Sciences humaines & sociales


  • D'où vient l'intelligence ? Est-elle une exclusivité humaine ? Les machines peuvent-elles nous dépasser ?

    Elle a émergé avec la vie, s'est développée au fil de l'évolution, s'est magnifiée avec l'espèce humaine... Grâce à cette mystérieuse intelligence, nous avons tout inventé : l'outil, le langage, l'écriture, l'éducation, la science, et la faculté de nous interroger sur le monde. Aujourd'hui, cette belle histoire connaît une révolution sans précédent. Pour la première fois, le cerveau humain peut visualiser son propre fonctionnement. Pour la première fois, il transfère une partie de son intelligence dans des machines capables d'apprentissage.
    Au fil d'un dialogue fascinant, le grand spécialiste du cerveau Stanislas Dehaene et celui des neurones artificiels Yann Le Cun racontent, avec Jacques Girardon, cette longue aventure, des origines animales à nos jours, et s'interrogent sur notre futur. Les ordinateurs vont-ils bientôt éprouver des émotions, se doter d'une morale ? L'art, la beauté, la capacité d'improviser, d'anticiper, sont-ils à la portée de cerveaux immatériels ?
    Ce que les auteurs esquissent ici, ce n'est rien moins que la prochaine étape de notre évolution. À l'évidence, la lecture d'un tel livre change déjà radicalement le regard que nous portons sur nous-mêmes.


  • L'essentiel à connaître sur la bioéthique !

    Aujourd'hui, la bioéthique est au coeur de l'actualité. En effet, cette discipline invite à réfléchir sur les progrès de la recherche dans les domaines de la biologie, de la génétique et de la médecine. Des questions fondamentales pour faire évoluer notre société entrent alors en jeu. Faut-il élargir la PMA ? Qu'est-ce que l'eugénisme ? Pourra-t-on cloner l'être humain un jour ? En 50 notions clés, les auteurs vous aident à comprendre ce qu'est la bioéthique, d'un point de vue scientifique et juridique.
    50 notions dont :
    o La greffe d'organes
    o Le dépistage prénatal
    o Le don de gamètes
    o Le transhumanisme
    o L'euthanasie
    o Le clonage humain

  • Spartacus est né d'une famille libre, au Ier siècle avant J.-C. (vers 93), dans la province de Thrace, province de culture grecque conquise par Rome. Très jeune, victime d'une razzia, il fut vendu comme esclave. N'ayant pu faire valoir son statut d'homme libre auprès d'un tribunal romain, il devint gladiateur. Entre 73 et 71, l'esclave prit la tête d'une grande insurrection contre Rome. Comment ces hommes de toutes origines, souvent des esclaves fugitifs, sans moyens, sans formation militaire, sans armes, purent-ils défier l'armée romaine et vaincre des légionnaires rompus à tous les combats ? Rome mobilisa contre eux plusieurs armées, les meil-leurs soldats de l'époque, et pourtant, au moins cinq légions, soit 25 000 hommes, furent anéanties... Rome prit peur et fit appel à l'illustre Crassus pour vaincre Spartacus. À l'aide des rares sources écrites, Yann Le Bohec tente de répondre à ces questions. Il reprend la chronologie des faits, reconstitue le parcours des insurgés, analyse la situation militaire de Rome, et nous donne une lecture inédite de l'« énigme » Spartacus. L'histoire d'un homme qui, d'une condition subalterne, s'est hissé à l'égal d'un authentique chef de guerre.

  • Alors que Jérusalem, proclamée capitale éternelle par l'État d'Israël, est au coeur d'un conflit religieux, politique et médiatique, ses transformations contemporaines montrent une image contrastée. Singulière au plan géo politique, elle fait cependant l'objet, comme d'autres villes, d'un processus de reconquête et de spéculation. Celui-ci s'opère principalement à des fins religieuses et conforte la séparation entre Israéliens juifs et Palestiniens de Jérusalem ou d'Israël, au détriment de la mixité urbaine et sociale. En inscrivant l'analyse des transformations de la ville dans une perspective historique, l'ouvrage aborde tour à tour la sociologie et la démographie de Jérusalem-Ouest depuis 1948, sa gouvernance de plus en plus religieuse et son orientation croissante vers le tourisme et les classes aisées. Jérusalem-Est, quant à elle, apparaît de plus en plus isolée et périphérique. Le livre montre de façon réaliste les récentes mutations sociologiques, économiques et urbaines de la ville trois fois sainte, marquée par une inexorable tendance au repli, malgré la volonté politique d'en faire une capitale internationale.

