Éditions Les Herbes rouges

  • La trajectoire des confettis

    Thuot Marie-Eve

    • Éditions les herbes rouges
    • 21 Juin 2021

    2015 - Un barman montréalais ayant fait voeu de chasteté s'intéresse malgré lui à une cliente qui s'appelle tantôt Oscara, tantôt Fanny ou Cléopâtre.1999 - Sous la pluie de bonbons d'une piñata, un adolescent tombe amoureux de sa tante.1899 - Au nord des États-Unis, dans un village reculé, un pasteur récite à ses fidèles des passages salaces de la Bible.2027 - Trois jeunes femmes se moquent en secret du gourou de leur groupe extinctionniste. Quelque chose ne colle pas, n'a jamais collé dans le rapport entre sexe, amour et procréation. Des générations de person­nages, coincés par les normes sociales, testent tour à tour les limites de la décence. Mais entre le tabou et l'acceptable, la frontière n'est pas aussi claire qu'on aimerait le croire. Pas plus qu'entre la vérité et le mensonge... La trajectoire des confettis dépeint un monde en dripping : gouttes de peinture et confettis tombés au hasard s'assemblent en un tableau chamarré. Entreprise vaste et captivante, ce livre déchiquette le grand cliché des romans d'amour, ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants.

  • Travesties-kamikaze

    Yvon Josee

    • Éditions les herbes rouges
    • 26 Novembre 2019

    .« Ce qui sous-tend tout le livre c'est qu'il faut se travestir pour vivre : se travestir pour survivre, pour exister; on ne peut jamais être soi-même, il faut toujours changer sa personnalité pour vivre dans une société. »- Josée Yvon « Francine pensait à toutes ses amies : les crosseuses, les tuées, les abusées, les stupides, les merveilleuses. » Celles-là et une foule d'autres sont les facettes qui scintillent, les insectes qui grouillent, pris dans l'engrenage des marges, au sein de Travesties-kamikaze. « Toutes les situations et personnages décrits dans ce livre ne font aucunement partie de la fiction et toute ressemblance avec des personnes vivantes ou mortes ou des lieux réels est voulue et écrite pour les représenter. » Les fragments de récits, de poèmes, les collages qui composent Travesties-kamikaze en font un objet chargé, dégénéré et puissant. La réalité apparaît en gros plan, en morceaux; le fil des événements se dissout dans la nuit et dans l'alcool, dans les viols et les coups de couteau, les drogues et les médicaments. Pour Francine, Gina, Brigitte, Jasmine, la narration furieuse et imagée de Josée Yvon se fait antre, lieu percé de « trous dans le plâtre qui s'effrite, mais confortable, chaud, bizarre, attirant, peut-être une famille ». « Et elle a ajouté : "Je suis une revendication quand je manque de gaz." »

  • L'air proche

    Pilon Maude S.

    • Éditions les herbes rouges
    • 21 Octobre 2019

    Ici, il y a onze mille ans, la plaine était le fond d'une mer. Avant la mer, une couche de glace épaisse de plusieurs kilomètres écrasait le sol. La glace a fondu, l'eau s'est retirée. C'est fertile, ici: les sables ont cédé la place aux champs de blé d'Inde. À moins que tout n'arrive simultanément?

    Dans la plaine, des lettres datées d'un 22 août creusent leurs sillons. «Nous collectionnons les os dont la remontée à travers la terre s'est amorcée.» L'air proche est une cueillette de fossiles. Ce qui remonte - paroles, pensées, impressions, béluga - est sale et impersonnel; il y a de la boue entre les mots. Les phrases agglutinent les débris: «Nous optons pour un mélange de fiction et de terre à jardin.» De ces fragments, extraits de lettres et dialogues émerge un sentiment monstrueux et serein.

    Nous, La personne, Moi et Le béluga: un rassemblement hétéroclite et intemporel se tient dans le poème, réalise le souhait, apprend à relire les lettres, à y répondre, et à parler, tout le temps, pour tout le monde. «Ainsi, nous nous réunirons en oubliant de partir.»

  • Danseuses-mamelouk

    Yvon Josee

    • Éditions les herbes rouges
    • 25 Février 2020

    Tournage de film porno, « Ginette se meurt d'ennui ». Prostituée armée dans les toilettes d'une chambre de motel. Miroirs léchés. Vaginoplastie juste au bon moment « pour se cacher ailleurs qu'au cimetière ou en prison ». Viol d'un adolescent. Party BDSM. Manucure. Drogue mortelle.

