Éditions Triptyque

  • «J'appelle théories caraïbes les groupes d'hommes en larmes, nègres marrons affolés d'amour qui, d'une rive à l'autre, jettent leur langue nationale dans l'eau salée, dans la bouche ouverte, sans fond, de l'abysse.»
    «Voilà notre patrie», disent-ils, dans le patois des colonies.
    Parole d'eau salée, étrangère à la langue et comme incantatoire, qui ne cesse de la rendre plus profonde, à mi-chemin de l'origine et du monde. Et le poète ajouta:
    «Le drapeau va au paysage immonde et notre patois étouffe le tambour.»

  • En novembre 2007, l´écrivain et compositeur Antoine Ouellette est dia-gnostiqué Asperger, un syndrome appartenant au spectre autistique.
    L´auteur témoigne ici de son expérience et offre une visite guidée du monde autiste. Il souhaite aussi informer et sensibiliser sur un sujet tabou, la « folie », afin de donner un message d´espoir aux personnes marginales et marginalisées de notre société.
    Les autistes fascinent, troublent et dérangent. Victimes de préjugés (non, l´autisme n´est pas une déficience intellectuelle), d´intimidation dans les écoles, de discrimination dans la vie adulte : on voudrait tant les guérir de qui ils sont! Mais qu´est-ce vraiment que l´autisme et le syndrome d´Asperger ? Comment cela se vit-il au quotidien ? Quelles sont les faiblesses et aussi les forces de l´autisme ? Comment un autiste peut-il s´exprimer en art ? La science commence à réaliser que l´autisme serait non une maladie mais une autre forme d´intelligence, porteuse d´une culture et de valeurs différentes. Leur nombre étant en augmentation, les autistes pourraient représenter l´amorce d´un changement évolutif dans l´histoire humaine. Encore faudrait-il que l´acceptation soit au rendez-vous.

  • Métaspora essai sur les patries intimes J'appelle métaspora la perversion digitale de la nostalgie. En plus d'être une expérience du don et de l'émotion, la métaspora est aussi une catégorie esthétique, un emblème du Beau.
    La métaspora, par ses effets

  • Femme de peu de durée, l'auteure s'attache à faire l'inventaire d'un monde qui se dérobe sous ses doigts : objets épars et incomplets, restes d'émotions, bouts de récits entendus ou inventés, bribes de conversations.

    La poésie de l'inventaire est celle de la liste et du défaut, de l'ascèse et de la fabrication. L'écriture qui demeure se fait alors décompte (inventaire), possibilité (invention) et argument (inventio).

  • Ce petit livre reproduit deux discours. Celui prononcé par Joël Des Rosiers lors de son intronisation comme membre de l'Académie des lettres du Québec précédé du discours que Pierre Ouellet a livré pour présenter la candidature de Joël Des Rosiers.
    En termes très poétiques, Pierre Ouellet rend d'abord hommage à l'oeuvre majeure de l'écrivain élu à l'Académie des lettres du Québec, puis le nouveau membre de l'Académie qui, en plus d'être écrivain est médecin, rapproche dans un texte documenté, senti et touchant les deux principales activités de sa vie : la littérature et la médecine. Très ancré dans l'histoire du Québec ainsi que dans l'histoire littéraire, ce texte est une véritable pièce d'anthologie digne des meilleures pages de son auteur.
    Un livre qui fait honneur aux lettres québécoises. Il inaugure aussi la nouvelle collection t minuscule des Éditions Triptyque.

  • André Lépine ignore ce qui l'attend lorsque sa famille rejoint l'Église du Souffle, une communauté chrétienne qui prédit la venue imminente de l'Apocalypse.
    Des enlèvements se produisent, d'une manière qu'aucun prophète n'a jamais annoncée. Des lumières anormales scintillent dans le ciel de la banlieue, des spirales déforment les champs en friche, des adolescents sont emportés par des « anges ». Or, les cieux ne sont pas habités par une présence divine, mais par une race avancée dont les intérêts se situent au coeur de l'église.
    Roman de science-fiction born again, croisement de rituels évangéliques et de mythes ufologiques, L'enlèvement reconstruit l'imaginaire de la fin du monde et dessine les contours du règne qui lui succèdera.

  • Paru il y a 175 ans, en 1837, « Le scholar américain » de Ralph Waldo Emerson (1803-1882) est le texte fondateur de l'identité culturelle états-unienne. Les États-Unis en avaient alors assez de se « nourrir des restes flétris de moissons étrangères », ainsi que l'écrivait Emerson. Or, nous aussi « avons trop longtemps prêté l'oreille aux gracieuses muses de l'Europe ».

