Yves HARTÉ

  • Ce 9 novembre 1989, il y a vingt-cinq ans, une explication confuse de Günter Schabowski, porte-parole d'un gouvernement en sursis, signait la fin d'une histoire qui avait commencé en 1943 à Ankara. Cette année-là, les trois grandes puissances en passe de gagner la Seconde Guerre mondiale se partagèrent la planète. De ce partage naîtrait la guerre froide. Et la guerre froide choisit comme point névralgique, symbole de sa plus dure opposition, Berlin, ancienne capitale du IIIe Reich.
    C'est ainsi, dans le bredouillage de Schabowski, que le Mur disparut. Mais qu'y avait-il derrière ce mur, hormis un no man's land de sable, des barbelés et des décombres oubliés que l'on distingua une fois les parpaings de béton enlevés dans le brouillard de novembre ? Il y avait surtout un monde qui se révéla bien plus complexe et dangereux, car bien plus volatil, que celui qui allait s'effacer. Ce ne fut pas la fin de l'histoire, comme il le fut hâtivement proclamé, mais la fin d'une histoire bipolaire et le début de plusieurs autres.
    Ce livre numérique rassemble deux séries de reportages publiés dans les colonnes du journal Sud Ouest. La première par Yves Harté, envoyé spécial en Allemagne en 1989, observateur de la "chute" d'un mur qui ne faisait en réalité que s'ouvrir. Ce ne sont pas seulement les Allemands de l'Est qui l'ont cassé, ce sont les autorités de RDA qui ont fini par les laisser passer. Et elles avaient commencé à le faire dès l'été 89 à la frontière hongroise, bien avant la chute de Honecker. Dans la deuxième partie de l'ouvrage, retour en Europe de l'Est 20 ans plus tard, avec Christophe Lucet également envoyé spécial pour Sud Ouest en 2009.


    Table des matières Première partie : 1989 à Berlin par Yves Harté 12 novembre 1989. La nuit où les Allemagnes s'embrassèrent 13 novembre 1989. Courbés sous les paquets 14 novembre 1989. A l'Ouest, un mark est un mark 15 novembre 1989. Pasteur Eppelmann : « Tendre la main aux communistes » 16 novembre 1989. Les souriantes certitudes du professeur Bohmer 17 novembre 1989. Le jour où la porte s'ouvrira 19 novembre 1989. Tout a commencé ici 20 novembre 1989. « Supprimez l'article 1 » Deuxième partie : 20 ans plus tard par Christophe Lucet 02 novembre 2009. Hongrie : du rideau de fer au paradis dentaire 03 novembre 2009. Le fantôme du socialisme 04 novembre 2009. Derrière le miroir capitaliste 05 novembre 2009. A Prague, Petr Uhl n'a pas raccroché 06 novembre 2009. Dresde a retrouvé un avenir 07 novembre 2009. « Stasi-Tour » à Berlin-Est 08 novembre 2009. La mémoire en pointillés du mur de Berlin 10 novembre 2009. Un bilan européen mitigé

  • Latche ; Mitterrand et la maison des secrets Nouv.

    C'est un lieu-dit non loin de la côte Atlantique, au coeur de la forêt landaise. Une petite route y mène, bordée de chênes-lièges et de pins : Latche. Ce qui n'était à l'origine qu'une bergerie en ruine acquise par le futur président dans les années soixante pour abriter ses amours avec la jeune Anne Pingeot devint, au fil des ans, le repaire de la Mitterrandie.

    Autour de Latche gravitaient la tribu du président et des personnalités politiques en visite sur les terres du dirigeant de gauche, tous et toutes soumises aux rituels obligés : visite au couple d'ânes et balade en forêt. Les courtisans comme les amis sulfureux s'y sont ainsi bousculés, de Jean-Jacques Servan-Schreiber à Jacques Attali en passant par Édith Cresson, Jean Daniel, François de Grossouvre et René Bousquet, l'ancien chef de la police de Vichy. Dormant sur place, pour leur dernier séjour en dehors de ce qui fut l'URSS, Gorbatchev et sa femme en repartirent avec des rêves de datcha tandis qu'Henri Kissinger, des années auparavant, avait quitté la propriété rassuré après une rencontre secrète avec le président d'une France passée à gauche.

    Ce livre dresse autant le portrait aiguisé de la Mitterrandie que celui, intime, d'un homme qui avait fait de ce coin des Landes son autre pays à l'abri des bruissements élyséens. Les murs de la bergerie resteront à tout jamais chargés de ces petites histoires, anecdotes cocasses, drames personnels mais aussi grande Histoire qui, ensemble, construisirent le « mythe » Latche.

empty