    « Personne ne peut abuser d'elle, c'est déjà fait. » Abîmées et vengeresses, les « fées mal tournées » rendent les coups. Dans la rue, au bar, à l'hôpital, à la shop de tatouage, elles rassemblent leurs voix discordantes pour devenir inévitables, pour déranger l'ordre qui les gruge.

    « Nous docteurs, sorcières et assassines, nous voulons répandre la conscience / comme une malaria fiévreuse et addictive. » Au coeur de Danseuses-mamelouk, Josée Yvon réunit sa milice : trois textes, masses composites de vers et de bouts de récits, cris de guerre, dédales de sens, affection féroce, « une grosse étreinte dans page ».
    « Car l'abus est notre seul espoir de prospérité et de jouissance. »

  • Une fille sans fusil

    Paule Baillargeon

    • Éditions les herbes rouges
    • 21 Septembre 2021

    Quatorze fois Huguette a été harcelée, touchée, embrassée contre son gré, violée. Quatorze fois elle s'est relevée, grelottante de honte ou couverte de sang. Et, comme toutes les Huguette, elle s'est refermée sur ses secrets.

    Quatorze fois, Huguette a survécu. Aujourd'hui qu'elle est vieille, lui reviennent les mots d'un poème ancien : « Ô madame, pourquoi ce chagrin qui vous suit ? »

    Alors, Huguette s'attelle à extraire de sa mémoire ces événements qui l'ont marquée. Exilée dans un conteneur sans fenêtre, au milieu d'un paysage beau et aride (comme dans son film préféré, L'homme sans passé), elle se consacre tout entière à la tâche. Une fille sans fusil est son histoire, celle d'une Huguette qui aurait voulu être Jeanne d'Arc.

  • La canicule des pauvres

    Desrochers Jean Simo

    • Éditions les herbes rouges
    • 8 Octobre 2013

    Durant dix jours, une canicule sans précédent frappe Montréal. Le smog persistant s'immisce dans la conversation, s'ajoute aux thèmes récurrents de l'argent et du sexe. Les nantis climatisent leur maison, les pauvres endurent le calvaire. Au Galant, une ancienne maison de passe transformée en immeuble locatif, la vague de chaleur déferle comme un tsunami. Dans le climat surchauffé des appartements sordides se célèbre l'étrange carnaval qu'est la métropole contemporaine.
    Pour Zach le revendeur de drogue, Kaviak le pornographe, Sarah la tueuse à gages, Takao le bédéiste japonais, Lulu du groupe punk Claudette Abattage et une vingtaine d'autres personnages aussi tendres que cyniques, la vie dans ce monde trop jeune pour être vieux et trop usé pour être neuf, c'est la vie, sans mode d'emploi.

    Dans cet imposant premier roman, Jean-Simon DesRochers réussit un tour de force : donner à lire une réalité aussi crue que drôle, un monde tellement vivant que sa décadence ne cesse de nous séduire.

  • L'annee noire v 01 les inquietudes

    Desrochers Jean-Simo

    • Éditions les herbes rouges
    • 28 Mars 2017

    Parti faire un tour de vélo dans son quartier de l'Est montréalais, Xavier, huit ans, n'est pas rentré souper. Même si la relation de ses parents bat de l'aile, l'hypothèse de la fugue est rapidement écartée. Pour Diane et Alexandre commence une année noire.

    Les mois passent et les pistes se multiplient. Alexandre a installé un «centre de recherche» dans son bureau, profitant de l'aide de voisins transformés en bénévoles pour l'occasion. Alors qu'il parcourt le Québec à la poursuite d'indices, Achille, son beau-frère, ex-enquêteur à la morale vacillante, suit la piste des réseaux de pédophiles sur Internet. Est-ce dans ces vidéos horripilantes qu'il retrouvera la trace de Xavier? D'un chapitre à l'autre, comme si la noirceur s'étendait jusqu'à eux, c'est la vie des habitants de tout un quartier qu'on suit.

    Les inquiétudes forment le premier tome du roman L'année noire, le plus ambitieux projet romanesque de Jean-Simon DesRochers depuis La canicule des pauvres. Toujours fasciné par la solitude de ses personnages et par les artifices qui la camouflent, l'auteur prouve ici, une fois de plus, qu'il ne craint pas de plonger dans la part obscure de l'être humain.

