jeu.
    C'est dans cette perspective que l'association Les Voix de la Paix a proposé à trente personnalités publiques de réfléchir aux moyens de changer notre regard sur nos diversités : il importe de ne plus voir nos différences comme des obstacles qui susciteraient la défiance, mais comme une richesse vitale pour la nation. Repenser les fondements de la confiance et ses trois piliers (la compétence, l'honnêteté intellectuelle et la bienveillance) nous permet alors de retrouver ce qui manque aujourd'hui à notre société : la mémoire, le lien et le sens.

  • Ce livre réunit cinquante romans comme autant d’invitations à voyager à travers le monde. Les fiches présentant ces livres vous feront voyager sur tous les continents (Afrique, Amérique, Asie, Europe, Océanie) avec une prédilection marquée pour l’Europe, la littérature française et francophone.La présentation de ces livres poursuit un but simple : inviter les lecteurs de ce Tour du monde en romans à se faire lecteur de ces nombreux romans.Chaque fiche s’accompagne d’un résumé, d’un incipit, d’un extrait, d’une petite analyse thématique ainsi que de divers prolongements : à chaque livre correspond, par exemple, une playlist musicale.

  • Lucullus

    Yann Le Bohec

    « Ce soir, Lucullus dîne chez Lucullus » : cette citation est très connue. Et, pour cette raison, ce personnage est devenu l'exemple du parfait gastronome. D'ailleurs, son nom a été donné à des mets, à des restaurants, et même - on frémit de le rapporter - à de la nourriture industrielle.

    Pourtant, celui que cache cette célébrité, à vrai dire méritée, reste un inconnu. Les historiens, à tort peu intéressés par ses talents trop multiples, ne l'ont pas étudié, si ce n'est dans des ouvrages de pure érudition et dans des publications anciennes.

    Gourmet, certes, il le fut. Mais il fut surtout un aristocrate de premier plan, admiré par ses amis, comme Cicéron, et même par ses ennemis, tel César, qui voyait en lui un général et amiral très compétent, l'ennemi de Mithridate et le rival de Pompée. Homme politique d'une grande habileté, intellectuel à la Socrate, qui maniait les idées sans les écrire, esthète raffiné, il possédait de nombreux talents... et de grands biens.

    C'est ce Romain fascinant qui nous est dévoilé dans une enquête qui va au-delà des apparences. Et ce livre donne, à la fin, l'explication permettant de découvrir la vraie personnalité de Lucullus.

  • Un enfant qui continue à faire pipi au lit est-il un handicapé ? Celui qui refuse d'ouvrir ses livres est-il un dyslexique ? Le gamin turbulent est-il atteint de TDAH (trouble-déficit de l'attention avec hyperactivité) ? Faut-il lui prescrire une cure de Ritaline ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles s'attaque ce livre. Grâce à une langue médico-sociale (LMS) élaborée, en s'appuyant sur une version totalement dévoyée de la psychanalyse, l'Etat normalise et évalue à tout-va tandis que l'industrie pharmaceutique invente des maladies et des molécules pour les traiter. Ces deux forces conjuguées, si on les laisse faire, finiront par abattre les lieux, créés après la Libération, où un enfant peut encore parler de son symptôme. Yann Diener, psychanalyste et psychologue, exerce dans un centre médico-psychopédagogique à Paris.

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    Diagnostiquer, décrypter et domestiquer les passions de l'âme, telle fut l'obsession des médecins, des lettrés, des théologiens, des hommes d'Eglise et d'Etat en ce premier XVIIe siècle. La hantise d'une reprise des guerres civiles, après un demi-siècle de déchirements, explique la naissance d'une science et d'une anthropologie nouvelles des passions. La haine est identifiée comme l'origine de la violence fratricide dans la cité. Capables de générer une émotion voire une haine publique, telle la xénophobie, les médias constituent un nouvel outil politique redoutable et redouté. Les raisons de la haine examinent à la fois les sciences mécaniques et politiques des passions, leur usage, leur instrumentalisation et leur domestication. Une invitation à comprendre les rouages de cette fabrique publique de la haine, d'une étonnante modernité !

