Entreprise, économie & droit

  • L'auteur s'est placé avant la Révolution de 1789 pour étudier ce qu'était un pays dans la région qui s'étend de la Garonne à la frontière espagnole. Si elle dit Gascogne, c'est en pensant à l'étymologie Vasconie/Basconie, car elle y inclut les pays basques qui jouent un rôle essentiel dans la civilisation de la région. Elle a rencontré des pays petits comme la Chalosse et le Rustan qui n'avaient ni traduction administrative ni limites rigoureuses, mais qui ont gardé leur nom et dont on lit encore la présence dans le paysage ; des pays de taille moyenne comme le Marsan, le Béarn ou le Labourd, doués d'une identité culturelle bien définie et cadres des fonctions politiques et administratives les plus vivantes ; des grands pays qui résultaient de regroupements récents des entités de taille moyenne dont ils respectaient la personnalité. Dernières nées des grands pays, les intendances de la région furent remaniées à plusieurs reprises car on hésitait à privilégier soit les solidarités méridiennes qui rapprochaient Bordeaux de Bayonne, soit les solidarités pyrénéennes. Les pouvoirs publics qui veulent créer des circonscriptions plus grandes que les cantons actuels peuvent réfléchir sur les modèles que proposent soit les plus petits de nos pays, soit nos pays moyens. Les propositions avancées pour modifier la carte des régions peuvent prendre en compte l'instabilité administrative de cette aire sous l'Ancien Régime. L'histoire ne fournit pas de réponses toutes prêtes, mais elle peut fournir des éléments de réflexion.

  • L'informatique juridique va-t-elle altérer la prépondérance de l'interprétation qui implique nécessairement une part d'arbitraire ? Modélisation et systèmes-experts ne portent-ils pas atteinte à la liberté et à la créativité du juriste ? Telles sont les questions fondamentales pour l'avenir du Droit auxquelles une équipe pluridisciplinaire essaie de répondre.

  • Ce livre rend compte des réflexions d´historiens européens sut la question primordiale de l´identité et de la conscience européennes. Un certain doute vient de saisir les Européens après la chute du mur de Berlin. L´Union Economique et Monétaire ne semble plus si aisée ; les guerres internationalités en Europe balkanique reprennent. L´Europe de l´Est rêvait d'un passage en douceur à l'économie de marché et à la prospérité. Or de larges fractions de la population souffrent. L´appel à la Communauté économique européenne n´est pas entendu. Après le rideau de fer, voilà que tombe un rideau de dollars, tandis que les Balkans s´embrasent. Sarajevo, encore ! Des historiens européens se sont réunis pour tenter d'élucider les regards que les peuples et les élites d´Europe se portent mutuellement depuis le début du siècle. Ils nous disent que derrière le mot Europe se cachent en fait de puissantes aspirations nationales. Et pourtant l´Europe existe, pas seulement comme un mot sur un atlas, mais aussi dans l'imaginaire, les discours et les pratiques sociales ou culturelles de nombreuses populations européennes. Mais en même temps elle est insaisissable, sinon le temps d'une conférence ou d'un livre sut l´Esprit européen. Elle meurt en 1919; elle vivait donc ! on la souhaite active en 1992 pour résoudre les conflits européens ou mondiaux. Référence obligée. L´Europe n'est pas la même pour chacune des grandes nations, pont chacun des groupes sociaux dans cette nation. Ne serait-elle que le souvenir pieux d'un glorieux passé chrétien et impérial ? Les historiens européens ont mené l´enquête avec profondeur et compétence dans le passé proche des grandes nations de l´Europe occidentale et orientale. Ils n'ont pas trouvé l´Europe, mais des images brisées ou variées de l'idée d´Europe. Le regard qu'ils portent sur les nations européennes éclaire parfaitement les ambiguïtés actuelles. L´unité de l´Europe n'est pas inéluctable. Elle est indispensable.

  • Première source d'énergie après la Seconde Guerre mondiale jusqu'à la fin des années 50, le charbon est la clé de voûte des relations économiques et diplomatiques entre les États-Unis et l'Europe de l'Ouest. Indispensable à la reconstruction, nécessaire à la stabilisation en Europe, il offre la possibilité aux États-Unis, de par leur influence politique et économique, de structurer un marché. Après 1945, ce marché charbonnier fut tout à la fois à l'image du « monde libre », l'expression du nouvel ordre économique international et de l'intégration européenne. À l'European Coal Organisation (ECO), créée par les Anglais et les Américains en 1945, succéda la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier (CECA) en 1952, alors presque copie conforme. L'Europe si diverse dans ses politiques économiques oscilla face à cette puissance selon les circonstances. En 1958, la grave crise charbonnière met en valeur une mutation de source d'énergie retardée depuis la Libération, et actualise une autre Communauté Européenne.

