Yves Simon

  • Pour la première fois, Yves Simon se raconte dans un livre. C'est l'itinéraire d'un artiste atypique, reconnu à la fois comme romancier et auteur-compositeur de chansons. « De quel empilement de mots, de lieux, d'objets, de rencontres sommes-nous les représentants ? Qui et quoi nous a faits tels que nous sommes, nous et nul autre ? » Dans cet autoportrait, Yves Simon célèbre les musiciens, les écrivains, les poètes, les villes et les pays, les films, les objets qu'il a aimés, les personnes qu'il a croisées et qui ont influencé sa vie comme son oeuvre... Exemplaires ou anodins, il dresse l'inventaire de ses anges de passages, et leur rend hommage. On rencontre ainsi, au fil des pages : François Mitterrand, un jour de confidences ; Simone Signoret, au soir de la vie ; Chris Marker, dans un bar de Tokyo ; Bowie, qui serre Higelin et Yves Simon contre son coeur, dans un petit matin blême ; Serge Gainsbourg, dans une ville de province... Mieux que personne, le romancier évoque ces figures de l'ombre, de la marge, tous les anges de lumière... Parmi ces figures, il y a aussi des inconnus sublimes, la jeune Lesley, premier amour de quinze ans découvert à l'ombre de Proust ; un père cheminot avec qui il est difficile de parler, sauf au dernier jour... La manufacture des rêves, c'est l'âme de l'artiste qui prend et qui donne. Dans des pages généreuses, il partage avec nous, émerveillé, le silence des grands déserts américains, le grésillement d'un ordinateur portable, compagnon des nuits d'écriture, la solitude du chanteur de scène...

  • Oceans

    Yves Simon

    • Grasset
    • 23 Mai 1989

    Océans est l'histoire d'une vie. A Monterville, station thermale de l'est de la France, les océans sont de lointains mirages... Pour Léo-Paul Kovski, petit- fils d'émigrés polonais, tendre et fantasque enfant des années soixante. Pour son père, conducteur d'une locomotive volée, qu'il rêve de faire un jour échapper à ses rails. Pour sa mère, infirmière, qui ne voudrait pas de limites à son dévouement. Pour ceux de son âge, ses amis, qui se cherchent et s'éveillent en même temps que lui. Pour Marie, l'amour de jeunesse, si longtemps inaccessible. Point de cyclones ni de déluge quand, après une longue fugue, Léo-Paul rencontre pour la première fois l'océan, lieu poétique et géographique de toutes les immigrations. Puis ce sera Paris, le travail, les femmes, la violence, l'écriture, la réussite... Et aussi l'étrange, la poésie, l'inquiétude, les voyages, la politique. Tout ce qui aura fait le paysage intellectuel et sentimental d'un jeune Français de notre époque : vingt ans de sa vie, admirablement saisis, retrouvés, reconstruits, à la lumière du réel et de la mémoire.

  • Repères affectifs de nos vies, les chansons nous rappellent nos chagrins comme nos exaltations de vivre, l'espoir et l'inespoir, elles sont nos compagnes intimes et fidèles, celles avec lesquelles on pleure encore en secret, longtemps, longtemps, longtemps après que leurs poètes ont disparu.
    Traces indélébiles, elles restent plantées au coeur de nos chairs et de nos cerveaux comme de farouches résistantes au temps qui passe. Incrustées dans les mémoires collectives de chaque peuple, elles raniment à jamais nos minuscules effarements, les blessures et nos ensauvagements, chacun des instants où nous nous sommes crus désespérément seuls au monde.
    Nous respirons aujourd'hui l'air de notre temps. Dans deux millions d'années quelques-uns des atomes qui auront bien connu nos gorges et nos chansons, seront encore en vadrouille entre le lac d'Annecy et une autoroute mexicaine, prêts à être respirés par ces inconnus de demain, différents.

