Littérature générale

  • Les Petits traités d'histoire naturelle ou Parva naturalia d'Aristote proposent, pour la première fois dans l'histoire de la philosophie occidentale, une analyse systématique des états « communs à l'âme et au corps » : la sensation, la mémoire, le sommeil et les rêves, la respiration ou encore la vie et la mort. Désormais la physiologie trouve une place nécessaire et parfaitement légitime dans le cadre de l'enquête psychologique. Appliquant les grands principes formulés dans le traité De l'âme, les Parva naturalia établissent un lien nouveau, avec une précision encore inégalée dans le corpus philosophique, entre la traditionnelle et vénérable conception de l'âme comme principe de mouvement et de connaissance, et celle qui naît avec la science du vivant, cette partie de la philosophie naturelle que développe le Stagirite. Héritage considérable, aussitôt perçu comme tel dans l'Antiquité et au Moyen Âge. Les lectures, commentaires, traductions et paraphrases d'Aristote témoignent d'une attention constante à ces textes et aux questions qu'ils posent, ouvrant dès lors la philosophie naturelle à de nouveaux domaines comme la médecine, la cosmologie, l'anthropologie, etc. Avec ou contre Aristote, on doit lire et commenter les Parva naturalia. Ce volume examine leur réception et leur fortune, dans la longue durée, et dévoile ainsi un aspect essentiel de l'histoire des rapports de l'âme et du corps.

  • Ce troisième volume de « Byzantina Sorbonensia» est le résultat des recherches sur la géographie historique de Byzance menées dans le cadre du Centre des Études Byzantines que je dirige, recherches entreprises par des spécialistes français et étrangers. La présentation des travaux suit l'ordre alphabétique des noms d'auteurs ; on remarquera toutefois que les contributions sont réparties en groupes, dont l'un se réfère à l'étude de la Cappadoce, et l'autre à la partie balkanique de l'Empire. Les contributions sur l'Asie Mineure occidentale annoncent le prochain volume, qui sera consacré à cette partie du monde byzantin, et plus particulièrement à la région de Philadelphie.

  • 1975 fut l'année du 150e anniversaire de la naissance d'Emile Ollivier, occasion choisie par l'association des amis de l'homme d'État pour se réunir dans sa propriété de la Moutte. Le côté éphémère de cette célébration fit naître le projet de poursuivre sous une forme durable, plus approfondie, l'élude des idées et de l'oeuvre d'un homme à qui les événements historiques ont imposé un profil stéréotypé, très différent de la réalité. D'éminents spécialistes du Second Empire ont accepté de traiter les aspects les plus importants, souvent inconnus voire méconnus, de l'action politique et de l'oeuvre d'Emile Ollivier. La richesse du sujet a permis de réaliser le présent ouvrage où l'on découvre Emile Ollivier dans son passé et son présent. Les auteurs éclairent sa physionomie et son histoire, poussant l'analyse à un degré de profondeur où elle devient synthèse. La pensée d'Emile Ollivier est déployée par chaque auteur dans son domaine propre avec une pertinence qui ouvre à la recherche historique la plus variée. Tous les historiens, enseignants, érudits et étudiants, seront séduits par cette variété de regards capables de susciter des thèses nouvelles. Ces « Regards sur Emile Ollivier » s'adressent à ceux qui s'intéressent à l'histoire du Second Empire et à l'histoire des Idées.

  • Le français du Nord, variété régionale largement ignorée de la langue nationale, n'avait pas encore été décrit. Anne Lefebvre en identifie les traits généraux et la dynamique qui s'esquisse, essentiellement sous la pression de l'école et des médias.

  • Les actes du Xè Congrès international d'épigraphie grecque et latine sont un écho des échanges entre spécialistes venus de trente-cinq pays, qui se sont rencontrés à Nîmes du 4 au 9 octobre 1992. Les actes du congrès regroupent tous les rapports généraux, qui ont été demandés aux spécialistes pour chacun des aspects des thèmes retenus, et qui ont servi de fondement et de trame aux communications et aux discussions. Ils avaient été distribués aux congressistes sous une forme préliminaire. Ils sont ici réunis, enrichis de résultats et conclusions des discussions, et surtout de notes et appendices substantiels sur les sources et les bibliographies de chacun des sujets traités. Quatre rapports concernent l'épigraphie dans la Gaule du Sud en hommage à nos hôtes méridionaux. Le second thème, « Evergétisme et épigraphie » a donné lieu à onze rap- ports, correspondant aux périodes de l'histoire grecque, classique et hellénistique, puis à celle de l'histoire romaine républicaine et impériale, jusqu'à l'antiquité tardive et chrétienne. Les actes contiennent en outre une mise au point sur l'épigraphie juridique grecque et romaine. Une séance avait été consacrée aux applications de l'informatique à l'épigraphie. Comme il est de tradition, une importante section du présent volume est consacrée aux bilans régionaux faisant état des nouveautés, et aux informations sur l'avancement des grands recueils épigraphiques et prosopographiques. L'ouvrage débute par un hommage rendu à l'oeuvre scientifique de l'épigraphiste nîmois Jean-François Séguier. Ouvrage publié avec le concours de la ville de Nîmes et du conseil scientifique de I'Université de Paris I.

  • Cet ouvrage est consacré au rhéteur Grégoire Antiochos, qui servit les Comnènes et les Anges, au moment de l'apogée de la rhétorique byzantine. Sa carrière montre les efforts pathétiques d'un lettré pour approcher l'Empereur et gravir les échelons d'une carrière administrative. Il lui arrive de se décourager, de tomber en disgrâce, mais il n'hésite jamais à utiliser sa plume pour quémander une faveur ou, tout simplement, la protection de personnages influents. L'éloge de Basile II Kamatèros, patriarche à l'époque troublée d Andronic Ier, est un exemple typique de l'activité littéraire de Grégoire Antiochos. Il appartient à un ensemble plus général de discours en l'honneur des pontifes de Constantinople et il constitue une source très importante pour la vie et la carrière de ce patriarche.