  • L'histoire de Rome est celle, extraordinaire, d'une petite cité qui a failli disparaître cent fois en deux siècles (509-338) avant de s'imposer à ses proches voisins, puis à toute une région - le Latium -, ensuite à l'Italie (272), et enfin au monde tout entier de l'époque, c'est-à-dire le monde méditerranéen. Pourtant, les Romains rejetaient la guerre et aimaient la paix. Faut-il chercher dans leur organisation politique, dans leur vie économique, dans leurs structures sociales ou dans leurs productions culturelles les raisons de la résistance d'une suprématie qui dura jusqu'à la chute de l'empire, au Ve siècle après J.-C. ? En mêlant approche chronologique et questionnements thématiques, cet ouvrage dresse un panorama de ce que nous savons de l'histoire romaine. Il offre ainsi une introduction éclairante au monde des Romains. À lire également en Que sais-je ?... L'empire romain, Patrick Le Roux Les Étrusques, Dominique Briquel

  • Lucullus

    Yann Le Bohec

    « Ce soir, Lucullus dîne chez Lucullus » : cette citation est très connue. Et, pour cette raison, ce personnage est devenu l'exemple du parfait gastronome. D'ailleurs, son nom a été donné à des mets, à des restaurants, et même - on frémit de le rapporter - à de la nourriture industrielle.

    Pourtant, celui que cache cette célébrité, à vrai dire méritée, reste un inconnu. Les historiens, à tort peu intéressés par ses talents trop multiples, ne l'ont pas étudié, si ce n'est dans des ouvrages de pure érudition et dans des publications anciennes.

    Gourmet, certes, il le fut. Mais il fut surtout un aristocrate de premier plan, admiré par ses amis, comme Cicéron, et même par ses ennemis, tel César, qui voyait en lui un général et amiral très compétent, l'ennemi de Mithridate et le rival de Pompée. Homme politique d'une grande habileté, intellectuel à la Socrate, qui maniait les idées sans les écrire, esthète raffiné, il possédait de nombreux talents... et de grands biens.

    C'est ce Romain fascinant qui nous est dévoilé dans une enquête qui va au-delà des apparences. Et ce livre donne, à la fin, l'explication permettant de découvrir la vraie personnalité de Lucullus.

  • Un enfant qui continue à faire pipi au lit est-il un handicapé ? Celui qui refuse d'ouvrir ses livres est-il un dyslexique ? Le gamin turbulent est-il atteint de TDAH (trouble-déficit de l'attention avec hyperactivité) ? Faut-il lui prescrire une cure de Ritaline ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles s'attaque ce livre. Grâce à une langue médico-sociale (LMS) élaborée, en s'appuyant sur une version totalement dévoyée de la psychanalyse, l'Etat normalise et évalue à tout-va tandis que l'industrie pharmaceutique invente des maladies et des molécules pour les traiter. Ces deux forces conjuguées, si on les laisse faire, finiront par abattre les lieux, créés après la Libération, où un enfant peut encore parler de son symptôme. Yann Diener, psychanalyste et psychologue, exerce dans un centre médico-psychopédagogique à Paris.

  • Diagnostiquer, décrypter et domestiquer les passions de l'âme, telle fut l'obsession des médecins, des lettrés, des théologiens, des hommes d'Eglise et d'Etat en ce premier XVIIe siècle. La hantise d'une reprise des guerres civiles, après un demi-siècle de déchirements, explique la naissance d'une science et d'une anthropologie nouvelles des passions. La haine est identifiée comme l'origine de la violence fratricide dans la cité. Capables de générer une émotion voire une haine publique, telle la xénophobie, les médias constituent un nouvel outil politique redoutable et redouté. Les raisons de la haine examinent à la fois les sciences mécaniques et politiques des passions, leur usage, leur instrumentalisation et leur domestication. Une invitation à comprendre les rouages de cette fabrique publique de la haine, d'une étonnante modernité !