  • Sorties de nuit

    Yves Simon

    • Grasset
    • 7 Avril 1993

    Dans la lignée de Jours ordinaires, voici un recueil de textes brefs pour parler d'aujourd'hui. Traduit par Simon, le banal ou l'ordinaire des jours prend soudain l'allure de l'exceptionnel. L'époque, notre époque, apparaît autrement, sous d'autres traits, avec d'autres nuances. Ici, en fait, l'artiste renoue avec sa fonction de traducteur : il prélève un élément simple du monde présent, que nous avons pris l'habitude de recevoir sous la forme d'un flot ininterrompu d'images, l'arrête, le met en mots et nous demande de le regarder. Donner à voir l'anodin, l'invisible, montrer le monde qui change de peau, exposer les fractures d'une histoire en train de se faire, ou transmettre une confidence douce-amère tirée de sa propre vie, un épisode de son existence, une réflexion : telle est la nature de Sorties de nuit.

  • La compagnie des femmes

    Yves Simon

    Certains écrivains, au gré de leurs publications, nous donnent volontiers de leurs nouvelles à travers chacun de leur livre ; ils n´hésitent pas à raconter, à montrer le monde, l´époque, pour tenter de mieux les comprendre, mais avant tout de se comprendre eux-mêmes. Depuis son premier livre, Les Jours en couleurs, paru voilà quarante ans, Yves Simon n´aura cessé de poursuivre sa propre trace, il nous a dit sa jeunesse, ses illusions perdues, ses chagrins, ses amours, mais jamais n´avait-il consacré jusqu´à ce jour un roman tout entier empreint, comme son titre l´indique, de la compagnie des femmes.
    S´il se présente autant comme une autobiographie déguisée qu´un carnet de route, le nouveau roman d´Yves Simon vaut surtout pour l´histoire d´amour très singulière qui l´anime, le porte et le transcende. « Léonie était jeune et moi qui vieillissais », écrit le narrateur avant de reprendre le chemin de quelques-unes des femmes qui le hantent, aussi bien sa mère que les rencontres les plus éphémères. Mais la beauté de cet amour décisif éprouvé pour Léonie emporte dans le même élan lecteur et narrateur. On se prend alors à rêver d´être le passager clandestin de ce voyage, un road novel, dont seul l´écrivain connaît la destination finale.

  • La dérive des sentiments

    Yves Simon

    • Grasset
    • 28 Août 1991

    Prix Médicis 1991. Le monde d'aujourd'hui, avec ses fractures, ses drames politiques, ses éruptions de liberté venues de l'Est. L'histoire de deux individus, Simon et Marianne, qui essaient d'inventer une histoire d'amour. Simon est un drôle de type : il a publié deux romans sous pseudonyme et il s'apprête à en publier un troisième, mais écrit par un autre. Simon est un rêveur et d'étranges blessures habitent sa mémoire : ainsi, on le devine obsédé par un fils qu'il aurait eu, autrefois, et qu'il n'a jamais vu... Avec Marianne, il voudra retrouver le goût d'une passion qui ne s'use pas. D'autres personnages étranges : l'écrivain Kaspar George Becker (K.G.B.) qui écrit un roman dans lequel défilent toutes les convulsions de l'ancienne Europe ; une concierge excentrique qui s'appelle Madame Dior ; Rosa, et Marcella, et Lucien, et Alice, et tant d'autres qui se déplacent dans ce livre comme autant de somnambules. Peut-être ne sont-ils pas seulement les personnages du roman que l'on est en train de lire mais aussi ceux du roman que Simon, le narrateur, est en train d'écrire... C'est dire que ce livre voudrait être une fable sur l'époque mais aussi sur la création littéraire.