  • Dès le Moyen Âge, le claustrum et le carcer, le cloître et la prison, ont été associés. Exaltant l'ascèse monastique, Bernard de Clairvaux, pour ne citer que lui, comparait déjà le monastère à une prison ouverte, où seule la crainte de Dieu retenait les moines. Aujourd'hui, les liens entre cloître et prison sont encore perceptibles dans le site exceptionnel de Clairvaux, ancienne abbaye cistercienne fondée au xiie siècle et transformée en centre pénitentiaire au xixe siècle. Dans les années 1960-1970, penseurs des institutions répressives et historiens du monachisme ont âprement polémiqué sur l'analogie entre cloître et prison. Afin de dépasser les apories de ces controverses et de renouer les fils du dialogue interrompu entre historiens du cloître et historiens de la prison, cet ouvrage propose une histoire commune des deux enfermements. Il explore les conceptions et les valeurs associées à l'enfermement, les particularités de la vie en milieu clos, la sociologie des groupes exposés à l'enfermement, dans l'ensemble de l'Europe, de l'Espagne à la Saxe et de l'Angleterre à l'Italie, entre le vie et le xviiie siècle. Faisant appel aux meilleurs spécialistes internationaux de ces questions, il privilégie les vues synthétiques plutôt que les études de cas. Il dessine enfin les renouvellements historiographiques intervenus depuis quatre décennies dans les domaines de l'histoire du droit, de l'histoire sociale et de l'histoire religieuse.

  • Alors que la part des femmes dans la délinquance est restée moindre que celle des hommes et que le droit traite, en principe, les deux sexes à égalité, pourquoi le récit de leurs crimes les transforme-t-il si facilement en monstres ? Pour répondre à cette question, paradoxale, cet ouvrage croise les analyses d'historiens, juristes, crimino­logues, historiens de l'art et plasticiens. Ces chercheurs mobilisent des sources abondantes et multiples, fragments bibliques, vases antiques, miniatures médiévales, chroniques judiciaires, dessins de presse, grands procès reconstruits par la télévision... qui nous donnent à voir la complexité des représentations des femmes criminelles, construites et sédimentées depuis trois millénaires. Des figures de femmes criminelles contemporaines - Jeanne Weber, l'ogresse de la Goutte d'or, Violette Nozière, l'empoisonneuse, les soeurs Papin - aux figures archétypales « intemporelles » - Eve, Pandora, la sorcière, la prostituée, la femme adultère, qui ne sont pas coupables de crimes mais pensées comme coupables du désordre de l'humanité -, on retrouve les mêmes stéréotypes dépréciatifs des femmes dans l'imaginaire occidental. Cette image peut connaître des nuances, des changements concernant les infractions féminines sont intervenus dans le champ juridique, mais sur le long terme la société n'accepte guère que la femme soit criminelle. Si la femme est réellement criminelle, elle donne une image repoussante, celle du monstre, ou au contraire aguichante, celle de la tentatrice dont les prostituées sont les filles. Cela revient, dans les deux cas, à renier le crime au féminin. Est-ce la raison pour laquelle, aujourd'hui encore, les historiens n'arrivent pas à expliquer le phénomène, sauf à dire que les femmes sont portées à la paix et les hommes à la violence ?

  • L'avion n'est pas un simple moyen de transport, c'est aussi un objet de réflexion. Pour preuve, cet ouvrage rassemble de façon novatrice aussi bien des analyses de spécialistes de l'aéronautique civile et militaire, que des études de philosophes, sociologues et anthropologues. Chacun donne un point de vue distancié et critique sur l'histoire et le devenir de l'avion et ses enjeux contemporains - le rêve, la puissance et le doute. La part du rêve de l'aviation est paradoxale, entre Icare ou la délivrance de la pesanteur et le désir de contrôle d'un ciel d'où tombera le feu capable d'anéantir l'ennemi. Avant même l'histoire de l'avion, puis à ses débuts, des auteurs de science-fiction l'ont imaginé comme une arme décisive, avant que Giulio Douhet n'en établisse, le premier, la théorie en 1916. L'aviation civile a, en réalité, toujours été propulsée plus loin et plus haut dans les airs par l'aviation militaire et sa puissance: c'est de la guerre de 39-45 que sont nés les contrôles aériens modernes et les avions gros porteurs qui nous transportent d'un continent à l'autre. Par la conquête de la liberté et la volonté de maîtrise du temps et de l'espace, l'avion incarne aujourd'hui l'intense vibration de la modernité, le flux incessant du voyage. Mais les progrès informatiques et la complexité croissante des technologies, tant dans le domaine civil que militaire, déréalisent le contrôle des appareils et des trajectoires. De nouvelles logiques se mettent en place, au profit d'une virtualité qui s'efforce, avec peine, de laisser un espace à l'humain. Confrontée désormais à la critique écologique, enfermée dans sa dépendance quasi absolue au pétrole, associée au danger mortel du crash puisque la sécurité totale est impossible à atteindre, guettée par la toute-puissance électronique, soumise aux aléas géopolitiques et économiques, l'aviation doit faire face aux interrogations sur sa capacité de croissance continue dans un monde en crise soucieux de découvrir de nouveaux modèles. Du rêve à la puissance, l'avion génère maintenant le doute.

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