Sciences sociales / Société

  • Paris, capitale du XIXe siècle constitue l'exposé programmatique de l'oeuvre de Benjamin : le livre des passages. Tous les thèmes de ses recherches y sont présentés sous une forme concise : le flâneur, les passages, l'architecture comme concrétisation de l'idéologie d'une époque, la figure emblématique de Baudelaire, la mode, l'intérieur, etc. Le tout est une tentative d'interprétation globale du XIXe siècle et de son équivoque modernité.

  • "À vrai dire, le comportement des autorités constitue une part non négligeable du problème."

    Ethnologue, sociologue, historien américain, Mike Davis est né en 1946. Il débuta comme ouvrier des abattoirs, puis entreprit des études et s'intéressa au marxisme. Il a pu aborder de nombreux sujets, et notamment la lutte des classes à travers l'étude des problèmes fonciers de Los Angeles, et la militarisation de la vie sociale à travers les mesures sécuritaires.

  • George Orwell est connu pour avoir écrit 1984 ou La Ferme des animaux, il l'est moins pour la réflexion qu'il a menée sur la condition des gens ordinaires. Bruce Bégout rend ici hommage à l'humanisme d'Orwell. Il y a, dans sa pensée, la combinaison d'une lucidité pessimiste et d'une joie de vivre. En parcourant son oeuvre, il tente de définir la notion de "décence ordinaire", ce "sens moral inné" qui incite les gens simples à bien agir. Il dénonce, entre autres, l'indécence extraordinaire des intellectuels qui s'affilient au pouvoir et les dérives d'un socialisme coupé du quotidien. Révélant l'importance qu'occupe la question du monde de la vie quotidienne chez Orwell, Bruce Bégout nous propose une lecture nouvelle de son oeuvre et met en valeur la finesse de son jugement politique.

  • La polé­mi­que lit­té­raire lancée par Marx contre Hegel et sa phi­lo­so­phie du droit sert ici de pré­texte pour aborder la question du pro­lé­ta­riat et de son asser­vis­se­ment par l'État, l'argent et la reli­gion. Avec ce texte d'une force polémique rarement égalée, le jeune Marx passe du "démocratisme" au communisme, "remettant sur ses pieds" la dialectique hégélienne.
    C'est dans cet ouvrage que se trouve la phrase sans doute la plus connue de Karl Marx : "La religion est l'opium du peuple".

    Théo­ri­cien révo­lu­tion­naire alle­mand et figure majeure du mou­ve­ment ouvrier, Karl Marx (1818-1883) fut également historien, sociologue et jour­na­liste. Enga­gé poli­ti­que­ment dans la Ligue des Communistes aux côtés de Engels puis dans l'Association inter­na­tio­nale des tra­vailleurs, on lui doit une description minutieuse des mécanismes du capitalisme et une théorie érudite de l'économie politique. Sa pensée se fonde sur l'humain en tant qu'être pensant mais avant tout agissant.

  • Les punks des années 70 ont désormais fait place aux cyberpunks. Eux aussi proclament un "No Future" mais inversé : "Nous avons déjà demain, c'est aujourd'hui que nous voulons." Loin de n'être qu'un sous-genre de la science-fiction, le Cyberpunk est un véritable phénomène culturel. Il essaime dans tous les modes d'expression, de la musique à la bande dessinée en passant par le jeu vidéo ou mieux encore le cinéma, où il excelle. Dans cet univers, "le dingue d'informatique et le rocker se rejoignent". Mark Downham cartographie cette nébuleuse en effervescence. Il en dessine l'esthétique et dissèque la genèse du phénomène, en le rapportant à la critique du spectacle de Debord, ici étendue à l'emprise de la technologie sur la vie quotidienne. Pour Downham, l'individu n'est plus déterminé par les seuls médias mais par l'ensemble des nouvelles technologies qui entraînent une véritable virtualisation du réel et de l'avenir. L'essentiel pour lui n'est pas tant de les remettre en cause, mais de critiquer l'utilisation qui en a été faite. À cet égard, Blade Runner offre une illustration magistrale de cette dérive, film dont Downham livre une analyse passionnante à l'aune de cet empire de l'hybride. Le lecteur est entraîné à un rythme effréné, syncopé, dans ce monde où le réel et le virtuel ne font qu'un.

  • La violence sociale qu'on voit se manifester aujourd'hui, à la fois politique, économique et interindividuelle, était autrefois limitée et freinée, à l'échelle de sociétés fermées, par la croyance en des dogmes religieux, irrationnels et souvent absurdes, auxquels presque plus personne n'ajoute foi à présent.L'auteur du Temps du sida et de La Folle Histoire du monde se propose de montrer ici qu'en deçà des anciens dogmes religieux existe une conscience universelle, fondée sur des dispositions humaines très particulières, à la fois physiques et mentales ; et dont les religions ne sont que les enfants dégénérés. De cette conscience découle une morale, absolument incompatible avec la barbarie moderne ; ainsi qu'une liberté individuelle, un courage et une joie, dont notre époque a perdu jusqu'au souvenir.Le choix se pose donc maintenant à chacun de nous de réintégrer son extraordinaire humanité, ou de s'enfoncer toujours plus profondément dans la barbarie.

  • Le consul

    Ralph Rummey

    Le Consul, livre d'entretiens avec Gérard Berréby, retrace la vie du peintre Ralph Rumney : son enfance en Angleterre, sa découverte du marxisme, de la peinture... et ses innombrables rencontres. Dandy nomade, sa route croisera celles de Debord et des lettristes, de Marcel Duchamp, Max Ernst, Georges Bataille, Peggy Gugghenheim, William Burroughs, Cobra et l'Oulipo... Dans cette nouvelle édition abondamment illustrée, les anecdotes se mêlent aux réflexions théoriques et aux souvenirs sur Guy Debord, Asger Jorn ou Yves Klein. On retrouve intacte l'élégance d'un artiste dont le talent fut aussi de se trouver toujours là où bouillonnaient idées et agitateurs : une existence à l'image de son art, comme une expérimentation perpétuelle.

    Ralph Rumney est né à Newcastle le 05/06/34. Fils d'un vicaire issu de la classe ouvrière, il découvre adolescent Sade, Marx et les surréalistes. Il décline son admission à Oxford pour rejoindre les Beaux-Arts, qu'il abandonne. Objecteur de conscience, il fuit l'armée en partant à Paris et rencontre Debord. En 1957, il participe à la fondation de l'Internationale Situationniste, dont il sera exclu en 1958. Son oeuvre comprend peintures, photographies, moulages, montages. Il décède le 6 mars 2002.

  • Lieu Commun constitue le deuxième volet d'une trilogie entamée avec Zéropolis, vaste entreprise d'archéologie des significations du monde quotidien et urbain. L'essai de Bruce Bégout parvient à restituer la poésie de cet élément essentiel de l'imaginaire contemporain qu'est le motel, tout en en décortiquant le mythe. Loin de n'être qu'un échantillon de l'american way of life, le motel concrétise en effet de nouvelles formes de vie urbaine où la mobilité, l'errance et la pauvreté prennent une place prépondérante. À la croisée de l'économie, de l'architecture et de la fiction, Bruce Bégout met au jour le caractère problématique des choses ordinaires, révélant les structures générales cachées sous le chaos de la surface des choses. Surtout, ce qui se dévoile ici, c'est que cette forme particulière d'architecture a donné naissance à un homme du motel, dont les comportements annoncent de nouvelles formes de vie.

empty