  • Transit-express

    Yves Simon

    • Grasset
    • 28 Janvier 1975

    Sur mon courrier je t'emmène - sur la mer à perdre haleine - sur ma bouche je t'emmènerai... L'air et les paroles sont sur toutes les lèvres. Pour Yves Simon, respirer, c'est chanter, et chanter, c'est partir un peu. Mais l'écriture aussi lui est un voyage, à la recherche " des milliardaires d'histoires qui se promènent dans le monde ". "Transit-Express" en recueille quelques-unes, au passage, dans le train-fantôme de l'imagination.
    Il suffit d'un rien, d'une rencontre. Il suffit qu'un garçon comme tous les autres - plus perdu que d'autres, peut-être - échoue dans une salle d'attente un soir de vague-à-l'âme et en vienne à échanger avec un inconnu la clé de sa chambre contre un billet de train. Soudain libéré de ce qui l'attache au quotidien, voici Marco embarqué dans la plus étrange des aventures, en compagnie de nombreux autres " voyageurs " captivants et singuliers. Tandis que le train traverse des pays de neige et des villes lointaines, des régions dévastées, des vallons riants ou des paysages de ruine et de guerre, ce petit groupe d'errants roule vers son destin. Tragique pour Douchan, le réfugié toujours en fuite ou pour la petite Natché, qu'entraînent les fantasmes d'un amour impossible, nostalgique pour ceux qui vont le dos à la marche du train, tournés vers leurs souvenirs, riche de songes pour ceux qui ont beaucoup aimé, telle Roda, qui en sait long sur la passion, le sort se faufile, d'un wagon à l'autre. Et sur ce monde ferroviaire, insolite, varié, pittoresque, règne Melchior, le contrôleur, qui note les départs, les arrivants, comptable méticuleux de cette randonnée sans but ni fin, à moins qu'un jour quelqu'un ne tire le signal d'alarme...
    Belle fable aux prolongements secrets, belle idée surtout, "Transit-Express", on l'aura deviné, est une allégorie où chacun aura le sentiment de reconnaître un peu son propre voyage à travers le temps. Notre temps. Nul ne sait à quelle gare il descendra, ni pourquoi il est monté à telle station plutôt qu'une autre. On est sur les rails, et voilà tout, dans la course d'un train fou. Qui pourrait nous en dire davantage sur sa destination ?
    Plus grave, plus motivée, on aimera dans ce troisième roman d'Yves Simon toute la mélancolie profonde de son talent, fait d'instants saisis, de vérités captées, d'une sensibilité juste et sans apprêts. Pour lui, et par lui, la " litanie de la vie moderne " envoûte et s'impose, dans la poésie des mots la vigueur évidente des images. Et comme dans ses chansons, il s'agit encore une fois d'une ballade, où il se fait le complice, le tendre, mais le lucide témoin d'une génération qui veut toujours rêver ailleurs son existence, en attendant un âge qui tarde.

  • L'amour dans l'âme

    Yves Simon

    • Grasset
    • 20 Septembre 1978

    Dans un parking souterrain, un homme va reprendre sa voiture. Une femme arrive en courant. Elle est essoufflée, elle a peur, elle dit : "Emmenez-moi !" Et ils partent ensemble dans Paris pour une histoire qui durera six mois. Parce qu'ils voudront aller jusqu'au bout des mots, ils transformeront les murs de leur appartement en roman en y écrivant tout ce qu'ils ne diront pas ou n'oseront pas se dire avec la parole. Comme Marilyn Monroe restée éternellement jeune et belle, ils voudront que leur histoire n'ait pas de fin et ne connaisse pas la tristesse de l'un des deux disant : "Tu ne m'attendris plus, alors je ne t'aime plus !" Ils s'inventeront une vie à côté de la banalité parce que chaque seconde sera la leur et qu'ils en seront les héros.

