Aubier

  • A l'est du Rhin, au nord des Alpes et en deçà du Danube, s'étendait le vaste territoire que les Anciens appelaient barbaricum.
    Les barbares, ses occupants, formaient une mosaïque de peuples illettrés et païens, dont les Grecs ne comprenaient pas la langue et dont ils moquaient le bredouillement - " bar-bar-bar "... Toute l'histoire de leurs sociétés, de l'Antiquité au Moyen Age, devait être marquée du même mépris que celui dont les gratifièrent les Anciens : ces peuples barbares allaient incarner le contre-modèle du monde " civilisé ".
    Confrontés à la difficulté d'exploiter des sources partiales et issues d'autres cultures, certains historiens hésitèrent à les considérer comme des ethnies séparées - ce qui s'apparentait parfois à une forme de ségrégation - ou bien au contraire comme un bloc d'un seul tenant. Karol Modzelewski a résolu d'englober dans un même horizon comparatif des sources parfois très éloignées dans le temps et dans l'espace.
    Cette approche anthropologique permet d'établir les représentations communes des anciens Germains et Slaves, qui ne distinguaient pas entre sacré et profane et chez lesquels, surtout, le groupe primait sur l'individu.

    Karol Modzelewski propose ainsi une nouvelle interprétation de la généalogie historique de l'Europe : loin de se réduire au seul héritage méditerranéen et chrétien, elle doit compter avec son passé barbare.

  • Les cultes égyptiens ont fasciné les hommes des Lumières. S'appuyant sur des sources grecques tardives, certains ont cru y déceler la trace d'une religion double : parallèlement au culte polythéiste partagé par tous aurait existé une religion monothéiste, réservée aux initiés. Au XVIIIe siècle, les sociétés secrètes, notamment franc-maçonnes, où s'organisait le culte de la raison dans une Europe soumise au joug de l'absolutisme politique et de l'orthodoxie chrétienne, ont puisé dans les cultes à mystères une source d'inspiration et le modèle de leur propre fonctionnement. Centrant son analyse sur la conception d'une religion à deux niveaux, religio duplex, Jan Assmann en montre l'élaboration et les prolongements jusqu'à l'époque contemporaine, où elle permet de penser l'articulation entre les traditions religieuses particulières et une religion universelle. Il offre ainsi une réflexion virtuose et extraordinairement féconde sur les racines de notre culture moderne qui, en bien des manières et même indirectement, plongent jusque dans la civilisation de l'Égypte ancienne.

    Couverture : Création Studio Flammarion.
    Jacques Sablet, Élégie romaine ou Double portrait au cimetière protestant de Rome, huile sur toile, 1791, musée des Beaux-Arts de Brest. © Photo Josse / Leemage

  • Le 20 avril 1960, Rio de Janeiro se prépare à vivre une journée décisive. Dans quelques heures, elle ne sera plus la capitale du Brésil : le pouvoir part s'installer à Brasília, nouveau symbole de la modernité brésilienne. Le président Juscelino Kubitschek, qui a projeté ce transfert, orchestre les cérémonies destinées à ôter à la ville ses attributs de capitale. Laurent Vidal s'est penché sur cette journée particulière, dont il reconstitue le déroulement presque heure par heure, au terme d'une enquête minutieuse : fouillant dans les archives des journaux, interrogeant des témoins, donnant la parole aux acteurs du pouvoir, maîtres de ce départ, ainsi qu'aux habitants et aux poètes, spectateurs de cet événement soigneusement mis en scène, il redonne vie à un moment clé de l'histoire de la Ville Merveilleuse.

  • Entre la fin du xixe siècle et les années 20, prague s'imposa comme l'une des capitales européennes de la littérature, de la peinture et de l'architecture.
    Cette ville où il faisait bon vivre - tchèques et allemands y cohabitaient harmonieusement, et la communauté juive y fut longtemps préservée de l'antisémitisme - accueillit et inspira toutes les avant-gardes : symbolisme, décadence. expressionnisme. cubisme... une belle epoque injustement méconnue, et ressuscitée par ce livre que hantent, à chaque page, max brod. rilke, meyrink, mucha, bilek et tant d'autres...
    Autour de kafka, l'écrivain pragois par excellence, qui fait ici l'objet de nouvelles interprétations.