    Pendant six mois, Les inquiétudes suivent la vie d'une vingtaine de personnages habitant le même quadrilatère. Fidèle à sa narration précise qui se colle aux corps, à ses dialogues vifs et sincères, Jean-Simon DesRochers nous immerge dans une histoire où personne ne sera épargné.

  • L'annee noire v 02 les certitudes

    Desrochers Jean-Simo

    • Éditions les herbes rouges
    • 26 Septembre 2017

    Les inquiétudes, campé dans un quartier de l'est de Montréal, suivait une vingtaine de personnages de novembre à avril. Le point de départ : la disparition de Xavier, huit ans. Autour de ce drame familial se déployaient les récits du voisinage. Les certitudes poursuivent ces histoires, relatant les mois de mai à octobre et bouclant ainsi L'année noire.

    La situation s'est envenimée pour la famille de Xavier Boutin-Langlois. Son père, blessé, sera bientôt emprisonné. Sa mère, plongée dans un profond coma, tente de se remettre d'une balle dans la tête. Tout en veillant sur elle, son oncle, Achille, continue de remuer ciel et terre afin de retrouver le garçon.

    Les voisins poursuivent leur vie près de la ruelle où Sandrine, l'éducatrice en garderie malchanceuse, a trouvé la mort. L'image délavée de Xavier sur les avis de disparition placardés partout dans le quartier ressemble à un fantôme auquel on finit par s'habituer. D'un mois à l'autre, les tragédies, les petites joies et les revirements de situation s'entrecroisent à la façon d'une danse parfois désordonnée, parfois cruellement cohérente.

  • Comment nous sommes nes

    Carole David

    • Éditions les herbes rouges
    • 14 Octobre 2018

    Ils forment une «parade clinquante», ce sont «des armes dangereuses, un baiser / à retardement». Enfants réels ou allégoriques, ils disparaissent sous nos yeux. Pour les attraper au moment crucial, Comment nous sommes nés déploie ses phrases amples, ses vers durs, monnaie qui brille au fond de la fontaine.
    Suspendus entre ciel et terre, entre deux époques; au bowling, au centre commercial, au ciné-parc, les personnages de ces poèmes arrivent à la fin de leur histoire. Ici où le merveilleux se défigure, ils tentent d'échapper à l'emprise de ceux qui les aimaient.
    «Qui bat des ailes?» Flottant parmi les fantômes, la poète abandonne sa voix à ces créatures sans langage qui, en s'émiettant, la métamorphosent.

  • Drame prive

    Michale Delisle

    • Éditions les herbes rouges
    • 6 Mai 2019

    Un couple modèle de Montréal, jeune et cultivé, qui assiste à des pièces d'avant-garde et à des happenings. Derrière cette apparence de couple branché, mais ordinaire et raisonnable, se dissimule une fracture : une longue période de délire, une plongée dans l'alcool et la drogue. Depuis, Anne ne porte que des tailleurs stricts, car il y a «un lien entre la rigidité des tenues et la protection nécessaire pour affronter le quotidien».

    Michael Delisle sait combien les mots ne sont jamais innocents, que, une fois qu'on les a prononcées, il faut aller «au coeur des phrases».
    Alain Salles, Le Monde

  • Les limbes

    Desrochers Jean-Simo

    • Éditions les herbes rouges
    • 3 Septembre 2019

    Né dans les toilettes d'un bordel en plein âge d'or du Red Light, Michel Best, dit Ti-Best, était promis à un avenir radieux. Parmi les femmes qui y gagnent leur vie, dans l'odeur du baloney et des cigarettes, le poupon se frotte à un univers rustre mais chaleureux. Pendant que Maman Rita initie Michel à la gestion des affaires, Maman Janine lui fait son éducation : il n'est pas comme elles, il brillera à l'école, il sortira de ce monde.

    Montréal change vite ces années-là, et à l'orée de l'âge adulte, désorienté, Best assistera à la destruction du quartier de son enfance. Qui est-on, à quoi appartient-on quand on a grandi à l'écart de la religion qui régit tout, et qu'on n'a, malgré la bonne foi des prostituées du Red Light, pas vraiment de famille? Est-ce le mouvement indépendantiste qui fournira à Best une explication au vide qui l'habite?

    La solitude guette et avec elle, l'impuissance, qui augmente à mesure que les victoires du jeune Ti-Best rétrécissent dans le rétroviseur. L'enquêteur Best poursuit désormais une chimère, une tueuse en série qui le connaît si bien qu'elle semble destinée à lui échapper.