  • Les novices

    Yves Simon

    • Grasset
    • 11 Janvier 2006

    Les héros de Yves Simon sont, comme l'auteur qui les conçoit, des êtres écorchés, mélancoliques, jetés dans une modernité qui les déconcerte et où leur romantisme quasi-ontologique ne trouve pas toujours sa vraie place. Ce sont des « décalés », des nomades de la vie, des voyageurs sans but. Ici, les deux héros de ce nouveau roman sont des Novices. Leos et Julia, deux jeunes gens d'aujourd'hui, tâtonnent dans le maquis des sentiments. Deux êtres qui se cherchent, se trouvent, se perdent, se retrouvent. Education sentimentale. Ultra-moderne solitude ? C'est de cela qu'il est ici question. L'intrigue ? Un fil de soie tendu entre la jeunesse et la fin de la jeunesse. Un lent ballet d'émotions. Où Leos et Julia tentent de s'aimer puis de s'oublier - avant de s'aviser qu'ils ont besoin l'un de l'autre. Au passage, ils auront fait l'expérience de tout ce qui fait le charme des univers « simoniens » : la nuance amoureuse, le dépit, l'impatience, l'espérance. Un roman sur le désarroi de « novices » un peu perdus dans les jungles d'asphalte. Un éloge de la passion et de ses tumultes dans un monde qui n'aime plus les tulmutes de la passion.

  • Le voyageur magnifique

    Yves Simon

    • Grasset
    • 9 Septembre 1987

    Adrien est fasciné par l'histoire de l'humanité et plus encore par les commencements : le jour où, pour la première fois, s'est redressé, sur les bords du lac Turkana au Kenya, celui qui, cessant d'appartenir au monde animal, allait inaugurer le règne de l'homme ; le jour où celui-ci a découvert qu'il pouvait s'autodétruire et annihiler l'univers, c'était à Hiroshima ; le jour, enfin, en juillet 1969 où trois Terriens ont marché sur la Lune. Trois commencements qui, pour Adrien, sont les trois étapes essentielles de l'humanité.
    Sa rencontre avec Miléna, une jeune comédienne d'origine tchèque, est encore un commencement. Ils s'aimeront comme on s'aime à Paris au XXe siècle, loin des drames, dans l'illusion de l'éternité. Ils s'aiment tellement qu'un jour Miléna veut un enfant d'Adrien. Nouveau commencement, pour tous deux. Pour Miléna qui s'immerge dans la maternité amoureuse. Pour Adrien qui, découvrant la paternité, se retrouve lui aussi enceint, mais d'un autre enfant, imaginaire et secret celui-là, divaguant avec lui du lac Turkana à Hiroshima, de Paris à Cap Kennedy, étrange voyageur magnifique.

  • Jours ordinaires

    Yves Simon

    • Grasset
    • 10 Novembre 1988

    J'ai écrit ces textes au fil du temps, des heures. Un journal ? Peut-être. Mais rien n'est daté. Plutôt une liste des choses qui m'ont fait battre le coeur, comme l'écriture autrefois Sei Shônagon, cette courtisane raffinée d'une cour japonaise.Notations express de l'air du temps, le temps des années 80 avec quelques-uns des personnages - illustres ou inconnus - qui les traversent : rencontre inattendue avec Jean-Luc Godard, message de Win Wenders griffonné depuis un bar de Tokyo, François Mitterand qui rit dans un petit salon de l'Elysée. Les petites amoureuses sont là, elles aussi, Paris et tous ces passants qui se demandent comme moi, qui se souviendra de ces détails, de ces gestes dérisoires qui habillent nos vies, de ces pensées fugaces pour un visage qui bouleverse : ces tendres stocks d'images et de sensations que l'histoire oublie, mais qui hantent nos séjours secrets.Y.S.

  • L'amour : entre rêve et désillusions. L'amour et ses mystères, ses sortilèges, ses fantasmagories. L'amour comme un roman. Il fallait bien qu'un jour on y revienne... Parce que le sujet colle aux pensées et vire à l'obsession. L'amour a-t-il un sens ? Une réalité ? Une actualité ? Peut-on en parler vraiment ? Et alors comment ? Ou n'est-il qu'un mot creux, mais magique, derrière lequel chacun de nous cache le plus souvent le dictionnaire de ses fantasmes ordinaires ? Quatre textes proposent ici l'ébauche d'une... vision. Où l'on retrouve l'allégorie et l'analyse, le récit vécu et la fiction. Quatre textes pour raconter les mille et un avatars de la volupté et du malheur d'aimer.