    Agrégé et docteur en histoire, Yann Rodier est Assistant Professor et directeur du département d'histoire à l'Université Sorbonne Abu Dhabi. Ses recherches portent sur l'histoire des sciences des passions, l'histoire des émotions et l'histoire des stéréotypes et des préjugés contre les étrangers. Ses recherches postdoctorales se sont intéressées à l'étude des minorités tsiganes en Europe. Une autre recherche en cours aux Émirats est orientée sur la diplomatie française dans le Golfe, le sultanat d'Oman et le Yémen aux xvii et xviii siècles.

  • Alésia, 52 avant J.-C.

    Yann Le Bohec

    De fin août à début octobre 52 avant Jésus-Christ, les armées romaines de César font face aux troupes gauloises menées par le jeune chef arverne, Vercingétorix. Victorieux fin avril à Gergovie, ce dernier a réuni de nombreuses troupes et prépare la « nation » gauloise au combat.
    Spécialiste d'histoire militaire, Yann Le Bohec vient combler une lacune : pour la première fois, Alésia est abordée non pas par l'archéologie, mais au plus près des combattants et des opérations militaires.
    Brossant un tableau complet de la bataille décisive de la guerre des Gaules, il désigne le responsable de la guerre et ses motivations, et s'interroge : les Gaulois avaient-ils une chance de gagner ?, comment Gaulois et Romains combattaient-ils ?, quelle était la meilleure tactique ? Par l'analyse du siège et des quatre batailles qui se sont déroulées à Alésia, il nous donne à comprendre la compétence de César, l'efficacité des légions, l'héroïsme des Gaulois, le génie de Vercingétorix.
    L'auteur revient aussi sur l'éternel débat pour le clore : où se trouve Alésia ? Enfin, et surtout, il répond à une question jamais posée : pourquoi Vercingétorix a-t-il été vaincu ?

  • Homme des archipels, Édouard Glissant a révolutionné la pensée de l'identité, qu'il s'agisse du moi, de la nation ou de la culture. Dépassant l'opposition entre l'universel et le particulier, il a ouvert les esprits à l'expérience de la relation : celle qui transforme, démultiplie, créolise. Son oeuvre s'attache à la mémoire de l'esclavage, condamne la colonisation, tout en contestant les communautarismes, pariant généreusement sur les rencontres imprévisibles et fécondes.

  • Sauver le monde

    Yann Kerninon

    À la fois récit réel des aventures d'un groupe de rock loufoque et essai philosophique, ce livre interroge notre capacité à retrouver l'innocence et l'espoir dans un monde livré à l'errance.
    Dans le temps de la fin de l'histoire, du déracinement et du scepticisme universel, sommes-nous condamnés à la banalité d'une vie de compromis économiques et de platitude ? Doit-on se contenter des vieilles utopies idéalistes, comme si elles n'étaient pas mortes ?
    Et s'il était encore possible d'inventer un avenir qui ne procède ni de la résignation ni du simulacre... Renouer avec la vie, l'action et un certain héroïsme. Sauver le monde.