  • Rien

    Gagnon Samuel

    À la recherche de fragments de lui-même, le narrateur de ce roman écrit à la deuxième personne part en exploration sur le terrain des mots, de la mémoire. Alors remonte à la surface de sa pensée ce qui est sourdement terré dans sa chair : l'enfance à la campagne, l'amour de sa mère, la peur de Dieu, la révolte, l'adolescence et la découverte du monde... Autant de thèmes qui permettent le passage continu, dans ce texte, entre un passé enfoui et un présent bruyant.
    Rien est un récit qui pose la question du mystère d'être soi-même, mystère que seul un voyage au coeur des faits invisibles et du silence peut élucider.

  • Après Soudain le Minotaure (Prix Anne-Hébert 2003), Marie Hélène Poitras livre douze histoires mettant en scène des personnages au bord de la désillusion, tous à la recherche d'une sorte de grâce, que seuls les plus chanceux atteignent. Bestiaire sombre, gonflé d'une énergie proche de celle de l'adolescence, La mort de Mignonne et autres histoires trouve son équilibre entre brutalité et candeur, fébrilité et fatalité. Car dans ces univers, la lumière finit toujours par s'infiltrer, dût-elle s'échapper d'une lézarde ou entrer par une fenêtre sale. Entre prose américaine et poésie d'Enfants du paradis, l'écriture de Marie Hélène Poitras révèle ces moments de détresse douce ou enrageante, ces instants affolants où les contours du rêve se déchirent au contact de la réalité. Douze histoires délicates pleines de bêtes, de désir et d'humanité.

  • L ne se fait guère remarquer, il est plutôt du genre à se fondre dans le décor. Il a pourtant un physique particulier, une drôle de tête, une façon bien à lui de se déplacer dans l'espace et de fuir le regard du monde. Il sursaute quand on l'appelle par son nom. Il souffre d'un manque de coordination motrice. Sa mère, qui pourrait être sa grand-mère, vient le retrouver à l'école tous les matins et tous les après-midi pour l'accompagner aux toilettes. Il ne sait pas faire pipi tout seul. À son âge, c'est assez rare.
    Est-ce bien ce même garçon qui, seul devant son ordinateur, se transforme en maître d'oeuvre insoupçonné de stratégies destinées à mettre fin à la pauvreté et à la faim dans le monde, à la guerre, voire même à la mort ?

  • Quatorze poètes vivants, sept femmes et sept hommes de différentes générations, sont réunis dans cette anthologie de poésie argentine contemporaine. Les saveurs, les couleurs, les sonorités de l'Argentine tout comme les luttes politiques, les enjeux actuels et les grands événements qu'a vécus le pays durant les quarante dernières années sont présents dans la voix de ces poètes.
    Il s'agit de voix à la fois originales et uniques. Le regard porté vers l'Europe ou vers l'Argentine profonde, parfois vers le passé, parfois vers le futur, ou encore décidément ancré dans le présent, chacun des poètes puise dans son expérience de vie ; le quotidien, le désarroi, le sentiment d'éloignement tissent le fil conducteur sur lequel s'enchaînent leurs poèmes.
    Le lecteur y découvre au fil des pages les thèmes, les préoccupations, le ton de la poésie argentine contemporaine, représentée par ces quatorze voix poétiques : Laura Yasan o Yaki Setton o Alberto Szpunberg o María Belén Aguirre o Jorge Boccanera o Irene Gruss o Sandro Barrella o Elena Anníbali o Fernando Noy o Alicia Genovese o Esteban Moore o Griselda García o Anamaría Mayol o Jorge Aulicino

  • Les carnets de l'underground, ce sont les notes de terrain d'un club kid de Montréal, doctorant en études médiévales, qui court du Mile End à Berlin, en passant par Manhattan, pour ne rien manquer du lifestyle sexe, drogues et musique techno. Écrits dans une langue orale, désinhibée, rythmée par une pratique de l'écriture héritée d'Instagram, les carnets sont accompagnés des illustrations affriolantes de Jacob Pyne, qui répondent parfaitement à la mélancolie parfois autodestructrice du narrateur.

  • Conçues dans un esprit performatif, les trois pièces présentées ici témoignent à leur manière d'un monde aliénant dont il faut s'affranchir. Kitsch et sacrées, tragiques et comiques, ces oeuvres sont écrites au conditionnel et bouleversent la forme dialoguée. Le triptyque au souffle poétique met en scène des espaces de fragilité, d'intimité, qui laissent entrevoir une possible réinvention du monde et de l'humanité, sorte de manifeste sensible contre l'idée que l'existence est une chose figée.