  • L'amour : entre rêve et désillusions. L'amour et ses mystères, ses sortilèges, ses fantasmagories. L'amour comme un roman. Il fallait bien qu'un jour on y revienne... Parce que le sujet colle aux pensées et vire à l'obsession. L'amour a-t-il un sens ? Une réalité ? Une actualité ? Peut-on en parler vraiment ? Et alors comment ? Ou n'est-il qu'un mot creux, mais magique, derrière lequel chacun de nous cache le plus souvent le dictionnaire de ses fantasmes ordinaires ? Quatre textes proposent ici l'ébauche d'une... vision. Où l'on retrouve l'allégorie et l'analyse, le récit vécu et la fiction. Quatre textes pour raconter les mille et un avatars de la volupté et du malheur d'aimer.

  • Par deux fois au cours de la première moitié du vingtième siècle, les systèmes totalitaires ont contesté le concept de démocratie. Ces systèmes ont proposé des philosophies complètes de l'homme et de l'État, des philosophies assez fortes pour insuffler à leurs disciples un esprit de croisade. La démocratie fut sur la défensive ; elle fut de plus en plus souvent défendue par l'argument pragmatique. Cependant, cet argument s'est révélé impuissant face aux systèmes concurrents. La démocratie fonctionne, il est vrai - mais le fascisme fonctionnait également avant qu'il ne soit détruit depuis l'extérieur. Le besoin qu'il est d'une philosophie démontrant que la démocratie est solidement fondée sur des principes rationnels - ce besoin est manifeste. Ce volume présente ainsi les principes fondamentaux sur lesquels repose la démocratie afin de comprendre les fondements de la démocratie. Cet ouvrage aide à prendre conscience que ce système est construit sur ces principes nécessaires au maintien de la dignité humaine.

  • Romancier et poète, Yves Simon est l'auteur chez Grasset d'une oeuvre importante, notamment de : Le Voyageur magnifique (Prix des Libraires, 1988), La Dérive des sentiments (Prix Médicis 1991), Le Prochain amour (1996). Dans un Paris où se croisent chaque jour des êtres qui s'ignorent et s'esquivent, une ville bruissante de paroles perdues, un homme prend le temps d'écouter les autres, de les confesser, de leur pardonner. Andrea - l'atypique héros qu'à choisi Yves Simon - est un jeune prêtre sans paroisse, qui roule à scooter, pratique l'art de la confession l'oreille collée au portable : se verse alors en lui, comme en un cérémonial où chaque aveu devient une « parenthèse délirante », le souffle de ses ouailles. « Je fus arpenteur d'âmes alors que tout aurait dû me conduire à en être l'archéologue » résume Andrea. Ce magnifique roman tisse ensemble les lambeaux de tous ces secrets arrachés à l'oubli, à la solitude. Il y a Milos, le peintre d'Europe centrale, qui cicatrise à peine les blessures de l'exil et photographie son inexorable vieillissement. Il y a Luis, l'aveugle, amoureux d'une prostituée, Lena, qui n'ose pas lui avouer qu'elle hante les trottoirs de la périphérie. Il y a Ismalia, une « beurette » infirmière, qui cherche l'homme à étreindre, Ismalia « frêle parmi les frêles, luciole des cités, une éphémère ». Il y a Frédéric, le frère matérialiste d'Andrea, si différent, qui ne croit qu'à l'intimité des corps et à leur commerce. Il y a surtout Paris, où la nuit s'enchaîne au jour, où se lève pendant le temps où nous rencontrons ces personnages une tempête de sable ocre, Paris sur Sahara, dunes bouchant le périphérique, nuages de boulevards, pollen urbain. La voix perdue des hommes est l'un des plus beaux romans d'Yves Simon. On y retrouve son lyrisme inquiet, son goût de l'errance urbaine, une construction narrative originale en séquences façon « Short cuts » de Robert Altman, mais en rupture avec ses autres livres, il laisse apparaître ici une nostalgie de l'humanisme, une civilisation enfouie sous les sables d'un désert dans la ville.