    Les limbes offre une plongée dans la construction d'une conscience, puis dans son effritement. Qu'est-ce qui décide, au fond, du sens d'une vie?

  • Jacques Leduc ; trois pommes à côté du cinéma

    Robert Daudelin

    • Éditions les herbes rouges
    • 10 Novembre 2020

    Jacques Leduc fait son entrée au cinéma en 1964. Le cinéma direct vient de brouiller définitivement les frontières entre documentaire et fiction ; Leduc saura en faire bon usage.

    Réalisateur de vingt films et caméraman pour des dizaines d'autres, Jacques Leduc a défendu au sein d'une époque déterminante de notre cinéma une liberté créatrice hors du commun. « Rattrapant quelques signes des temps qui courent », Trois pommes à côté du sommeil tout comme les huit chapitres formant la Chronique de la vie quotidienne radiographient la vie d'une génération de Québécois.

    Cet essai entrecoupé de passages d'entretiens avec le cinéaste retrace son parcours, du ciné-club jusqu'à L'âge de braise. Robert Daudelin propose une lecture critique de chaque film et répertorie l'activité de Jacques Leduc caméraman, photographe et écrivain.

  • Comment allons-nous dorenavant ecrire ?

    André Roy

    • Éditions les herbes rouges
    • 27 Avril 2021

    Où convergent les corps désirants, trahis, meurtris? Imaginons un ciel complexe, peuplé d'astres et d'anges, où André Roy leur forge une place à eux.

    C'est à même son propre corps que le poète, grand réconciliateur de la beauté et de la détresse, se montre traversé par les passions singulières. Avec Comment allons-nous dorénavant écrire?, il met « de l'ordre dans ses douleurs ».

    Porté par la mélancolie autant que par la révolte, ce livre prend une tonalité définitive : « Adieu nuées poèmes calvaires / couleurs des animaux parlures / brûlure des yeux brûlés / je dis adieu à mon écriture ». Or le temps zéro, le temps de la poésie, tourne et se rejoue comme un film au cinéma.

  • Rien ne manquait au monde

    Marcel Labine

    • Éditions les herbes rouges
    • 31 Août 2021

    Qu'advient-il de nous lorsque les liens qui nous unissent, longtemps éprouvés, se dissolvent ? Quand « il ne reste qu'une lande soumise / au brouillard, aux aléas des vents orageux, / que l'herbe, les montagnes, les fleuves / et les rochers perdent leur essence, » la poésie au souffle inébranlable de Marcel Labine s'élève, comme surgie d'en dehors du temps.

    Ces poèmes, phrases disloquées, amples, entêtées, racontent de nombreuses facettes de la même dépossession : ne rien devoir à personne, ne faire aucune promesse, n'obéir qu'à soi-même, vivre détaché, indépendant, bâtard, sans ancêtres à louanger ni legs à préserver. Naître de ses oeuvres, nier la mort, jubiler, « riche de l'admiration que l'on voue / à ceux qui ne regardent pas derrière eux ».

    Et disparaître, sans faire de vagues, entre un requiem et un opéra, entre les hurlements du poète forcené et la cohue du métro.

  • Nattes : poésie 1971-1977

    Philippe Haeck

    • Éditions les herbes rouges
    • 23 Novembre 2021

    Nattes présente les poèmes écrits par Philippe Haeck entre 1971 et 1977 : ses débuts d'écrivain. Son écriture résonne de citations, réécritures et traductions, dans une intertextualité plus généreuse qu'érudite. Mais surtout, s'y rejoignent les diverses luttes des opprimé·e·s, celles des femmes et des luttes ouvrières, et de nombreux chemins de traverse se dessinent entre l'acte de création littéraire et l'urgence politique.

    Pour cette nouvelle édition, l'écrivaine et professeure Laurance Ouellet Tremblay signe une préface qui accueille ces
    poèmes qui la renversent, pour les réinscrire dans la brûlante actualité

  • Dixhuitjuilletdeuxmillequatre. nuit, penser

    Roger Des Roches

    • Éditions les herbes rouges
    • 12 Février 2019

    NUIT, PENSER

    Toujours, depuis si longtemps, des poèmes: manières de voir ou de vivre, on le dit, mais peut-être aussi, un à un, manières de penser ou de vieillir, maintenant.