  • les livres / quand ils chatoient / une rue étroite enveloppant les épaules / soudain tranquilles / adoucir l'écho des pièces vides / par la flânerie / frôlant les parois mes fantômes / la peau intelligible dans les cités vieillies / c'était fêler les soliloques

  • « J'ai laissé l'auto à côté de la cabane, et on est sorti dans une cathédrale de cristal. La fine couche d'eau gelée sur chacune des milliers de branches, les arbres à perte de vue couverts d'un vernis lisse et lumineux, toute cette infinité de détails qui composait la beauté du moment m'a semblé signifier que, vraiment, le monde était tel qu'il devait être [...] J'étais rarement impressionné par autre chose que ce que je lisais dans mes vieux livres, mais là, j'avais les yeux mouillés. J'étais enfin stupéfait par un événement de la vie concrète. »

  • Ce livre marque un important tournant dans l'oeuvre de Martyne
    Rondeau. D'abord dans la forme, toujours exigeante, mais nette
    comme une flèche tirée dans une cible. Ou comme une balle tirée à
    bout portant ? Ensuite et surtout, parce que ce livre mise sur la
    rédemption par la peau ; qu'il s'ouvre à la puissance transformatrice
    du fantasme et même à l'idylle, à la possibilité d'une île paradisiaque
    où tous les personnages de l'oeuvre de Martyne Rondeau rêveraient de
    se retrancher du monde...

    C'est un roman haletant et déroutant qu'offre Martyne Rondeau, son
    plus vif, son plus simple aussi, son plus humain. Au sens où rien
    d'humain ne lui est étranger. Est-ce que nous n'avons pas
    désespérément besoin, de nos jours, d'une histoire où la brutalité du
    désir, l'incommunicabilité de la douleur, le fossé entre les générations
    et les sexes ne sont ni écartés, ni minimisés, mais investis, exposés,
    chantés ? Je suivrai tes yeux noirs est le roman de celles et ceux qui
    veulent survivre.

  • La cuisine mortuaire fouille une culture d'ouvriers et de ménagères, donne une forme aux dos rompus de fatigue et aux mères qui débarbouillent les visages sales des après-midi passés dans la ruelle, posant les jalons, un
    poème à la fois, d'une quête des origines. De quoi serait faite la frontière poreuse entre la poésie et la langue vernaculaire d'un quartier populaire du Montréal des années 1970 ? Au fil de jeux d'enfants tantôt ludiques tantôt cruels, ce sixième livre de Louise Marois trace un autoportrait poético-social adressé à une femme qui « égorge le temps dans [son] poing », qui disparaît lentement, s'absente à elle-même. Le lieu qui les recueille, la fille et la mère, c'est cette cuisine, hantée des bruits de la rue Garnier, pénétrée de la rouille des hangars, inondée de rires gras, où chacune à son bout de table elles s'affairent, où elles manigancent les secrets qui les séparent et les unissent tout à la fois.

  • Dans ce sixième roman mettant en scène les aventures de Josette Marchand et de Vincent Bastianello, l'auteure explore différents aspects de la tension entre intimité et distance, entre pouvoir et soumission lorsque des croyances
    sont présentées comme des faits rédempteurs. Quand Josette, massothérapeute patentée et expérimentée, accepte une mission, elle s'y
    consacre corps et âme. Et d'autant plus sérieusement lorsqu'il s'agit de démasquer des manipulateurs pour sauver une jeune fille sous influence. Mais doit-elle respecter son engagement de ne pas impliquer dans l'aventure son ami Vincent, inspecteur au SPVM, même si elle découvre des pratiques
    illicites, voire criminelles? Josette parviendra-t-elle à démêler les bonnes intentions des mauvaises?

  • La Minotaure est un roman dans lequel une narratrice particulièrement terrifiée par l'idée de vivre témoigne de son enfance à travers des notes pour comprendre la source de ses effrois. La plupart de ses courts textes sont adressées à Maude, une amie décédée. Ce (faux) dialogue lui permet de tisser des liens entre son enfance et son âge adulte, et entre sa vie et sa mort qui, croit-elle, la guette à cause de cette tentation d'exister.

  • Dans ce livre exploratoire de la mémoire où s'entrecroisent fiction et souvenirs, Macha, début trentaine, raconte les lieux qu'elle a habités et traversés depuis son enfance : des grandes maisons de Vineuil et de Kinshasa, en passant par l'appartement de Brazzaville, celui tout petit de Paris, la gentilhommière normande, jusqu'à la maison hantée d'Orléans et la cage de Verdun, on découvre avec elle les plages, la vie d'expatriée, la pauvreté, la peinture, le racisme et l'antisémitisme, le rejet à l'école, les premiers émois et les premiers effrois, la faim, le manque.

    L'alternance des souvenirs et des plans des maisons dessinés par l'auteure donnent une vie, un corps à chaque endroit. Les croquis, faisant office de cartes, contiennent des anecdotes manuscrites faisant écho au texte.

    Comment chacun de ces lieux a-t-il modelé le corps et l'imaginaire de Macha?


  • Voici rassemblés douze textes qui explorent et déconstruisent ensemble l'idée du « bad boy ». Ce livre-performance, où la fiction se mêle à la réalité, donne à lire des voix fortes, subversives, troublantes, mais surtout, authentiques et vraies.

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