    Agrégé et docteur en histoire, Yann Rodier est Assistant Professor et directeur du département d'histoire à l'Université Sorbonne Abu Dhabi. Ses recherches portent sur l'histoire des sciences des passions, l'histoire des émotions et l'histoire des stéréotypes et des préjugés contre les étrangers. Ses recherches postdoctorales se sont intéressées à l'étude des minorités tsiganes en Europe. Une autre recherche en cours aux Émirats est orientée sur la diplomatie française dans le Golfe, le sultanat d'Oman et le Yémen aux xvii et xviii siècles.

  • Alésia, 52 avant J.-C.

    Yann Le Bohec

    De fin août à début octobre 52 avant Jésus-Christ, les armées romaines de César font face aux troupes gauloises menées par le jeune chef arverne, Vercingétorix. Victorieux fin avril à Gergovie, ce dernier a réuni de nombreuses troupes et prépare la « nation » gauloise au combat.
    Spécialiste d'histoire militaire, Yann Le Bohec vient combler une lacune : pour la première fois, Alésia est abordée non pas par l'archéologie, mais au plus près des combattants et des opérations militaires.
    Brossant un tableau complet de la bataille décisive de la guerre des Gaules, il désigne le responsable de la guerre et ses motivations, et s'interroge : les Gaulois avaient-ils une chance de gagner ?, comment Gaulois et Romains combattaient-ils ?, quelle était la meilleure tactique ? Par l'analyse du siège et des quatre batailles qui se sont déroulées à Alésia, il nous donne à comprendre la compétence de César, l'efficacité des légions, l'héroïsme des Gaulois, le génie de Vercingétorix.
    L'auteur revient aussi sur l'éternel débat pour le clore : où se trouve Alésia ? Enfin, et surtout, il répond à une question jamais posée : pourquoi Vercingétorix a-t-il été vaincu ?

  • C'est à une nouvelle histoire des historiens que nous convie cet ouvrage, à la lumière d'une notion dynamique et féconde, celle de génération. Les 58 auteurs réunis dans ce volume explorent pour la première fois l'évolution de leur discipline à l'aune des " générations historiennes " qui l'ont façonnée. De Jules Michelet à nos jours...

    Trois grandes parties forment la trame de cet ouvrage choral. La première fait revivre deux siècles d'historiographie française en dressant le portrait de 14 générations qui se sont succédé depuis le début du XIXe siècle.

    La deuxième partie donne la parole à une trentaine d'historiennes et historiens nés entre 1942 et 1983, invités à retracer leur propre itinéraire. Ont-ils eu le sentiment d'appartenir ou non à une génération et de s'inscrire en rupture par rapport aux précédentes ?

    Enfin, à partir d'une quinzaine d'études de cas (la Révolution française, l'histoire coloniale, l'histoire des femmes...), la troisième partie revisite, sous l'angle générationnel, les grands débats qui agitent le champ foisonnant du travail historique.

  • Homme des archipels, Édouard Glissant a révolutionné la pensée de l'identité, qu'il s'agisse du moi, de la nation ou de la culture. Dépassant l'opposition entre l'universel et le particulier, il a ouvert les esprits à l'expérience de la relation : celle qui transforme, démultiplie, créolise. Son oeuvre s'attache à la mémoire de l'esclavage, condamne la colonisation, tout en contestant les communautarismes, pariant généreusement sur les rencontres imprévisibles et fécondes.