  • L'histoire de Rome est inséparable de l'histoire de ses guerres. De 509 à 338 avant J.-C., la cité fut en permanence menacée de disparaître : elle combattit parfois plusieurs ennemis à la fois, souvent des voisins, qui ne supportaient pas l'âpreté au gain de ses soldats et l'arrogance de ses dirigeants. Ce fut un dur « struggle for life » qui forgea les bases de sa future puissance. Car ne reconnaissant jamais aucune défaite, sans plan préétabli, elle s'empara, de 338 avant J.-C. à 106 après J.-C., pays après pays, de tout le bassin méditerranéen, et elle fi nit par contrôler un domaine immense, de l'Écosse au Sahara, de l'Atlantique à la Mésopotamie. Et puis, en 406/410 après J.-C., elle le perdit. Ce livre présente l'anatomie des guerres de Rome gagnées grâce à un outil militaire exceptionnel, à de grands capitaines, et à des règles sociales originales et fortes. Mais il présente aussi les guerres peu à peu perdues, les débâcles et les redditions. Il montre, à cet effet, comment la supériorité des techniques de combat, de l'armement, de l'organisation et d'un art du commandement sans faille s'est peu à peu usée, délitée, éteinte au sein d'un empire devenu trop vaste, confronté à de nouveaux ennemis, venus de très loin, plus féroces que jamais et inassimilables. Fidèle à sa méthode, Yann Le Bohec ramène le lecteur aux sources : par les textes des grands auteurs de l'Antiquité, mais aussi par l'épigraphie, et grâce aux dernières découvertes de l'archéologie, il exhume des batailles inconnues et des guerres oubliées. L'Histoire des guerres romaines, qui évoque la mort de tant de soldats et de grands chefs militaires qui les menèrent au combat, devient ainsi, par cette approche inédite, un texte vivant et passionnant. C'est l'histoire d'une milice de paysans qui a fi ni par dominer le monde.

  • Germanicus

    Yann Rivière

    Un livre en forme de défi : faire revivre et donner à comprendre un personnage et une époque considérés comme familiers, et pourtant si éloignés de nous. Sur le Grand Camée de France, on le voit, guerrier superbe et triomphant, être accueilli par son oncle et père adoptif l'empereur Tibère et par Livie, veuve d'Auguste mais aussi sa grand-mère. Il est le prince de la jeunesse, le César que Rome et le monde espèrent lorsque reviendra le temps de la liberté d'antan. Mais Germanicus, lorsqu'il meurt à Antioche en 19, à 34 ans et dans des conditions suspectes, emporte avec lui une gloire inaccomplie. Auréolé de vertus républicaines, de courage militaire et de maîtrise intellectuelle, le petit-fils de Marc Antoine, l'époux d'Agrippine, le père de Caligula paraît avoir brûlé les étapes. Après avoir brillé en Illyrie, c'est en Germanie qu'il se distingue, infligeant une sévère défaite à Arminius et vengeant ainsi le désastre de Varus. C'est en Orient qu'il s'épanouit ensuite, faiseur de roi et de paix, populaire au point de susciter la jalousie de Tibère. La mort le frappe en plein vol, le soustrayant peut-être au destin sanglant qui caractérise sa famille. En reconstituant le parcours de Germanicus, Yann Rivière nous entraîne de façon magistrale sur les lieux que, en ces débuts glorieux de l'empire, Rome s'attacha à conquérir, chez les peuples divers qu'elle s'attacha de gré ou de force, dans les mystères et les subtilités de la politique et de la religion mêlées, et aussi au coeur de cette dynastie julioclaudienne, où le génie, la folie et le meurtre se côtoyèrent.

  • Le docteur Yann Simaï est psychiatre et amoureux des mots. C'est donc tout naturellement qu'il collectionne nos lapsus révélateurs,nos jeux de mots involontaires et inventions lexicales plus ou moins révélatrices ! Dans Allongez-vous !, chacun peut se reconnaître dans ces dérapages de l'inconscient qui font jubiler le psy qui est en nous ! C'est bien connu : une fois installé confortablement sur le fameux divan, le docteur doit nous laisser parler... et laisser notre parole révéler nos maux ! Questionnements existentiels, prises de conscience radicales, révélations personnelles surprenantes, voire déconcertantes... la liste est longue ! « Ma femme est hystéro-positive », « Les jumeaux, ils sont souvent deux », « Moi, je suis trop tenté par la tentation », « Ça va loin... jusqu'à rien ! »... Quand le lapsus débarque, mieux vaut vous accrocher au divan ! Les bons mots des patients fleurissent à toutes les pages avec une généreuse spontanéité et une inventivité sans limite :« Ma fille est cyclotimide », « J'ai des psychiatrices »... Décidément, le Docteur Yann Simaï est à l'écoute de ses patients !

