Belin

  • « Fake news », « infox », « post-vérité » : le monde contemporain ne cesse d'être confronté aux enjeux de l'information de masse. On croyait la propagande disparue avec les régimes totalitaires du XXe siècle mais, à l'ère de la révolution numérique et des réseaux sociaux, elle est plus présente et plus efficace que jamais. Chaque jour apporte ainsi son lot de désinformation, de manipulation, de rumeurs et de théories du complot. Loin de se résumer à la sphère politique et à la « fabrique du consentement », la propagande imprègne aujourd'hui tous les aspects de notre vie en société, les spécialistes du marketing, du storytelling ou les théoriciens du nudge s'efforçant d'influencer nos choix et comportements.

    Embrassant plus d'un siècle d'histoire et couvrant un vaste espace géographique, David Colon explique les fondements et les techniques de la persuasion de masse dans le monde contemporain. Il montre que la propagande n'a cessé de se perfectionner à mesure que les sciences sociales et les neurosciences permettaient d'améliorer l'efficacité des techniques de persuasion, d'influence ou de manipulation.

    Cet ouvrage percutant présente les acquis les plus récents de la recherche et permet de mieux cerner les ravages de la désinformation, hier comme aujourd'hui.

    A travers une synthèse accessible et percutante, David Colon livre une contribution essentielle pour mieux cerner les ravages causés par la désinformation, hier comme aujourd'hui. 

  • Depuis quarante ans, le récit national hante la France. Il s'est imposé dans les débats politiques et médiatiques, parallèlement aux questions relatives à l'identité. Comment en est-on arrivé là ? C'est en historien que répond ici Sébastien Ledoux. Ce qui implique de revenir sur la façon dont notre passé se transmet à l'école, dans la mémoire collective et, bien sûr, dans les livres. Ces bouleversements sont présentés dans le contexte de la fin de l'empire colonial : des évolutions sociétales des années 1970, marquées par une individualisation du rapport à l'histoire, à la montée des populismes au début du XXIe siècle, symbolisée par la défense d'un prétendu âge d'or d'un peuple français originel. La fabrique du récit national est aussi analysée plus largement d'après des critères essentiels, comme celui du progrès et de la nostalgie, de la dette morale et du ressentiment, de l'inclusion et de l'exclusion.  Voici la fresque détonante de cinquante années de chaos et de fracas mémoriels qui ont fragmenté la société française.  

  • Futile ou lourde de sens, aimée ou décriée, la mode vestimentaire marque les esprits, transforme les corps, dicte les choix économiques et culturels, en somme elle fabrique le désir. Outil de séduction et marqueur social, la parure est le lieu des consommations les moins raisonnées. Du port de la ceinture à Athènes aux accessoires de luxe, de la sandale antique à la chaussure médiévale, de la garde-robe de Catherine d'Aragon à l'utopie esthétique nazie, Audrey Millet propose une histoire globale de la mode, entre enjeux économiques, esthétiques, sociaux ou culturels. Loin de la seule description, cette histoire de la mode et du luxe explique pour quelles raisons l'habillement, adulé ou décrié, neuf ou de seconde main, occupe une place aussi importante dans les imaginaires.

  • Au lendemain de la guerre de 1870, deux enfants, André et Julien, parcourent la France. Sur les pas de ces deux jeunes Lorrains patriotes, le lecteur découvre la vie des métiers et les nouvelles techniques de la première révolution industrielle. Un témoignage extraordinaire sur une époque, à travers "le livre de lecture" de nombreuses générations de Français. Dans son "Cheval d'orgueil", Jakez-Hélias l'appelle "le livre"... C'est devenu un document irremplaçable sur la vie quotidienne en France à la fin du XIXe siècle.

  • 52 avant notre ère. En Gaule, Alésia est le terrain d'une bataille décisive qui oppose deux figures héroïques : Jules César et Vercingétorix. Là, César aurait connu une forme d'apothéose qui lui aurait donné légitimité pour régner sur Rome et conquérir le reste de l'univers ; en 52 avant notre ère, la Gaule, après une existence de cinq siècles, se serait comme évanouie. Pourtant, on sait peu qu'avant de se jeter dans une bataille sans merci, le conquérant romain et le jeune chef gaulois ont été alliés, voire amis. En neuf mois d'actions de guérilla contre l'envahisseur romain, Vercingétorix a marqué le cours de l'Histoire. C'est lui qui, finalement, gagnera la bataille de la mémoire, transformant sa défaite militaire en victoire morale.
    Laurent Olivier mène ici une véritable enquête policière, reprenant les écrits de César, les témoignages des historiens romains et faisant appel aux dernières découvertes de l'archéologie.

