CNRS Editions

  • " J'ai mis du temps à comprendre mes nymphéas. Je les avais plantés pour le plaisir ; je les cultivais sans songer à les peindre... Et puis, tout d'un coup, j'ai eu la révélation des féeries de mon étang. J'ai pris ma palette... Depuis ce temps, je n'ai guère eu d'autre modèle. "

    Ainsi Claude Monet (1840-1926), le pionnier de l'impressionnisme, explique-t-il l'origine de la plus longue et productive expérimentation picturale de sa carrière : les Nymphéas, qui représentent près de trente années de sa vie, et plus de deux cent cinquante œuvres. Des premières toiles exposées en 1900 jusqu'à l'installation à l'Orangerie en 1927 de sa " grande décoration ", c'est le regard porté par ses contemporains sur les Nymphéas et les processus créatifs du peintre que nous restitue cette anthologie.

    Journalistes, écrivains et collectionneurs tentent tous de décrire ces œuvres inouïes, qui se dégagent peu à peu des règles communes de la représentation, et les confrontent parfois aux limites de leurs capacités descriptives : " Peut-on même appeler cela des tableaux ? ", s'interroge l'un d'entre eux. Certains privilégiés sont reçus dans l'atelier du maître, qui leur fait visiter son étourdissant jardin, et recueillent sa parole. Le " pèlerinage à Giverny ", les entretiens accordés par le peintre et sa correspondance personnelle, pleine de doutes sur sa création, complètent et informent la réception par la critique de son grand œuvre.

    Grâce à ce regroupement inédit de textes élogieux, critiques, poétiques, déconcertés ou encore violemment réprobateurs, c'est l'aventure au long cours du cycle des Nymphéas, ce renouvellement du paysage opéré par Monet tel un tournant majeur de la peinture moderne, qui est retracée ici.

    Anthologie établie par Emma Cauvin, Matthieu Léglise et Pierre Wat, historiens de l'art, spécialistes de la peinture des XIXe et XXe siècles.

  • Bleu mignon, fleur de coing, agriotte, langouste... Des couleurs surgies du passé, un trésor d'inspiration.

    Ce cahier bilingue français-anglais donne la parole aux échantillons de teinture d'Antoine Janot, maître-teinturier languedocien de la première moitié du xviiie siècle, aux couleurs appréciées jusqu'aux confins de l'Orient.

    Après une brève présentation du teinturier et de son œuvre, ce cahier livre les clés des couleurs de 67 de ses échantillons de fin drap de laine : nom et photo de chaque nuance, description du procédé permettant de l'obtenir et – nouvel apport à l'histoire des noms de couleurs – ses coordonnées colorimétriques dans l'espace chromatique CIELAB. Il devient alors possible de vérifier l'exactitude des essais de reproduction de ces couleurs et de s'en inspirer pour concevoir les couleurs de demain.

    Celestial blue, quince flower, sour cherry, lobster red... How can we not be inspired by these colour names from the past?

    This bilingual Workbook in English and French presents the colour gamut of Antoine Janot, a master-dyer from Languedoc in the south of France during the 18th century whose colours were highly prized as far away as the Levant.

    After a brief introduction of the master-dyer and his work, the authors deliver the key elements defining the colours of 67 swatches of fine wool broadcloth: the name and photo of each shade; a schematic description of the process by which it has been obtained; and (in a new approach to the history of colour names in textiles) its chromatic specification in the CIELAB colour space. This makes it possible to assess the accuracy of attempts to reproduce these colours and use them as sources of inspiration for the future.

    Historian and archaeologist, Dr Dominique Cardon explores the history of textile techniques and natural dyeing throughout the world. She is Emerita Director of Research at CNRS (French National Centre of Scientific Research), research unit CIHAM. She has been awarded the Silver Medal of CNRS in 2011.

    Dr Iris Brémaud, Research Fellow at CNRS (research unit LMGC), is a researcher in wood science, examining the relationships between craft knowledge and plant resources. She applies colorimetry to this research on historical colours.

  • La représentation du monde de la danse classique oscille entre fascination et condamnation. Fascination pour les danseurs et danseuses qui se consacrent " corps et âme " à la recherche de l'excellence artistique. Condamnation de la souffrance et des sacrifices d'une vie d'ascète dans un univers compétitif à l'extrême.

    La représentation du monde de la danse classique oscille entre fascination et condamnation. Fascination pour les danseurs et danseuses qui se consacrent " corps et âme " à la recherche de l'excellence artistique. Condamnation de la souffrance et des sacrifices d'une vie d'ascète dans un univers compétitif à l'extrême. Le cinéma, la littérature et les médias véhiculent sans cesse une telle tension, comme en témoigne le fi lm à succès
    Black Swan.

    Le Ballet de l'Opéra de Paris est au cœur de cette représentation fantasmatique, au point d'en être le modèle. Dévoilement des coulisses de cette institution prestigieuse, cet ouvrage montre comment les désirs des jeunes aspirants sont façonnés, entretenus ou remis en cause au fil d'une vie tout entière consacrée à la danse malgré des chances de réussite très incertaines.

    L'enquête menée auprès des élèves et de leurs parents, des professeurs et des anciens danseurs permet de saisir sur le vif les mécanismes sociaux qui amènent les danseurs à donner du sens à leur engagement. En suivant les danseurs et les danseuses dès l'entrée dans la pratique, durant la scolarité et jusqu'à leur départ à la retraite, Joël Laillier donne à voir la fabrique d'une élite artistique.