  • Les jours en couleurs

    Yves Simon

    • Grasset
    • 12 Janvier 1971

    On a toujours deux vies : la sienne, et puis celle qu'on s'imagine, franchie la porte du quotidien. Thomas, petit employé d'assurances, marié, lassé, ennuyé, n'est guère satisfait d'une existence si terne qu'elle lui en donne de mystérieux boutons. Il voudrait être un autre, comme tant d'autres, et connaître enfin " des jours en couleurs ". Il suffira d'un accident banal pour que tout devienne possible, et que le cercle soit enfin cassé. Au sortir de l'hôpital, maison de coton où il a l'impression de se libérer de lui-même et de ses souvenirs, Thomas se sent soudain sans attaches ni passé. Mais d'errances en brèves rencontres, d'une femme à une autre, il remet malgré lui ses pas dans ceux de jadis, et ses souvenirs, cette vacance le conduisent dans la ville où il fut jadis un étudiant qui croyait à l'avenir. Ses démangeaisons reparaissent ; il n'y a plus qu'à reprendre le train pour Paris. On n'échappe pas si facilement à soi-même.
    Familier, lyrique, goguenard, tendre, audacieux, Yves Simon marie avec un égal bonheur le monologue intérieur, les exercices de style et la plus simple des chansons. C'est une voix singulière, et qui sait conserver, à travers un talent déjà très maîtrisé, la fraîcheur et le charme de la jeunesse.

  • Plusieurs chapitres traitent de la définition et de la spécificité des contrats et des marchés à terme de matières premières, des principaux marchés à terme de matières premières, des marchés d'options et la gestion du risque de prix, des marchés de gré à gré et la gestion du risque de prix.

  • Un instant de bonheur

    Yves Simon

    • Grasset
    • 30 Avril 1997

    Ces onze nouvelles d'Yves Simon ont en commun la solitude et le besoin d'aimer. Voici une femme qui avoue, à l'ombre d'un confessionnal, son amour pour le confident de celui qui se croyait follement aimé d'elle... et qui l'écoute. Voici un vagabond suivi dans son errance, jusqu'au terme tragique. Voici un vieux cinéaste, au charme éraillé, qui s'épuise à filmer un couple déchiré. Voici - serait-ce un double - un personnage d'écrivain intranquille toujours à la recherche d'un instant de bonheur. Voici Irène qui offre ses maladresses touchantes et le désir de son corps, à l'homme qui sait bien qu'elle n'est pas tout à fait son genre. Scènes vues, vécues ou imaginées, polaroïds du désir, et malgré la difficulté de bien des personnages à traverser la vie, cette demande qui monte : encore un instant de bonheur.

  • Prie les corps des hommes,- les vivants -,prie-lesd'êtrel'Ecriturele message d'universle don du genre humainà l'immensité,à l'espace et au temps,implore-lesde devenirle souffle du monde,l'extravagant poèmed'iciparti des confins de la Terre :six milliards de lettrespour raconterle lien.Y.S.