  • 11 novembre 1918. L'Allemagne conclut un armistice sans que son armée ait perdu une bataille clairement décisive. Qui, se demanda-t-on alors, était responsable de la défaite ? Le traité de Versailles fut une source de « honte » nationale, contraignant les Allemands à endosser toute la responsabilité de la guerre et à en payer les lourdes pertes.
    La République de Weimar (1919-1933) ne sut au fond jamais s'affranchir du traumatisme de la défaite. L'issue de la Grande Guerre fut à l'origine de clivages politiques majeurs et d'une profonde amertume qui s'exprima dès la fin des années 1920. Le désir de surmonter le traumatisme se frayait peu à peu un chemin parmi les populations ; Hitler était là pour répondre au souhait des Allemands d'« en finir avec Versailles ».
    Dans cet ouvrage magistral, Gerd Krumeich analyse avec une acuité inédite l'impact de l'expérience de guerre et du traité de Versailles en Allemagne. Nourri d'années de recherches, il entend répondre à cette question cruciale : la défaite de 1918 est-elle à l'origine de l'histoire chaotique de l'Allemagne et du funeste destin de la République de Weimar ?

    « Un livre intelligent qui nous fait voir combien il peut être utile qu'un vrai érudit jette un regard neuf sur la République de Weimar. » (Wolfram Pyta, Frankfurter Allgemeine Zeitung)

    « Gerd Krumeich a trouvé une perspective neuve pour montrer combien la guerre et ses dévastations mentales se sont imprimées dans l'Allemagne de l'après-guerre [...]. Un livre dont la lecture sera sans aucun doute d'un grand profit. » (Süddeutsche Zeitung)

  • L'Europe découvre l'islam lors de la conquête de l'Espagne au VIIIe siècle, mais c'est avec les croisades du XIIe siècle que s'améliore la connaissance de la culture arabe. Des moines et des clercs recherchent la science grecque dans le monde musulman, apprennent la langue arabe et procèdent aux premières traductions du Coran, que l'on appelle à l'époque l'Alcoran. Le commerce et la diplomatie en Méditerranée exigent de comprendre l'adversaire dans sa langue pour mieux échanger. Des Européens polyglottes se rendent en Orient. Malgré les préjugés, la connaissance du Coran se répand, enrichissant les réflexions des savants de la Renaissance et des Lumières. L'arabe entre dans la culture classique européenne, jusqu'à susciter une véritable fascination au XIXe siècle, à travers l'orientalisme. 
    /> Comment les Européens ont-ils appris l'existence du Coran et ont-ils pu se le procurer ? Comment traduisait-on ce texte dont la religion paraissait si étrangère ? Qui parlait l'arabe en Europe avant le XXe siècle ? 
    Riche de 21 cartes, d'un lexique et d'illustrations, l'ouvrage retrace quatorze siècles d'étude de la langue arabe et du Coran en Europe, montre comment la civilisation occidentale a construit son rapport à l'islam, et pourquoi la dimension culturelle l'emporte souvent sur la différence religieuse.

  • Mai 1798. Bonaparte lance l'une des aventures militaires les plus fortes de l'épopée napoléonienne : la campagne d'Égypte. L'égyptomanie fait alors fureur en France et l'expédition éveille l'intérêt pour tous les mythes de l'Égypte ancienne, celle des Pharaons, d'Alexandre et de Cléopâtre. La participation de près de 170 savants, dont beaucoup rentrent chargés de trésors, contribue à la renommée d'une expérience qui apparaît d'emblée comme un choc entre deux civilisations. Mais il s'agit d'abord et avant tout d'une campagne militaire de grande envergure, qui mobilise une flotte de plusieurs centaines de navires pour acheminer près de 40 000 hommes de l'autre côté de la Méditerranée.
    Loin de l'Europe, les troupes du général Bonaparte découvrent un pays qui leur est inconnu et une autre façon de faire la guerre. Les soldats répondent
    à la violence de leurs opposants par une violence sans doute jamais atteinte dont pâtissent surtout les populations civiles. La colonisation de l'Égypte par les Français, au-delà des réformes imposées au nom de l'exportation des principes de 1789, s'est traduite par une politique de répression systématique du peuple égyptien.
    Jacques-Olivier Boudon raconte l'histoire de cette campagne et le destin de ceux qui y ont pris part. Il retrace, en reprenant les témoignages des acteurs et des victimes de cet épisode, l'histoire d'un échec militaire entré au panthéon des hauts faits de l'empereur.

  • Durant plus de 130 ans de présence française, de 1830 à 1962, colons et Algériens se sont côtoyés, croisés, affrontés, haïs, aimés... Durant plus de 130 ans, ils ont vécu sur la même terre et été les acteurs volontaires ou désignés de la domination coloniale.
    Draria, aujourd'hui faubourg d'Alger, a été l'une des premières implantations françaises. En une dizaine d'années à peine, ce hameau agricole s'est peuplé de familles de paysans et d'artisans venus de France ou d'Europe. Les nouveaux arrivants ont pris possession des lieux et établi les règles d'une coexistence qui s'est achevée avec la guerre d'indépendance de l'Algérie.

    Colette Zytnicki se penche sur un siècle de vies partagées dans le village de Draria. Elle suit, génération après génération, l'histoire quotidienne des familles de colons et d'« indigènes ». Elle révèle les bouleversements les plus profonds et les histoires banales ou hors du commun qui dessinent les contours de la vie d'un village à l'heure coloniale.