    Dix mille nuits sans dormir font des poèmes, encore. La nuit - avec tous ces objets qui s'échangent leurs noms et ces souvenirs qu'il faut inventer - fait des poèmes. Des yeux, dans l'obscurité, je cherche des mots qui me suivront jusqu'au lendemain, sans doute dans le bon ordre. Je fume, j'écoute les voix qui sont la mienne quand les autres dorment. Elles sont des poèmes.

    DIXHUITJUILLETDEUXMILLEQUATRE

    La mort de la mère: ce moment où le fils est anéanti et... libéré.

    Rarement la poésie a témoigné de façon aussi personnelle de l'entrée en agonie d'un parent. Quand la mort fait de la mère son pantin, le fils veut fuir ce qui crie entre les murs «gris de la couleur du jour de la chambre de la seule avec / Dieu qui gratte et Dieu qui tire et Dieu qui mord: / douzejuilletdeuxmillequatre».

    La mère en allée, la famille envolée avec elle, rien ne reste au poète que sa poésie pour trouver grâce devant leur mémoire.

  • L'urine des forêts

    ,

    • Éditions les herbes rouges
    • 13 Octobre 2021

    Dans les années 1990, Denis Vanier a publié aux Herbes rouges une série de recueils à la sobriété brutale. L'urine des forêts, à la fois souvenir de l'amour perdu et abjection quotidienne, est l'avant-dernier de ces livres. Le poète y admet la puissance terroriste du mal qui l'a envahi. Il affirme vivre le plus ancien combat de l'homme.

    Ces textes sont ceux de la révolte adolescente, écrits avec les mots lucides de la maturité.

  • Abandons ; la maison d'Ophélie

    Carole David

    • Éditions les herbes rouges
    • 10 Novembre 2020

    À propos d'ABANDONS :
    Abandon dans la mort, dans l'amour, dans la violence, dans la peur, dans l'alcool: le propos de cette poésie tient dans les faits du quotidien, du réel. Les mêmes attitudes, les mêmes mots se retrouvent d'un poème à l'autre, mais chacun d'entre eux bascule inévitablement dans le rêve ou le fantasme. Abandons révèle des scènes concentrées où l'intensité provient de détails superflus, inattendus, quelque chose qui soudainement serait plus grave que la mort. Peu à peu s'établissent entre ces scènes des liens, des rythmes communs. Ces visions fugitives sont fixées là, tout de suite, sans nécessairement être développées. Le poème est la forme idéale pour qu'on ne puisse oublier ces instants.

    À propos de LA MAISON D'OPHÉLIE :
    La maison d'Ophélie explore la frontière qui sépare la vie normale du chaos. Chaque poème a le pouvoir d'investir les objets et les êtres d'une inquiétante étrangeté en suggérant une menace omniprésente cachée au coeur des apparences. Ces poèmes écrits en écho sont à la fois commentaires l'un de l'autre, et jeu de dualité et de résonances. L'imaginaire y contamine peu à peu la réalité. À preuve, ces nombreuses scènes du quotidien qu'un élément suffit à brouiller et à faire basculer dans une autre dimension.

  • Le sablier des solitudes

    Desrochers Jean-Simo

    • Éditions les herbes rouges
    • 1 Mars 2013

    Début janvier. À la tombée du jour, sur une route provinciale, une forte poudrerie efface le paysage. Au milieu de cette grisaille, plusieurs véhicules entrent en collision. Ce rude carambolage jette treize personnes dans l'air glacial. Treize solitudes paniquées qui s'engagent dans le goulot d'un étrange sablier. Ils sont venus d'un peu partout, sans liens apparents sinon cette rencontre aussi brutale qu'aléatoire. Certains y mourront, quelques-uns resteront brisés, d'autres tenteront de reprendre leur existence, de revenir à leurs obsessions normales, à leur idée d'une vie meilleure. Militaire, étudiant, masseuse, peintre, ministre, fillette, ingénieur, camionneur : aucun ne sortira de ce carambolage sans y avoir laissé une part de lui-même.

    Dans un style dépouillé soutenu par un rythme enlevant, Jean-Simon DesRochers présente le réel comme un mouvement simple, celui de la vie qui apprend à mourir, celui de la mort qui oblige au combat. Avec ses récits aussi riches que nuancés, à la fois tendre et impitoyable, ce roman chorale pose un regard joueur sur le kitsch et la banalité des vies que l'on croirait normales.

