Tallandier

  • Spartacus est né d'une famille libre, au Ier siècle avant J.-C. (vers 93), dans la province de Thrace, province de culture grecque conquise par Rome. Très jeune, victime d'une razzia, il fut vendu comme esclave. N'ayant pu faire valoir son statut d'homme libre auprès d'un tribunal romain, il devint gladiateur. Entre 73 et 71, l'esclave prit la tête d'une grande insurrection contre Rome. Comment ces hommes de toutes origines, souvent des esclaves fugitifs, sans moyens, sans formation militaire, sans armes, purent-ils défier l'armée romaine et vaincre des légionnaires rompus à tous les combats ? Rome mobilisa contre eux plusieurs armées, les meil-leurs soldats de l'époque, et pourtant, au moins cinq légions, soit 25 000 hommes, furent anéanties... Rome prit peur et fit appel à l'illustre Crassus pour vaincre Spartacus. À l'aide des rares sources écrites, Yann Le Bohec tente de répondre à ces questions. Il reprend la chronologie des faits, reconstitue le parcours des insurgés, analyse la situation militaire de Rome, et nous donne une lecture inédite de l'« énigme » Spartacus. L'histoire d'un homme qui, d'une condition subalterne, s'est hissé à l'égal d'un authentique chef de guerre.

  • Lucullus

    Yann Le Bohec

    « Ce soir, Lucullus dîne chez Lucullus » : cette citation est très connue. Et, pour cette raison, ce personnage est devenu l'exemple du parfait gastronome. D'ailleurs, son nom a été donné à des mets, à des restaurants, et même - on frémit de le rapporter - à de la nourriture industrielle.

    Pourtant, celui que cache cette célébrité, à vrai dire méritée, reste un inconnu. Les historiens, à tort peu intéressés par ses talents trop multiples, ne l'ont pas étudié, si ce n'est dans des ouvrages de pure érudition et dans des publications anciennes.

    Gourmet, certes, il le fut. Mais il fut surtout un aristocrate de premier plan, admiré par ses amis, comme Cicéron, et même par ses ennemis, tel César, qui voyait en lui un général et amiral très compétent, l'ennemi de Mithridate et le rival de Pompée. Homme politique d'une grande habileté, intellectuel à la Socrate, qui maniait les idées sans les écrire, esthète raffiné, il possédait de nombreux talents... et de grands biens.

    C'est ce Romain fascinant qui nous est dévoilé dans une enquête qui va au-delà des apparences. Et ce livre donne, à la fin, l'explication permettant de découvrir la vraie personnalité de Lucullus.

  • Alésia, 52 avant J.-C.

    Yann Le Bohec

    De fin août à début octobre 52 avant Jésus-Christ, les armées romaines de César font face aux troupes gauloises menées par le jeune chef arverne, Vercingétorix. Victorieux fin avril à Gergovie, ce dernier a réuni de nombreuses troupes et prépare la « nation » gauloise au combat.
    Spécialiste d'histoire militaire, Yann Le Bohec vient combler une lacune : pour la première fois, Alésia est abordée non pas par l'archéologie, mais au plus près des combattants et des opérations militaires.
    Brossant un tableau complet de la bataille décisive de la guerre des Gaules, il désigne le responsable de la guerre et ses motivations, et s'interroge : les Gaulois avaient-ils une chance de gagner ?, comment Gaulois et Romains combattaient-ils ?, quelle était la meilleure tactique ? Par l'analyse du siège et des quatre batailles qui se sont déroulées à Alésia, il nous donne à comprendre la compétence de César, l'efficacité des légions, l'héroïsme des Gaulois, le génie de Vercingétorix.
    L'auteur revient aussi sur l'éternel débat pour le clore : où se trouve Alésia ? Enfin, et surtout, il répond à une question jamais posée : pourquoi Vercingétorix a-t-il été vaincu ?

  • L'histoire de Rome est inséparable de l'histoire de ses guerres. De 509 à 338 avant J.-C., la cité fut en permanence menacée de disparaître : elle combattit parfois plusieurs ennemis à la fois, souvent des voisins, qui ne supportaient pas l'âpreté au gain de ses soldats et l'arrogance de ses dirigeants. Ce fut un dur « struggle for life » qui forgea les bases de sa future puissance. Car ne reconnaissant jamais aucune défaite, sans plan préétabli, elle s'empara, de 338 avant J.-C. à 106 après J.-C., pays après pays, de tout le bassin méditerranéen, et elle fi nit par contrôler un domaine immense, de l'Écosse au Sahara, de l'Atlantique à la Mésopotamie. Et puis, en 406/410 après J.-C., elle le perdit. Ce livre présente l'anatomie des guerres de Rome gagnées grâce à un outil militaire exceptionnel, à de grands capitaines, et à des règles sociales originales et fortes. Mais il présente aussi les guerres peu à peu perdues, les débâcles et les redditions. Il montre, à cet effet, comment la supériorité des techniques de combat, de l'armement, de l'organisation et d'un art du commandement sans faille s'est peu à peu usée, délitée, éteinte au sein d'un empire devenu trop vaste, confronté à de nouveaux ennemis, venus de très loin, plus féroces que jamais et inassimilables. Fidèle à sa méthode, Yann Le Bohec ramène le lecteur aux sources : par les textes des grands auteurs de l'Antiquité, mais aussi par l'épigraphie, et grâce aux dernières découvertes de l'archéologie, il exhume des batailles inconnues et des guerres oubliées. L'Histoire des guerres romaines, qui évoque la mort de tant de soldats et de grands chefs militaires qui les menèrent au combat, devient ainsi, par cette approche inédite, un texte vivant et passionnant. C'est l'histoire d'une milice de paysans qui a fi ni par dominer le monde.

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