  • Mai 1942. Pour la première fois depuis la défaite de juin 1940, une bataille oppose des forces françaises aux troupes allemandes. En plein désert lybien, durant quinze jours, la Brigade française libre du général Koenig résiste aux assauts des Italiens et de l'Afrika Korps du général Rommel. Elle est composée d'hommes venant de tous les territoires de l'Empire colonial français, de Tahiti à l'Afrique équatoriale française. Leur résistance, saluée par l'ensemble du camp allié, marque le retour de la France dans la guerre. Elle apporte, selon la formule de Malraux, « la preuve que la France n'était pas morte », et permet à de Gaulle d'apparaître comme un allié à part entière. Cette résistance acharnée contre un ennemi dix fois supérieur en nombre (3 700 contre 35 000 soldats) demeure comme un très haut fait d'armes et change le cours de l'histoire de la région : les Britanniques profitent de l'immobilisation des troupes de Rommel pour préparer leur victoire à El-Alamein et bloquer l'Afrika Korps dans son avancée vers le canal de Suez.

  • La Corse fait figure d'exception au sein de l'espace républicain français. Département périphérique où l'italianité culturelle demeure forte, elle est aussi très fortement sollicitée au moment des conflits du XXe siècle, au premier rang desquels la guerre de 1914-1918. Pour environ 52 800 soldats mobilisés, le nombre de morts est de l'ordre de 11 000, ce qui en fait l'un des premiers taux de morts pour la France. La guerre devient ainsi le moment révélateur d'un engagement républicain que l'on oppose bien souvent à une forme d'esprit insulaire. Jean-Paul Pellegrinetti propose de réévaluer nombre d'interprétations aujourd'hui dominantes, qu'il s'agisse des mobilisations, du patriotisme et de l'engagement, de la ténacité et de l'exercice de la violence sans oublier les complexes questions identitaires (entre petite et grande patrie). En outre, à rebours d'une histoire surplombante, le cadre insulaire envisagé se prête particulièrement à une approche par en bas, c'est-à-dire par les acteurs eux-mêmes, notamment au travers de l'analyse des nombreuses correspondances échangées par les mobilisés et leurs familles. Cette étude originale et stimulante repose sur l'analyse d'une collection de près de 10.000 documents intimes et privés, constituée par les correspondances de 120 poilus insulaires de toutes conditions, représentatifs de la société corse.

  • « Alea jacta est ». L'expression est désormais entrée dans le langage courant pour évoquer une décision irrévocable : celle que César prit en 49 av. J. C. lorsque, bravant un ultimatum du Sénat, il franchit en armes le Rubicon. César et Pompée briguaient l'un et l'autre la charge de consul. César aurait dû se présenter dans l'Urbs, en tant que citoyen privé, après avoir congédié ses légions. Mais, César prononçant la phrase fatidique (alea jacta est - les dés sont jetés), il décida de marcher sur Rome. Comment en est-il arrivé à ce coup de force ? Que se passa-t-il pour que finalement Rome capitule ? Quel moment clé le passage du Rubicon représente-t-il dans l'histoire de Rome ?
    Luca Fezzi reconstitue les événements et nous les expose avec souffle et intelligence. Il découvre pour nous les incertitudes de César, ses craintes, ses inquiétudes personnelles, mêlant sans cesse « privé » et « public ». L'auteur offre ainsi une enquête historique inédite et moderne sur l'un des épisodes les plus célèbres de l'histoire de l'Antiquité.

  • Les "Printemps arabes" ont pris l'Occident par surprise. Pourtant, face aux Etats autoritaires nés après les indépendances, des hommes et de femmes se sont toujours levés. Ce sont à proprement parler des dissidents politiques, comme en connut l'Europe de l'Est à l'époque soviétique. Mais, à la différence des régimes autoritaires du passé, l'autoritarisme contemporain ne peut pas s'abstraire de son siècle : tous les habitants et tous les dirigeants savent qu'il existe un monde libre, quelque part, et que dans de nombreux Etats, y compris souvent les plus proches culturellement et géographiquement, les libertés politiques, publiques et privées sont en vigueur.
    Au Maghreb, cette conviction est d'autant plus forte qu'il existe un espace de circulation à la fois physique (15 millions de Maghrébins avec leurs descendants vivent en Europe au début du XXIe siècle), linguistique et culturel avec l'Europe, et en particulier avec la France. Deux grands spécialistes du Maghreb, l'historien Pierre Vermeren et la politiste Khadija Finan, écrivent une histoire méconnue du Maghreb.
    Des militants ont combattu au sein d'organisations nationales de droits de l'Homme (contre les brutalités policières et judiciaires), en faveur de revendications culturelles (droit à la langue berbère), de la liberté d'expression (droit à une presse et à des syndicats libres), de genre (droit à l'égalité des femmes) ou de respect des droits des travailleurs. L'aventure politique des Printemps arabes a tourné à la tragédie en Syrie et seule la Tunisie est parvenue à établir un compromis mais il demeure un point clef : un autre Maghreb est possible.

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