  • Yves Simon vit à Paris après avoir beaucoup voyagé dans le monde entier. Chanteur et musicien célèbre, il a publié depuis 1971 plusieurs romans, un recueil de nouvelles et de la poésie aux Éditions Grasset, dont Océans, La dérive des sentiments (Prix Médicis en 1991), Jours ordinaires...et à paraître dès l'automne prochain. La voix perdue des hommes. L'enfant sans nom est son premier ouvrage destiné à la jeunesse et porte la marque de ses nombreux voyages. L'illustrateur : Evelyne Faivre vit dans la région Parisienne et travaille pour de nombreux éditeurs, notamment pour Hachette et Le Seuil. Après Le château de Martine et Léon, L'enfant sans nom signe sa deuxième collaboration avec Grasset-Jeunesse. L'album : « Lorsqu'il entend un nom de ville, de pays, de fleur, d'oiseau qui lui plaît, aussitôt il se met en route. Il file comme un amoureux vers le nom adoré pour vérifier si par hasard, ce ne serait pas celui qu'on a oublié de lui donner. Car il sait cela : chaque animal, chaque humain, chaque objet doit être inscrit sur les registres de l'univers pour pouvoir trouver un jour sa place. Et lui, il n'est nulle part... » Le périple de ce petit garçon en quête de son identité est l'occasion d'un tour du monde dont Yves Simon se fait le guide en compagnie d' Evelyne Faivre qui compose de magnifiques paysages en sachant évoquer toutes les couleurs et la magie de chaque pays visité.

  • « Il y a des femmes que l'on rencontre pour une seule nuit, certaines pour quelques mois ou quelques années, d'autres que l'on côtoie une vie entière : elles ont toutes ce point commun : n'être pas oubliées. Elles reposent dans nos mémoires comme de précieux bijoux que l'on aurait portés, et qui ne se seraient jamais altérés. Ce sont elles les Eternelles. » Cinq femmes, quatre amantes et la mère du narrateur, sont les héroïnes de ce roman. Par ordre d'entrée en scène : Irène ; la mère ; Marie ; Céleste ; et la très jeune Lola, passion d'une nuit dans un hôtel de Bruxelles. Irène, hôtesse de l'air dévoreuse, assoiffée de chair et d'odeurs, est une « fille espagnole aux cheveux jais », un corps céleste qui se donne entre deux escales. Quand elle quitte le narrateur, après vingt-huit mois de folle passion, elle le laisse anéanti. Seule l'écriture le sauvera. L'écriture ? Mais aussi les appels téléphoniques, chaque soir, à sa mère, la « femme des plus longs chemins ». Notre écrivain se confesse à elle, pleure, conte son amour malheureux, lui dit « je t'aime » comme à une compagne. La mère au corps généreux, seule, fatiguée, serre contre elle ce fils comme elle serrait le petit garçon, dans l'Est de son enfance, quand son mari cheminot partait dans l'aube vers les sémaphores... Céleste sauve le narrateur ; par son corps, par ses sourires. Photographe, elle le rédime, lui rend son visage et ses mots. C'est une « fille du réel », sans tourment, sans jalousie, sans mensonges. Le fils d'Yvonne Simon revoit ses proches : Walser, l'éternel ami, le confident ; Frédéric, patron de l'agence de communication KFBI, et son amie Marie. Marie est la troisième amante, celle par qui tout bascule : malheureuse avec Frédéric, elle se laisse emporter par l'écrivain dans un amour fou, peut-être destructeur. « J'entrai dans votre vie comme dans un tabernacle. Je n'osais m'y déplacer. J'effleurais votre peau, les fins tendons de vos mains, la jointure de votre pouce. » Mais le narrateur est-il l'homme de sa vie ? Et qui donc est cette créature magnifique et froide ?

  • Ni journal ni Mémoires, ce Dictionnaire intime est tout cela à la fois. À partir de plus de 250 mots librement choisis, Yves Simon nous parle de ce qui lui tient le plus à coeur. Tels des galets blancs, ces mots jalonnent sa vie, et l´accompagnent sur les chemins de la musique, de la littérature, de l´amour.Par exemple, Cheminot est un magnifique portrait de son père, et Don, celui émouvant de sa mère. Espèces et Dandys évoquent Gainsbourg, K la Prague de Kafka, Mirabelles, sa jeunesse en Lorraine, Mitterrand racontant à l'auteur le sauvetage de Robert Antelme du camp de Dachau.Grave et léger, ce Dictionnaire intime offre au lecteur d´innombrables rencontres inconnues ou célèbres (Juliet Berto, Marguerite Duras, Georges Brassens, Albert Cossery, Gérard Depardieu...), dans des situations inattendues. Et sans jamais s´appesantir, il nous propose une réflexion souriante sur les choses de la vie (Autoroute, Désir, Fiançailles, Hôtels [chambres d´], Jalousie, Table en pin, Utopies...)