  • Entre émotion et pensée, le spectacle vivant engage le corps des danseurs, des comédiens, mais aussi celui des spectateurs. Perception, attention et émotion sont simultanément activées par les gestes ou par le récit. Les arts de la scène permettent le partage des expériences et la projection d'univers imaginaires. C'est aussi une pensée du monde qui s'invente, un jeu cognitif qui interroge notre relation aux autres, à la vérité, aux événements, aux valeurs, un moyen pour les sociétés de se raconter, de questionner le politique. En racontant les sentiments, les arts et la fiction contribuent aussi à modifier les sensibilités. De la confrontation entre danseurs, auteurs, metteurs en scène et chercheurs émerge une nouvelle approche de questions essentielles. En montrant que la perception n'est pas un système isolé, mais en interaction avec la cognition, les émotions et la motricité, les données récentes issues des sciences cognitives recoupent et enrichissent ces questionnements. Les rituels d'initiation des sociétés africaines, les danses de pantomime du IVe siècle des théâtres romains, les lectures multiples et changeantes de Shakespeare renouvellent notre regard sur les spectacles contemporains, expériences à la fois individuelles et collectives, politiques et sociales.

  • Entre 1750 et 1850, l'univers des beaux-arts connaît de profondes mutations, dont l'une des conséquences est la banalisation d'une image positive de la dame artiste. Progressivement, des barrières s'abaissent, des contraintes se desserrent et la pratique de la peinture est rendue plus accessible aux femmes. S'ouvre alors une période de créativité foisonnante associée aux noms – parfois oubliés aujourd'hui – d'Elisabeth Vigée-Lebrun, Adélaïde Labille-Guiard, Marie-Guillemine Benoist, Marguerite Gérard, Constance Mayer, Victoire Jaquotot, Lizinka de Mirbel, Rosa Bonheur... Pourquoi les artistes femmes, à ce moment précis de l'histoire, ont-elles bénéficié de l'intérêt de leurs contemporains et de conditions de travail relativement égalitaires ? Pour saisir ce phénomène, Séverine Sofio réintègre les artistes des deux sexes dans la réalité quotidienne de leur travail de création. Ni recueil d'analyses d'œuvres, ni histoire des femmes dans l'art, cet ouvrage traite de la pratique des beaux-arts, de son organisation et de ses réalités professionnelles, institutionnelles et économiques. Cette suspension relative de l'infériorisation des femmes dans les beaux-arts n'en demeure pas moins provisoire : si la parenthèse s'ouvre timidement dans les dernières décennies de l'Ancien Régime, elle se referme progressivement avant le milieu du siècle suivant.

  • L'art en général et les peintures en particulier sont le reflet de notre société, elles expriment le bien-être ou le mal-être de notre civilisation. Préserver les œuvres dans un bon état de conservation est un devoir, car elles constituent un patrimoine exceptionnel et le témoignage spécifique d'une époque. Dès la fin du XIXe¿siècle, le métier d'artiste s'est transformé non seulement du point de vue formel et idéologique mais aussi du point de vue technique. Le savoir-faire a été peu à peu remplacé par l'expérimentation, produisant des œuvres fragiles, instables et sensibles aux facteurs environnementaux. Même si les méthodes de conservation préventive sont utilisées de nos jours, il manque malgré tout, dans ce domaine, des outils d'évaluation des risques de dégradation mécaniques. Cet ouvrage, nourri d'une longue expérience professionnelle, propose nombre de ces outils, pour faire face aux paramètres climatiques et microclimatiques : détermination mathématique de la limite d'endurance d'une peinture sollicitée, diagrammes de sensibilité d'une trentaine de techniques picturales différentes, etc.

  • Le monde des galeries : art contemporain, structure du marché et internationalisation Nouv.

    À l'heure de la mondialisation, marquée par l'essor des grandes foires internationales, quelles transformations ont affecté le marché de l'art contemporain et ses acteurs ? Conduisant de Paris à New York, en passant par Londres, Berlin, Los Angeles mais aussi Hong Kong, Venise et Bâle, la présente enquête dessine la nouvelle géographie des galeries et livre une ethnographie du travail quotidien des galeristes et de leurs collaborateurs.

    Pénétrant les " coulisses " invisibles, elle dévoile le type de relations que les professionnels nouent avec les collectionneurs, le rôle de l'amitié – et du champagne – dans cette activité marchande qui court paradoxalement en permanence le risque d'être disqualifiée comme " commerciale ". Elle met ainsi en lumière la place des galeries, à côté des maisons de vente, des institutions publiques et de la critique, dans la création de la " valeur " de l'art aujourd'hui et leur rôle toujours croissant dans la définition de l'art contemporain.

    Cette recherche de grande ampleur n'hésite pas à affronter des questions sensibles : est-il possible d'objectiver la " qualité " de galeries qui, pour les plus grandes d'entre elles, concurrencent désormais les musées ? Comment les hiérarchiser, établir un palmarès ? Et, dès lors, quelles sont à ce jour les " meilleures " galeries d'art contemporain, en France et dans le monde ?

    À toutes ces interrogations, et à bien d'autres encore, ce travail apporte des réponses inédites, en conjuguant aux différents outils de l'analyse sociologique une connaissance intime que seule rend possible la fréquentation au long cours, en insider, d'un monde méconnu.

empty