  • Dans le prolongement de l'ouvrage Les paysans peuvent-ils nourrir le tiers-monde? (Publications de la Sorbonne, 1995), les auteurs centrent ici l'analyse sur les implications pour les petits producteurs familiaux ou paysans des politiques de libéralisation économique mises en oeuvre à l'échelle mondiale depuis le début des années 1980. La première partie étudie les modalités de passage d'une régulation de l'agriculture dominée par les interventions de l'Etat à une régulation centrée sur le marché. Dans la deuxième partie sont examinées les conséquences de cette mutation pour les producteurs ruraux, c'est-à-dire les relations entre les forces de décomposition ou de différenciation des paysanneries et leurs dynamiques de résistance ou d'adaptation. La troisième partie s'intéresse plus particulièrement aux processus d'organisation des paysans et à leurs actions collectives. Par-delà la très grande diversité des situations en Afrique, en Amérique latine, en Asie et en Europe, les analyses comparatives font ressortir les capacités d'innovation économique, sociale et politique des sociétés paysannes, mais aussi l'urgence d'un projet de développement qui aille au-delà de leur subordination à l'Etat ou de leur soumission au marché.

  • Pourquoi des syndicalismes si différents en Grande-Bretagne, en France et en Allemagne dès la fin du XIXe siècle ? Pour répondre à cette question on compare ici le Trade unionism, le syndicalisme révolutionnaire et le mouvement ouvrier allemand de façon très concrète. D'une part, on examine le s d'organisation ouvrières dans des secteurs industriels ou des territoires déterminés (les mineurs, les dockers, le bâtiment, les grandes villes, etc.). D'autre part, on analyse, d'un point de vue toujours comparatif, des productions symboliques (le Premier mai, les discours) ou des formes d'organisation (mutuelles et coopératives, patronat). Chacun des chapitres à été préparé par les meilleurs spécialistes du sujet donné dans les trois pays, parfois étendu à la Belgique et à l'Italie. Plusieurs réunions ont permis de définir une problématique commune. Enfin, les différents tex te sont été discutés à l'occasion d'un colloque international financé par la Commission européenne. On présente ici la version revue et corrigée de ces textes, assortis d'une bibliographie générale. Ont contribué à l 'ouvrage John Barzman, John Belchem, Peter Berkowitz, Manfred Bock, Friedhelm Boll, Rémy Cazals, Jean-Claude Daumas, Jacques Delors, Gita Deneckere, Marie-Geneviève Dezès, Karl Ditt, Michel Dreyfus, Marlene Ellerkamp, Allan Fowler, Marie-Louise Goergen, Rebecca Gumbrell, Karl H. Pohl, Odette Hardy, Richard Hyman, Sandrine Kott, Giuseppe M. Longoni, John Lovell, Kenneth Lunn, Inge Marssolek, Arthur McIvor, Joël Michel, Eric Nijhof, Norbert Olszak, Michel Pigenet Antoine Prost, Vincent Robert, Michael Schneider, Peter Scholliers, Stéphane Sirot, Danielle Tartakowsky, Klaus Tenfelde, Thomas Welskopp, Noël Whiteside, Chris Wrigley.

  • À une époque où les problèmes socio-culturels et politico-économiques prennent une acuité croissante, l'influence continue de la science et de la technologie revêt une importance extrême. L'auteur s'attache à définir un nouveau domaine de l'économie : le « secteur quaternaire ». En redéfinissant les secteurs économiques, il montre une relation spécifique, jusqu'à présent oubliée, entre la science et la technologie, qui détermine un nouveau secteur économique : « le quaternaire », secteur caractérisé par l'action de concevoir, de créer, d'interpréter, d'organiser, de contrôler et de transmettre avec l'aide de la science et de la technique, donnant à ces actes une valeur économique. Le classement traditionnel en trois secteurs : primaire, secondaire, tertiaire, éclate en fonction de ce nouveau critère de la fonction scientifique. Le secteur quaternaire sera le secteur-clef du xxie siècle. Afin de pouvoir identifier le quaternaire comme une ère totalement a-spatiale, l'auteur commence par déterminer le quaternaire dans le temps et dans l'espace. Ensuite, avec l'examen de la division internationale du travail, du comportement et des stades de développement des pays, le quaternaire apparaît comme un instrument susceptible d'arracher les pays pauvres au sous-développement. Enfin, l'auteur décrit une nouvelle phase de l'humanité, usant de la science et de la technologie avec intensité, pouvant engager les pays dans la prospérité. Auparavant les connaissances scientifiques et techniques étaient un privilège réservé à une minorité alors que, dans un avenir proche, elles devraient être étendues à toute l'humanité, grâce à l'accumulation de connaissances et à la capacité de la société de l'information à les mettre à la portée de tous. Cette nouvelle société commandée par le quaternaire, également appelée « société de connaissance », trouvera un nouvel ordre mondial plus juste et équitable.

  • Dans l'Europe médiévale, le crédit est loin de se limiter à une activité de professionnels à la réputation sulfureuse. Il est en réalité une pratique commune à tous les niveaux de l'économie et à tous les groupes de la société. Pour éclairer les formes du crédit et les usages de la dette, les juridictions civiles se présentent à l'historien comme des lieux d'observation favorables. Fruit d'une table ronde internationale tenue au printemps 2003 à la fondation Hugot du Collège de France, ce volume offre une tentative pour reconsidérer le rôle des justices médiévales à l'égard de l'endettement privé. Résultat de l'investigation collective de chercheurs européens, il révèle la remarquable acculturation judiciaire de populations massivement endettées. De la reconnaissance de dette à la sanction des débiteurs, les articles ici rassemblés montrent ainsi la force d'un des fils qui tissent le plus solidement le lien social à partir du XIIIe siècle, de l'Angleterre à l'Empire et du royaume de Valence à l'Italie.

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