  • Plus ancienne fête de France, traditionnelle et contemporaine, ancrée dans la cité d'Orléans et dans la mémoire vive de ses habitants d'hier et d'aujourd'hui, immuable mais très marquée par les circonstances politiques et sociales de son époque : depuis près de six cents ans, les Fêtes de Jeanne d'Arc mobilisent la population de l'Orléanais et concernent le pays tout entier, dès lors que l'invité du maire saisit sa présidence d'un jour pour parler à tous les Français de leur histoire et de la mémoire nationale.
    Si cette libération nous parle, bien loin des tentatives de détournement de l'héritage de l'Héroïne, c'est que les orateurs du 8 mai saisissent cette occasion, depuis 1920, pour évoquer l'actualité, les enjeux du moment, des lendemains de la Grande Guerre à la Reconstruction sur les ruines de la ville martyrisée par la Seconde Guerre mondiale. Cent ans après la venue du maréchal Foch, ces « Voix d'Orléans » rythment des fêtes que seules les guerres ont interrompues et les « malheurs des temps » reportées.
    Florilège d'une concordance des temps, les grands discours des maires d'Orléans et de leurs invités civils retracent l'histoire d'une ville, de son rapport à son passé et de son rôle dans la vie de la nation. Même exceptionnellement décalées en automne, à Orléans, les Fêtes de Jeanne d'Arc marquent toujours le sacre du printemps, la ferveur d'une renaissance urbaine et patriotique.

  • Mont-Liban, 1860 : des centaines de chrétiens sont massacrés par les Druzes musulmans. La France obtient des puissances européennes, malgré une sourde résistance diplomatique de l'Angleterre, l'autorisation d'envoyer un corps expéditionnaire pour venir en aide aux victimes et rétablir l'ordre dans cette province de l'Empire ottoman. C'est le premier cas avéré d'« ingérence humanitaire ». Le corps expéditionnaire français ne se livrera cependant à aucune action militaire d'envergure. La principale originalité de cette opération se situe ailleurs : dans l'importance de l'aide qu'elle a permis d'apporter aux populations sinistrées ; dans ses conséquences judiciaires et politiques aussi. Car il a fallu déterminer les responsabilités dans les massacres et trouver une solution politique pour stabiliser la région, au-delà de la durée de l'intervention. À travers le récit mouvementé de ces événements, entre rivalités franco-britanniques et conflit culturel, Yann Bouyrat rappelle combien cette première expression du « devoir » d'ingérence a soulevé, pour les contemporains eux-mêmes, des questions de souveraineté, de légitimité et de droit international d'une brûlante actualité.

  • Voilà plusieurs décennies que les concepts de mondialisation et de globalisation sont discutés. Tous les territoires sont peu à peu connectés dans un grand tout charpenté par des réseaux le long desquels les informations, les capitaux, les hommes et les marchandises circulent plus aisément qu'autrefois.

    Pour autant, l'idée de globalisation ne doit pas faire illusion. L'espace mondial n'est pas encore devenu transparent et isotropique. Des processus contradictoires continuent de caractériser les liens entre les territoires et les sociétés. La proximité géographique demeure d'ailleurs un déterminant majeur des échanges. C'est dans ce contexte que s'imposent dans le monde de grands ensembles territoriaux multi-étatiques. Ils sont le signe visible de ce qui est qualifié tantôt de régionalisation, tantôt d'intégration régionale, formant une échelle territoriale qui a aujourd'hui toute sa place entre le local-national et le mondial.
    C'est ce que montrent les auteurs de cet ouvrage collectif. Spécialistes de plusieurs disciplines (géographie, science politique, sociologie), leur objectif est de décrire et d'expliquer à plusieurs échelles la régionalisation de l'espace mondial, en utilisant des approches tant théoriques et conceptuelles qu'empiriques. Si l'Europe, la Méditerranée et l'Afrique du Nord occupent une place importante dans cet ouvrage, plusieurs chapitres proposent des approches globales et des contre-points régionaux qui permettent d'établir d'utiles comparaisons pour donner du sens à ce qui est une tendance lourde du monde contemporain : la construction de grandes régions mondiales.