  • Sauver le monde

    Yann Kerninon

    À la fois récit réel des aventures d'un groupe de rock loufoque et essai philosophique, ce livre interroge notre capacité à retrouver l'innocence et l'espoir dans un monde livré à l'errance.
    Dans le temps de la fin de l'histoire, du déracinement et du scepticisme universel, sommes-nous condamnés à la banalité d'une vie de compromis économiques et de platitude ? Doit-on se contenter des vieilles utopies idéalistes, comme si elles n'étaient pas mortes ?
    Et s'il était encore possible d'inventer un avenir qui ne procède ni de la résignation ni du simulacre... Renouer avec la vie, l'action et un certain héroïsme. Sauver le monde.

  • L'histoire de Rome est inséparable de l'histoire de ses guerres. De 509 à 338 avant J.-C., la cité fut en permanence menacée de disparaître : elle combattit parfois plusieurs ennemis à la fois, souvent des voisins, qui ne supportaient pas l'âpreté au gain de ses soldats et l'arrogance de ses dirigeants. Ce fut un dur « struggle for life » qui forgea les bases de sa future puissance. Car ne reconnaissant jamais aucune défaite, sans plan préétabli, elle s'empara, de 338 avant J.-C. à 106 après J.-C., pays après pays, de tout le bassin méditerranéen, et elle fi nit par contrôler un domaine immense, de l'Écosse au Sahara, de l'Atlantique à la Mésopotamie. Et puis, en 406/410 après J.-C., elle le perdit. Ce livre présente l'anatomie des guerres de Rome gagnées grâce à un outil militaire exceptionnel, à de grands capitaines, et à des règles sociales originales et fortes. Mais il présente aussi les guerres peu à peu perdues, les débâcles et les redditions. Il montre, à cet effet, comment la supériorité des techniques de combat, de l'armement, de l'organisation et d'un art du commandement sans faille s'est peu à peu usée, délitée, éteinte au sein d'un empire devenu trop vaste, confronté à de nouveaux ennemis, venus de très loin, plus féroces que jamais et inassimilables. Fidèle à sa méthode, Yann Le Bohec ramène le lecteur aux sources : par les textes des grands auteurs de l'Antiquité, mais aussi par l'épigraphie, et grâce aux dernières découvertes de l'archéologie, il exhume des batailles inconnues et des guerres oubliées. L'Histoire des guerres romaines, qui évoque la mort de tant de soldats et de grands chefs militaires qui les menèrent au combat, devient ainsi, par cette approche inédite, un texte vivant et passionnant. C'est l'histoire d'une milice de paysans qui a fi ni par dominer le monde.

  • Germanicus

    Yann Rivière

    Un livre en forme de défi : faire revivre et donner à comprendre un personnage et une époque considérés comme familiers, et pourtant si éloignés de nous. Sur le Grand Camée de France, on le voit, guerrier superbe et triomphant, être accueilli par son oncle et père adoptif l'empereur Tibère et par Livie, veuve d'Auguste mais aussi sa grand-mère. Il est le prince de la jeunesse, le César que Rome et le monde espèrent lorsque reviendra le temps de la liberté d'antan. Mais Germanicus, lorsqu'il meurt à Antioche en 19, à 34 ans et dans des conditions suspectes, emporte avec lui une gloire inaccomplie. Auréolé de vertus républicaines, de courage militaire et de maîtrise intellectuelle, le petit-fils de Marc Antoine, l'époux d'Agrippine, le père de Caligula paraît avoir brûlé les étapes. Après avoir brillé en Illyrie, c'est en Germanie qu'il se distingue, infligeant une sévère défaite à Arminius et vengeant ainsi le désastre de Varus. C'est en Orient qu'il s'épanouit ensuite, faiseur de roi et de paix, populaire au point de susciter la jalousie de Tibère. La mort le frappe en plein vol, le soustrayant peut-être au destin sanglant qui caractérise sa famille. En reconstituant le parcours de Germanicus, Yann Rivière nous entraîne de façon magistrale sur les lieux que, en ces débuts glorieux de l'empire, Rome s'attacha à conquérir, chez les peuples divers qu'elle s'attacha de gré ou de force, dans les mystères et les subtilités de la politique et de la religion mêlées, et aussi au coeur de cette dynastie julioclaudienne, où le génie, la folie et le meurtre se côtoyèrent.