  • « Chasse les prostituées, aussitôt les passions troubleront tout » : le second Moyen Âge semble une méditation sur ces paroles de saint Augustin. Ribaudes et grandes courtisanes, ruffians et maquerelles, étuves privées et bordels publics : le monde des amours vénales, bien visible, marquait alors les sociétés occidentales de son omniprésence.

    Vingt ans après son ouvrage fondateur, La Prostitution médiévale (Flammarion, 1988), Jacques Rossiaud renouvelle ses analyses à la lumière de la recherche récente. En une synthèse magistrale, il brosse le tableau non plus de la, mais des prostitutions au Moyen Âge, mettant en évidence la complexité des pratiques qui relèvent de la vénalité, et la multiplicité des consonances sociales que celle-ci revêt.


    Le livre imprimé contient un cahier hors-texte de 8 pages en couleur, que nous n'avons pas repris dans l'édition numérique

  • La religion des Romains a mauvaise réputation. Comparée aux religions universelles dites du Livre, elle paraît dénuée d´intérêt. Ignorant l´idée de révélation, dépourvue de croyances et de dogmes, elle ne se compose que de rites et d´obligations rituelles. C´est précisément ce ritualisme qui a longtemps été mal compris, voire méprisé. Or rites et sacrifices peuvent manifester une pensée théologique ou philosophique implicite : ils mettent en scène les hiérarchies qui existent dans ce monde-ci et dans l´au-delà, entre les hommes et les dieux, entre les dieux eux-mêmes, et entre leurs partenaires humains. Ainsi, la découpe d´un boeuf, l´ordre de distribution des parts de viande ou même la manière de les consommer en disent long sur les relations entre les dieux et les humains.

  • En 1840, Louis-Napoléon Bonaparte, en exil depuis que son oncle l´Empereur a été chassé du trône, tente un débarquement nocturne sur les plages de Boulogne, avec pour objectif de marcher sur Paris.
    Hélas, l´entreprise échoue lamentablement : facilement capturé, le prince est tourné en ridicule et condamné à l´emprisonnement perpétuel dans la forteresse de Ham, dans la Somme.
    De cette punition censée le faire définitivement oublier des Français, Louis-Napoléon tire un profit inattendu : à force d´articles enflammés dénonçant le gouvernement, de rencontres avec les grandes figures républicaines, il se forge une image nouvelle et s´intègre de plain-pied dans le jeu politique national. À l´ombre des barreaux, le dandy londonien se mue en héros de la cause populaire, porte-parole des opprimés ; derrière ce Napoléon du peuple, on devine déjà les traits du futur empereur.

  • L'âge d'or du duel en France, ce n'est pas l'époque des mignons de Henri III, mais le siècle du fer et de la vapeur : après la Révolution française, plus besoin d'être noble pour porter l'épée et provoquer un adversaire aussi bien né que vous. Tout le monde peut se battre, et tout le monde se bat, à l'épée, au sabre, au pistolet ; à propos d'un pied écrasé par mégarde, d'un article de journal venimeux, ou d'un adultère trop voyant.
    A force de se battre, on commence à se tuer moins : le dernier duel meurtrier connu a lieu en 1903. Et puis, après la boucherie de la Grande Guerre, le duel s'étiole, même si quelques combats ont encore lieu jusque dans les années 50 - notamment celui qui opposa Defferre à Ribière, indigné d'avoir été traité d'" abruti ".
    Fourmillant de récits de rencontres légendaires ou méconnues, ce beau livre raconte la saga du duel sous toutes ses formes, sociales, littéraires ou politiques.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Une biographie en apprend souvent plus sur une époque qu`un long traité d'histoire. Il en est ainsi de la vie de Christophe-Philippe Oberkampf (1738-1815), qui parvint en moins de vingt ans à imposer sur le marché français les toiles de Jouy et ses camaïeux monochromes, dont le succès fut immédiat. À travers le récit de cette réussite exemplaire, Serge Chassage raconte l'évolution d'une entreprise textile ouverte à l'international, attentive aux progrès techniques mais aussi réactive à l'actualité qui lui inspire ses plus beaux motifs : l'Indépendance américaine, le ballon des frères Montgolfier ou le Mariage de Figaro. Ce protestant n'en est pas moins un homme pragmatique, qui gère d'une main de maître ses hommes - près d'un millier à l'apogée de la manufacture - et innove en rationnalisant la division du travail. Anobli par la monarchie, Oberkampf incarne la figure du grand patron à la française, célébré et honoré par les princes de son temps.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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