  • Le portrait de Louis XIV en costume de sacre peint en 1701 par Hyacinthe Rigaud est devenu, à l'égal de la Joconde pour l'art de la Renaissance, une véritable icône de l'imagerie politique. C'est ce statut d'icône de la représentation monarchique qu'interroge ce livre puisque ce terme renvoie autant à la publicité d'une image déclinée à l'envie dans l'indistinction d'un genre et la dépersonnalisation qu'à la puissance de l'effet de présence d'un individu singulier (Louis XIV). Avec cette représentation du roi en majesté, c'est également une cartographie de l'imaginaire visuel des souverains français qui se déploie : un ordre des images plaçant le tableau de Rigaud au centre d'autres représentations rangées en cercles concentriques comme autant de satellites distribués selon leur proximité à l'astre iconique jusqu'à l'aphélie la plus marquée du dernier d'entre eux. Il y aurait ainsi une distance irréductible entre ce Roi et la variation inégale d'une majesté imaginaire en figures spectaculaires dotées de performances politico-visuelles moindres. Doit-on, dès lors, inférer que la Majesté se distribue différemment selon qu'on soit Louis XIV ou Charles VIII ? Faudrait-il considérer que ces images sont à comprendre comme une progression menant des balbutiements iconographiques de la souveraineté monarchique à la royauté en majesté de Louis XIV, soit l'apprentissage d'une économie visuelle de la majesté du prince ? Ce livre propose un cheminement dans l'imaginaire monarchique moderne. Celui que l'on peut décider de suivre dans des images qui disent une histoire des rapports de la monarchie à la res publica des xve-xviie siècles : une histoire à travers laquelle se devine, se dessine, se représente et s'incarne le visage de l'État ; une histoire des rois imaginaires qui serait celle du pouvoir des images à illustrer le prince et à apprivoiser l'État afin d'éclairer la révolution des représentations politique et artistique du siècle des Lumières comme notre rapport contemporain aux images politiques.

  • Quelles sont les pratiques générées par ces entreprises sociales qui logent aujourd'hui en France 7,5 millions d'occupants, soit 13% de la population française? A quelles valeurs d'usage peut-on précisément référencer les Hlm: service public, mouvement social ou simple corporatisme sectoriel ? L'auteur retrace ici l'histoire de la production de logements collectifs de masse et s'appuie sur des recherches in situ pour analyser le fonctionnement des acteurs du logement social : État, organismes de gestion, locataires et leurs représentants

  • L'Union européenne a besoin d'instruments permettant de résoudre efficacement ses difficultés. La pratique de sommets a souvent été un moyen efficace. Mais la mise en place de sommets trilatéraux regroupant la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni a provoqué des critiques virulentes, liées à la crainte de voir se constituer un "directoire". Il est essentiel d'analyser cette pratique en raison de son rôle fondamental et des inquiétudes multiples qu'elle soulève.

  • Explorateurs, administrateurs coloniaux, médecins, voyageurs, romanciers, partagent et véhiculent depuis le XVIe siècle, de nombreux stéréotypes relatifs à la "femme d'Afrique noire". Qu'en est-il de cet héritage colonial ? A quelles conditions un "homme blanc" peut-il accepter aujourd'hui en France de se marier avec une "femme de couleur" ou de reconnaître l'enfant métissé issu de cette union ?

  • Qui n´a pas rêvé d´avoir entre ses mains les clés du succès ? Aujourd´hui, de Paris à Londres, de Madrid à New York, de Tokyo à Pékin, ils sont moins d´une vingtaine à tenir les rênes d´un marché planétaire. Balenciaga, Christian Dior, Yves Saint-Laurent, Ralph Lauren, Calvin Klein ont créé des empires et révolutionné la mode. Comment y sont-ils parvenus ? Qu'avaient-ils de plus que les autres ? Derrière chaque réussite, un secret. En Angleterre, trois femmes révolutionnent la mode et les moeurs : Mary Quant, Vivienne Westwood, Stella McCartney. En Espagne, en moins de vingt ans, un homme, devenu la troisième fortune mondiale, construit un empire. Comment, avec Zara, a-t-il imposé une mode planétaire et pris le leadership mondial du prêt-à-porter ? Venus d'Asie, trois samouraïs Miyake, Yamamoto et Rei Kawakubo se lancent à leur tour à la conquête de l'occident. Un coup de sabre dans les idées reçues.