  • L'homme arc en ciel

    Yves Simon

    • Grasset
    • 19 Octobre 1971

    Monsieur Vernier, ancien notaire de province et honorable bourgeois sans histoire, en est à l'heure des bilans. Seul dans sa maison, portes et volets clos, il s'apprête à voyager parmi les souvenirs, mais sa mémoire est une pochette-surprise.
    Au lieu de pister l'ombre qu'il a été, ses rares bonheurs, sa femme, son fils, voici qu'il pénètre soudain " dans une autre dimension ".
    " Être vieux, c'est vivre en prison, alors il faut réinventer les films entre quatre murs, s'inventer une amitié avec un énergumène fou qu'on appellerait Grand Bi... C'est tous les siècles qu'il faut s'approprier, les crimes et les fuites, une histoire insensée de Globe-trotter-pyromane-assassin, avec plein d'odeurs de poissons, de chansons de marins et de bordels africains, et puis aussi un amour, le plus beau, le plus extraordinaire, celui qu'on n'a jamais vécu... " Par l'imagination complice, de dérives en évasions fantastiques, Monsieur Vernier retrouve les vingt ans qu'il n'a pas eus, bourlingueur sur des mers lointaines, séducteur milliardaire sur une Côte d'Azur à la Fitzgerald, chauffeur de maître et " hors la loi, hors le temps, hors circuit ", jeune homme surpris par l'amour et entraîné sans trop savoir pourquoi dans des guerres civiles et des complots, proscrit errant d'hôtel miteux en pension misérable, voyageur clandestin changeant de nom comme de train, et compagnon ébloui de ce Grand Bi paillard et téméraire, grand frère en découvertes parmi les folies du monde. Tel qu'il se voit, dans " le mélange de ses vérités ", Monsieur Vernier est " un homme arc-en-ciel ", selon le prisme de tous les possibles ; sa vie rêvée ressemble à un merveilleux roman d'aventures, enfin délivré des contraintes du vraisemblable et du quotidien.
    Avec un talent qui saute aux yeux, Yves Simon impose ici de nouveau ses dons et son univers. Il écrit comme on parle aujourd'hui, quand on a vingt ans, sans affectation ni censure, mais il sait ajouter au naturel de sa génération ce qui lui est propre : la poésie de l'imagination, le choc des images, la tendresse, la révolte par les mots, un peu de désespoir peut-être, et surtout cette vivante rage de rêver obstinément dans les jours gris d'une planète sans couleurs.

  • Le prochain amour

    Yves Simon

    • Grasset
    • 20 Mars 1996

    Que se passe-t-il quand un homme tombe amoureux d'une femme qui n'est pas son genre ? Quand un écrivain en mal d'écriture succombe à une fille futile ? L'amour rapproche-t-il les êtres ou, au contraire, les éloigne-t-il au plus profond de leur solitude ? Dans ce roman, histoire d'une passion que rien ne laissait prévoir, voici Irène, l'hôtesse de l'air, le grand amour, la femme-paradoxe, émouvante de fragilité et de naïveté. Puis Walser, l'ami-confident, le conseiller des nuits blanches et solitaires, celui qui ne perd pas son calme. Et encore Landsdorff, l'éditeur, rétif au bavardage, parfois cynique. Ils font pression : le narrateur doit-il abandonner Irène ? Les amants contrariés iront pourtant jusqu'aux fiançailles, au bord de la mer du Japon.

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