  • Porter plainte au criminel

    Denis Vanier

    • Éditions les herbes rouges
    • 22 Septembre 2020

    Dans les années 1990, Denis Vanier a publié aux Herbes rouges une série de recueils
    de poèmes à la sobriété brutale. Porter plainte au criminel, livre posthume, est le
    dernier de cette série.

  • Maitresses - cherokees

    Yvon Josee

    • Éditions les herbes rouges
    • 9 Février 2021

    Mitchell s'écroule sur son dactylo, poignardée dans le dos. Par sa fille, la petite Donna.

    Autour d'elles, la vieille Berta, sa fille trans Belle et « Bobby l'indienne » reprennent leur partie de cartes. La porte claque, la maison tremble : accourt Laurie, imprimeuse-éditrice de faux billets et amante de la défunte. « Tu as raison, Donna, il faut tuer la personne aimée absolument, trop dangereux. »

    Ainsi commence ce livre, une danse désordonnée entre passé et présent, dans une Amérique qui court des plaines glaciales de la Baie-James jusqu'à Chicago.

    Elles sont « quelques-unes, une petite gang pas homogène ». Leur singularité est irréductible. La narratrice de ce texte mangé d'images, mi-récit, mi-poème, s'attache à l'une puis à l'autre, s'éclipse à la sortie de prison. Les « lesbiennes-hobos » se liguent et se quittent, se blessent puis se ramassent, et si elles ont un but, ce ne peut être que de « fucker l'organisme entier ».

    Maîtresses-Cherokees, troisième livre de fiction de Josée Yvon, ne s'éparpille que pour mieux frapper au coeur. « On met-tu tout le monde sur la panique ? »

  • Les adieux

    Lapierre Rene

    • Éditions les herbes rouges
    • 31 Mars 2017

    Qu'est-ce que l'amour, et que fait-il de nous à la fin?

    Pour ce onzième recueil de poésie aux Herbes rouges, René Lapierre rassemble ses forces et ses fragilités, et s'attaque à ces questions avec courage. Sur une période de cent années, l'auteur trace un portrait saisissant du monde dans lequel nous vivons. À la clé : l'amour, aussi essentiel que douloureux.

    Avec l'adresse qu'on lui connaît et une maturité qui force l'admiration, René Lapierre entremêle la grande et la petite histoire jusqu'à effacer leurs frontières. Qu'il relate le premier vol au-dessus de la Manche ou évoque les femmes amérindiennes disparues, qu'il plonge dans les registres généalogiques de la Nouvelle-France ou dans ceux de sa propre famille, René Lapierre ouvre grand les bras. Pour lui tout amour est politique, parce qu'il est résistance : «J'en appelle / au soulèvement. J'en appelle / à la révolte.»

    À ce «nous» expressément retourné dans le poème contre «l'obsession de l'argent», «la haine de la parole [et] l'amour du pouvoir», René Lapierre offre ce livre comme une bienveillance : «je ne veux pas dire / donner mon indigence / mais mon débordement».

  • Faire crier les nuages

    Roger Des Roches

    • Éditions les herbes rouges
    • 31 Octobre 2017

    Supposons une plaine qui s'étend, très grande, avec au-dessus un ciel encore plus grand. Supposons que cette image est une immense toile que le peintre s'est promis de recouvrir. La plaine, le ciel sont le vivant, la pensée. Roger Des Roches s'attaque, dans Faire crier les nuages, à ce paysage large et profond. Après l'intime et le personnel (dixhuitjuilletdeuxmillequatre, Le corps encaisse), l'auteur s'est donné le défi de détourner l'objectif de lui-même pour le diriger sur ce qui l'entoure. Une plaine réelle, un ciel réel. Et devant, derrière, dedans, avec les nuages, malgré eux, des poèmes pour les faire travailler, pour les faire déborder. Faire crier les nuages. C'est à un fourmillement d'images violentes ou subtiles et de brefs récits que le poète convie le lecteur. Un livre animé par un souffle débridé, joueur et puissant comme le vivant, comme la pensée.

  • Ecrire l'amerique

    Lapierre Rene

    • Éditions les herbes rouges
    • 12 Février 2018

    Écrire l'Amérique ne va pas de soi. Le travail que cela désigne ne consiste pas seulement à reconnaître dans l'écriture et la pensée la présence des objets les plus familiers, mais encore à discerner dans le croisement des langues et des cultures au sein desquelles nous vivons l'autre du langage, l'autre de l'art, et même l'autre de soi.

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