    Derrière chaque réussite, un secret, souvent oublié, parfois mal connu... Qui inventa le happening du défilé de mode ? Qui libéra les silhouettes des femmes ? Comment fut créé le marketing ? Pourquoi le sac est-il devenu un marqueur social ? Au travers de dix-huit destins sur trois continents, dix-huit créateurs et plusieurs événements impromptus sont au coeur de ces secrets bien gardés.

  • « Nous sommes relevés par le 65e, des Bretons qui, avec vingt-cinq kilomètres dans les jambes et douze heures sac au dos sans arrêt, ne se plaignent pas et s'entassent sans un mot dans les abris. C'est une race plus sympathique que nos Méridionaux du 16e corps, à qui la division était rattachée. » Par ces quelques mots griffonnés dans ses carnets en décembre 1915, le Bourguignon Pierre Perrin, mobilisé dans un régiment dijonnais, dit bien la force des stéréotypes régionaux dans la France de la Grande Guerre, les tensions qui en résultent parfois aussi malgré l'Union sacrée affichée. Pourtant, en dépit des profonds renouvellements de l'historiographie du conflit depuis une trentaine d'années, cette dimension régionale - et périphérique - des différents phénomènes, loin de Berlin, Londres ou Paris, reste très inégalement prise en compte par la recherche universitaire. En questionnant les liens - essentiels - entre « petites » et « grande » patries, ce livre souhaite interroger, pour lui-même, le fait régional en guerre. Conditions du recrutement et de la mobilisation, force des solidarités nées d'origines géographiques communes, cultures gustatives spécifiques, traditions musicales valorisées, langues locales ou régionales contribuant à forger une « langue des tranchées », constitution et évolution de stéréotypes régionaux combattants sont quelques-unes des pistes ici empruntées : elles permettent, entre autres, de mieux comprendre comment la « petite patrie » interagit avec la grande et contribue à renforcer la capacité des soldats à endurer les conditions dans lesquelles ils survivent au quotidien. En certains cas, la défense du pays conduit d'ailleurs à une redéfinition des identités régionales, à leur renforcement notamment. On l'aura compris : la région est ainsi moins le cadre de l'étude que l'objet même de la réflexion, à travers des contributions portant sur la Bretagne, la Normandie, le Nord-Pas-de-Calais, mais aussi l'Alsace alors allemande ou encore l'Empire britannique, plus particulièrement le Québec et la Nouvelle- Zélande.

  • Qu'est-ce que la démocratie ? Une conséquence stricte de l'éthique pour Spinoza et un aboutissement de l'esprit du don pour Mauss. Dans nos sociétés marquées par l'individuation et le morcellement social, chercher à fonder une politique des relations en démocratie est une vraie gageure. Pourtant, depuis sa création en 1999, l'association École et Famille montre qu'un travail local de tissage de liens entre la famille, les professionnels qui gravitent autour d'elle et les élus est une source de richesse. Richesse en termes de mobilisation, de plaisir dans l'action en commun, de sens, d'autonomie et de construction au jour le jour de la Cité. À partir des difficultés d'un enfant à l'école, les actions visent, notamment en direction des familles en détresse multiple, à remobiliser l'enfant, sa famille, les professionnels (enseignants, travailleurs sociaux, médecins...) et les élus pour mieux vivre ensemble. La démarche se fonde sur une éthique relationnelle, entre participants, pour favoriser la prise de parole libre hors de toute posture institutionnelle préétablie. Le dispositif, original et novateur, de la « clinique de concertation » élargit les relations prises en compte dans la thérapie familiale contextuelle, inventée à la fin des années cinquante par Ivan Boszormenyi-Nagy. Rechercher des ressources relationnelles sur lesquelles s'appuyer, dans la famille, à l'école, entre professionnels impliqués et parmi les élus, interroge dans une dynamique commune et très concrète ce que signifie donner, recevoir et rendre. Ainsi se (re)construisent reconnaissance mutuelle, responsabilisation et fiabilité des liens. Et si cette démarche - applicable dans toutes les relations humaines - servait de matrice pour refonder la valeur des liens ?

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