  • Le docteur Yann Simaï est psychiatre et amoureux des mots. C'est donc tout naturellement qu'il collectionne nos lapsus révélateurs,nos jeux de mots involontaires et inventions lexicales plus ou moins révélatrices ! Dans Allongez-vous !, chacun peut se reconnaître dans ces dérapages de l'inconscient qui font jubiler le psy qui est en nous ! C'est bien connu : une fois installé confortablement sur le fameux divan, le docteur doit nous laisser parler... et laisser notre parole révéler nos maux ! Questionnements existentiels, prises de conscience radicales, révélations personnelles surprenantes, voire déconcertantes... la liste est longue ! « Ma femme est hystéro-positive », « Les jumeaux, ils sont souvent deux », « Moi, je suis trop tenté par la tentation », « Ça va loin... jusqu'à rien ! »... Quand le lapsus débarque, mieux vaut vous accrocher au divan ! Les bons mots des patients fleurissent à toutes les pages avec une généreuse spontanéité et une inventivité sans limite :« Ma fille est cyclotimide », « J'ai des psychiatrices »... Décidément, le Docteur Yann Simaï est à l'écoute de ses patients !

  • On se représente souvent l'Iran comme un empire des Mille et une nuits qu'une révolution aurait fait sombrer dans le Moyen Âge. Cet ouvrage en donne une image moins simpliste, celle d'un pays qui a réussi à se libérer de la tutelle de l'Occident alors que ses richesses en pétrole en avaient fait l'objet de toutes les convoitises. Celle d'un pays à la civilisation plusieurs fois millénaire, mais à l'identité complexe puisque les non-Persans y forment près de la moitié de la population. Un pays, enfin, dont l'histoire, depuis la Seconde Guerre mondiale, n'a cessé d'avoir des répercussions bien au-delà de ses frontières, et qui est parvenu à s'imposer comme puissance régionale.Tout au long du XXe siècle et jusqu'à nos jours, l'Iran a surmonté tant bien que mal de nombreuses crises qui, paradoxalement, lui ont permis de se construire une nouvelle identité. Les aspirations démocratiques sous les Qâjar, l'autoritarisme réformateur de Rezâ Shâh, le nationalisme intransigeant de Mosaddeq, les ambitions modernisatrices de Mohammad-Rezâ Shâh, l'obsession de revanche et les conceptions populistes de Khomeyni et de ses émules ont amené le pays à de douloureuses transitions dont certaines ont constitué de véritables révolutions : mouvement constitutionnaliste, nationalisation des pétroles, réforme agraire, urbanisation, soulèvement islamique.Loin d'être une survivance du passé, l'Iran apparaît aujourd'hui comme un laboratoire des évolutions du tiers-monde. Alors qu'il doit faire face à de nouvelles menaces à ses frontières, il affiche plus que jamais sa volonté de faire entendre sa voix sur la scène internationale, non sans mêler provocations inutiles et revendications légitimes.

  • La première guerre mondiale a été un véritable traumatisme tant sur le plan humain que sur le plan matériel : familles en deuil, habitants meurtris, villes et villages en ruines, paysages bouleversés. La Champagne-Ardenne a payé un lourd tribut au conflit, partagée entre la zone occupée par les Allemands, le front ardent et le territoire resté français, accueillant les réfugiés ou soutenant l'effort militaire. Grâce à une sélection de cartes postales et photographies d'époque, l'historien Yann Harlaut et le photographe Vincent Zénon Rigaud nous invitent à mesurer l'ampleur des destructions engendrées par les différents belligérants. En pleine commémoration nationale du centenaire, confronter l'image passée à notre vision présente permet non seulement de se souvenir, mais également de mieux comprendre la région, ses habitants, son histoire, l'Histoire.

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